Joseph Marie Séraphin Antoine Martin CASILE, né le 25 février 1905 à Métlaoui (protectorat français de Tunisie), mort le 25 janvier 2007 à Paris (15e arrondissement), français, militaire de carrière de l’infanterie coloniale, officier des Forces françaises libres, lieutenant, Compagnon de la Libération.
Jeunesse et formation
Joseph Casile naît le 25 février 1905 à Métlaoui, localité du sud-ouest tunisien située dans la région de Gafsa.
La Tunisie est alors placée sous protectorat français depuis 1881.
Métlaoui est notamment connue pour l’exploitation de ses gisements de phosphates, dont le développement entraîne une importante activité industrielle et ferroviaire.
Son père exerce la profession de chef comptable.
Les renseignements biographiques disponibles ne permettent pas de préciser l’identité de ses parents, leur origine géographique ni les conditions exactes de son enfance.
Joseph Casile choisit très jeune la carrière militaire.
1923 — Engagement dans l’armée française
En 1923, âgé de dix-huit ans, il s’engage volontairement dans l’armée française comme soldat de deuxième classe.
Il est affecté au 12e régiment de tirailleurs tunisiens (12e RTT).
Ce régiment appartient aux unités de l’armée d’Afrique, constituées notamment de soldats recrutés en Afrique du Nord et encadrées par des officiers et sous-officiers français.
Joseph Casile poursuit ensuite son service au 4e régiment de tirailleurs tunisiens.
Son engagement l’oriente durablement vers les troupes d’infanterie.
En 1924, il est promu sergent.
Cette promotion intervient après une période relativement courte de service et témoigne de son aptitude à exercer des responsabilités d’encadrement.
1925 — Campagne du Rif
En 1925, Joseph Casile participe aux opérations militaires conduites au Maroc pendant la guerre du Rif.
Ce conflit oppose les forces françaises et espagnoles aux combattants rifains engagés dans la lutte contre la domination coloniale.
Les opérations militaires se déroulent dans des régions montagneuses où les déplacements et les communications sont difficiles.
En septembre 1925, Joseph Casile est blessé par balle au bras.
Son comportement pendant cette campagne lui vaut une citation à l’ordre du corps d’armée.
Il acquiert ainsi une première expérience du combat et reçoit une reconnaissance militaire pour son comportement au feu.
Cette blessure constitue le premier épisode connu d’une carrière qui sera marquée par plusieurs blessures en opérations ou en service commandé.
1928-1930 — Fin du premier engagement et retour dans l’armée
Joseph Casile est libéré de ses obligations militaires en octobre 1928.
Cette interruption de carrière est cependant de courte durée.
En mai 1930, il décide de se rengager.
Ce choix confirme sa volonté de faire de l’armée sa profession.
1931-1934 — Séjour en Indochine
En janvier 1931, Joseph Casile est envoyé en Indochine.
Il y demeure jusqu’en août 1934.
L’Indochine française comprend alors plusieurs territoires administrés directement ou placés sous protectorat.
Les unités militaires y assurent notamment des missions de garnison, de surveillance et de maintien de l’autorité coloniale.
La notice de l’Ordre de la Libération confirme ce séjour, mais ne précise pas toutes les unités auxquelles Joseph Casile est affecté, ni ses lieux successifs de stationnement.
Il ne serait donc pas justifié de lui attribuer des opérations particulières sans consultation de son état signalétique et des services.
Ce séjour lui permet néanmoins d’acquérir une expérience des affectations outre-mer.
1936 — Admission dans le corps des sous-officiers de carrière
En 1936, Joseph Casile est admis dans le corps des sous-officiers de carrière.
Cette admission marque une étape importante.
Elle lui assure une position durable dans l’institution militaire et confirme la reconnaissance de ses compétences professionnelles.
Il sert alors au 8e régiment de tirailleurs sénégalais (8e RTS).
Il effectue également un séjour en Guyane française.
Les dates exactes et les responsabilités exercées pendant cette affectation ne sont pas précisées par la documentation institutionnelle.
1939 — Affectation au Levant
À l’été 1939, Joseph Casile est envoyé au Levant.
Lorsque la Seconde Guerre mondiale commence en septembre, il se trouve en Syrie.
Il sert au 24e régiment d’infanterie coloniale (24e RIC).
Cette formation appartient aux forces françaises stationnées dans les territoires du Levant, alors placés sous mandat français.
Joseph Casile est promu sergent-chef en avril 1940.
Au moment de la défaite française de juin 1940, il possède donc environ dix-sept années d’expérience militaire, acquises en Afrique du Nord, en Indochine, en Guyane et au Levant.
Cette expérience va contribuer à son rôle dans les premières unités combattantes de la France libre.
Engagement dans la France libre
Juin 1940 — Refus de l’armistice
Lorsque les armées allemandes envahissent la France en mai 1940, Joseph Casile sert au 24e RIC en Syrie.
Au mois de juin, il suit à Tripoli, au Liban, des cours destinés à la formation des chefs de section.
La défaite militaire française et la demande d’armistice du gouvernement Pétain placent les forces du Levant dans une situation particulièrement délicate.
Les unités demeurent armées, mais leur commandement doit appliquer les décisions du gouvernement français.
Le général Eugène Mittelhauser, commandant supérieur des troupes françaises du Levant, accepte finalement la cessation des hostilités.
Plusieurs officiers et sous-officiers refusent cependant de déposer les armes.
Parmi eux figure Joseph Casile.
27 juin 1940 — Passage en Palestine
Le 27 juin 1940, Joseph Casile quitte les forces françaises du Levant demeurées fidèles au gouvernement de Vichy.
Il est accompagné notamment de Louis René Bénard et d’André Salvat.
Les trois sous-officiers appartiennent au groupe de militaires qui décident de poursuivre la guerre contre l’Allemagne.
Ils rejoignent le capitaine Raphaël Folliot, commandant la 3e compagnie du 24e RIC.
Avec environ cent trente hommes, Folliot organise le passage vers la Palestine, alors sous mandat britannique.
L’opération est rendue possible par l’utilisation de faux ordres de mission.
Cette initiative permet aux militaires de quitter leur garnison sans éveiller immédiatement les soupçons de leur hiérarchie.
Le départ constitue un acte de désobéissance aux autorités militaires françaises.
Il intervient moins de dix jours après l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.
Joseph Casile appartient ainsi aux premiers militaires de carrière qui rejoignent les forces alliées pour poursuivre le combat.
Constitution du 1er bataillon d’infanterie de marine
Les volontaires arrivés en Palestine sont regroupés au camp de Moascar.
Ils sont rejoints par environ trois cent cinquante hommes du 3e bataillon du 24e RIC, conduits par le capitaine Jacques Lorotte.
L’ensemble forme le 1er bataillon d’infanterie de marine (1er BIM).
Cette unité constitue l’une des premières formations terrestres organisées de la France libre.
Elle est également l’une des premières à reprendre effectivement le combat contre les forces de l’Axe.
Sa constitution revêt une importance militaire et symbolique majeure.
Elle démontre que le refus de l’armistice ne se limite pas à des engagements individuels.
Des unités constituées, disposant de cadres expérimentés et de soldats entraînés, choisissent collectivement de poursuivre la guerre.
Joseph Casile apporte à cette nouvelle formation son expérience de sous-officier de carrière.
Il conserve le grade de sergent-chef.
Son parcours est désormais indissociable de celui du 1er BIM, puis de la 1re division française libre.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
Forces françaises libres (FFL)
Joseph Casile rejoint les forces alliées le 27 juin 1940, en quittant le Levant pour la Palestine.
Son engagement précède la constitution complète des structures militaires de la France libre.
Il appartient à la première génération des volontaires français libres.
1er bataillon d’infanterie de marine (1er BIM)
Joseph Casile participe à la constitution de cette unité en Palestine.
Il prend part avec elle aux campagnes d’Égypte, de Libye et de Syrie.
Il combat notamment à Tobrouk et à Bir Hakeim.
1re brigade française libre
Le 1er BIM participe aux opérations de la brigade commandée par le général Pierre Koenig.
Joseph Casile combat dans ses rangs pendant la bataille de Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942.
1re division française libre (1re DFL)
Il poursuit son service au sein des formations de la 1re DFL.
Il participe aux campagnes de Tunisie, d’Italie, de Provence, des Vosges et d’Alsace.
Quartier général 51
Pendant la campagne de Tunisie, en mai 1943, Joseph Casile sert au Quartier général 51 de la 1re DFL.
Cette affectation précède son passage au bataillon de marche n° 21.
Bataillon de marche n° 21 (BM 21)
Le 21 août 1943, Joseph Casile est affecté au BM 21.
Il participe avec cette unité aux principales campagnes de la 1re DFL jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Il se distingue notamment pendant les combats des Vosges et poursuit la campagne jusqu’aux opérations des Alpes.
Son engagement relève de la Résistance extérieure et de la France libre combattante.
Aucune appartenance à un réseau clandestin de renseignement, d’évasion ou de sabotage en France métropolitaine n’a été établie.
Missions et actions
1940 — Premières opérations en Égypte
Après sa constitution, le 1er BIM rejoint les forces britanniques engagées en Égypte.
La présence de l’unité française libre présente une importance particulière.
À cette date, le général de Gaulle ne dispose encore que de moyens militaires limités.
Le bataillon constitue une formation combattante capable de prendre part aux opérations alliées.
Joseph Casile participe à cette première campagne comme sergent-chef.
Son expérience de l’infanterie permet de renforcer l’encadrement des soldats.
Les opérations se déroulent dans un environnement désertique qui impose des contraintes importantes en matière de déplacements, de ravitaillement et de communications.
Janvier 1941 — Prise de Tobrouk
Joseph Casile participe à la prise de Tobrouk, en Libye, aux côtés des forces britanniques.
La ville constitue un port stratégique de Cyrénaïque.
Sa possession permet de contrôler une partie des communications et des approvisionnements nécessaires aux opérations militaires dans le désert.
L’offensive alliée contre les positions italiennes s’inscrit dans la campagne de Libye commencée à la fin de 1940.
Les troupes britanniques prennent Tobrouk en janvier 1941.
Le 1er BIM participe à ces opérations.
Il s’agit de l’un des premiers engagements importants des militaires français libres contre les forces de l’Axe.
Pour Joseph Casile, cette campagne marque la reprise effective du combat après le refus de l’armistice.
7 mars 1941 — Attribution de la croix de la Libération
Le général de Gaulle attribue la croix de la Libération à Joseph Casile par décret du 7 mars 1941.
Il figure parmi les militaires du 1er BIM récompensés pour leur engagement et leur participation aux premières opérations de la France libre.
Cette décision est particulièrement précoce.
L’Ordre de la Libération a été créé le 16 novembre 1940.
Joseph Casile appartient ainsi aux premiers militaires distingués par le général de Gaulle.
Le décret du 7 mars 1941 est publié au Journal officiel de la France libre du 25 mars 1941, n° 4, page 13.
Le texte mentionne expressément Casile, sergent-chef, parmi les hommes du 1er BIM cités à l’ordre des Troupes françaises libres d’Orient.
L’attribution est donc confirmée à la fois par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération et par la reproduction du décret original.
Juin-juillet 1941 — Campagne de Syrie
Après les opérations de Libye, Joseph Casile participe à la campagne de Syrie.
Cette campagne oppose les forces britanniques et françaises libres aux unités françaises demeurées fidèles au gouvernement de Vichy.
Elle présente un caractère particulièrement douloureux pour les militaires français.
Joseph Casile combat désormais contre des formations appartenant à l’armée dans laquelle il servait encore un an auparavant.
Les opérations permettent finalement le ralliement de la Syrie et du Liban à la France libre.
Cette campagne constitue une étape importante de son parcours.
Elle confirme son engagement au sein du 1er BIM et sa volonté de poursuivre les combats sous l’autorité du général de Gaulle.
1er septembre 1941 — Promotion au grade d’adjudant
Joseph Casile est promu adjudant le 1er septembre 1941.
Cette promotion récompense son expérience et les services accomplis depuis son ralliement.
Il appartient désormais aux sous-officiers supérieurs de son unité.
Ses responsabilités d’encadrement s’accroissent.
1942 — Retour en Libye
Au cours de l’année 1942, Joseph Casile participe de nouveau aux opérations militaires en Libye.
Les forces françaises libres combattent aux côtés de la VIIIe armée britannique.
Les combats se déroulent dans un contexte marqué par l’offensive des forces germano-italiennes commandées par le maréchal Erwin Rommel.
La mobilité des unités et l’importance des communications rendent les opérations particulièrement difficiles.
Joseph Casile sert toujours au sein du 1er BIM.
27 mai – 11 juin 1942 — Bataille de Bir Hakeim
La bataille de Bir Hakeim constitue l’un des épisodes les plus importants de sa carrière militaire.
La 1re brigade française libre, commandée par le général Pierre Koenig, défend une position située dans le désert libyen.
Les forces françaises doivent résister aux attaques allemandes et italiennes.
Les défenseurs comprennent notamment des légionnaires, des soldats de l’infanterie coloniale, des artilleurs et des fusiliers marins.
Le 1er BIM participe directement à la défense.
Joseph Casile combat dans ses rangs pendant toute la période de la bataille.
Les forces françaises subissent des bombardements aériens et des tirs d’artillerie particulièrement violents.
Malgré leur infériorité numérique et matérielle, elles résistent pendant plusieurs jours.
Cette résistance contribue à ralentir l’offensive ennemie et à permettre la réorganisation du dispositif allié.
Dans la nuit du 10 au 11 juin, les forces françaises libres réussissent leur sortie de la position.
La bataille de Bir Hakeim devient l’un des événements symboliques de l’histoire militaire de la France libre.
Joseph Casile appartient aux combattants ayant participé à cette résistance.
La notice de l’Ordre de la Libération confirme sa présence au sein du dispositif français.
Elle ne permet cependant pas de reconstituer toutes les actions individuelles qu’il accomplit pendant les combats.
Il convient donc de distinguer sa participation attestée de l’ensemble des faits d’armes de son bataillon.
Octobre 1942 — Bataille d’El Alamein
Après Bir Hakeim, Joseph Casile poursuit les opérations en Afrique du Nord.
En octobre 1942, les forces alliées déclenchent une offensive majeure contre les positions germano-italiennes établies dans le secteur d’El Alamein, en Égypte.
La bataille commence le 23 octobre.
Elle marque un tournant important de la guerre du désert.
Les forces allemandes et italiennes doivent progressivement se replier vers l’ouest.
Joseph Casile participe aux combats dans les rangs des Forces françaises libres.
31 octobre 1942 — Blessure à El Alamein
Le 31 octobre 1942, Joseph Casile est blessé par un éclat de mortier à la cuisse gauche.
Cette blessure intervient pendant les combats particulièrement violents de la bataille d’El Alamein.
Elle constitue sa deuxième blessure de guerre connue, après celle reçue au Maroc en septembre 1925.
La documentation institutionnelle ne précise pas la durée de son hospitalisation ni les circonstances exactes de son retour dans son unité.
Il reprend néanmoins le service et participe aux campagnes suivantes.
Son retour au combat témoigne de la continuité de son engagement.
Mai 1943 — Campagne de Tunisie
En mai 1943, Joseph Casile participe à la campagne de Tunisie.
Il possède alors le grade d’adjudant-chef.
Il sert au Quartier général 51 de la 1re DFL.
La campagne de Tunisie constitue la dernière phase des opérations contre les forces de l’Axe en Afrique du Nord.
Les combats s’achèvent en mai 1943 par la capitulation des dernières formations allemandes et italiennes.
Cette victoire permet aux Alliés de disposer d’une base stratégique pour préparer les opérations en Méditerranée et le débarquement en Italie.
Joseph Casile poursuit son service dans les formations françaises libres.
21 août 1943 — Affectation au BM 21
Le 21 août 1943, Joseph Casile est affecté au bataillon de marche n° 21.
Cette nouvelle affectation marque le début de la dernière grande période de sa carrière pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le BM 21 appartient à la 1re DFL.
Il participe aux opérations qui conduisent les forces françaises libres de l’Italie au territoire français.
Joseph Casile apporte à son bataillon une expérience particulièrement importante.
Il a déjà participé aux campagnes d’Égypte, de Libye, de Syrie et de Tunisie.
Il possède également une longue expérience du commandement des petites unités.
Avril 1944 — Débarquement en Italie
En avril 1944, Joseph Casile débarque en Italie avec le BM 21.
Les forces françaises participent à l’offensive alliée destinée à rompre les positions allemandes établies au sud de Rome.
Le terrain est montagneux et les défenses adverses particulièrement solides.
Le BM 21 est engagé dans plusieurs combats difficiles.
Joseph Casile participe notamment aux opérations du Garigliano.
Mai 1944 — Offensive du Garigliano
L’offensive alliée du Garigliano commence dans la nuit du 11 au 12 mai 1944.
Les forces françaises doivent progresser sur un terrain difficile, défendu par des unités allemandes expérimentées.
Les attaques sont soutenues par l’artillerie.
Les unités d’infanterie progressent contre des positions organisées et souvent protégées par le relief.
Joseph Casile participe à cette offensive avec le BM 21.
Mai-juin 1944 — Progression en Italie centrale
Après la rupture des positions allemandes, le bataillon poursuit les opérations.
Joseph Casile participe aux combats de San Giorgio, Pontecorvo, Leucio, Palestrina et Gallicano.
Ces engagements s’inscrivent dans la progression alliée vers le nord de l’Italie.
Les unités françaises contribuent à désorganiser les défenses allemandes et à ouvrir la voie à la poursuite de l’offensive.
La notice de l’Ordre de la Libération énumère ces engagements, mais ne précise pas les actions individuelles accomplies par Joseph Casile dans chacun d’eux.
Il serait donc imprudent de lui attribuer un commandement ou une blessure particulière sans document supplémentaire.
Août 1944 — Débarquement de Provence
Après la campagne d’Italie, la 1re DFL participe au débarquement allié de Provence.
L’opération commence le 15 août 1944.
Elle permet aux forces françaises et américaines de prendre pied sur les côtes méditerranéennes.
Joseph Casile débarque en Provence avec son bataillon.
Il participe ensuite à la remontée de la vallée du Rhône.
Cette progression s’inscrit dans la libération progressive du territoire français.
Pour les militaires de la France libre, le retour en France représente un événement particulièrement important.
Après quatre années de combats à l’étranger, ils participent directement à la libération de leur pays.
Septembre 1944 — Campagne des Vosges
À la fin de l’été 1944, les forces alliées progressent vers l’est de la France.
Les opérations deviennent progressivement plus difficiles.
Les unités allemandes s’appuient sur les reliefs des Vosges et sur plusieurs positions défensives organisées.
Joseph Casile participe aux combats dans les rangs du BM 21.
28 septembre 1944 — Combat de Frédéric-Fontaine
Le 28 septembre 1944, Joseph Casile se distingue particulièrement dans le secteur de Frédéric-Fontaine, en Haute-Saône.
La notice officielle de l’Ordre de la Libération mentionne expressément cet engagement.
Il constitue l’un des faits d’armes individuels les plus précisément datés de sa carrière pendant la campagne de France.
Les circonstances tactiques détaillées ne sont cependant pas développées dans la notice institutionnelle.
L’examen des citations militaires et des journaux de marche permettrait de préciser les responsabilités exercées et les actions récompensées.
Automne 1944 — Combats dans la région de Belfort
Joseph Casile participe ensuite aux combats menés dans la région de Belfort.
La notice de l’Ordre mentionne notamment les opérations de la cote 327.
Les forces allemandes cherchent alors à conserver le contrôle des axes de communication et des positions fortifiées de la région.
Les combats se déroulent dans des conditions difficiles, notamment en raison du relief et de la résistance ennemie.
Joseph Casile poursuit son engagement avec le BM 21.
Fin 1944 – début 1945 — Campagne d’Alsace
Après la région de Belfort, les formations de la 1re DFL sont engagées en Alsace.
Joseph Casile participe notamment aux combats de Kraft, Osthouse, Sélestat et des secteurs du Rhin et de Maausen, selon les localisations mentionnées par la notice institutionnelle.
Ces opérations interviennent alors que les forces allemandes tentent de conserver leurs positions en Alsace.
Les combats sont particulièrement violents pendant l’hiver 1944-1945.
Les unités françaises doivent faire face à des contre-attaques, à des conditions climatiques difficiles et à des problèmes de ravitaillement.
Joseph Casile participe à ces engagements au sein du BM 21.
Janvier 1945 — Promotion au grade de sous-lieutenant
En janvier 1945, Joseph Casile est promu sous-lieutenant.
Cette promotion marque une étape particulièrement importante de son parcours.
Engagé en 1923 comme simple soldat de deuxième classe, il accède au corps des officiers après plus de vingt années de service.
Il a participé à plusieurs campagnes militaires et reçu plusieurs blessures.
Sa promotion reconnaît son expérience professionnelle et ses qualités militaires.
Printemps 1945 — Campagne des Alpes
Joseph Casile termine la Seconde Guerre mondiale dans les Alpes avec la 1re DFL.
Il participe notamment aux opérations du fort de Rans et de Pezurbe, selon les désignations employées par l’Ordre de la Libération.
Ces combats s’inscrivent dans les dernières opérations conduites contre les forces allemandes et italiennes dans le secteur alpin.
La guerre s’achève en Europe le 8 mai 1945.
Joseph Casile appartient alors aux militaires ayant participé sans interruption majeure aux campagnes de la France libre depuis 1940.
Son parcours s’étend de la Palestine à l’Égypte, à la Libye, à la Syrie, à la Tunisie, à l’Italie et à la France.
Il a servi successivement dans le 1er BIM et le BM 21 et terminé la guerre avec le grade de sous-lieutenant.
Arrestation, évasion et déportation
Joseph Casile n’a pas été identifié comme prisonnier de guerre, interné ou déporté.
Son passage du Levant à la Palestine, le 27 juin 1940, constitue cependant un départ clandestin organisé en violation des instructions des autorités militaires françaises.
L’utilisation de faux ordres de mission permet à son groupe de rejoindre les forces britanniques.
Cette opération doit être distinguée d’une évasion de captivité.
Aucune arrestation par les autorités allemandes ou italiennes n’est mentionnée dans sa biographie institutionnelle.
Les principales atteintes à son intégrité physique pendant sa carrière militaire sont les blessures reçues au Maroc en septembre 1925, à El Alamein le 31 octobre 1942 et à Bangui après la guerre.
Camarades de combat
Raphaël FOLLIOT — Capitaine du 24e RIC, il organise le départ de la 3e compagnie du Levant vers la Palestine le 27 juin 1940. Joseph Casile appartient aux sous-officiers qui le suivent dans ce ralliement. Folliot participe ensuite à la constitution du 1er BIM.
Louis René BÉNARD — Sergent-chef du 24e RIC et Compagnon de la Libération. Il refuse l’armistice avec Joseph Casile et André Salvat et rejoint la Palestine dans le groupe du capitaine Folliot. Les trois hommes appartiennent aux premiers volontaires de la France libre.
André SALVAT — Sous-officier du 24e RIC, Compagnon de la Libération. Il accompagne Joseph Casile lors du départ clandestin du Levant, le 27 juin 1940, puis sert dans les unités de la France libre.
Jacques LOROTTE — Capitaine du 24e RIC, il conduit environ trois cent cinquante hommes du 3e bataillon vers le camp de Moascar. Leur réunion avec les volontaires du capitaine Folliot permet la constitution du 1er BIM.
Pierre KOENIG — Général commandant la 1re brigade française libre pendant la bataille de Bir Hakeim. Joseph Casile participe aux combats dans les rangs du 1er BIM, intégré à cette brigade.
Louis BÉGUIN — Militaire du 1er BIM, Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1941. Il appartient à la même unité que Joseph Casile pendant les premières campagnes de la France libre.
Pierre DELSOL — Sous-officier du 1er BIM, Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1941. Il figure avec Joseph Casile parmi les militaires distingués pour leur engagement dans les premières opérations des Français libres.
Auguste TÉCHER — Soldat du 1er BIM, Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1941. Il appartient à la formation constituée au Moyen-Orient après les ralliements de juin 1940.
Jacques BARBEROT — Lieutenant du 1er BIM, Compagnon de la Libération. Il figure parmi les officiers cités à l’ordre de l’armée et décorés par le décret du 7 mars 1941.
Alfred CAZAUD — Officier supérieur des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération. Il exerce des responsabilités de commandement au sein des formations françaises libres auxquelles appartient le 1er BIM.
Les relations de service entre Joseph Casile, Raphaël Folliot, Louis René Bénard, André Salvat et Jacques Lorotte sont directement documentées par les circonstances du ralliement de juin 1940. Pour les autres Compagnons du 1er BIM, l’appartenance commune à l’unité est établie, sans qu’une relation personnelle particulière puisse être systématiquement affirmée.
Retour à la vie civile
1945-1948 — Poursuite de la carrière militaire
Après la capitulation allemande, Joseph Casile demeure dans l’armée.
Il poursuit sa carrière dans les troupes coloniales.
Il effectue notamment un séjour à Bangui, en Oubangui-Chari, territoire de l’Afrique équatoriale française correspondant à l’actuelle République centrafricaine.
Pendant cette affectation, il est blessé en service commandé.
La notice de l’Ordre de la Libération ne précise ni la date exacte de cette blessure ni ses circonstances.
Joseph Casile est promu lieutenant.
En 1948, il quitte l’armée.
Il a alors quarante-trois ans et totalise environ vingt-cinq années de carrière militaire depuis son premier engagement de 1923, compte tenu des interruptions de service.
Cette carrière a été marquée par de nombreuses affectations outre-mer et par les campagnes de la Seconde Guerre mondiale.
1948 — Reconversion professionnelle
Après son départ de l’armée, Joseph Casile retrouve la vie civile.
Il exerce d’abord la profession de chef comptable.
Cette activité correspond à un emploi administratif exigeant des compétences en comptabilité et en gestion.
Elle rappelle également la profession exercée par son père à Métlaoui.
La documentation accessible ne permet toutefois pas d’établir si cette orientation professionnelle résulte directement d’une formation familiale ou d’une expérience personnelle antérieure.
Il convient donc de ne pas présenter ce rapprochement comme une relation de causalité démontrée.
Installation en Corse
Joseph Casile s’installe ensuite en Corse.
Il devient exploitant agricole.
Cette nouvelle activité marque une évolution importante de son parcours professionnel.
Après une carrière militaire passée dans plusieurs territoires français d’Afrique et d’Asie, il se consacre à l’exploitation de terres agricoles.
Les sources institutionnelles ne précisent pas la nature exacte de ses cultures, la superficie de son exploitation ni les dates de son installation.
Il conserve cependant des liens durables avec la Corse.
25 janvier 2007 — Décès à Paris
Joseph Casile meurt le 25 janvier 2007 à Paris, dans le 15e arrondissement.
Il est âgé de cent un ans.
Il avait reçu la croix de la Libération près de soixante-six ans auparavant.
Il fait ainsi partie des Compagnons de la Libération ayant vécu jusqu’au début du XXIe siècle.
Il est inhumé à Valle-di-Mezzana, en Corse-du-Sud.
Son dossier individuel de l’Ordre de la Libération conserve plusieurs documents relatifs à son décès et à sa sépulture, notamment une fiche de disparition, des correspondances, une copie de l’avis de décès publié dans Le Figaro et des photographies de sa tombe.
Son parcours illustre la longévité exceptionnelle de certains volontaires de la première heure de la France libre.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Le dossier individuel 1 A 180 conserve un mémoire de proposition pour le grade d’officier daté de 1973, ainsi qu’une copie d’un extrait du Journal officiel du 18 mai 1996. Le contenu de cette publication n’ayant pas été directement examiné, il n’est pas possible d’affirmer qu’elle correspond à sa promotion au grade de commandeur. Source : Ordre de la Libération.
Compagnon de la Libération — Décret du 7 mars 1941 — Journal officiel de la France libre du 25 mars 1941, n° 4, page 13 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 A 180 — Source : Ordre de la Libération ; reproduction du décret du 7 mars 1941.
Médaille militaire — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date du décret et publication officielle non établies.
Croix de guerre 1939-1945 — Cinq citations — Source : Ordre de la Libération. Les dates et textes individuels des cinq citations n’ont pas été directement retrouvés.
Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle doit être rapprochée des services accomplis pendant les campagnes extérieures de sa carrière, sans qu’il soit possible d’identifier avec certitude la citation correspondante à partir de la notice institutionnelle.
Croix du combattant 1939-1945 — Distinction mentionnée par l’Ordre de la Libération sous cette désignation. Décision individuelle et date d’attribution non retrouvées.
Médaille coloniale avec agrafe Maroc 1925 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle correspond à sa participation aux opérations du Rif pendant lesquelles il est blessé.
Médaille coloniale avec agrafe Libye 1941 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle correspond aux premières campagnes africaines du 1er BIM.
Médaille coloniale avec agrafe Libye 1942 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille coloniale avec agrafe Bir Hakeim 1942 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle rappelle sa participation à la bataille du 27 mai au 11 juin 1942.
Médaille des blessés — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Joseph Casile a notamment été blessé au Maroc en septembre 1925 et à El Alamein le 31 octobre 1942.
Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative n’a été confirmée dans les sources directement consultées. Cette distinction ne figure pas dans la liste officielle des décorations publiée par l’Ordre de la Libération. Son absence de cette liste ne constitue toutefois pas une preuve définitive de non-attribution.
Observations relatives aux décorations
Joseph Casile appartient aux premiers militaires ayant reçu la croix de la Libération.
Son attribution par décret du 7 mars 1941 intervient seulement quelques mois après la création de l’Ordre par le général de Gaulle.
Le décret distingue plusieurs officiers, sous-officiers et soldats du 1er BIM.
La présence nominative de Joseph Casile dans ce texte constitue une preuve primaire de l’attribution.
La publication au Journal officiel de la France libre du 25 mars 1941 permet également de préciser la référence administrative.
Pour la Légion d’honneur, le dossier individuel de Compagnon présente un intérêt documentaire particulier.
Il conserve un mémoire de proposition pour le grade d’officier datant de 1973 et une copie d’un extrait du Journal officiel du 18 mai 1996.
Ces pièces peuvent permettre de reconstituer la progression de Joseph Casile dans l’Ordre national de la Légion d’honneur.
Toutefois, leur contenu intégral n’a pas été examiné.
Les cinq citations accompagnant la croix de guerre 1939-1945 constituent un autre élément important.
Leur consultation permettrait de préciser les faits d’armes récompensés pendant les différentes campagnes de la France libre.
Enfin, la Médaille de la Résistance française doit être distinguée de la croix de la Libération. Les deux distinctions relèvent de procédures d’attribution différentes.
Lieux de mémoire
Métlaoui — Tunisie. Ville natale de Joseph Casile, le 25 février 1905.
Maroc — Région du Rif. Théâtre des opérations militaires de 1925 au cours desquelles il reçoit une blessure par balle au bras.
Tripoli — Liban. Ville où il suit en juin 1940 les cours destinés aux chefs de section du 24e RIC.
Palestine. Territoire dans lequel il rejoint les forces britanniques le 27 juin 1940, après son départ clandestin du Levant.
Camp de Moascar — Égypte. Lieu de regroupement des premiers volontaires français libres et de constitution du 1er BIM.
Tobrouk — Libye. Ville dont il participe à la prise aux côtés des Britanniques en janvier 1941.
Bir Hakeim — Libye. Lieu de sa participation à la bataille du 27 mai au 11 juin 1942.
El Alamein — Égypte. Secteur dans lequel il est blessé à la cuisse gauche par un éclat de mortier le 31 octobre 1942.
Garigliano — Italie. Théâtre de l’offensive alliée de mai 1944 à laquelle il participe avec le BM 21.
Frédéric-Fontaine — Haute-Saône. Lieu où il se distingue le 28 septembre 1944 pendant la campagne des Vosges.
Belfort — Territoire de Belfort. Région des combats de la fin de l’année 1944.
Alsace. Région des engagements de Kraft, Osthouse, Sélestat et des secteurs du Rhin.
Alpes françaises. Théâtre des dernières opérations auxquelles il participe pendant la Seconde Guerre mondiale.
Bangui — République centrafricaine. Lieu d’une affectation militaire d’après-guerre, au cours de laquelle il est blessé en service commandé.
Paris, 15e arrondissement. Lieu de son décès, le 25 janvier 2007.
Valle-di-Mezzana — Corse-du-Sud. Commune où il est inhumé.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant son dossier individuel de Compagnon de la Libération, sous la cote 1 A 180.
Références bibliographiques
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général de référence consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2010, pagination de l’édition non vérifiée. — Dictionnaire biographique consacré aux titulaires de la croix de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, édition actualisée, 2023. — Publication de référence permettant de replacer Joseph Casile dans l’histoire des premiers engagés de la France libre.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Textuel, Paris, 2014, 442 p. — Étude historique consacrée aux engagements des Compagnons de la Libération et aux circonstances de leurs ralliements.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination non vérifiée. — Publication mémorielle consacrée aux Compagnons de la Libération.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, répertoire numérique, 2024, 42 p. — Instrument de recherche identifiant le dossier individuel de Joseph Casile sous la cote 1 A 180 et décrivant les principales pièces qui y sont conservées.
Références internet
Ordre de la Libération — Joseph CASILE — Notice biographique institutionnelle présentant son état civil, ses engagements militaires, son ralliement à la France libre, ses campagnes, ses blessures, ses promotions, ses activités après-guerre et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/joseph-casile
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire numérique de Roxane Ritter identifiant le dossier individuel 1 A 180, le décret du 7 mars 1941, les pièces relatives à la Légion d’honneur et le témoignage enregistré en 1971 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_202312.pdf
Ordre de la Libération — Liste alphabétique officielle des Compagnons — Document institutionnel confirmant les cinq prénoms Joseph Marie Séraphin Antoine Martin et le décret du 7 mars 1941 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf
Musée de la Résistance en ligne — Répertoire SHD GR 16 P, lettre C — Répertoire nominatif permettant d’identifier le dossier de Joseph Marie Séraphin CASILE, né le 25 février 1905 à Métlaoui, sous la cote GR 16 P 110088, et de le distinguer de plusieurs homonymes — https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Décret du 7 mars 1941 — Reproduction du décret d’attribution de la croix de la Libération, publié au Journal officiel de la France libre du 25 mars 1941, n° 4, page 13 — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/
Mémoire Vive de la Résistance — Louis René BÉNARD — Notice présentant le ralliement des militaires du 24e RIC en juin 1940 et mentionnant Joseph Casile parmi les compagnons du capitaine Folliot — https://mvr.asso.fr/benard/
Wikipédia — Joseph Casile — Notice encyclopédique secondaire utilisée pour comparaison des renseignements biographiques et des décorations — https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Casile
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense — GR 16 P 110088 — CASILE Joseph Marie Séraphin
Le répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P identifie un dossier correspondant au Compagnon de la Libération Joseph Casile.
Les informations reproduites sont les suivantes :
Nom : CASILE.
Prénoms : Joseph Marie Séraphin.
Date de naissance : 25 février 1905.
Lieu de naissance : Métlaoui.
Pays : Tunisie.
Cote : GR 16 P 110088.
Le répertoire comporte une mention d’homologation.
Cette cote est également confirmée par l’inventaire officiel des dossiers des Compagnons de la Libération, lettre C.
L’identification repose donc sur deux instruments de recherche concordants.
Le dossier doit être distingué du GR 16 P 110089, établi au nom de Joseph Casile, né le 22 novembre 1921 à Ajaccio.
Le contenu intégral du dossier GR 16 P 110088 n’a pas été directement examiné.
Il n’est donc pas possible de préciser les décisions particulières d’homologation qui y figurent.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 180
Le répertoire officiel des archives de l’Ordre de la Libération identifie le dossier personnel de Joseph Casile sous la cote 1 A 180.
Il comprend notamment les documents suivants.
Attribution de la croix de la Libération
Extrait du décret du 7 mars 1941 portant attribution de la croix de la Libération.
Deux courriers relatifs à l’attribution, datés de 1941.
Renseignements administratifs
Fiche de renseignements de la chancellerie de l’Ordre de la Libération de février 1963.
Fiche de renseignements de la chancellerie du 28 février 1969.
Questionnaire adressé aux Compagnons et à leurs familles, daté du 15 avril 1973.
Fiche annuaire de la chancellerie, sans date.
Correspondances
Deux pièces de correspondance échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1960 et 1966.
Correspondances privées
Trois pièces de correspondance d’après-guerre, datées de 1957.
État civil et pièces d’identité
Carte nationale d’identité de Compagnon de la Libération, datée du 10 mars 1975.
Service historique de la Défense
Un courrier daté de 2007.
Copie d’un état des services, sans date indiquée.
Cette dernière pièce présente un intérêt particulier pour l’étude des affectations, des promotions et des blessures.
Légion d’honneur
Copie d’un mémoire de proposition pour le grade d’officier de la Légion d’honneur, daté de 1973.
Copie d’un extrait du Journal officiel du 18 mai 1996.
Ces documents permettraient de préciser plusieurs étapes de sa progression dans la Légion d’honneur.
Témoignage personnel
Retranscription d’un entretien réalisé pour une émission de Catherine Anglade, le 27 avril 1971.
Ce témoignage constitue une source personnelle importante pour l’étude de son engagement et de ses campagnes militaires.
Son contenu n’a pas été directement examiné.
Décès
Fiche de disparition de Compagnon de la Libération datée du 29 janvier 2007.
Sept courriers relatifs au décès, datés de 2007.
Copie de l’avis de décès publié dans le Carnet du jour du journal Le Figaro en 2007.
Sépulture
Trois photographies de la tombe de Joseph Casile.
Presse
Un article publié en 2007.
L’ensemble du dossier couvre la période 1941-2007.
Les documents sont identifiés dans l’inventaire officiel. Leur contenu intégral n’a pas été directement dépouillé.
Observations
Joseph Casile appartient à la première génération des militaires ayant rejoint la France libre.
Son engagement présente plusieurs caractéristiques importantes.
La première concerne son expérience militaire antérieure à la Seconde Guerre mondiale.
Engagé en 1923, il a servi dans les tirailleurs tunisiens, participé à la campagne du Rif, effectué un long séjour en Indochine et servi en Guyane.
Au moment de l’armistice de juin 1940, il possède donc une expérience professionnelle particulièrement étendue.
La deuxième caractéristique concerne la précocité de son ralliement.
Le 27 juin 1940, il refuse l’armistice et rejoint la Palestine avec le capitaine Raphaël Folliot et plusieurs camarades du 24e RIC.
Il participe à la constitution du 1er BIM, l’une des premières unités combattantes de la France libre.
La troisième particularité est la continuité de son engagement.
Joseph Casile participe aux campagnes d’Égypte, de Libye, de Syrie, de Tunisie, d’Italie et de France.
Il combat notamment à Tobrouk, Bir Hakeim et El Alamein.
Après son affectation au BM 21, il participe aux opérations du Garigliano, au débarquement de Provence, aux combats des Vosges et d’Alsace, puis à la campagne des Alpes.
La quatrième caractéristique concerne ses blessures.
Il est blessé par balle au Maroc en septembre 1925, par un éclat de mortier à El Alamein le 31 octobre 1942, puis de nouveau en service commandé à Bangui après la guerre.
Enfin, sa promotion au grade de sous-lieutenant en janvier 1945 représente l’aboutissement d’une longue progression militaire commencée comme simple soldat de deuxième classe.
Son attribution de la croix de la Libération par décret du 7 mars 1941 constitue également un élément remarquable.
Il appartient au groupe très restreint des premiers militaires récompensés par le général de Gaulle.
Cette distinction intervient alors que la France libre ne dispose encore que de moyens militaires limités et que l’issue de la guerre demeure incertaine.
Une particularité archivistique importante concerne l’homonymie au sein des dossiers CASILE.
Le répertoire GR 16 P mentionne plusieurs militaires portant ce nom, dont deux Joseph Casile nés respectivement en 1905 et en 1921.
La date et le lieu de naissance doivent donc accompagner toute demande de consultation des archives.
Enfin, le dossier individuel 1 A 180 conserve une retranscription d’entretien de 1971 et une copie de l’état des services.
Ces deux documents constituent des sources primaires susceptibles de préciser les circonstances de son ralliement, ses responsabilités successives et ses souvenirs des principales campagnes.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, les cinq prénoms, les dates et lieux de naissance et de décès, la carrière militaire antérieure à 1939, le ralliement du 27 juin 1940, la participation à la constitution du 1er BIM, les campagnes d’Égypte, de Libye, de Syrie, de Tunisie, d’Italie et de France, les blessures de 1925 et 1942, les promotions et les activités d’après-guerre sont établis par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération. Le décret du 7 mars 1941 et sa publication au Journal officiel de la France libre du 25 mars 1941 sont confirmés par le texte original reproduit. Le dossier individuel 1 A 180 et la cote SHD GR 16 P 110088 sont identifiés par des instruments de recherche officiels. Des réserves subsistent sur les dates de plusieurs décorations, les textes des citations et certaines affectations administratives, dont les documents originaux n’ont pas été directement examinés.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 25 février 1905 | Naissance à Métlaoui, en Tunisie. |
| 1923 | Engagement dans l’armée française au 12e régiment de tirailleurs tunisiens. |
| 1924 | Promotion au grade de sergent au 4e RTT. |
| Septembre 1925 | Blessé par balle au bras pendant la campagne du Rif, au Maroc. |
| 1925 | Citation à l’ordre du corps d’armée. |
| Octobre 1928 | Fin du premier engagement militaire. |
| Mai 1930 | Nouvel engagement dans l’armée française. |
| Janvier 1931 | Départ pour l’Indochine. |
| Août 1934 | Fin du séjour en Indochine. |
| 1936 | Admission dans le corps des sous-officiers de carrière. |
| Avant 1939 | Service au 8e RTS et séjour en Guyane. |
| Été 1939 | Affectation au Levant. |
| Septembre 1939 | Service au 24e RIC en Syrie. |
| Avril 1940 | Promotion au grade de sergent-chef. |
| Juin 1940 | Cours de chef de section à Tripoli, au Liban. |
| 27 juin 1940 | Refus de l’armistice et passage en Palestine avec le capitaine Folliot. |
| Été 1940 | Constitution du 1er BIM au camp de Moascar. |
| 1940 | Premières opérations en Égypte. |
| Janvier 1941 | Participation à la prise de Tobrouk. |
| 7 mars 1941 | Attribution de la croix de la Libération. |
| 25 mars 1941 | Publication du décret au Journal officiel de la France libre. |
| Juin-juillet 1941 | Participation à la campagne de Syrie. |
| 1er septembre 1941 | Promotion au grade d’adjudant. |
| 27 mai – 11 juin 1942 | Participation à la bataille de Bir Hakeim. |
| 31 octobre 1942 | Blessé à la cuisse gauche pendant la bataille d’El Alamein. |
| Mai 1943 | Campagne de Tunisie au Quartier général 51 de la 1re DFL. |
| 21 août 1943 | Affectation au BM 21. |
| Avril 1944 | Débarquement en Italie. |
| Mai 1944 | Participation à l’offensive du Garigliano. |
| Mai-juin 1944 | Combats de San Giorgio, Pontecorvo, Leucio, Palestrina et Gallicano. |
| Août 1944 | Débarquement de Provence. |
| Août-septembre 1944 | Participation à la remontée de la vallée du Rhône. |
| 28 septembre 1944 | Se distingue à Frédéric-Fontaine, en Haute-Saône. |
| Automne 1944 | Combats dans la région de Belfort. |
| Fin 1944 – début 1945 | Participation à la campagne d’Alsace. |
| Janvier 1945 | Promotion au grade de sous-lieutenant. |
| Printemps 1945 | Dernières opérations dans les Alpes. |
| Après 1945 | Affectation à Bangui ; blessure en service commandé. |
| Avant 1948 | Promotion au grade de lieutenant. |
| 1948 | Départ de l’armée. |
| Après 1948 | Exerce la profession de chef comptable. |
| Après-guerre | Installation en Corse comme exploitant agricole. |
| 27 avril 1971 | Entretien réalisé pour une émission de Catherine Anglade. |
| 25 janvier 2007 | Décès à Paris, 15e arrondissement. |
| Après janvier 2007 | Inhumation à Valle-di-Mezzana, en Corse-du-Sud. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Prénoms complets | Liste officielle des Compagnons : Joseph Marie Séraphin Antoine Martin. Répertoire SHD : Joseph Marie Séraphin. | Le répertoire militaire ne reproduit qu’une partie des prénoms. Les cinq prénoms de la liste officielle sont retenus. |
| Homonymie | SHD GR 16 P 110088 : Joseph Casile né en 1905 à Métlaoui. SHD GR 16 P 110089 : Joseph Casile né en 1921 à Ajaccio. | Deux personnes distinctes. Le Compagnon est celui né le 25 février 1905 en Tunisie. |
| Date du ralliement | Ordre de la Libération : 27 juin 1940. Certaines notices consacrées aux autres volontaires du 24e RIC mentionnent le 26 juin. | La date du 27 juin est retenue pour Joseph Casile conformément à sa notice institutionnelle. |
| Constitution du 1er BIM | Ordre de la Libération : environ 130 hommes du groupe Folliot et 350 du groupe Lorotte. | Ces chiffres correspondent à des effectifs approximatifs. |
| Décret de la croix de la Libération | Ordre de la Libération : 7 mars 1941. Texte original reproduit : même date. | Concordance complète. |
| Publication du décret | Journal officiel de la France libre du 25 mars 1941, n° 4, page 13. | Publication officiellement identifiée. |
| Médaille de la Résistance française | Absente de la liste des décorations de l’Ordre de la Libération. | Attribution non confirmée. |
| Dossier d’homologation | Inventaire de l’Ordre : GR 16 P 110088. Répertoire nominatif SHD : même cote et état civil concordant. | Identification certaine. |
| Légion d’honneur | Ordre de la Libération : commandeur. Inventaire 1 A 180 : proposition au grade d’officier en 1973 et extrait du Journal officiel de 1996. | Le grade final est confirmé. Les dates exactes de promotion nécessitent l’examen des actes. |
| Toponymes des Alpes | Notice institutionnelle : fort de Rans et Pezurbe. | Graphies reproduites de la source. Identification géographique précise à vérifier avant toute modification. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Joseph CASILE — Notice biographique institutionnelle présentant son état civil, sa carrière militaire, son engagement dans la France libre, ses campagnes, ses blessures, ses promotions et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/joseph-casile ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, répertoire numérique de Roxane Ritter, dossier 1 A 180 et référence SHD GR 16 P 110088 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_202312.pdf ; Ordre de la Libération — Liste alphabétique officielle des Compagnons, confirmation des cinq prénoms Joseph Marie Séraphin Antoine Martin et du décret du 7 mars 1941 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf ; Musée de la Résistance en ligne — Répertoire des dossiers individuels SHD GR 16 P, lettre C, identification de Joseph Marie Séraphin CASILE sous la cote GR 16 P 110088 et distinction avec les homonymes — https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Société des amis du musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie — Décret du 7 mars 1941, publié au Journal officiel de la France libre du 25 mars 1941, n° 4, page 13 — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/ ; Mémoire Vive de la Résistance — Louis René BÉNARD, notice présentant le ralliement du 24e RIC et mentionnant Joseph Casile parmi les premiers Français libres — https://mvr.asso.fr/benard/ ; Wikipédia — Joseph Casile, notice encyclopédique secondaire utilisée pour comparaison des renseignements biographiques — https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Casile