Jean Charles BELLEC, né le 21 mai 1920 à Paris (10e arrondissement), mort le 9 décembre 2002 à Grasse (Alpes-Maritimes), Français, étudiant en 1940, officier des Forces françaises libres puis officier général de l’armée française, Compagnon de la Libération par décret du 9 septembre 1942.
Jeunesse et formation
Jean Charles Bellec est le fils d’un ingénieur géomètre. En juin 1940, il prépare les mathématiques élémentaires au collège Saint-Yves de Quimper. Il n’a alors que vingt ans. Lorsque les troupes allemandes approchent de la ville, il décide, encouragé par sa mère, de gagner l’Angleterre pour poursuivre la guerre.
Il se rend à Douarnenez puis gagne l’île de Sein. Le 19 juin 1940, il embarque à bord de l’Ar Zénith, qui le conduit en Grande-Bretagne. Il s’engage alors dans les Forces françaises libres.
Engagement dans la Résistance
Son engagement est donc l’un des plus précoces : il quitte la Bretagne dès le lendemain de l’appel du 18 Juin et appartient à la Résistance extérieure, sans passage connu par un réseau clandestin métropolitain.
Affecté au 1er groupe de transport, il participe dès septembre 1940 à l’opération de Dakar, puis débarque au Cameroun en octobre. En janvier 1941, il est admis à l’école d’aspirants de Brazzaville, installée au camp Colonna d’Ornano. Il en sort le 20 juin 1941.
Le répertoire du Service historique de la Défense confirme formellement son statut de Français libre : « BELLEC, Jean Charles », né le 21 mai 1920 à Paris, est enregistré sous la cote GR 16 P 44844 avec homologation FFL.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Jean Charles Bellec appartient aux Forces françaises libres. Après sa formation à Brazzaville, il est affecté au Bataillon du Pacifique, commandé par Félix Broche. Après cinq mois d’entraînement près de Tel-Aviv, cette unité rejoint la 1re Brigade française libre du général Koenig.
Après Bir Hakeim, le Bataillon du Pacifique et le 1er Bataillon d’infanterie de marine fusionnent pour constituer le Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique, ou BIMP. Bellec poursuit toute la campagne avec cette formation. L’instrument institutionnel des unités de l’Ordre confirme son appartenance au BIMP.
Missions et actions
Avec le Bataillon du Pacifique, l’aspirant Bellec participe à la campagne de Libye puis à la défense de Bir Hakeim. Du 27 mai au 10 juin 1942, il conduit de nombreux coups de main dans les lignes adverses et rapporte des renseignements sur le dispositif ennemi.
Il réussit également à faire passer à travers les lignes ennemies un important convoi de ravitaillement en eau et en munitions. Le 8 juin, il est blessé à la jambe gauche par des éclats d’obus. Pendant la sortie de Bir Hakeim, chargé de guider un important convoi, il saute successivement sur trois mines. Malgré de nouvelles blessures, il réussit à conduire la plus grande partie du convoi à destination.
Ces actions expliquent sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 9 septembre 1942. Il avait été promu sous-lieutenant le 25 juin précédent.
Au sein du BIMP et de la 1re Division française libre, il poursuit ensuite les campagnes d’Afrique et d’Europe. Le 15 mai 1944, pendant la campagne d’Italie, il est de nouveau blessé, cette fois par des éclats de mortier dans la région de Girofano.
Il débarque en Provence avec la 1re DFL le 16 août 1944. Il participe aux combats de Provence, puis à ceux des Vosges et d’Alsace. Au printemps 1945, il combat dans le massif de l’Authion. Le 10 avril, il est une nouvelle fois blessé, à la poitrine et à la main, et doit être évacué.
Arrestation / évasion / déportation
Jean Charles Bellec n’a été ni arrêté, ni interné ni déporté selon les sources consultées.
Son départ de Bretagne en juin 1940 constitue en revanche une sortie volontaire de France occupée : Douarnenez, l’île de Sein puis l’Ar Zénith lui permettent de gagner la Grande-Bretagne dès le 19 juin.
Son parcours est marqué par plusieurs blessures de guerre : à Bir Hakeim en juin 1942, en Italie le 15 mai 1944 et dans l’Authion le 10 avril 1945.
Camarades de combat
Félix Broche est son chef au Bataillon du Pacifique. Marie-Pierre Koenig commande la 1re Brigade française libre dans laquelle l’unité est engagée à Bir Hakeim.
Au BIMP, Jean Charles Bellec appartient à une unité particulièrement riche en Compagnons de la Libération. L’instrument de l’Ordre y recense notamment Roger Allouès, Louis Béguin, Auguste Bénébig, Benjamin Favreau, Henri Magny, Edmond Nessler, André Salvat, Jean Starcky, Auguste Techer et Jean Tranape. Cette appartenance commune établit une communauté de combat, sans permettre de déduire une proximité personnelle avec chacun de ces hommes.
Retour à la vie civile
Jean Charles Bellec ne retourne pas immédiatement à la vie civile : il choisit de poursuivre une carrière militaire particulièrement longue. Il sert notamment en Afrique équatoriale française, en Indochine — où il obtient quatre citations — puis à Madagascar jusqu’en 1957. Il effectue ensuite dix-huit mois en Algérie comme chef de bataillon.
Promu lieutenant-colonel, il commande notamment le Régiment de marche du Tchad, puis rejoint la Guyane comme commandant militaire. En 1970, devenu colonel, il est adjoint au général commandant la VIIe Région militaire puis au général commandant la place de Paris.
Il quitte le service actif en 1973 avec le grade de général de brigade. Il meurt à Grasse le 9 décembre 2002, à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Ses obsèques sont célébrées le 16 décembre à la cathédrale de Grasse.
Sa mémoire militaire demeure particulièrement vivante : la première promotion de l’École militaire des aspirants de Coëtquidan, 2021-2022, a choisi le général Jean-Charles Bellec comme parrain. L’insigne de promotion rappelle notamment le RMT, l’Indochine, la Croix de Lorraine et son grade de général.
Décorations
Grand officier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Ce grade est expressément attesté par la notice institutionnelle.
Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Jean Charles Bellec est nommé Compagnon par décret du 9 septembre 1942.
Grand-croix de l’Ordre national du Mérite. Source : Ordre de la Libération. Le grade de grand-croix est expressément attesté.
Croix de guerre 1939-1945 avec cinq citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le total de cinq citations sont expressément attestés.
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec quatre citations. Source : Ordre de la Libération. Les quatre citations correspondent notamment à ses services postérieurs en Indochine.
Croix de la Valeur militaire avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et les deux citations sont expressément attestées.
Médaille de la Résistance française. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 11 mars 1947, publié au Journal officiel du 27 mars 1947. Le dossier de médaille est coté 1O4167.
Médaille coloniale avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim », « AFL » et « Tunisie ». Source : Ordre de la Libération. La médaille et les quatre agrafes sont expressément attestées.
Médaille des Blessés. Source : Ordre de la Libération. Elle est cohérente avec les blessures multiples documentées à Bir Hakeim, en Italie et dans l’Authion.
Médaille commémorative de la campagne d’Indochine. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée.
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord avec agrafe « Algérie ». Source : Ordre de la Libération. La médaille et son agrafe sont expressément attestées.
Chevalier du Nichan Iftikar. Source : Ordre de la Libération. Cette distinction tunisienne est expressément attestée.
Commandeur de l’Étoile noire. Source : Ordre de la Libération. Le grade de commandeur est expressément attesté.
Lieux de mémoire
Paris est son lieu de naissance, mais Quimper et Douarnenez occupent une place centrale dans son histoire : c’est de Bretagne qu’il décide de poursuivre la guerre en juin 1940. L’île de Sein et l’Ar Zénith sont directement associés à son départ du 19 juin.
Dakar et le Cameroun correspondent à ses premiers mois de Français libre. Brazzaville marque sa formation d’officier. La Palestine et Bir Hakeim constituent ensuite les lieux emblématiques de sa formation et de son baptême du feu comme aspirant.
L’Italie, la Provence, les Vosges, l’Alsace et l’Authion jalonnent son parcours de 1944-1945. Après-guerre, l’AEF, l’Indochine, Madagascar, l’Algérie et la Guyane témoignent de la continuité de sa carrière militaire.
Enfin, Coëtquidan constitue désormais un lieu important de sa mémoire, la promotion 2021-2022 de l’École militaire des aspirants ayant reçu son nom.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Jean Charles Bellec dans l’histoire collective des Compagnons.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude utile pour replacer son départ exceptionnellement précoce de juin 1940 dans l’expérience des premiers ralliés à la France libre.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence permettant la confrontation des données individuelles des Compagnons.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Jean Charles Bellec, source principale pour l’état civil, le départ de juin 1940, Dakar, le Bataillon du Pacifique, Bir Hakeim, les campagnes d’Italie et de France, la carrière d’après-guerre et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-charles-bellec
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument institutionnel permettant notamment de contrôler son appartenance au BIMP et de replacer Bellec parmi les Compagnons ayant servi dans cette formation. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf
Ordre de la Libération — Médaillés de la Résistance française — Base institutionnelle confirmant la Médaille de la Résistance par décret du 11 mars 1947, sa publication le 27 mars et la cote 1O4167. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=6
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P confirmant l’identité, la naissance, la cote GR 16 P 44844 et l’homologation FFL. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf
Ordre de la Libération — Lettre d’information de janvier 2022 — Présentation de la promotion Général Jean-Charles Bellec de l’École militaire des aspirants de Coëtquidan et de son insigne. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-janvier-2022
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 44844, BELLEC Jean Charles.
Cette cote est directement vérifiée dans le répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P. Celui-ci donne Jean Charles Bellec, né le 21 mai 1920 à Paris, département de la Seine, et porte explicitement la mention « Homologué » dans la colonne FFL.
Le dossier original GR 16 P 44844 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour cette notice. La cote et l’homologation ont été contrôlées dans l’instrument du SHD ; il ne serait donc pas exact de présenter le dossier physique comme directement consulté.
Un autre dossier militaire est signalé sous la cote SHD GR 14 YD 2341, correspondant à sa carrière d’officier général. Cette cote relève d’un autre ensemble archivistique que son dossier administratif de résistant et ne doit pas être confondue avec GR 16 P 44844.
Observations
L’état civil et l’homologation FFL ne présentent pas de divergence notable : l’Ordre de la Libération et le répertoire GR 16 P concordent sur la naissance le 21 mai 1920 à Paris et identifient sans ambiguïté Jean Charles Bellec.
Une précision terminologique est toutefois utile : les sources utilisent alternativement « Jean Charles Bellec », « Jean-Charles Bellec » et parfois simplement « Jean Bellec ». La forme « Jean Charles BELLEC » est celle de la notice institutionnelle de l’Ordre et du dossier GR 16 P ; elle est donc retenue ici.
La documentation institutionnelle confirme cinq citations à la Croix de guerre 1939-1945, quatre à la Croix de guerre des TOE et deux à la Croix de la Valeur militaire. Elle permet ainsi de distinguer clairement les récompenses correspondant à la Seconde Guerre mondiale de celles obtenues au cours de sa longue carrière militaire ultérieure.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes et complémentaires : la biographie de l’Ordre de la Libération, la base institutionnelle des médaillés de la Résistance, l’instrument des unités militaires et surtout le répertoire nominatif du Service historique de la Défense, qui confirme sous la cote GR 16 P 44844 l’état civil et l’homologation FFL. Le départ du 19 juin 1940, la formation à Brazzaville, Bir Hakeim, les blessures successives, les campagnes d’Italie et de France ainsi que la carrière militaire d’après-guerre sont documentés de manière particulièrement solide.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 21 mai 1920 | Naissance à Paris, 10e arrondissement. |
| Juin 1940 | Prépare les mathématiques élémentaires au collège Saint-Yves de Quimper. |
| 19 juin 1940 | Quitte l’île de Sein sur l’Ar Zénith pour gagner la Grande-Bretagne. |
| 1940 | S’engage dans les Forces françaises libres. |
| Septembre 1940 | Participe à l’opération de Dakar. |
| Octobre 1940 | Débarque au Cameroun. |
| Janvier 1941 | Entre à l’école d’aspirants de Brazzaville. |
| 20 juin 1941 | Sort de l’école d’aspirants et rejoint le Bataillon du Pacifique. |
| 27 mai-10 juin 1942 | Combats de Bir Hakeim ; coups de main et missions de renseignement. |
| 8 juin 1942 | Blessé à la jambe gauche par éclats d’obus. |
| Juin 1942 | De nouveau blessé pendant la sortie de Bir Hakeim après le passage de son véhicule sur des mines. |
| 25 juin 1942 | Promu sous-lieutenant. |
| 9 septembre 1942 | Nommé Compagnon de la Libération. |
| 15 mai 1944 | Blessé par éclats de mortier en Italie. |
| 16 août 1944 | Débarque en Provence avec la 1re DFL. |
| 1944-1945 | Combats en Provence, dans les Vosges et en Alsace. |
| 10 avril 1945 | Blessé à la poitrine et à la main dans le massif de l’Authion. |
| Après 1945 | Sert en AEF, Indochine, Madagascar puis Algérie. |
| Années 1960 | Commande notamment le Régiment de marche du Tchad puis sert en Guyane. |
| 1970 | Adjoint au général commandant la VIIe Région militaire puis la place de Paris. |
| 1973 | Quitte le service actif avec le grade de général de brigade. |
| 9 décembre 2002 | Décès à Grasse. |
| 16 décembre 2002 | Obsèques à la cathédrale de Grasse. |
| 2021-2022 | Devient le parrain de la première promotion de l’École militaire des aspirants de Coëtquidan. |
Sources consultées le 21 septembre 2026
Ordre de la Libération — Notice institutionnelle consultée pour l’état civil, le ralliement de juin 1940, Dakar, Brazzaville, Bir Hakeim, les campagnes d’Italie et de France, la carrière après 1945 et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-charles-bellec
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Répertoire consulté pour contrôler l’identité, la date et le lieu de naissance, la cote GR 16 P 44844 et l’homologation FFL. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BA-BJ.pdf
Ordre de la Libération — Médaillés de la Résistance française — Base consultée pour vérifier l’attribution de la Médaille de la Résistance par décret du 11 mars 1947, la publication au Journal officiel du 27 mars 1947 et la cote 1O4167. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=6
Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument consulté pour contrôler l’appartenance au BIMP et identifier les autres Compagnons ayant servi dans cette formation. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf
Ordre de la Libération — Lettre d’information de janvier 2022 — Source consultée pour la mémoire contemporaine de Jean Charles Bellec et la promotion de l’École militaire des aspirants portant son nom. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-janvier-2022