Émile Maurice CAPION (« Carlo »), né le 30 avril 1914 au Vigan (Gard), mort le 3 mars 1994 à Mialet (Gard)
Émile Capion grandit dans le pays viganais. Entré dans la gendarmerie avant-guerre, il milite au Parti communiste français, ce qui oriente très tôt son engagement clandestin après 1940.
Dès 1943, « Carlo » devient l’un des principaux organisateurs de la lutte armée dans le Gard, en particulier dans la région Nîmes–Cévennes. Des sources convergentes soulignent son rôle d’animateur et de responsable militaire, en lien avec des groupes composés en grande partie de républicains espagnols réfugiés.
Capion dirige des groupes FTPF de composition majoritairement espagnole (MOI) opérant dans le secteur Anduze–Tornac, intégrés aux FFI du Gard et en relation avec le mouvement Front national.
Au cours de l’été 1944, alors que se prépare l’affrontement de La Madeleine, une mission de harcèlement et de coupure d’itinéraires est « assignée à Émile Capion, dit “Carlo” ».
Ses groupes participent aux opérations visant la colonne allemande descendant vers la vallée du Rhône. Des éléments d’exécution et de commandement espagnols agissent sous sa direction locale, en coordination avec Miguel Arcas (« Victor ») et Gabriel Pérez.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation ni déportation n’a été relevée pour Capion dans les bases consultées ; sa trajectoire résistante se poursuit jusqu’à la Libération, puis il reprend une vie civile.
Camarades de combat
Ses principaux camarades dans le secteur Aigoual–Cévennes sont des guérilleros espagnols, notamment Gabriel Pérez et Miguel Arcas (« Victor »), ainsi que des résistants gardois (parmi lesquels Aimé Sauvebois alias « Jimmy », fusillé en 1944).
Retour à la vie civile
Après la Libération, Émile Capion demeure dans le Gard ; son décès à Mialet en 1994 est attesté par le Maitron.
Décorations
- Médaille de la résistance par décret du 15 octobre 1945
Aucune autre décoration personnelle n’a été trouvée dans les bases officielles (Base Léonore pour la Légion d’honneur).
Les décorations collectives liées à La Madeleine concernent les guérilleros espagnols (voir les portraits correspondants). Absence confirmée dans ces bases pour Capion.
Lieux de mémoire
Le souvenir des combats auxquels ses groupes ont pris part est entretenu par les stèles de La Madeleine à Tornac (« Bataille de la Madeleine – 25 août 1944 » ; « Aux Combattants de la Liberté – 1944 »).
Références bibliographiques
Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social – Résistance (Le Maitron), dir. Claude Pennetier, Éditions de l’Atelier, 2006-. Outil de référence pour les itinéraires individuels de résistants ; la notice Émile Capion y fournit l’état civil, les engagements politiques et les responsabilités clandestines.
L’exil des républicains espagnols en France. De la guerre civile à la mort de Franco, Geneviève Dreyfus-Armand, Albin Michel, 1999. Panorama de l’exil et des engagements, avec des chapitres sur la participation des Espagnols à la Résistance et les maquis du Sud.
Españoles en la resistencia francesa (1940-1945), Andrés Marín Valencia, thèse de doctorat, Université de Barcelone, 2019. Travail académique détaillant les réseaux, unités et chefs espagnols en France ; cite explicitement « capitaine Carlo » (Émile Capion) et le dispositif dans le Gard. diposit.ub.edu
Références internet
Maitron Résistance – CAPION Émile, dit Carlo. Notice biographique (état civil, engagement, fonctions). https://maitron.fr/capion-emile-dit-carlo/ Maitron
Musée de la Résistance en ligne – “Aux combattants de la Liberté 1944”, Tornac (Gard). Présentation du monument et du contexte opérationnel ; mention des groupes FTP/MOI dirigés par Capion. https://museedelaresistanceenligne.org/media8172-Aux-combattants-de-la-Libert-1944-Tornac-Gard Musée de la Résistance en Ligne
Maitron – SAUVEBOIS Aimé (“Jimmy”). Notice confirmant le contexte cévenol et les acteurs locaux. https://maitron.fr/sauvebois-aime-pseudonyme-dans-la-resistance-jimmy/ Maitron