La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BLASQUEZ Jacques Marie Émile

Jacques Marie Émile BLASQUEZ, né le 31 janvier 1912 à Luçon (Vendée), mort le 11 août 1998 à Paris, officier mécanicien de l’Armée de l’air passé dans les Forces françaises libres, lieutenant puis capitaine des unités blindées de la France libre et de la 2e DB, chef de l’Escadron de réparation n° 1 du GER XV, chef de bataillon, Compagnon de la Libération par décret du 7 août 1945.

Jeunesse et formation

Jacques Blasquez naît à Luçon le 31 janvier 1912 dans une famille de commerçants. Les sources institutionnelles consultées ne donnent pas de renseignements suffisamment précis sur ses études civiles antérieures à son engagement militaire.

Il s’engage dans l’Armée de l’air le 9 septembre 1932. Sous-officier, il sert notamment au Levant, à Beyrouth et Damas. En septembre 1938, il est admis comme aspirant à l’École militaire de l’Air de Versailles. Il devient officier mécanicien avec le grade de sous-lieutenant en juillet 1939.

Il est ensuite affecté à la base aérienne de Chartres puis à l’École technique de l’Armée de l’air de Rochefort. Lorsque commence la campagne de France, il est chef de la division d’instruction avions de l’école annexe de Royan. En juin 1940, cette école se replie à Argelès-sur-Mer.

Engagement dans la Résistance

Jacques Blasquez refuse de se résigner à l’armistice. Mis, à sa demande, en congé d’armistice en septembre 1940, il entreprend immédiatement de quitter le territoire contrôlé par Vichy pour rejoindre les forces qui poursuivent la guerre.

Son itinéraire est particulièrement complexe. Il passe par Marseille et gagne Oran, avec l’intention de rejoindre Gibraltar. Cette première tentative échoue et il échappe de peu à une arrestation. Il gagne alors Casablanca et s’embarque clandestinement sur un paquebot à destination de Dakar.

De là, il franchit clandestinement la frontière de la Gambie britannique à travers la brousse et atteint Kuntaur le 24 décembre 1940. Les autorités britanniques l’acheminent ensuite vers Freetown. Il s’engage officiellement dans les Forces françaises libres le 9 janvier 1941.

Bien qu’issu de l’Armée de l’air, il demande alors à passer dans l’Armée de terre. Il est dirigé vers l’Afrique française libre, débarque à Douala et rejoint la 1re Compagnie de chars des FFL.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Le parcours de Jacques Blasquez relève de la France libre combattante, et non d’un réseau de Résistance intérieure.

L’Ordre de la Libération retient trois grandes appartenances successives : la 1re Compagnie autonome de chars de combat (1re CACC), la Colonne volante et le GER XV.

Après son arrivée en Afrique française libre, Blasquez rejoint la 1re Compagnie de chars. Il embarque à Pointe-Noire sur le Capo Olmo pour gagner le Moyen-Orient et débarque à Suez le 23 avril 1941.

En 1942, il sert dans la 1re Colonne volante des FFL, formation associant notamment la 1re Compagnie de chars et le 1er Régiment de marche de spahis marocains.

À partir de 1943, son activité se concentre davantage encore sur la maintenance et la réparation des véhicules blindés. Il commande successivement l’Atelier lourd n° 6 de la 2e DFL, puis l’Escadron de réparation n° 1 du GER XV de la 2e DB.

Missions et actions

Jacques Blasquez arrive à Suez le 23 avril 1941 et devient chef de section de chars pendant la campagne de Syrie. Le 20 juin 1941, lors de l’attaque de la cote 748 du Djebel Kelb, il est blessé à la jambe gauche alors qu’il se trouve dans son char.

Promu lieutenant le 1er juillet 1941, il devient chef de la section d’échelon de la 1re Compagnie à Damas. De janvier à avril 1942, il est responsable du parc d’engins blindés de Saint-Élie à Beyrouth.

En mai 1942, il rejoint l’Égypte avec la 1re Compagnie de chars. Ses compétences techniques prennent alors une importance croissante : il commande l’atelier de campagne de la 1re Colonne volante des FFL.

Il participe à la bataille d’El Alamein en octobre 1942, puis à la campagne de Tunisie au sein de la Force L du général Leclerc, jusqu’en mai 1943.

Promu capitaine le 25 juin 1943, il reçoit la mission de constituer l’Atelier lourd n° 6 de la 2e DFL en Tripolitaine et en prend le commandement. En novembre 1943, au Maroc, cette formation est remplacée par l’Escadron de réparation n° 1 du GER XV de la 2e DB, dont Blasquez prend également le commandement.

Cette fonction est essentielle au fonctionnement opérationnel d’une division blindée : elle assure la remise en état et le maintien en service des véhicules et matériels engagés dans les opérations.

Avec la 2e DB, Blasquez gagne l’Angleterre le 27 mai 1944 puis débarque en Normandie, à Saint-Martin-de-Varreville, le 2 août 1944. Il participe ensuite aux campagnes de Normandie, à la Libération de Paris, puis aux combats des Vosges et d’Alsace jusqu’en mars 1945.

Le 1er mai 1945, il est affecté à l’état-major du GER XV. Il participe aux dernières opérations en Allemagne et à l’occupation du territoire allemand jusqu’au 30 mai 1945.

La notice nécrologique publiée par Le Monde en 1998 confirme ce parcours : campagnes de Syrie, El Alamein, Libye et Tunisie, débarquement avec la 2e DB, Libération de Paris, Vosges et Alsace.

Arrestation / évasion / déportation

Jacques Blasquez n’a pas été arrêté, interné ou déporté au titre de son engagement dans la France libre.

Son passage clandestin vers les territoires britanniques constitue néanmoins un épisode important de son engagement. Après l’échec de sa tentative de gagner Gibraltar depuis Oran et après avoir échappé de peu à une arrestation, il embarque clandestinement à Casablanca, gagne Dakar puis traverse la frontière gambienne à pied à travers la brousse. Il atteint Kuntaur le 24 décembre 1940.

Ce parcours aboutit à son engagement dans les FFL à Freetown le 9 janvier 1941.

Il est ensuite blessé au combat le 20 juin 1941, à la jambe gauche, pendant la campagne de Syrie.

Camarades de combat

Le parcours de Jacques Blasquez est directement lié aux hommes de la 1re Compagnie de chars des FFL, de la Colonne volante, de la Force L puis de la 2e DB.

À partir de la campagne de Tunisie, son itinéraire est directement placé dans celui des forces du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, dont la Force L devient ensuite l’un des noyaux de la 2e DB.

La 1re Colonne volante associe notamment la 1re Compagnie de chars et le 1er Régiment de marche de spahis marocains. Il convient toutefois de ne pas transformer l’appartenance commune à ces formations en relations personnelles non documentées : les sources consultées permettent de reconstituer les unités et la chaîne opérationnelle de Blasquez, mais beaucoup moins ses amitiés individuelles.

Retour à la vie civile

La capitulation allemande ne marque pas immédiatement la fin de la carrière combattante de Jacques Blasquez. Il se porte volontaire pour le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient.

Il prend le commandement du 651e Bataillon de réparation du matériel et débarque avec cette unité à Saïgon le 28 décembre 1945. Son bataillon est stationné à Cholon. Blasquez en conserve le commandement jusqu’au 31 janvier 1947.

Rapatrié en France en mars 1947, il est promu chef de bataillon. À sa demande, il est dégagé des cadres de l’armée active en septembre 1947.

Il commence alors une carrière civile dans laquelle il valorise directement ses compétences techniques acquises dans l’aéronautique et les unités blindées. Il devient d’abord inspecteur technique dans une société pétrolière, puis cadre technico-commercial chez le constructeur automobile Delahaye. À partir de 1955, il travaille dans l’entreprise d’équipements aéronautiques Messier, puis Messier-Hispano.

Jacques Blasquez meurt à Paris le 11 août 1998, à l’âge de 86 ans. Il est inhumé dans sa ville natale de Luçon.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le dossier 1 A 107 conserve en outre des archives de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur, notamment une copie du mémoire de proposition au grade d’officier.

Compagnon de la Libération. Décret du 7 août 1945. Source : Ordre de la Libération. L’inventaire du dossier 1 A 107 conserve le mémoire de proposition de 1945 et l’ampliation du 8 août 1945 du décret du 7 août. Le décret publié au Journal officiel donne son identité complète : Jacques Marie Émile Blasquez.

Croix de guerre 1939-1945, avec deux citations. Source : Ordre de la Libération.

Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient ». Source : Ordre de la Libération.

Médaille du Levant. Source : Ordre de la Libération.

Médaille des Services volontaires dans la France libre. Source : Ordre de la Libération.

Presidential Unit Citation (États-Unis). Source : Ordre de la Libération.

Lieux de mémoire

Jacques Blasquez est inhumé à Luçon, sa ville natale. Le dossier 1 A 107 contient également une pièce de correspondance relative à sa sépulture.

La Ville de Paris a donné son nom à la terrasse du Commandant-Jacques-Blasquez, située sur la partie sud de la place de la République, dans le 11e arrondissement. La dénomination a été décidée en 2013 dans le cadre du réaménagement de la place. Le projet municipal rappelle explicitement son parcours de Compagnon de la Libération et de combattant de la France libre.

MVR mentionne également cet hommage parisien dans sa page consacrée aux résistants honorés à Paris.

Références bibliographiques

La longue marche du sous-lieutenant Jacques Blasquez, Jacques Blasquez, Mémoires d’hommes, Paris, 2000. Il s’agit d’un témoignage directement attribué au Compagnon ; l’ouvrage est expressément recensé par l’Ordre de la Libération et deux versions en sont conservées dans le dossier 1 A 107.

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, 2000, 822 p.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Textuel, 2014, 442 p.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2023.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Jacques Blasquez : état civil, carrière dans l’Armée de l’air, passage clandestin vers la Gambie, engagement FFL, Syrie, Colonne volante, El Alamein, 2e DB, Indochine et carrière civile.
Jacques Blasquez — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — Archives — Instrument de recherche de la lettre B : dossier personnel de Compagnon 1 A 107 et identification du dossier Résistance GR 16 P 64209.
Instrument de recherche — lettre B

Ville de Paris — Projet de délibération de 2013 relatif à la dénomination de la terrasse du Commandant-Jacques-Blasquez sur la place de la République ; comprend également une synthèse biographique.
Hommage parisien à Jacques Blasquez

Le Monde — Notice nécrologique du 16 août 1998, confirmant les principales campagnes et les décorations majeures de Jacques Blasquez.
Le commandant Jacques Blasquez

Wikipédia — Notice développée consultée comme source secondaire et confrontée aux sources institutionnelles.
Jacques Blasquez — Wikipédia

Dossier d’homologation consulté

Le Service historique de la Défense conserve bien un dossier individuel de Résistance concernant Jacques Blasquez sous la cote GR 16 P 64209. Cette correspondance nominative est explicitement donnée par l’instrument archivistique de l’Ordre de la Libération.

Le contrôle de l’instrument nominatif de la sous-série GR 16 P est particulièrement important ici : les cotes immédiatement voisines GR 16 P 64213 à 64215 concernent Nicolas Blasquez, Pedro Blasquez et Sébastien André Blasquez. Il ne faut donc pas les confondre avec le dossier du Compagnon.

Le dossier personnel de Compagnon est conservé sous la cote 1 A 107. Il contient notamment le mémoire de proposition pour la croix de la Libération de 1945, l’ampliation du décret du 7 août 1945, le reçu du diplôme n° 58, des fiches de renseignements, 24 pièces de correspondance avec l’Ordre, deux cartes d’identité de Compagnon, des documents de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur, deux versions de La longue marche du sous-lieutenant Jacques Blasquez, des questionnaires, curriculum vitae et textes biographiques ainsi que des documents relatifs à son décès et à sa sépulture.

Les dossiers originaux GR 16 P 64209 et 1 A 107 n’ont pas été physiquement consultés dans le cadre de cette recherche ; leur existence et le contenu de 1 A 107 sont établis à partir de l’instrument archivistique de l’Ordre.

Observations

L’identité complète Jacques Marie Émile Blasquez est confirmée par le texte du décret du 7 août 1945. Cette précision est utile pour le contrôle des homonymies.

Le patronyme présente effectivement un risque d’homonymie archivistique : l’instrument GR 16 P comporte plusieurs autres Blasquez. La cote GR 16 P 64209 doit donc être associée spécifiquement à Jacques Blasquez, né à Luçon le 31 janvier 1912.

La qualification professionnelle de Blasquez pendant la guerre mérite également d’être précisée. Il est initialement officier mécanicien de l’Armée de l’air, mais demande après son engagement dans les FFL à passer dans l’Armée de terre. Son parcours ultérieur combine commandement de chars et surtout organisation de la réparation et du maintien en condition des engins blindés.

Enfin, l’inventaire 1 A 107 mentionne un reçu du diplôme n° 58 de la croix de la Libération daté du 21 mai 1965. Cette date correspond au reçu du diplôme et non à l’attribution de la qualité de Compagnon, qui résulte bien du décret du 7 août 1945.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources concordantes de niveau institutionnel et archivistique : biographie officielle de l’Ordre de la Libération, décret du 7 août 1945, instrument archivistique du dossier 1 A 107, identification du dossier SHD GR 16 P 64209, documentation officielle de la Ville de Paris et notice nécrologique contemporaine du Monde. Les dates d’état civil, l’itinéraire de ralliement, l’engagement dans les FFL, les principales affectations, la blessure de Syrie, les campagnes de 1941 à 1945, le service en Indochine et la carrière d’après-guerre sont concordants. Les originaux des dossiers 1 A 107 et GR 16 P 64209 n’ayant pas été physiquement consultés, cette limite archivistique est explicitement maintenue.

Chronologie

DateÉvénement
31 janvier 1912Naissance à Luçon (Vendée).
9 septembre 1932Engagement dans l’Armée de l’air.
Septembre 1938Admission comme aspirant à l’École militaire de l’Air de Versailles.
Juillet 1939Promu sous-lieutenant, officier mécanicien.
Juin 1940Repli de l’école annexe de Royan à Argelès-sur-Mer.
Septembre 1940Placé à sa demande en congé d’armistice ; entreprend de rejoindre les forces poursuivant le combat.
Automne 1940Échec d’une tentative pour gagner Gibraltar depuis Oran ; embarquement clandestin à Casablanca vers Dakar.
24 décembre 1940Atteint Kuntaur en Gambie après avoir franchi clandestinement la frontière.
9 janvier 1941Engagement dans les Forces françaises libres à Freetown.
23 avril 1941Débarquement à Suez.
20 juin 1941Blessé à la jambe gauche au Djebel Kelb pendant la campagne de Syrie.
1er juillet 1941Promu lieutenant.
Janvier-avril 1942Responsable du parc d’engins blindés de Saint-Élie à Beyrouth.
Mai 1942Chef de l’atelier de campagne de la 1re Colonne volante en Égypte.
Octobre 1942Bataille d’El Alamein.
1942-mai 1943Campagne de Tunisie avec la Force L.
25 juin 1943Promu capitaine.
1943Mise sur pied et commandement de l’Atelier lourd n° 6.
Novembre 1943Prend au Maroc le commandement de l’Escadron de réparation n° 1 du GER XV de la 2e DB.
27 mai 1944Arrive en Angleterre avec la 2e DB.
2 août 1944Débarque à Saint-Martin-de-Varreville en Normandie.
Août 1944-mars 1945Campagnes de Normandie, Paris, Vosges et Alsace.
1er mai 1945Affecté à l’état-major du GER XV.
Mai 1945Campagne et occupation de l’Allemagne.
7 août 1945Nommé Compagnon de la Libération.
28 décembre 1945Débarque à Saïgon à la tête du 651e Bataillon de réparation du matériel.
31 janvier 1947Quitte le commandement du bataillon.
Mars 1947Rapatriement en France.
1947Promu chef de bataillon.
Septembre 1947Quitte l’armée active à sa demande.
À partir de 1955Cadre chez Messier/Messier-Hispano.
2000Publication posthume de La longue marche du sous-lieutenant Jacques Blasquez.
11 août 1998Décès à Paris ; inhumation à Luçon.
2013Paris donne son nom à une terrasse de la place de la République.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Jacques Blasquez.
Consulter la notice Jacques Blasquez

Ordre de la Libération — Archives — Instrument de recherche des dossiers des Compagnons, lettre B : dossier 1 A 107 et dossier Résistance GR 16 P 64209.
Consulter l’instrument archivistique

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Instrument nominatif de la sous-série GR 16 P, utilisé notamment pour le contrôle des homonymes Blasquez.
Consulter l’instrument GR 16 P — BL à BZ

Ville de Paris — Délibération relative à la terrasse du Commandant-Jacques-Blasquez.
Consulter le document de la Ville de Paris

Le Monde — Notice nécrologique « Le commandant Jacques Blasquez », 16 août 1998.
Consulter la notice nécrologique

Wikipédia — Notice Jacques Blasquez, consultée comme source secondaire et recoupée avec les sources institutionnelles.
Consulter la notice Wikipédia

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