La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale est « La Jasse de Martinou », également « Martinou » ou « maquis de Martinou ». Le site est situé près de Lacaune, Tarn, France. Les sources montrent toutefois que le nom a été utilisé à plusieurs étapes de l’histoire de formations différentes ou successives, ce qui exige de distinguer le premier groupe de Martinou du regroupement plus important du printemps 1944.

Création

Une première implantation est créée en 1943 par un groupe issu du mouvement Combat de Montpellier, installé dans une ancienne ferme ou colonie de vacances proche du col de Picotalen. Ce groupe est démantelé après l’arrestation d’un agent de liaison et plusieurs membres sont emprisonnés à Montpellier.

Après leur libération, des anciens de Martinou reviennent dans la région de Lacaune. Maurice ROCHE dirige ensuite une nouvelle formation. Le 15 février 1944, des résistants sont à nouveau installés à Poutras et à la Jasse de Martinou. Des groupes venus de Sablayrolles et de Fontfrège viennent renforcer l’ensemble.

Organisation interne

Au début d’avril 1944, environ 80 hommes sont répartis sur plusieurs emplacements afin de limiter les risques de repérage. Les lieux mentionnés comprennent Martinou, La Teillère et un camp de cabanes surnommé « village nègre ».

Le groupe évolue dans l’environnement de la Résistance tarnaise et constitue l’un des noyaux qui contribueront au Corps franc de la Montagne Noire.

Actions menées pendant la Résistance

Les hommes de Martinou effectuent des actions jusqu’à Castres, Mazamet et Bédarieux et bénéficient de parachutages d’armes.

Le 22 avril 1944, le secteur est soumis à une importante attaque allemande. Les résistants doivent décrocher et se disperser.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le premier groupe est issu de Combat. Ses anciens se rapprochent ensuite du réseau de Résistance dirigé dans le Tarn par le capitaine KERVENDOEL, dit Saint-Michel. L’ensemble participe à la genèse du Corps franc de la Montagne Noire.

Un point de vigilance concerne l’Armée juive. Le témoignage d’Henri BRODER indique que des membres des maquis de Biques et de l’Armée juive sont regroupés dans le secteur de La Jasse de Martinou avant l’attaque du 22 avril. Cela ne signifie pas que tous les hommes de Martinou appartenaient à l’Armée juive.

Chefs et figures marquantes

Maurice ROCHE est identifié comme responsable d’un groupe issu du premier maquis de Martinou.

Le capitaine KERVENDOEL, alias Saint-Michel, exerce une autorité importante sur les maquis du Tarn auxquels le groupe se rattache progressivement.

Henri BRODER, membre de l’Armée juive, fournit un témoignage de première main sur l’attaque et le repli du groupe auquel il appartient.

Victimes et morts

Les sources consultées divergent ou restent insuffisantes pour établir un bilan nominatif vérifié des pertes de l’attaque du 22 avril 1944. Les chiffres de pertes allemandes fournis par certains témoignages ne sont donc pas retenus comme bilan établi.

Survivants identifiés

Henri BRODER survit et rejoint avec d’autres membres de l’Armée juive le secteur de Labastide-Rouairoux puis l’Espinassier.

Fin du réseau

L’attaque allemande du 22 avril 1944 provoque le décrochage du camp. Les groupes se dispersent ou rejoignent d’autres sites. Plusieurs anciens participeront ensuite au Corps franc de la Montagne Noire.

Conséquences et mémoire

Le site de Martinou fait aujourd’hui partie des circuits mémoriels consacrés au Corps franc de la Montagne Noire et à la Résistance dans les monts de Lacaune.

Fiabilité

Fiabilité A pour l’existence du site, les différentes implantations et l’attaque du 22 avril 1944 ; fiabilité B pour l’effectif exact et le détail de toutes les unités présentes.

Références bibliographiques

La documentation directement consacrée à Martinou est principalement régionale et se rattache à l’histoire du Corps franc de la Montagne Noire et des maquis des monts de Lacaune.

Références internet

Archives départementales du Tarn dossier pédagogique consacré à la Résistance dans la Montagne Noire et au regroupement de La Jasse de Martinou. Archives départementales du Tarn — Résistance dans la Montagne Noire

Destination Haut-Languedoc parcours historique consacré au CFMN et à Martinou. Circuit historique de Lacaune — La Jasse de Martinou

Mémorial de la Shoah témoignage d’Henri BRODER sur le regroupement et l’attaque d’avril 1944. Mémorial de la Shoah — témoignage Henri Broder

Sources consultées —

MVR ; Maitron ; Fondation de la Résistance ; Musée de la Résistance en ligne ; Mémoire des Hommes ; Ordre de la Libération ; Gallica/BnF ; SHD ; Archives départementales du Tarn ; Mémorial de la Shoah ; documentation mémorielle du Haut-Languedoc.

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