Michel Pierre Jean BRUGUIER, né le 17 septembre 1921 à Carcassonne (France), mort le 27 juillet 1967 à Paris (France)
Fils de Georges Bruguier, sénateur socialiste du Gard qui vota contre les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940, Michel Bruguier grandit dans un milieu profondément républicain et antifasciste. Étudiant en droit à Montpellier au début de la guerre, il s’imprègne des valeurs de justice et de liberté qui guideront son engagement durant toute l’Occupation.
Dès 1940, il refuse la défaite et s’engage dans les premiers réseaux de résistance universitaire. Il participe activement à la distribution de tracts et à l’organisation de manifestations patriotiques contre le régime de Vichy et les autorités allemandes.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il rejoint les rangs du mouvement Combat, puis devient une figure centrale des Mouvements Unis de la Résistance (MUR). Sous le pseudonyme de Commandant Audibert , il exerce des responsabilités importantes au sein de l’Armée Secrète (AS), particulièrement dans la région R2 (Sud-Est).
Missions et actions
Ses missions sont d’abord axées sur le renseignement et l’organisation des Groupes Francs. Par sa formation juridique, il contribue également à la réflexion sur la réorganisation administrative du pays après la Libération. En 1944, il participe au commandement de maquis importants et coordonne les actions de sabotage pour entraver les communications ennemies lors du débarquement de Provence.
Arrestation / évasion / déportation
Son parcours est marqué par l’internement administratif. Il est arrêté par la police de Vichy et interné au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), centre utilisé pour le regroupement des « indésirables » politiques.
Il parvient par la suite à rejoindre la lutte clandestine. Contrairement à certains de ses camarades, il n’est pas déporté en Allemagne mais reste un acteur majeur de la Résistance intérieure.
Camarades de combat
Il a côtoyé les grands chefs de la Résistance du Sud, notamment Henry Frenay et Claude Bourdet. Son père, Georges Bruguier, fut également son premier compagnon de pensée et d’action.
Retour à la vie civile
Après la Libération, il devient un avocatde renom au barreau de Paris. Il se distingue par son engagement lors des grands procès de la décolonisation, défendant notamment des membres du FLN algérien, restant fidèle à son idéal de défense des droits de l’homme.
Décorations
- Légion d’honneur : Chevalier (Source : Base Léonore, non numérisée, mais confirmée par les notices biographiques officielles).
- Médaille de la Résistance par décret du 15 octobre 1945 JO 17 octobre 1945 source ordre de la libération
- Côte du dossier : 1O9581
Lieux de mémoire
Une rue porte son nom à Nîmes, en hommage à ses racines gardoises et à son action résistante.
Références bibliographiques
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier (Le Maitron), Jean Maitron et Claude Pennetier, Éditions de l’Atelier. Cet ouvrage contient une notice détaillée sur son parcours politique et résistant.
Les indésirables : le camp de Saint-Sulpice-la-Pointe, Collectif, Éditions Loubatières. Ce livre documente les conditions d’internement dans le camp où séjourna Bruguier.
Références internet
Le Maitron Notice biographique complète retraçant sa vie de l’engagement résistant à sa carrière d’avocat. https://maitron.fr/
Mémoire des Hommes Base des médaillés de la Résistance française. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD : GR 16 P 93672
Observations Son passage au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe est confirmé par les archives départementales du Tarn. Le nom de Michel Bruguier est parfois associé aux “avocats de la liberté” dans l’après-guerre.