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BLEDNICKI Sigismond Thadée

Sigismond Thadée BLEDNICKI, né le 16 octobre 1920 à Wąbrzeźno (Pologne), mort le 9 janvier 1995 à Villespassans-Saint-Chinian (Hérault), mineur avant-guerre, engagé volontaire de l’infanterie coloniale puis combattant des Forces françaises libres, adjudant du 1er Régiment de marche de spahis marocains, Compagnon de la Libération par décret du 24 mars 1945.

Jeunesse et formation

Sigismond Blednicki naît le 16 octobre 1920 à Wąbrzeźno, en Pologne, dans une famille de mineurs. Il suit des études primaires supérieures, puis exerce lui-même le métier de mineur.

Installé en France, il obtient la nationalité française en 1937. L’existence d’un décret de naturalisation publié au Journal officiel du 31 janvier 1937 est également signalée par la documentation secondaire.

En 1938, âgé de dix-sept ans, il s’engage pour cinq ans au Régiment d’infanterie coloniale du Maroc (RICM), à Aix-en-Provence. Avant la campagne de 1940, il est muté au 24e Régiment d’infanterie coloniale (24e RIC) et sert au Liban.

Engagement dans la Résistance

Sigismond Blednicki se trouve à Tripoli, au Liban, lorsqu’il entend l’appel du général de Gaulle. Il choisit de poursuivre la guerre et rejoint les Forces françaises libres dès juillet 1940.

Son engagement appartient donc à la France libre combattante et non à la Résistance intérieure métropolitaine.

Il rejoint le 1er Escadron de spahis marocains, commandé par le capitaine Paul Jourdier. Cette unité l’entraîne rapidement dans les opérations d’Afrique orientale contre les forces italiennes.

Appartenance à un réseau ou mouvement

L’Ordre de la Libération retient quatre formations principales dans son parcours : 1er Escadron de spahis, Groupe de reconnaissance de corps d’armée (GRCA), Colonne volante et 1er Régiment de marche de spahis marocains (1er RMSM).

Son appartenance au 1er RMSM est indépendamment confirmée par l’instrument de recherche de l’Ordre consacré aux unités militaires Compagnons de la Libération. Sigismond Blednicki y figure nominativement parmi les Compagnons ayant servi dans ce régiment.

Le parcours militaire peut ainsi être suivi de l’Afrique orientale au Moyen-Orient, puis de la Libye à la Tunisie et enfin de la Normandie à l’Allemagne avec la 2e Division blindée.

Missions et actions

Avec le 1er Escadron de spahis marocains, Blednicki participe d’abord à la campagne d’Érythrée. Il se distingue à Omager le 18 janvier 1941 : utilisant son fusil-mitrailleur, il met en fuite un groupe ennemi qui harcèle son escadron.

Il participe ensuite à la campagne de Syrie, puis aux opérations de Libye avec le GRCA.

Lors de la bataille d’El Alamein, en octobre 1942, il se distingue de nouveau à El Himeimat. Servant un auto-canon de 75, il expose volontairement son véhicule afin de pouvoir engager un blindé ennemi et réussit à le détruire.

Il poursuit la guerre en Tunisie avec la Colonne volante des FFL, constituée notamment des spahis et de la 1re Compagnie de chars de combat.

Après la formation de la 2e DB, il sert au 3e escadron du 1er RMSM, régiment de reconnaissance de la division Leclerc. Il participe ainsi à la campagne de France de 1944.

Le 24 août 1944, pendant les opérations précédant immédiatement la libération de Paris, il se distingue dans les combats de Massy. L’Ordre de la Libération indique qu’il reçoit trois citations au cours de la campagne de France, dont une pour cette action.

Son action la mieux documentée se déroule le 2 octobre 1944 à Anglemont, dans les Vosges. Son peloton est attaqué par une force allemande très supérieure en hommes et en matériel. Blednicki contribue à arrêter l’attaque par son feu et sa manœuvre. Lorsqu’un mouvement allemand menace d’isoler le peloton pendant son décrochage, il intervient de sa propre initiative, neutralise l’infiltration, tue ou capture une vingtaine de soldats allemands et détruit deux mitrailleuses.

Le chef de peloton et son adjoint ayant été mis hors de combat, Blednicki prend le commandement du peloton, le regroupe sous le feu et réussit à le dégager sans abandonner de véhicule à l’ennemi.

Il termine la guerre avec le grade d’adjudant.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, détention, évasion ou déportation de Sigismond Blednicki n’est établie par les sources consultées.

Son ralliement de juillet 1940 intervient alors qu’il sert déjà au Levant. Il ne correspond donc pas à une évasion de France métropolitaine comparable à celle de nombreux autres Compagnons.

Camarades de combat

Le premier chef directement associé à son engagement dans la France libre est le capitaine Paul Jourdier, commandant du 1er Escadron de spahis marocains pendant la campagne d’Érythrée.

Au sein du 1er RMSM, Blednicki appartient à une unité qui compte de nombreux autres Compagnons de la Libération. L’instrument institutionnel de l’Ordre mentionne notamment Michel Abalan, Blaise Alexandre, Jean Ballarin, Alfred Bergamin, Adrien Conus, Pierre Finet, Alain Gayet, Charles Le Goasguen, Fred Moore, Nicolas Roumiantzoff, André Rouxel, Horace Savelli et Étienne de Vaux.

Cette appartenance commune au 1er RMSM est documentée ; elle ne permet cependant pas d’affirmer que Blednicki entretient avec chacun d’eux une relation personnelle ou qu’ils participent tous aux mêmes combats au même moment.

Retour à la vie civile

Sigismond Blednicki est démobilisé en juin 1945, après près de cinq années de guerre au sein de la France libre puis de la 2e DB.

Il s’installe ensuite à Paris et devient fonctionnaire à l’UNESCO, organisation au sein de laquelle il effectue sa carrière civile jusqu’à sa retraite en 1980.

Il se retire ensuite dans l’Hérault. Il meurt le 9 janvier 1995 à Villespassans-Saint-Chinian, à l’âge de 74 ans, et est inhumé à Villespassans.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération.

Compagnon de la Libération. Décret du 24 mars 1945. Source : Ordre de la Libération. Le dossier 1 A 108 conserve notamment le mémoire de proposition de 1944 et l’ampliation du 25 mars 1945 du décret du 24 mars.

Médaille militaire. Source : Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1939-1945, avec cinq citations. Source : Ordre de la Libération.

Médaille coloniale avec agrafe « Érythrée ». Source : Ordre de la Libération.

Médaille commémorative du Levant. Source : Ordre de la Libération.

Lieux de mémoire

Sigismond Blednicki est inhumé à Villespassans, dans l’Hérault. La présence dans son dossier de Compagnon de documents relatifs à sa sépulture, notamment un courrier et deux factures de 2013, montre que celle-ci a également fait l’objet d’un suivi par l’Ordre de la Libération.

La commune de Villespassans le recense parmi les personnalités liées à son histoire locale.

Sa mémoire militaire est également attachée au 1er Régiment de marche de spahis marocains, unité emblématique de la France libre et de la 2e DB à laquelle son parcours demeure étroitement associé.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, 2000, 822 p.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2010 ; édition actualisée, 2023.

Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, 2006, 1 187 p.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Sigismond Blednicki : état civil, naturalisation, engagement militaire, ralliement, campagnes d’Érythrée, de Syrie, de Libye, de Tunisie et de France, carrière d’après-guerre et décorations.
Sigismond Blednicki — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument de recherche de la lettre B : dossier personnel de Compagnon 1 A 108, comprenant notamment les pièces relatives à l’attribution de la croix de la Libération.
Instrument de recherche — lettre B

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument confirmant l’appartenance de Sigismond Blednicki au 1er RMSM.
Archives des unités militaires Compagnons

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Instrument nominatif de la sous-série GR 16 P, établissant l’identité complète Sigismond Thadée Blednicki, sa naissance le 16 octobre 1920 en Pologne et la cote GR 16 P 64467.
Instrument GR 16 P — BL à BZ

Wikipédia — Notice développée consultée comme source secondaire et confrontée aux sources institutionnelles.
Sigismond Blednicki — Wikipédia

Dossier d’homologation consulté

Le Service historique de la Défense conserve un dossier individuel au nom de BLEDNICKI, Sigismond Thadée, né le 16 octobre 1920 à Wąbrzeźno en Pologne, sous la cote GR 16 P 64467. L’instrument indique que ses services ont fait l’objet d’une homologation. L’identité complète, la date et le lieu de naissance permettent d’écarter une attribution à un homonyme.

Le dossier personnel de Compagnon est conservé par l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 108. Son inventaire mentionne notamment deux courriers de 1941, le mémoire de proposition de 1944, l’ampliation du 25 mars 1945 du décret du 24 mars, plusieurs fiches de renseignements, vingt-deux pièces de correspondance échangées avec l’Ordre entre 1945 et 2007, un questionnaire biographique de novembre 1984, quatre textes biographiques, l’avis de décès paru dans le Carnet du Jour du Figaro en 1995 et plusieurs pièces relatives à sa sépulture.

Les dossiers originaux GR 16 P 64467 et 1 A 108 n’ont pas été physiquement consultés dans le cadre de cette recherche ; leur existence et, pour 1 A 108, leur contenu sont établis par leurs instruments archivistiques.

Observations

Le contrôle d’homonymie est particulièrement solide dans ce cas. L’instrument GR 16 P fournit l’identité Sigismond Thadée Blednicki, la date de naissance du 16 octobre 1920 et le lieu de naissance polonais ; la notice de l’Ordre fournit exactement les mêmes éléments biographiques.

Le lieu de naissance apparaît sous plusieurs graphies dans les sources françaises : Wabrzezno, Wabzezno ou, dans son orthographe polonaise moderne, Wąbrzeźno. Il s’agit de la même ville.

Une précision est également nécessaire sur la naturalisation. La notice institutionnelle indique que Blednicki est naturalisé français en 1937 ; une source secondaire renvoie plus précisément à un décret de naturalisation publié au Journal officiel du 31 janvier 1937. Faute d’examen direct du décret dans la présente recherche, seule l’année 1937 est intégrée au récit principal comme donnée institutionnellement établie.

Enfin, le décret d’attribution de la croix de la Libération est bien daté du 24 mars 1945. L’ampliation conservée au dossier 1 A 108 est datée du lendemain, 25 mars 1945 ; il ne s’agit pas d’une divergence mais de deux documents distincts.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération, sur l’instrument archivistique du dossier personnel 1 A 108, sur l’instrument nominatif du SHD identifiant sans ambiguïté le dossier GR 16 P 64467 et sur l’instrument institutionnel des unités militaires confirmant l’appartenance au 1er RMSM. L’identité, le ralliement de juillet 1940, les campagnes d’Érythrée, de Syrie, de Libye, de Tunisie et de France, les actions d’Omager, d’El Himeimat et d’Anglemont, le grade final, la démobilisation et la carrière à l’UNESCO sont établis par des sources concordantes. Les dossiers physiques n’ayant pas été directement examinés, cette limite archivistique demeure explicitement signalée.

Chronologie

DateÉvénement
16 octobre 1920Naissance à Wąbrzeźno, en Pologne.
1937Naturalisation française.
1938Engagement pour cinq ans au RICM à Aix-en-Provence.
1940Sert au 24e RIC au Liban.
Juillet 1940Ralliement aux Forces françaises libres.
18 janvier 1941Se distingue à Omager pendant la campagne d’Érythrée.
1941Participe à la campagne de Syrie.
1942Opérations de Libye avec le GRCA.
Octobre 1942À El Himeimat, pendant El Alamein, détruit un blindé ennemi avec son auto-canon de 75.
1943Campagne de Tunisie avec la Colonne volante des FFL.
1944Sert au 3e escadron du 1er RMSM de la 2e DB pendant la campagne de France.
24 août 1944Se distingue lors des combats de Massy.
2 octobre 1944Combat d’Anglemont : prend le commandement de son peloton après la mise hors de combat de ses chefs et contribue à repousser l’attaque allemande.
24 mars 1945Nommé Compagnon de la Libération.
Juin 1945Démobilisé avec le grade d’adjudant.
Après-guerreEntre à l’UNESCO à Paris.
1980Prend sa retraite de l’UNESCO.
9 janvier 1995Décès à Villespassans-Saint-Chinian ; inhumation à Villespassans.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice biographique institutionnelle de Sigismond Blednicki.
Consulter la notice institutionnelle

Ordre de la Libération — Archives — Dossier de Compagnon 1 A 108, instrument de recherche de la lettre B.
Consulter l’instrument archivistique

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Dossier GR 16 P 64467, « BLEDNICKI, Sigismond Thadée ».
Consulter l’instrument nominatif GR 16 P

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Appartenance au 1er Régiment de marche de spahis marocains.
Consulter l’instrument des unités militaires

Wikipédia — Notice développée de Sigismond Blednicki, utilisée comme source secondaire et recoupée avec la documentation institutionnelle.
Consulter la notice Wikipédia

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