La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CAMERINI Gustavo alias Clarence,

Gustavo CAMERINI, alias Clarence, né le 1er septembre 1907 à Alexandrie (Égypte), mort le 26 septembre 2001 à Varèse (Italie), italien, officier des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération.

Jeunesse et formation

Gustavo Camerini naît le 1er septembre 1907 à Alexandrie, en Égypte, au sein d’une famille juive italienne aisée. Son père exerce la profession de banquier.

Il grandit dans un milieu favorisé qui lui permet de recevoir une formation intellectuelle et de poursuivre des études supérieures. Son parcours familial s’inscrit dans celui des communautés européennes établies en Égypte au début du XXe siècle.

En 1929, il accomplit son service militaire en Italie. Il poursuit ensuite des études de droit et devient avocat.

Il appartient à une génération d’Italiens confrontés à l’installation durable du régime fasciste de Benito Mussolini, arrivé au pouvoir en octobre 1922.

Les lois raciales promulguées en Italie en 1938 constituent une rupture décisive dans son existence. Ces mesures discriminatoires frappent directement les citoyens juifs italiens, notamment dans leur accès à certaines professions et à la vie publique.

Gustavo Camerini refuse cette politique et quitte l’Italie en 1938 pour s’installer à Paris.

Son départ constitue un engagement personnel contre le fascisme, antérieur à son entrée dans les forces militaires françaises.

Le témoignage qu’il livrera à la fin de sa vie confirme le caractère profondément volontaire de son choix de combattre les régimes fasciste et nazi.

Ses souvenirs ont été publiés sous le titre Ce soir nous monterons tous au paradis, dans une édition établie, annotée et présentée par Julien Toureille.

Engagement dans la Résistance et la France libre

À la déclaration de guerre de septembre 1939, Gustavo Camerini décide de s’engager dans l’armée française pour toute la durée du conflit.

Étranger de nationalité italienne, il rejoint la Légion étrangère, qui permet aux volontaires étrangers de servir dans les forces françaises.

Le 1er mars 1940, il reçoit le grade de sous-lieutenant.

Le 10 avril suivant, il est affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), formation constituée pour participer aux opérations militaires en Scandinavie.

Il embarque à Brest le 15 avril 1940 avec le corps expéditionnaire français destiné à la Norvège.

Son unité arrive en Norvège le 4 mai 1940 et participe aux opérations menées contre les forces allemandes.

La campagne de Norvège constitue sa première expérience importante du combat dans l’armée française.

La situation militaire se dégradant rapidement en métropole, les forces françaises engagées en Norvège sont rappelées.

Gustavo Camerini débarque à Brest le 10 juin 1940.

Quatre jours plus tard, il est évacué vers l’Angleterre avec les troupes du corps expéditionnaire.

Le 18 juin 1940, il choisit de poursuivre le combat et s’engage dans les Forces françaises libres, sous le nom de Clarence.

Son ralliement intervient au moment même où le général de Gaulle appelle à continuer la lutte contre l’Allemagne.

Gustavo Camerini fait ainsi partie des premiers volontaires qui constituent les Forces françaises libres.

Son engagement présente une particularité : citoyen italien, il combat dans les rangs français contre l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste.

Il demeure affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère, au sein du 1er bataillon, et participe dès lors aux principales campagnes de cette unité.

Son parcours est celui d’un combattant de la France libre engagé sur les fronts extérieurs, et non celui d’un membre de la Résistance intérieure clandestine.

Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement

Forces françaises libres (FFL).

Gustavo Camerini rejoint les FFL le 18 juin 1940 en Angleterre.

Il sert sous l’autorité du général de Gaulle et participe aux opérations militaires conduites par la France libre.

13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE).

Cette unité constitue le cadre essentiel de son engagement pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il y exerce successivement les fonctions de chef de section, de lieutenant puis de capitaine.

1er bataillon de Légion étrangère (1er BLE).

Il commande notamment une section de la 1re compagnie pendant les opérations d’Afrique du Nord.

1re division française libre (1re DFL).

Son unité participe aux opérations menées par les forces de la France libre, notamment dans le désert de Libye, en Tunisie et en Italie.

Ambassade de France à Rome.

À partir de juillet 1944, il est détaché auprès de la représentation diplomatique française en Italie.

Aucune appartenance à un réseau clandestin de renseignement ou à un mouvement de Résistance intérieure n’a été établie.

Missions et actions militaires

1940 — Campagne de Norvège

Gustavo Camerini participe aux opérations du corps expéditionnaire français envoyé en Norvège.

La 13e DBLE intervient dans la région de Narvik, où les forces alliées cherchent à reprendre le contrôle d’un port stratégique pour l’approvisionnement de l’Allemagne en minerai de fer.

La campagne se déroule dans des conditions climatiques et géographiques particulièrement difficiles.

Malgré les succès tactiques remportés par les Alliés, l’offensive allemande en France conduit à l’évacuation du corps expéditionnaire.

Camerini rejoint la Grande-Bretagne en juin 1940.

Septembre 1940 — Expédition de Dakar

Après son ralliement à la France libre, il participe à l’expédition de Dakar.

Cette opération, conduite conjointement par les Britanniques et les Forces françaises libres, vise à obtenir le ralliement de l’Afrique-Occidentale française au général de Gaulle.

L’opération échoue en raison de la résistance opposée par les forces demeurées fidèles au gouvernement de Vichy.

Gustavo Camerini poursuit néanmoins son engagement dans la 13e DBLE.

Février-avril 1941 — Campagne d’Érythrée

Le 25 février 1941, Gustavo Camerini est promu lieutenant.

Il commande une section pendant la campagne d’Érythrée.

Cette campagne présente pour lui une dimension personnelle particulière puisqu’il combat les forces italiennes, composées en partie de ses compatriotes.

Le 8 avril 1941, lors des combats de Massaoua, il est blessé par balle.

Cette blessure constitue la première des trois blessures de guerre recensées dans sa biographie officielle.

Juin 1941 — Campagne de Syrie

Après la campagne d’Érythrée, Gustavo Camerini participe aux opérations de Syrie.

Les Forces françaises libres et les Britanniques y affrontent les troupes françaises demeurées sous l’autorité du gouvernement de Vichy.

Cette campagne, particulièrement douloureuse pour les militaires français, oppose des forces servant des autorités françaises rivales.

Camerini demeure dans les rangs de la 13e DBLE.

1942 — Campagne de Libye

Gustavo Camerini participe ensuite aux opérations militaires conduites en Libye contre les forces germano-italiennes.

Il se distingue tout particulièrement pendant la bataille de Bir Hakeim.

27 mai – 11 juin 1942 — Bataille de Bir Hakeim

La bataille de Bir Hakeim constitue l’un des épisodes majeurs de son parcours militaire.

La 1re brigade française libre du général Pierre Koenig défend une position isolée dans le désert de Libye contre les forces de l’Axe.

Les combattants français doivent résister à des attaques terrestres et aériennes répétées.

Le 27 mai 1942, Gustavo Camerini accomplit plusieurs missions sous le feu ennemi, faisant preuve de calme et de sang-froid.

Il contribue au maintien de la cohésion de ses hommes dans des circonstances particulièrement dangereuses.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, lorsque le général Koenig ordonne la sortie de la position encerclée, Camerini commande la section de tête.

Il progresse devant ses hommes à travers les lignes ennemies et participe à la percée permettant aux combattants français de rejoindre les forces alliées.

Cet épisode est l’un des faits d’armes les plus significatifs de sa carrière.

Il illustre les qualités de commandement que lui reconnaissent ses supérieurs : courage personnel, aptitude à diriger ses hommes et capacité à prendre des décisions dans des situations critiques.

Octobre 1942 — Bataille d’El Alamein

Après Bir Hakeim, Gustavo Camerini participe à la bataille d’El Alamein, en Égypte.

Il exerce alors les fonctions d’officier de liaison auprès du général Pierre Koenig.

Cette affectation témoigne de la confiance accordée à ses capacités militaires.

Il reprend ensuite le commandement d’une section au sein de la 1re compagnie du 1er bataillon de Légion étrangère.

Mai 1943 — Campagne de Tunisie

En mai 1943, les forces alliées achèvent la campagne d’Afrique du Nord.

Le 11 mai, Gustavo Camerini prend part aux combats du Djebel Garci.

À la tête de sa section, il s’empare d’une position ennemie importante.

Lorsque les forces adverses lancent une violente contre-attaque, appuyée par des tirs nourris, il maintient ses hommes au combat.

Son exemple personnel permet de repousser l’attaque.

Les combattants placés sous ses ordres infligent des pertes importantes à l’ennemi et ramènent quinze prisonniers.

Le 12 mai 1943, il est légèrement blessé dans un accident de jeep.

Son comportement au Djebel Garci contribue à la reconnaissance officielle de ses mérites militaires.

Quelques semaines plus tard, le 3 juin 1943, il est nommé Compagnon de la Libération.

Mai-juin 1944 — Campagne d’Italie

La campagne d’Italie présente une dimension symbolique majeure pour Gustavo Camerini.

Après avoir quitté son pays en 1938 pour échapper au régime fasciste, il revient combattre sur le territoire italien dans les rangs de la France libre.

Le 8 mai 1944, pendant les opérations de Pontecorvo, il est blessé au mollet gauche par un éclat d’obus.

Il reprend néanmoins les opérations avec son unité.

Le 2 juin 1944, il est de nouveau blessé, cette fois à la tête, par un éclat d’obus à Radicofani.

Ces blessures ne mettent pas fin à son engagement.

Environ quinze jours plus tard, il conduit une nouvelle attaque contre une position allemande fortement défendue devant Radicofani.

À la tête de ses hommes, il parvient à s’emparer de cette position stratégique.

Les défenseurs allemands sont mis en fuite ; plusieurs prisonniers et armes automatiques sont capturés.

Son action illustre sa détermination à poursuivre le combat malgré ses blessures.

La campagne d’Italie constitue la dernière grande campagne combattante de son parcours dans la 13e DBLE.

Juillet 1944 – Octobre 1945 — Affectation diplomatique

Promu capitaine, Gustavo Camerini est détaché en juillet 1944 auprès de l’ambassade de France à Rome.

Il quitte cette affectation le 12 octobre 1945 pour rejoindre Paris en vue de sa démobilisation.

Il achève ainsi plus de cinq années de service au sein des forces françaises, depuis son engagement volontaire de 1939 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Arrestation, évasion et déportation

Gustavo Camerini quitte volontairement l’Italie fasciste en 1938, à la suite de l’adoption des lois raciales antisémites.

Aucune arrestation par les autorités allemandes ou italiennes pendant la Seconde Guerre mondiale n’est mentionnée dans les sources biographiques consultées.

Il n’a pas été identifié comme prisonnier de guerre évadé ni comme déporté.

Son parcours se caractérise par un engagement militaire continu dans les rangs de la France libre.

Camarades de combat

Pierre KOENIG. Général commandant les forces françaises libres à Bir Hakeim. Gustavo Camerini sert comme officier de liaison auprès de lui pendant la bataille d’El Alamein.

Les légionnaires de la 13e DBLE. Ils constituent son environnement militaire principal pendant les campagnes de Norvège, d’Afrique orientale, du Levant, de Libye, de Tunisie et d’Italie.

Jean-Louis JESTIN. Compagnon de la Libération, également combattant de la France libre. L’Ordre de la Libération a consacré aux deux hommes un épisode de sa série documentaire, mettant en évidence leurs engagements précoces et les campagnes auxquelles ils ont participé.

Cette proximité de parcours ne permet cependant pas d’affirmer qu’ils ont systématiquement appartenu aux mêmes unités ou combattu côte à côte.

Retour à la vie civile

Démobilisé en octobre 1945, Gustavo Camerini retourne en Italie.

Il reprend sa profession d’avocat, interrompue par les persécutions raciales et la guerre.

Il se spécialise dans le droit international et développe une carrière juridique importante.

Il exerce notamment comme avocat devant la cour d’appel de Milan et devant la Cour suprême de cassation italienne.

Ses relations avec la France demeurent étroites.

Il devient avocat-conseil du consulat général de France à Milan.

Il intervient également comme conseil juridique de plusieurs organismes et entreprises françaises implantés en Italie.

Cette activité contribue au maintien des relations professionnelles, économiques et institutionnelles entre les deux pays.

Au cours de sa vie, il conserve un attachement particulier à la France libre et à ses anciens camarades de la 13e DBLE.

À la fin de son existence, il accepte d’enregistrer ses souvenirs de guerre.

Il dicte en français environ dix-sept heures de témoignage sur magnétophone.

Ces enregistrements constituent une source exceptionnelle sur son itinéraire personnel et sur la vie quotidienne des combattants de la France libre.

Ils sont confiés par sa famille au musée de l’Ordre de la Libération.

Le témoignage donne naissance à une publication posthume, Ce soir nous monterons tous au paradis.

Une nouvelle édition, établie et annotée par l’historien Julien Toureille, paraît aux Éditions du Félin en 2024.

Elle permet de confronter ses souvenirs aux connaissances historiques disponibles.

Gustavo Camerini meurt le 26 septembre 2001 à Varèse, en Italie, à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans.

Ses obsèques se déroulent dans cette ville.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération. Décret de promotion et publication au Journal officiel non établis lors des présentes recherches.

Compagnon de la Libération — Décret n° 1141 du 3 juin 1943. Attribution confirmée par la notice biographique et par l’inventaire archivistique de l’Ordre de la Libération. Dossier individuel : 1 A 170. La date de publication au Journal officiel n’a pas été établie.

Grand officier de l’ordre national du Mérite — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret et publication officielle non retrouvés.

Croix de guerre 1939-1945 — Cinq citations selon la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération.

Médaille coloniale — Avec agrafes Érythrée, Libye et Bir Hakeim. Source : Ordre de la Libération.

Médaille des blessés — Source : Ordre de la Libération.

Médaille commémorative du Levant — Source : Ordre de la Libération.

Ordre royal de Saint-Olaf, Norvège — Décoration étrangère confirmée par l’Ordre de la Libération ; grade et décision d’attribution non établis.

Croix de guerre norvégienne — Distinction étrangère mentionnée par l’Ordre de la Libération ; date d’attribution non retrouvée.

Médaille de la Résistance française — Aucune attribution individuelle n’a été confirmée dans les sources consultées. La qualité de Compagnon de la Libération ne permet pas de présumer l’attribution de cette décoration distincte.

Observations relatives aux décorations

La notice de l’Ordre de la Libération mentionne cinq citations à la croix de guerre 1939-1945.

En revanche, la présentation éditoriale de ses mémoires, publiée en 2024, évoque quatre citations.

Cette différence ne justifie pas de modifier le nombre de citations figurant dans la source institutionnelle, mais elle mérite d’être signalée.

Une autre distinction doit être faite entre ses trois blessures de guerre et la blessure légère subie lors de l’accident de jeep du 12 mai 1943.

Les dates précises des nominations dans la Légion d’honneur et l’ordre national du Mérite restent à compléter par les décrets correspondants.

Lieux de mémoire

Alexandrie, Égypte. Ville de naissance de Gustavo Camerini, le 1er septembre 1907.

Narvik, Norvège. Secteur de sa première campagne militaire dans les rangs de la 13e DBLE.

Massaoua, Érythrée. Lieu de sa première blessure de guerre, le 8 avril 1941.

Bir Hakeim, Libye. Principal lieu associé à l’un de ses faits d’armes les plus célèbres, pendant la bataille du 27 mai au 11 juin 1942.

Djebel Garci, Tunisie. Lieu de son action du 11 mai 1943.

Pontecorvo et Radicofani, Italie. Lieux de ses combats et blessures pendant la campagne d’Italie de 1944.

Varèse, Italie. Ville de son décès, le 26 septembre 2001.

Musée de l’Ordre de la Libération, Paris. Institution conservant notamment le témoignage audio de Gustavo Camerini, transmis par sa famille.

Références bibliographiques

Ce soir nous monterons tous au Paradis, Gustavo Camerini, Éditions A. Barthélémy, 2002. — Première publication posthume des souvenirs du combattant de la France libre, signalée par l’Ordre de la Libération.

Ce soir nous monterons tous au paradis. Souvenirs d’un légionnaire de la France libre, Gustavo Camerini, édition établie, annotée et présentée par Julien Toureille, Éditions du Félin, collection Résistance – Liberté – Mémoire, 2024, 320 p., ISBN 978-2-86645-979-6. — Témoignage autobiographique essentiel, établi à partir d’environ dix-sept heures d’enregistrements réalisés à la fin de la vie de l’auteur. L’appareil critique permet de replacer ses souvenirs dans leur contexte historique.

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, 2000, 822 p. — Ouvrage de référence consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2010. — Dictionnaire biographique institutionnel permettant de replacer Gustavo Camerini dans l’histoire de l’Ordre de la Libération.

Références internet

Ordre de la Libération — Gustavo CAMERINI — Notice biographique officielle présentant son engagement, ses campagnes militaires, ses blessures, ses responsabilités et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/gustavo-camerini

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire archivistique identifiant le dossier individuel 1 A 170, le décret n° 1141 du 3 juin 1943 et le dossier SHD GR 16 P 102780 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf

Ministère des Armées — Sur les traces des héros de l’ombre, combattants de la France libre — Présentation du parcours de Gustavo Camerini et de sa participation aux campagnes de la France libre — https://www.defense.gouv.fr/sga/traces-heros-lombre-combattants-france-libre

Ordre de la Libération — Lettre d’information de février 2024 — Présentation de la nouvelle édition des souvenirs de Gustavo Camerini et de l’origine de son témoignage audio — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-fevrier-2024

Éditions du Félin — Ce soir nous monterons tous au paradis — Présentation de l’édition critique des mémoires, publiée le 16 février 2024 et établie par Julien Toureille — https://editionsdufelin.com/livre/ce-soir-nous-monterons-tous-au-paradis

Ordre de la Libération — Gustavo Camerini et Jean-Louis Jestin, au service de la France libre — Épisode documentaire consacré aux engagements de deux combattants de la France libre — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/la-serie-de-podcasts-compagnons-de-la-liberation

Wikipédia — Gustavo Camerini — Notice encyclopédique secondaire présentant son parcours militaire et professionnel — https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustavo_Camerini

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense — GR 16 P 102780 — CAMERINI Gustavo.

Cette cote est identifiée dans le répertoire archivistique officiel de l’Ordre de la Libération, lettre C.

Elle correspond au dossier d’homologation des services de la Résistance conservé au Service historique de la Défense.

La référence archivistique est confirmée, mais le contenu intégral du dossier n’a pas été directement examiné.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 170.

Le répertoire officiel mentionne les pièces suivantes :

Décret n° 1141 du 3 juin 1943 attribuant la croix de la Libération.

Ordre du général de Gaulle du 14 juin 1941.

Correspondance de 1941.

Bulletin d’adhésion à la société d’entraide des Compagnons de la Libération du 10 juin 1948.

Fiche annuaire de la chancellerie de l’Ordre de la Libération.

Quarante-sept pièces de correspondance échangées entre 1963 et 2008.

Retranscription d’un témoignage audio.

Questionnaire biographique de novembre 1984.

Trois biographies.

Huit courriers relatifs au décès, datés de 2001 à 2004.

Six articles de presse de 2001.

Ces documents couvrent une période allant de 1941 à 2008.

L’inventaire permet d’identifier précisément leur existence et leur classement, sans constituer une consultation directe de chaque pièce.

Observations

Le parcours de Gustavo Camerini présente plusieurs particularités remarquables.

La première est sa nationalité italienne. Il choisit de combattre au service de la France alors que son pays d’origine entre en guerre contre elle en juin 1940.

La deuxième est son opposition précoce au fascisme. Son départ d’Italie en 1938 s’explique directement par le rejet des lois raciales et de la politique antisémite du régime mussolinien.

La troisième est la continuité exceptionnelle de son engagement militaire. De la Norvège à l’Italie, en passant par l’Érythrée, la Syrie, la Libye et la Tunisie, il participe à une grande partie des campagnes de la 13e DBLE.

Son comportement à Bir Hakeim, lors de la sortie de la position encerclée dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, demeure l’un de ses faits d’armes les plus significatifs.

La campagne d’Italie de 1944 possède une dimension personnelle particulièrement forte : il revient en combattant dans le pays qu’il avait dû quitter six ans auparavant.

Enfin, ses mémoires constituent une source autobiographique majeure.

Leur édition critique de 2024 apporte un complément historiographique important à la documentation institutionnelle.

Ces souvenirs doivent néanmoins être utilisés avec les précautions nécessaires à tout témoignage tardif. L’enregistrement ayant été réalisé plusieurs décennies après les événements, certaines dates, circonstances ou évaluations peuvent avoir été altérées par le temps.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — L’identité, la nationalité, les dates et lieux de naissance et de décès, l’engagement dans la Légion étrangère, le ralliement aux Forces françaises libres, l’appartenance à la 13e DBLE, les principales campagnes militaires, les blessures, les promotions et la qualité de Compagnon de la Libération sont établis par l’Ordre de la Libération. Le dossier individuel 1 A 170 et le dossier SHD GR 16 P 102780 sont identifiés dans un inventaire archivistique officiel. Les mémoires publiés apportent un témoignage complémentaire. Des réserves subsistent concernant le nombre exact de citations, les dates de certaines décorations et les détails qui nécessiteraient la consultation directe des dossiers militaires.

Chronologie

DateÉvénement
1er septembre 1907Naissance à Alexandrie, en Égypte.
1929Service militaire en Italie.
Années 1930Études de droit et exercice de la profession d’avocat.
1938Départ d’Italie à la suite des lois raciales fascistes ; installation à Paris.
Septembre 1939Engagement volontaire dans l’armée française.
1er mars 1940Affectation à la Légion étrangère avec le grade de sous-lieutenant.
10 avril 1940Affectation à la 13e demi-brigade de Légion étrangère.
15 avril 1940Embarquement à Brest pour la Norvège.
4 mai 1940Arrivée en Norvège.
10 juin 1940Retour à Brest.
14 juin 1940Évacuation vers l’Angleterre.
18 juin 1940Engagement dans les Forces françaises libres, alias Clarence.
Septembre 1940Participation à l’expédition de Dakar.
25 février 1941Promotion au grade de lieutenant.
8 avril 1941Blessé par balle à Massaoua, en Érythrée.
Juin 1941Participation à la campagne de Syrie.
27 mai 1942Se distingue pendant les premiers combats de Bir Hakeim.
Nuit du 10 au 11 juin 1942Commande la section de tête lors de la sortie de Bir Hakeim.
Octobre 1942Officier de liaison auprès du général Koenig pendant la bataille d’El Alamein.
11 mai 1943Combat du Djebel Garci, en Tunisie ; capture de quinze prisonniers.
12 mai 1943Légèrement blessé dans un accident de jeep.
3 juin 1943Nommé Compagnon de la Libération par décret n° 1141.
8 mai 1944Blessé au mollet gauche à Pontecorvo, en Italie.
2 juin 1944Blessé à la tête à Radicofani.
Juin 1944S’empare d’une position allemande importante devant Radicofani.
Juillet 1944Détaché auprès de l’ambassade de France à Rome.
12 octobre 1945Quitte Rome pour Paris en vue de sa démobilisation.
Après 1945Reprend sa carrière d’avocat en Italie.
26 septembre 2001Décès à Varèse, en Italie.
2002Publication posthume de ses souvenirs.
16 février 2024Publication d’une nouvelle édition critique de ses mémoires aux Éditions du Félin.

Tableau des divergences entre sources

Point examinéSourcesAppréciation
Nombre de citations à la croix de guerre 1939-1945Ordre de la Libération : cinq citations. Présentation éditoriale des mémoires : quatre citations.La notice retient les cinq citations mentionnées par la source institutionnelle. Une vérification des citations originales permettrait de résoudre définitivement la divergence.
Nombre de blessuresNotice institutionnelle : trois blessures de guerre, auxquelles s’ajoute un accident de jeep.Il convient de distinguer les blessures reçues au combat et celle résultant de l’accident du 12 mai 1943.
Première publication des mémoiresOrdre de la Libération : Éditions A. Barthélémy, 2002. Éditions du Félin : nouvelle édition de 2024.Il s’agit de deux éditions distinctes et non d’une contradiction.
Grade et dates des décorationsOrdre de la Libération : liste des distinctions.Les grades sont établis lorsqu’ils sont mentionnés, mais plusieurs dates de décret et de publication officielle restent à rechercher.

Sources consultées

Ordre de la Libération, notice biographique Gustavo CAMERINI — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/gustavo-camerini ; Ordre de la Libération, inventaire des dossiers des Compagnons de la Libération, lettre C, dossier 1 A 170 et référence SHD GR 16 P 102780 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Ministère des Armées, Sur les traces des héros de l’ombre, combattants de la France libre — https://www.defense.gouv.fr/sga/traces-heros-lombre-combattants-france-libre ; Ordre de la Libération, Lettre d’information de février 2024 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-fevrier-2024 ; Éditions du Félin, présentation de l’édition critique des mémoires de Gustavo Camerini — https://editionsdufelin.com/livre/ce-soir-nous-monterons-tous-au-paradis ; Ordre de la Libération, série documentaire Compagnons de la Libération — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/la-serie-de-podcasts-compagnons-de-la-liberation ; Wikipédia, Gustavo Camerini, source secondaire — https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustavo_Camerini

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