Le nom exact du lieu est le Château d’Andelot, également désigné localement sous le nom de Château d’Andelot-Morval pour le distinguer de la commune d’Andelot-en-Montagne située plus au nord dans le même département.
Dans l’usage courant local et les archives de la Résistance, il est simplement cité comme le château d’Andelot ou la propriété de la famille Bel.
Le site est localisé au 1 Rue de l’église, sur la commune d’Andelot-Morval dans le département du Jura (39320). Il se situe à environ dix kilomètres au nord-est de Coligny, à la frontière entre le Jura et l’Ain.
Il ne doit pas être confondu avec le camp de maquis de la Creux de Fer situé à Andelot-en-Montagne, bien que les deux sites partagent une importance historique dans la résistance jurassienne.
Le château est une propriété privée, partiellement inscrite aux Monuments Historiques depuis 1926. Sa nature est celle d’une ancienne forteresse médiévale du XIIe siècle, reconstruite et restaurée en 1924 par Ferdinand Lammot Belin et Pierre S. du Pont, descendants des anciens propriétaires.
La porte fortifiée du XIVe siècle, encadrée de deux tours massives, est l’élément le plus emblématique du site. Aucune sculpture monumentale n’y est adjointe, le caractère mémoriel résidant dans les plaques apposées à l’intérieur ou sur les murs d’enceinte pour rappeler son rôle durant l’Occupation.
Le texte commémoratif principal souligne l’accueil de réunions secrètes de la Résistance et le rôle de la famille Bel. Les environs du site sont marqués par un paysage de collines boisées typique du Revermont, ayant offert une protection naturelle pour les déplacements clandestins.
Le contexte de la Résistance dans cette zone est marqué par l’unification des mouvements sous l’égide des Mouvements Unis de la Résistance (MUR).
Le Jura était une zone stratégique de passage vers la Suisse et une zone de repli pour les maquis de l’Ain et du Haut-Jura.
La famille Bel, propriétaire du château et de l’entreprise Fromageries Bel, a mis ses ressources au service de la clandestinité. Robert Bel et Pierre Bel ont transformé le château en un centre de décision de haut niveau, accueillant les responsables régionaux et nationaux des mouvements de résistance.
Les faits marquants se déroulent principalement en 1943 et 1944. En juillet 1943, le château accueille une réunion cruciale du comité directeur des MUR de la région, avec la présence de Jean-Pierre Lévy, chef national du mouvement Franc-Tireur.
Ce lieu servait de point de chute sécurisé pour les agents de liaison et les responsables en transit. À la fin de la guerre, lors des combats de la Libération en 1944, le château a servi de refuge et de base arrière pour les troupes alliées et les groupes de Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) opérant dans le secteur sud du Jura.
Le bilan matériel lié aux combats directs sur le site est minime, le château ayant été préservé des destructions allemandes grâce à sa position discrète, bien que la zone environnante ait connu d’importantes répressions.
L’intérêt stratégique du lieu résidait dans son isolement relatif allié à la stature sociale de ses propriétaires, ce qui permettait de dissimuler des activités politiques clandestines sous couvert de gestion domaniale.
Après la guerre, la mémoire du lieu a été entretenue de manière privée par la famille Bel et les associations d’anciens résistants du Jura.
Références bibliographiques
Mémoires d’un résistant Jean-Pierre Lévy, Éditions Albin Michel, 1998 Ouvrage de référence rédigé par le chef de Franc-Tireur détaillant les réunions de coordination des MUR dans le Jura et le rôle des refuges sûrs comme le château d’Andelot. Pages 180 à 195.
La Résistance dans le Jura André Robert, Éditions de la Frontière, 2004 Synthèse historique sur l’organisation des maquis et des réseaux de soutien civil dans le département, mentionnant l’implication des industriels comme la famille Bel. Pages concernées par le secteur du Revermont.
Références internet
Château d’Andelot – Monument à Andelot-Morval France-Voyage Fiche technique et historique sur l’architecture et les événements marquants du château, incluant son rôle de refuge durant la Seconde Guerre mondiale. https://www.france-voyage.com/villes-villages/andelot-morval-13555/chateau-andelot-15243.htm
Musée de la Résistance en ligne – Jura Fondation de la Résistance Base de données recensant les lieux de réunion et les figures de la résistance jurassienne, incluant des notices sur les MUR. https://www.museedelaresistanceenligne.org
Sources consultées
Base Mérimée du Ministère de la Culture (Notice PA00101799), Archives départementales du Jura (Série W et fonds privés), Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. Vérification effectuée le 22 février 2026.
Analyse critique des sources
L’existence du lieu et sa localisation sont certifiées par les registres des Monuments Historiques. Le rôle exact des réunions de 1943 est documenté par les témoignages directs de Jean-Pierre Lévy, source primaire de haute fiabilité. Un biais mémoriel potentiel existe concernant l’importance relative d’Andelot par rapport à d’autres châteaux de la région, mais la récurrence de la citation du nom des frères Bel dans les rapports officiels des MUR confirme le statut stratégique du site. Les chiffres concernant les effectifs accueillis varient selon les sources secondaires, mais le fait de la réunion de juillet 1943 reste une certitude historique établie.