La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CHAUMAT Claudine épouse MICHAUT puis CASANOVA,

Claudine CHOMAT, épouse MICHAUT puis CASANOVA, née le 7 février 1915 à Saint-Étienne (Loire), morte le 14 octobre 1995 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), française.

Jeunesse et formation

Claudine Chomat naît dans une famille ouvrière de Saint-Étienne. Son père, mineur, meurt au début de la Première Guerre mondiale, avant sa naissance, et sa mère disparaît alors qu’elle n’a que cinq ans. Elle est élevée par sa grand-mère. Elle commence à travailler en juillet 1930 comme sténodactylographe dans une entreprise de pièces détachées automobiles, puis est licenciée par un fabricant de rubans en raison de son appartenance à une organisation ouvrière de théâtre.

Elle adhère aux Jeunesses communistes en 1932, puis au Parti communiste français en 1934. En 1936, elle participe avec Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier et Jeannette Vermeersch à la création de l’Union des jeunes filles de France, organisation destinée à élargir l’implantation communiste parmi les jeunes femmes et à soutenir les mobilisations antifascistes.

Engagement dans la Résistance

Après l’interdiction du Parti communiste français en septembre 1939, Claudine Chomat participe dès la fin de l’année à la reconstitution de son appareil clandestin. Son expérience militante, ses responsabilités antérieures dans les organisations de jeunesse et sa capacité d’organisation la placent parmi les cadres féminins du communisme clandestin.

À partir de 1941, elle dirige les comités féminins de résistance. Ces groupes, également désignés selon les lieux comme comités populaires de femmes ou comités de ménagères, organisent la diffusion de tracts et de journaux clandestins, les manifestations contre les pénuries et le rationnement, ainsi que l’aide aux familles de prisonniers, de fusillés et de résistants pourchassés. Ils constituent progressivement l’ossature de l’Union des femmes françaises.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Claudine Chomat appartient à l’appareil clandestin du Parti communiste français et dirige les comités féminins de résistance. À partir de mai 1943, elle partage avec Maria Rabaté la direction des comités féminins de la zone Nord. Ces structures prennent en 1944 le nom d’Union des femmes françaises, mouvement étroitement lié au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France.

L’Union des femmes françaises coordonne une résistance civile reposant sur la propagande clandestine, les revendications de ravitaillement, la solidarité avec les victimes de la répression, le soutien aux réfractaires au Service du travail obligatoire et, à la Libération, la participation de militantes aux services sanitaires et aux combats urbains.

Missions et actions

Les responsabilités exactes exercées quotidiennement par Claudine Chomat dans la clandestinité restent imparfaitement documentées par les sources librement accessibles. Son rôle de direction est toutefois établi : elle participe à la reconstitution des organisations féminines communistes, coordonne les comités féminins et contribue à leur transformation en une organisation nationale.

Son activité implique la définition des mots d’ordre, l’organisation de la propagande, la circulation des publications clandestines et la coordination de campagnes portant notamment sur les pénuries alimentaires, le ravitaillement des enfants et le soutien aux familles touchées par la répression. Le fonds d’archives associant Claudine Chomat, Laurent Casanova et Victor Michaut conserve des imprimés clandestins et légaux ainsi que des documents relatifs à son parcours résistant et à son internement.

Arrestation / évasion / déportation

Le guide des sources des Archives du féminisme signale, dans un fonds conservé au Musée de la Résistance nationale, des documents relatifs à la « résistance et [à l’]internement de Claudine Chomat ». Les sources actuellement accessibles ne permettent cependant pas d’établir avec suffisamment de précision la date, le lieu, la durée et les circonstances de cet internement.

Aucune déportation de Claudine Chomat n’est attestée par les sources consultées. Elle survit à l’Occupation et reprend publiquement ses responsabilités à la Libération.

Camarades de combat

Parmi les principales militantes avec lesquelles Claudine Chomat agit figurent Danielle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Jeannette Vermeersch et Maria Rabaté. Elle travaille également dans l’environnement politique du Parti communiste clandestin et du Front national.

Danielle Casanova joue un rôle fondateur dans la mise en place des comités féminins avant son arrestation en février 1942 et sa déportation à Auschwitz. À partir de mai 1943, Maria Rabaté est associée à Claudine Chomat dans la direction des comités de la zone Nord.

Retour à la vie civile

À la Libération, Claudine Chomat devient secrétaire générale de l’Union des femmes françaises, qui sort de la clandestinité et tient son premier congrès national en décembre 1944. L’organisation devient un mouvement féminin de masse engagé dans la défense des droits des femmes, de la paix, de la protection sociale et de la mémoire de la Résistance.

Elle entre en 1945 au Comité central du Parti communiste français. Après son mariage avec Laurent Casanova en 1948, elle demeure une dirigeante communiste et féministe importante. Elle est cependant frappée par les conséquences politiques de l’affaire Servin-Casanova en 1961, qui entraîne la mise à l’écart de son mari et sa propre disgrâce au sein du parti, auquel elle reste néanmoins adhérente.

Elle avait épousé en 1937 le dirigeant communiste Victor Michaut, dont elle se sépare après la guerre. Elle épouse Laurent Casanova en 1948. Elle meurt le 14 octobre 1995 à Boulogne-Billancourt.

Décorations

  • Chevalier de la Légion d’honneur — remise le 9 mai 1983 par le président de la République François Mitterrand en reconnaissance de son activité dans la Résistance. La présente recherche n’a pas permis de retrouver le décret et sa date de publication au Journal officiel.

Aucune autre décoration n’a pu être confirmée dans les sources institutionnelles consultées.

Lieux de mémoire

Le Musée de la Résistance nationale conserve un fonds documentaire intitulé « Claudine Chomat ; Laurent Casanova ; Victor Michaut », couvrant la période 1918-1980. Il rassemble notamment des imprimés clandestins et légaux et des pièces relatives à la Résistance et à l’internement de Claudine Chomat.

Sa mémoire est également liée à celle de l’Union des jeunes filles de France et de l’Union des femmes françaises, devenue ultérieurement Femmes solidaires. Les sources consultées n’ont pas permis d’identifier avec certitude une rue, une plaque ou un établissement public portant spécifiquement son nom.

Références bibliographiques

Jean Maitron et Claude Pennetier, « Chomat Claudine, épouse Michaut, puis épouse Casanova », Le Maitron. Cette notice constitue la principale synthèse biographique consacrée à Claudine Chomat. Elle retrace ses origines sociales, son engagement aux Jeunesses communistes, son rôle dans la création de l’Union des jeunes filles de France, son activité clandestine et son parcours politique d’après-guerre.

François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, Robert Laffont, Paris, 2006. Cet ouvrage replace les comités féminins, le Front national et l’Union des femmes françaises dans l’organisation générale de la Résistance intérieure et permet de comprendre la place occupée par les militantes communistes.

Rita Thalmann (dir.), Femmes dans la Résistance en France, Éditions de l’Atelier, Paris, 1994. Cet ouvrage collectif étudie la diversité des engagements féminins et le rôle des organisations spécifiques de femmes dans la Résistance civile et politique.

Jean-Pierre Arthur Bernard, Paris rouge, 1944-1964 : les communistes français dans la capitale, Champ Vallon, 1991. Cet ouvrage éclaire le contexte politique dans lequel Claudine Chomat poursuit son activité après la Libération et les rapports entre le Parti communiste et les organisations féminines.

Références internet

Le Maitron. La notice consacrée à Claudine Chomat constitue la source biographique de référence pour son état civil, son engagement communiste, sa participation à la création de l’Union des jeunes filles de France et sa direction des comités féminins. https://maitron.fr/spip.php?article19938

Wikipédia. La notice développée consacrée à Claudine Chomat reprend les informations issues du Maitron et fournit des références complémentaires sur sa vie familiale, son activité politique après la guerre et sa nomination dans la Légion d’honneur. https://fr.wikipedia.org/wiki/Claudine_Chomat

Archives du féminisme. Le guide des sources décrit un fonds conservé au Musée de la Résistance nationale comprenant des imprimés clandestins et des documents relatifs à la Résistance et à l’internement de Claudine Chomat.
https://www.archivesdufeminisme.fr/fonds-archives/claudine-chomat-laurent-casanova-victor-michaut/

Mémoire Vive de la Résistance. La page consacrée à l’Union des femmes françaises apporte des éléments de contexte sur les comités féminins, leurs actions civiles, leurs publications et la place de Claudine Chomat dans leur direction clandestine. https://mvr.asso.fr/union-des-femmes-francaises-uff/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative du Service historique de la Défense, notamment dans la sous-série GR 16 P, n’a été retrouvée avec certitude lors des présentes recherches.

Un fonds documentaire consacré à Claudine Chomat, Laurent Casanova et Victor Michaut est signalé au Musée de la Résistance nationale, sans cote précisée dans le guide des Archives du féminisme.

Observations

Les sources concordent sur l’état civil de Claudine Chomat, sa participation à la création de l’Union des jeunes filles de France, son activité dans la clandestinité communiste et sa direction des comités féminins à partir de 1941.

La documentation accessible mentionne un internement, mais n’en précise pas suffisamment les circonstances. Cette lacune empêche d’en proposer un récit détaillé sans risque de confusion avec le parcours d’autres dirigeantes communistes arrêtées ou déportées.

L’Union des femmes françaises est présentée dans certaines sources comme ayant pris ce nom en 1943 en zone Nord, tandis que d’autres situent sa constitution nationale en 1944. Cette différence paraît correspondre à un processus progressif de regroupement et de changement de dénomination plutôt qu’à une contradiction de fond.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, les principaux engagements militants, le rôle dans la direction des comités féminins et le parcours d’après-guerre sont établis par plusieurs sources concordantes, dont le Maitron et un guide de fonds d’archives institutionnel. Les circonstances précises de son internement restent toutefois insuffisamment documentées.

Chronologie

DateÉvénement
7 février 1915Naissance à Saint-Étienne (Loire).
Juillet 1930Début de son activité professionnelle comme sténodactylographe.
1932Adhésion aux Jeunesses communistes.
1934Adhésion au Parti communiste français.
1936Participation à la fondation de l’Union des jeunes filles de France.
1939Participation à la réorganisation clandestine du Parti communiste.
1941Prend la direction des comités féminins de résistance.
Mai 1943Dirige avec Maria Rabaté les comités féminins de la zone Nord.
1944Constitution de l’Union des femmes françaises à partir des comités clandestins.
1945Entre au Comité central du Parti communiste français.
1948Épouse Laurent Casanova.
9 mai 1983Reçoit la Légion d’honneur pour son activité résistante.
14 octobre 1995Meurt à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Sources consultées

Le Maitron. La notice « Chomat Claudine, épouse Michaut, puis épouse Casanova » a fourni les principaux éléments d’état civil et les renseignements relatifs à sa jeunesse, à son engagement communiste, à la création de l’Union des jeunes filles de France, à la direction des comités féminins et à son parcours après la Libération. https://maitron.fr/spip.php?article19938

Wikipédia. La notice « Claudine Chomat », fondée principalement sur le Maitron et sur des articles de presse, a permis de compléter les données relatives à ses mariages, à sa mise à l’écart politique après 1961 et à la remise de la Légion d’honneur le 9 mai 1983. https://fr.wikipedia.org/wiki/Claudine_Chomat

Archives du féminisme. La fiche du fonds « Claudine Chomat ; Laurent Casanova ; Victor Michaut » a établi l’existence, au Musée de la Résistance nationale, d’un ensemble documentaire couvrant notamment les imprimés clandestins et le parcours résistant et l’internement de Claudine Chomat. https://www.archivesdufeminisme.fr/fonds-archives/claudine-chomat-laurent-casanova-victor-michaut/

Mémoire Vive de la Résistance. La page « Union des femmes françaises » a fourni les éléments de contexte relatifs à la formation des comités féminins, à leurs activités de propagande et de solidarité et à leur transformation progressive en Union des femmes françaises. https://mvr.asso.fr/union-des-femmes-francaises-uff/

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