La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CHAVANT Eugène alias Clément

Eugène CHAVANT (alias « Clément »), né le 12 février 1894 à Colombe (Isère), mort le 28 janvier 1969 à Grenoble (Isère)

Fils de cordonnier, Eugène Chavant grandit à Colombe, suit l’école primaire puis devient mécanicien, tout en préparant par correspondance des cours de l’École du génie civil qui le conduisent à des responsabilités d’agent de maîtrise.

Il est incorporé en 1912 au 11e dragons, passe au 20e bataillon de chasseurs en 1917, est deux fois blessé ou gazé pendant la Grande Guerre et cité à l’ordre, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre.

Démobilisé en août 1919, il reprend son métier et s’engage à la SFIO à Saint-Martin-d’Hères.

Démis par Vichy de son mandat de maire de Saint-Martin-d’Hères en février 1941, il entre au printemps 1942 dans le mouvement Franc-Tireur aux côtés d’Aimé Pupin, Jean Perrot et du docteur Léon Martin. Après l’arrestation de Pupin, il est choisi en septembre 1943 comme chef civil du Vercors.

Au printemps 1944, il se rend via la Corse à Alger pour plaider l’application du « plan Montagnards », rencontre de Gaulle et les responsables de la France combattante, et obtient des promesses d’aides.

Les 15-16 juin, il coordonne, dans l’urgence, le ravitaillement après les combats de Saint-Nizier.

Chavant appartient au mouvement Franc-Tireur et dirige la structure civile du maquis du Vercors, en articulation avec l’Armée secrète puis les FFI sous l’autorité militaire de Descour, Le Ray puis Huet.

Les notices de la Fondation de la Résistance (Musée de la Résistance en ligne) et de l’Ordre de la Libération en donnent l’architecture et les dates de prise de fonction.

Chef civil du massif, il organise l’accueil des réfractaires du STO (installation d’Ambel dès décembre 1942), met en place ravitaillement, santé, transports, sûreté et instruction civique, et assume de fait un rôle de « préfet de la Résistance » avec deux adjoints territorialisés.

En juillet 1944, il signe et fait afficher la « Restauration de la République en Vercors », acte politique qui abolit les décrets de Vichy sur le plateau et proclame la République du Vercors.

Le 14 juillet, sous les bombardements, il supervise l’évacuation des femmes et des enfants de Vassieux-en-Vercors.

Lors de l’offensive allemande à partir du 21 juillet, il alerte Londres et coordonne, autant que possible, l’organisation civile en pleine crise.

Camarades de combat

Ses compagnons d’action immédiate sont, entre autres, Jean Prévost (« Goderville »), Aimé Pupin, le docteur Léon Martin, ainsi que les chefs militaires du Vercors, notamment le commandant Le Ray puis le colonel François Huet.

Retour à la vie civile

Membre du Comité départemental de Libération de l’Isère, il redevient maire de Saint-Martin-d’Hères en septembre 1944. Il refuse un poste préfectoral, puis, après la guerre, se consacre à l’Amicale des pionniers et des combattants volontaires du Vercors qu’il préside.

Il décède le 28 janvier 1969 à Grenoble et est inhumé à la nécropole de Saint-Nizier-du-Moucherotte.

Décorations

  • Compagnon de la Libération : nomination par décret du 20 novembre 1944 (remise de la croix par le général de Gaulle à Grenoble le 5 novembre 1944).  
  • Médaille de la Résistance française avec rosette : décret du 14 juin 1946 (
  • Croix de guerre 1914-1918 (trois citations) et croix de guerre 1939-1945 ; Médaille militaire ;
  • Légion d’honneur (commandeur) ;
  • Ordre national du Mérite (commandeur).

Lieux de mémoire

À Grenoble, la place Eugène-Chavant et l’arrêt « Chavant » sur les lignes A, C et E du tram portent son nom ; le cinéma Pathé Chavant jouxte la place. D’autres odonymes existent notamment à Saint-Martin-d’Hères et à Bourg-de-Péage (avenue Eugène-Chavant)..

Références bibliographiques

  • Clément : Eugène Chavant, chef civil du Vercors, Henri Guillaumet, Didier & Richard, 1974. Biographie dédiée qui retrace la trajectoire du militant socialiste devenu chef civil du massif, avec un appareil documentaire sur les décisions civiles de 1943-1944, la proclamation de juillet 1944 et les débats internes à la Résistance.
  • Le Vercors, Henri Amouroux, Robert Laffont, 1968. Récit d’ensemble sur le maquis, croisant sources orales et écrites ; met en lumière la place de Chavant dans la conduite civile, l’articulation avec les chefs militaires et les conséquences de l’offensive allemande.
  • Eugène Chavant. Du « poilu » de 1914 au chef de maquis, Gilles Vergnon, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2014. Étude récente et contextualisée, fondée sur les fonds locaux et nationaux, qui précise les séquences 1942-1944 (Franc-Tireur, Vercors, Alger) et la mémoire construite autour de « Clément ».

Références internet

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