Michel Jules Arthur BOLLOT, né le 3 février 1921 à Lannion (Côtes-du-Nord, aujourd’hui Côtes-d’Armor), mort le 29 janvier 1995 à Fontainebleau, Français, militaire des Forces françaises libres, officier du Bataillon d’infanterie de marine puis administrateur de la France d’outre-mer, Compagnon de la Libération. Son dossier administratif de résistant est conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 16 P 69085 et porte une homologation au titre des FFL.
Jeunesse et formation
Michel BOLLOT naît à Lannion le 3 février 1921. Son père est médecin. Après avoir obtenu son baccalauréat, il choisit très tôt la carrière militaire dans le contexte de la guerre. À dix-neuf ans, le 27 avril 1940, il s’engage pour la durée du conflit et est incorporé au 2e régiment d’infanterie coloniale, à Brest.
Sa jeunesse est donc immédiatement interrompue par la campagne de France. Il appartient à cette génération de très jeunes engagés qui connaissent successivement la défaite de 1940, la captivité, l’évasion puis le ralliement à la France libre.
Engagement dans la France libre
Michel BOLLOT est fait prisonnier au mois de mai 1940. Il réussit à s’évader de Nantes en septembre de la même année. Cherchant à poursuivre la lutte, il embarque à Marseille le 2 février 1941 à destination de l’Indochine comme pilotin de la marine marchande.
Le trajet lui offre finalement l’occasion de rallier la France libre. Profitant d’une escale aux Philippines, il rejoint les représentants du général de GAULLE et signe son engagement dans les Forces françaises libres le 14 avril 1941 à Manille. La liste officielle des membres des FFL confirme son identité, sa naissance à Lannion, son engagement en avril 1941 et son appartenance au BIM/BIMP.
Un récit consacré aux Français d’Indochine ayant rallié la France libre précise que BOLLOT et plusieurs compagnons de voyage — RACINE, DEMOUY et LEFÈBVRE — quittent leur navire à Manille et cherchent eux-mêmes à entrer en contact avec un représentant du général de GAULLE.
Appartenance à une unité
Après son engagement, Michel BOLLOT est envoyé en Palestine, à Qastina, dans une compagnie d’instruction. D’août à septembre 1941, il suit la formation de l’École des élèves officiers de Damas. Promu aspirant, il rejoint en octobre 1941 le 1er Bataillon d’infanterie de marine (1er BIM).
Le BIM fusionne ensuite avec le Bataillon du Pacifique pour former le Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP). L’Ordre de la Libération rattache Michel BOLLOT à ces deux unités.
Son parcours relève donc essentiellement de la France libre combattante, et non d’un réseau de Résistance intérieure.
Missions et actions
Avec le 1er BIM, Michel BOLLOT participe à la campagne de Libye. Il prend part à la bataille de Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942, où les forces françaises libres du général KŒNIG résistent aux troupes germano-italiennes.
Il poursuit ensuite la campagne d’Égypte. À l’automne 1942, il participe aux opérations qui accompagnent la seconde bataille d’El Alamein. Tout juste promu sous-lieutenant, il se distingue le 31 octobre 1942 à Der Mannassib. À la tête d’une section d’assaut, il attaque une position ennemie fortifiée.
Au cours du combat, alors qu’il tente avec le caporal-chef Antonin MOURGUES de ramener dans les lignes françaises le corps du soldat BERGES, Michel BOLLOT est atteint au visage par une rafale de mitrailleuse. Sa blessure est extrêmement grave.
Cette action met pratiquement fin à son activité combattante pendant la Seconde Guerre mondiale.
Blessure et hospitalisation
Transporté au Caire, Michel BOLLOT reçoit des soins prolongés pour ses graves blessures au visage. Il est ensuite transféré en France et soigné au Centre maxillo-facial de Paris.
La durée totale des soins atteint environ trois ans et demi. Il reste hospitalisé jusqu’en mai 1946. Les archives personnelles conservées par l’Ordre de la Libération comprennent notamment des documents relatifs à ses congés de convalescence datant du 31 mai 1943.
Son parcours illustre ainsi les séquelles particulièrement lourdes laissées par les combats d’El Alamein : bien qu’il ait survécu à sa blessure, celle-ci entraîne plusieurs années de soins avant son retour à une activité professionnelle.
Camarades de combat
Les sources permettent d’identifier plusieurs combattants directement liés à l’action au cours de laquelle Michel BOLLOT est blessé.
Antonin MOURGUES, caporal-chef, participe avec lui à la tentative de récupération du corps d’un soldat tombé devant les lignes françaises le 31 octobre 1942. MOURGUES est ultérieurement inhumé au Mémorial de la France combattante du Mont-Valérien.
Le soldat BERGES, dont le prénom n’est pas précisé dans la notice institutionnelle, est le combattant que BOLLOT et MOURGUES tentent de ramener lorsqu’ils sont pris sous le feu adverse.
Les sources sur son départ vers la France libre signalent également RACINE, DEMOUY et LEFÈBVRE, qui quittent avec lui leur bâtiment lors de l’escale aux Philippines pour chercher à rejoindre les représentants du général de GAULLE.
Retour à la vie civile et carrière après-guerre
À sa sortie d’hôpital, en mai 1946, Michel BOLLOT devient administrateur des Affaires d’outre-mer. Il commence une longue carrière administrative hors de métropole.
De 1946 à 1956, il sert comme délégué administratif en Indochine, successivement en Cochinchine, au Tonkin et au Laos. Cette nouvelle carrière n’est pas sans danger : le 3 février 1947, jour de son vingt-sixième anniversaire, il est à nouveau blessé au cours d’une embuscade dans la région de Cauke, en Indochine.
En 1956-1957, il travaille au cabinet du ministre de la France d’outre-mer. De 1958 à 1962, il exerce des fonctions administratives à Papeete et aux îles Gambier, en Polynésie française.
Devenu administrateur en chef de la France d’outre-mer, il sert ensuite au Secrétariat général de la Défense nationale de 1962 à 1965. Placé en congé spécial à partir de 1965, il dirige de 1967 à 1970 la Société des mines de l’Aïr, au Niger.
Michel BOLLOT demeure ensuite très actif dans les organisations liées à la France libre. De 1972 à 1986, il est secrétaire général adjoint de l’Association des Français libres et exerce également les fonctions de directeur de la Revue de la France Libre.
Il meurt à Fontainebleau le 29 janvier 1995, quelques jours avant son soixante-quatorzième anniversaire. Il est inhumé à Lanmeur, dans le Finistère.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. La date précise de promotion au grade de commandeur n’a pas été retrouvée dans une source primaire accessible lors des présentes recherches.
Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — décret du 18 janvier 1946. Le dossier personnel conservé par l’Ordre de la Libération porte la cote 1 A 115 et contient notamment la demande d’attribution, deux courriers de 1945, le décret du 18 janvier 1946, sa carte de Compagnon et le reçu du diplôme.
Croix de guerre 1939-1945 avec deux palmes — confirmée par l’Ordre de la Libération. Les deux palmes correspondent à deux citations à l’ordre de l’armée.
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec deux citations — confirmée par l’Ordre de la Libération, en relation avec ses services et opérations après 1945.
Médaille des Évadés — confirmée par l’Ordre de la Libération, cohérente avec son évasion après sa capture en 1940.
Médaille coloniale avec agrafes « Libye » et « Bir-Hakeim 42 » — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix du combattant volontaire de la Résistance — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Chevalier de l’Ordre national du Vietnam — distinction étrangère confirmée par l’Ordre de la Libération.
Officier de l’Ordre du Million d’Éléphants et du Parasol blanc (Laos) — distinction étrangère confirmée par l’Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Michel BOLLOT est inhumé au cimetière de Lanmeur, dans le Finistère. Une source locale consacrée au cimetière confirme la présence de sa tombe derrière la chapelle Notre-Dame de Kernitron et rappelle sa qualité de Compagnon de la Libération ainsi que sa participation à Bir Hakeim et à El Alamein.
Les présentes recherches n’ont pas permis de confirmer avec une source suffisamment solide l’existence d’une rue, d’un établissement scolaire ou d’un monument public portant spécifiquement son nom.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000. Ouvrage général de référence permettant de replacer Michel BOLLOT parmi les très jeunes engagés de la France libre et les combattants du BIM.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2010 ; nouvelle édition augmentée, 2023. Référence biographique sur les Compagnons de la Libération, utile pour la vérification de l’état civil, du parcours dans les FFL et des principales distinctions de Michel BOLLOT.
L’histoire du 1er Bataillon d’infanterie de marine — colonels JACQUIN et BOLLOT — dans Bir Hakeim. Mai-juin 1942. Il y a quarante ans, revue Icare, n° 101, 1982, p. 32 et suivantes. Michel BOLLOT participe lui-même à cette contribution consacrée à l’histoire de son unité ; elle constitue donc un témoignage particulièrement important sur le BIM et Bir Hakeim.
Aventures d’un soldat d’occasion de la France Libre. De l’Aber-Wrac’h à Bir Hakeim — Jean GUILLERMOU — Paris, L’Harmattan, 1993. Témoignage utile pour replacer l’expérience de Michel BOLLOT dans celle des combattants de la France libre engagés dans la campagne de Libye et à Bir Hakeim.
Bir Hakeim. Mai-juin 1942. Il y a quarante ans — revue Icare, nos 100-101, 1982. Ensemble documentaire et mémoriel consacré à la bataille, comportant notamment l’étude des colonels JACQUIN et BOLLOT sur le 1er BIM.
Références internet
Ordre de la Libération — Michel BOLLOT. Notice institutionnelle principale pour l’état civil, l’engagement de 1940, l’évasion, le ralliement aux FFL, le BIM, Bir Hakeim, El Alamein, la blessure du 31 octobre 1942, la carrière administrative après-guerre et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/michel-bollot
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Instrument archivistique décrivant le dossier individuel 1 A 115, notamment les documents relatifs à l’attribution de la Croix de la Libération et aux services de Michel BOLLOT.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettres BL à BZ. Répertoire institutionnel confirmant la cote GR 16 P 69085, l’état civil et l’homologation FFL de Michel BOLLOT.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf
Fondation de la France Libre — Bibliographie sur Bir Hakeim. Bibliographie spécialisée signalant notamment l’article des colonels JACQUIN et BOLLOT consacré à l’histoire du 1er BIM.
https://francelibre.net/bibliographie-bir-hakeim/
Fondation Charles de Gaulle / Fondation de la France Libre — Liste des membres des Forces françaises libres. Document recensant Michel BOLLOT, né le 3 février 1921 à Lannion, lieutenant du BIM/BIMP, rallié en avril 1941.
Wikipédia — Michel Bollot. Notice secondaire utilisée pour recoupement général ; les principales informations biographiques et décorations ont été vérifiées dans la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Bollot
Dossier d’homologation consulté
SHD GR 16 P 69085 — BOLLOT Michel, né le 3 février 1921 à Lannion. Le répertoire de la sous-série GR 16 P confirme son homologation au titre des Forces françaises libres. Le dossier intégral n’a pas été directement consulté en ligne au cours des présentes recherches.
Ordre de la Libération — dossier 1 A 115. Le fonds individuel contient notamment la demande d’attribution de la Croix de la Libération, des courriers de 1945, le décret du 18 janvier 1946, la carte de Compagnon, le reçu du diplôme, un bulletin d’adhésion à la société d’entraide des Compagnons, plusieurs fiches de renseignements, un ordre de route de la délégation de la France libre aux Philippines daté du 14 avril 1941, une attestation de service dans les unités relevant du Comité national français datée du 25 juin 1941 et une retranscription d’entretien réalisée en juillet 1986.
Observations
L’identification de Michel BOLLOT ne présente pas de difficulté : la date et le lieu de naissance, le ralliement à Manille, l’appartenance au BIM/BIMP, la blessure d’El Alamein, la carrière d’administrateur après-guerre et le décès à Fontainebleau sont concordants dans les sources institutionnelles.
Une homonymie est cependant à signaler avec plusieurs personnes portant le nom BOLLOT ou des patronymes proches. Le répertoire GR 16 P distingue clairement Michel BOLLOT, né le 3 février 1921 à Lannion, cote GR 16 P 69085, de Hélène BOLLOT et des BOLLORE ou BOLLOTTE figurant dans les cotes voisines.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, l’engagement du 27 avril 1940, la captivité et l’évasion, le ralliement aux Forces françaises libres à Manille le 14 avril 1941, l’appartenance au 1er BIM puis au BIMP, la participation à Bir Hakeim et à El Alamein, la grave blessure du 31 octobre 1942, le parcours administratif après-guerre, le décret de la Croix de la Libération et la cote SHD GR 16 P 69085 sont établis par des sources institutionnelles concordantes, principalement l’Ordre de la Libération, le répertoire du Service historique de la Défense et la liste des membres des FFL.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 3 février 1921 | Naissance à Lannion, Côtes-du-Nord. |
| 27 avril 1940 | Engagement volontaire pour la durée de la guerre ; incorporation au 2e RIC à Brest. |
| Mai 1940 | Fait prisonnier pendant la campagne de France. |
| Septembre 1940 | S’évade de Nantes. |
| 2 février 1941 | Embarque à Marseille pour l’Indochine comme pilotin de la marine marchande. |
| 14 avril 1941 | S’engage dans les Forces françaises libres à Manille. |
| 1941 | Formation à Qastina, en Palestine. |
| Août-septembre 1941 | École des élèves officiers de Damas. |
| Octobre 1941 | Promu aspirant et affecté au 1er BIM. |
| Mai-juin 1942 | Participe à la bataille de Bir Hakeim. |
| 31 octobre 1942 | Grièvement blessé au visage à Der Mannassib, pendant les opérations d’El Alamein. |
| 1942-1946 | Hospitalisations et soins prolongés au Caire puis au Centre maxillo-facial de Paris. |
| 18 janvier 1946 | Décret de nomination comme Compagnon de la Libération. |
| Mai 1946 | Reprend une activité professionnelle comme administrateur des Affaires d’outre-mer. |
| 1946-1956 | Sert en Indochine, en Cochinchine, au Tonkin et au Laos. |
| 3 février 1947 | Blessé dans une embuscade dans la région de Cauke. |
| 1956-1957 | Cabinet du ministre de la France d’outre-mer. |
| 1958-1962 | Administrateur à Papeete et aux îles Gambier. |
| 1962-1965 | Sert au Secrétariat général de la Défense nationale. |
| 1967-1970 | Directeur de la Société des mines de l’Aïr au Niger. |
| 1972-1986 | Secrétaire général adjoint de l’Association des Français libres ; directeur de la Revue de la France Libre. |
| 29 janvier 1995 | Décès à Fontainebleau. |
| Après le décès | Inhumation au cimetière de Lanmeur, dans le Finistère. |
Tableau des divergences entre sources
Aucune divergence majeure n’a été relevée concernant l’identité et le parcours de Michel BOLLOT. Les principales sources secondaires reproduisent largement la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
Une différence mineure de présentation concerne son appartenance militaire : certaines sources parlent simplement du BIM, d’autres du BIM/BIMP. Il ne s’agit pas d’une contradiction : Michel BOLLOT sert d’abord au 1er Bataillon d’infanterie de marine, avant que celui-ci ne soit associé au Bataillon du Pacifique dans le Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique.
Sources consultées
Ordre de la Libération — Michel BOLLOT.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/michel-bollot
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Sous-série GR 16 P, lettres BL à BZ.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf
Fondation de la France Libre — Bibliographie sur Bir Hakeim.
https://francelibre.net/bibliographie-bir-hakeim/
Fondation de la France Libre — Liste des membres des Forces françaises libres.
Wikipédia — Michel Bollot.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Bollot