La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BÉHÉLO Valentin

Valentin BÉHÉLO, né le 22 juillet 1901 au Robert (Martinique), mort le 8 octobre 1987 à Saint-Cannat (Bouches-du-Rhône), Français, militaire de carrière des troupes coloniales, adjudant-chef des Forces françaises libres, Compagnon de la Libération par décret du 7 mars 1941.

Jeunesse et formation

Valentin Béhélo est le fils d’un ébéniste. Après des études primaires en Martinique, il effectue son service militaire en 1922 au Bataillon d’infanterie de la Martinique. Deux ans plus tard, en 1924, il choisit la carrière militaire et se rengage.

De 1925 à 1929, il sert au Maroc. Il y est promu caporal en 1926 puis sergent en 1927. Il poursuit ensuite une longue carrière outre-mer : quatre années au Tonkin puis deux années au Sénégal. En octobre 1939, il est sergent-chef au 24e Régiment d’infanterie coloniale, stationné au Liban.

Son itinéraire avant 1940 est donc celui d’un sous-officier expérimenté des troupes coloniales, ayant déjà servi en Martinique, au Maroc, en Indochine, au Sénégal et au Levant.

Engagement dans la Résistance

Après l’armistice de juin 1940, Béhélo refuse de cesser le combat. Avec la 3e compagnie du 24e RIC commandée par le capitaine Raphaël Folliot, il quitte Tripoli, passe par Beyrouth et franchit le 27 juin 1940 la frontière de Palestine au moyen de faux ordres de mission afin de rejoindre les Britanniques.

Les volontaires sont regroupés au camp de Moascar, en Égypte. Ils prennent le nom de 1er Bataillon d’infanterie de marine, constituant l’un des tout premiers noyaux militaires des Forces françaises libres au Moyen-Orient.

Son engagement relève entièrement de la Résistance extérieure. Il ne s’agit pas d’une activité clandestine en métropole mais d’un refus militaire immédiat de l’armistice, suivi d’un passage volontaire dans les forces britanniques puis françaises libres.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Valentin Béhélo appartient aux Forces françaises libres. Ses principales unités sont le 1er Bataillon d’infanterie de marine, le Bataillon de marche n° 11 et, après sa grave blessure de 1943, le 3e Régiment de tirailleurs sénégalais. L’Ordre de la Libération retient explicitement ces trois formations dans sa notice institutionnelle.

L’instrument des unités militaires de l’Ordre confirme également sa présence parmi les Compagnons issus du 24e Régiment d’infanterie coloniale.

Missions et actions

De septembre 1940 à mai 1941, Valentin Béhélo participe avec la 1re compagnie du BIM à la première campagne de Libye. L’Ordre de la Libération souligne qu’il se distingue par son comportement dans les positions les plus exposées. Il est promu adjudant le 1er octobre 1940.

À Tobrouk, il est grièvement touché : une balle l’atteint à la jambe droite et plusieurs éclats de bombe le blessent au côté. Évacué vers la Palestine, il se trouve au camp de Qastina lorsque le général de Gaulle lui remet personnellement, le 26 mai 1941, la Croix de la Libération attribuée par décret du 7 mars précédent. Les archives de l’Ordre rappellent que plusieurs Compagnons reçurent leur croix à Qastina ce jour-là.

Remis de ses blessures, il participe à la campagne de Syrie en juin 1941. À son issue, il est promu adjudant-chef.

Le 1er avril 1942, il rejoint le Bataillon de marche n° 11, intégré à la 2e Brigade française libre du général Alfred Cazaud. Avec le BM 11, il participe à la seconde campagne de Libye puis aux opérations d’Égypte, notamment à El Alamein en octobre 1942.

En mai 1943, il prend part à la fin de la campagne de Tunisie. Après un séjour en Tripolitaine, il revient en Tunisie. Le 3 octobre 1943, au cap Bon, une mine explose accidentellement et le blesse très gravement : il est atteint au cou et à l’épaule, ses tympans sont perforés et les lésions imposent l’amputation de son avant-bras droit.

Après sa sortie de l’hôpital en décembre 1943, son handicap interdit pratiquement le retour au combat de première ligne. Il est alors affecté au 3e Régiment de tirailleurs sénégalais.

Arrestation / évasion / déportation

Valentin Béhélo n’a été ni arrêté, ni interné, ni déporté selon les sources consultées.

Son passage en Palestine le 27 juin 1940 relève cependant d’une opération clandestine : la compagnie de Folliot quitte le Liban et franchit la frontière munie de faux ordres de mission pour rejoindre les Britanniques.

Ses principales épreuves sont liées au combat : blessures à Tobrouk en 1941, puis mutilation particulièrement grave provoquée par une mine au cap Bon le 3 octobre 1943.

Camarades de combat

Le capitaine Raphaël Folliot joue un rôle déterminant dans son ralliement : il commande la 3e compagnie du 24e RIC qui décide de passer en Palestine pour poursuivre la guerre.

Le décret du 7 mars 1941 permet de replacer Béhélo parmi les tout premiers combattants du BIM distingués par de Gaulle. Le même texte nomme notamment Roger Barberot, Raphaël Folliot, Roger Allouès, Louis Béguin, Louis Bénard, André Salvat, Auguste Techer et plusieurs autres soldats et sous-officiers de cette formation.

Au BM 11, il sert dans la 2e Brigade française libre commandée par le général Alfred Cazaud. L’appartenance commune à ces unités établit une communauté de combat ; elle ne permet cependant pas d’affirmer une proximité personnelle avec chacun des hommes qui y ont servi.

Retour à la vie civile

Après sa grave mutilation et son affectation au 3e RTS, Valentin Béhélo demeure dans l’institution militaire jusqu’à l’après-guerre. En septembre 1946, il est admis au dégagement des cadres et se retire à Aix-en-Provence.

Son lien avec l’Ordre de la Libération se poursuit pendant plusieurs décennies. Le décret du 19 août 1958 le nomme membre du Conseil de l’Ordre de la Libération, aux côtés notamment d’André Boulloche, Jacques de Guillebon, Paul Legentilhomme, Jean Sainteny, Jean Tranape et Martial Valin.

Cette nomination est particulièrement significative : elle montre que son rôle mémoriel ne se limite pas à son statut de Compagnon. Il participe institutionnellement à la continuité de l’Ordre créé par de Gaulle.

Valentin Béhélo meurt le 8 octobre 1987 à Saint-Cannat, dans les Bouches-du-Rhône. Il y est inhumé.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de chevalier est expressément attesté par la notice institutionnelle. La date exacte de nomination n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Valentin Béhélo est nommé Compagnon par décret du 7 mars 1941. Il reçoit personnellement sa Croix de la Libération des mains du général de Gaulle au camp de Qastina, en Palestine, le 26 mai 1941.

Médaille militaire. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée par la notice institutionnelle. La date exacte d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude.

Croix de guerre 1939-1945. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. Le nombre et le niveau exact des citations attachées à cette croix ne sont pas précisés dans la notice publique consultée.

Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée, en cohérence avec ses longues campagnes militaires outre-mer.

Croix du combattant 1939-1945. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée.

Médaille coloniale avec agrafe « Libye ». Source : Ordre de la Libération. La médaille et l’agrafe « Libye » sont explicitement mentionnées.

Médaille commémorative de Syrie-Cilicie dite Médaille du Levant. Source : Ordre de la Libération. La notice institutionnelle la désigne sous l’intitulé « Médaille commémorative du Levant ».

Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre. Source : Ordre de la Libération. Cette décoration est expressément attestée par la notice institutionnelle.

Lieux de mémoire

Le Robert, en Martinique, est son lieu de naissance et constitue le point de départ de son parcours. Le Maroc, le Tonkin et le Sénégal rappellent ses longues années de service colonial avant la Seconde Guerre mondiale.

Tripoli, Beyrouth et la frontière palestinienne jalonnent son ralliement de juin 1940. Moascar est associé à la formation du 1er BIM. Tobrouk demeure lié à ses premières blessures de guerre.

Qastina occupe une place particulière dans sa mémoire : c’est là que de Gaulle lui remet la Croix de la Libération le 26 mai 1941. Une documentation publiée par l’Ordre en 2020 conserve la liste des Compagnons décorés lors de cette cérémonie.

La Syrie, la Libye, El Alamein et la Tunisie constituent les principales étapes suivantes de son itinéraire combattant. Le cap Bon est associé à sa mutilation du 3 octobre 1943.

Aix-en-Provence devient son lieu de retraite après son dégagement des cadres en 1946. Il meurt et est inhumé à Saint-Cannat en 1987.

L’Ordre de la Libération conserve son fonds personnel sous la cote 1 A 67. Celui-ci comprend notamment huit courriers relatifs à l’attribution de la Croix de la Libération, l’extrait du décret du 7 mars 1941, une citation, quarante-six pièces de correspondance échangées avec l’Ordre, dix-neuf éléments de correspondance familiale d’après-guerre, une copie de son état signalétique des services ainsi que des documents relatifs à son décès et à sa sépulture.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Valentin Béhélo dans l’histoire collective des premiers Compagnons et des combattants de la France libre. La référence et sa pagination sont confirmées par l’instrument de l’Ordre.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude utile pour replacer le ralliement très précoce de Béhélo dans l’expérience collective des Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Dictionnaire biographique de référence consacré aux Compagnons ; l’édition 2023 figure dans la bibliographie institutionnelle de l’Ordre.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Valentin Béhélo, source principale pour son état civil, sa carrière avant-guerre, son ralliement, les campagnes de Libye et de Syrie, ses blessures, le BM 11, sa carrière après-guerre et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/valentin-behelo

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument de recherche permettant d’identifier le fonds personnel 1 A 67 et le dossier d’homologation SHD GR 16 P 250866. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument permettant de replacer Valentin Béhélo parmi les Compagnons issus du 24e RIC et des unités de la France libre. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Ordre de la Libération — Textes officiels — Reproduction du décret du 19 août 1958 nommant Valentin Béhélo membre du Conseil de l’Ordre de la Libération. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-textes-officiels

Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2020 — Source institutionnelle documentant la remise de la Croix de la Libération à Béhélo et à d’autres Compagnons au camp de Qastina. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2020

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 250866, BÉHÉLO Valentin.

La cote est explicitement donnée dans l’instrument institutionnel de l’Ordre de la Libération consacré aux sources complémentaires des fonds des Compagnons : GR 16 P 250866, BÉHÉLO Valentin.

Le dossier original GR 16 P 250866 n’a toutefois pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. Sa cote a été vérifiée dans l’instrument archivistique de l’Ordre ; il ne serait donc pas exact de présenter le dossier original du SHD comme directement consulté.

Le fonds complémentaire 1 A 67 de l’Ordre de la Libération couvre la période 1941-2003. Il contient notamment huit courriers relatifs à la Croix de la Libération, l’extrait du décret du 7 mars 1941, une citation, un bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons, une fiche de renseignements de 1963, un questionnaire de 1984, quarante-six pièces de correspondance avec l’Ordre, dix-neuf éléments de correspondance familiale, une copie de l’état signalétique des services et plusieurs pièces concernant le décès et la sépulture.

Observations

La documentation institutionnelle consultée est remarquablement concordante sur les éléments essentiels : naissance le 22 juillet 1901 au Robert, ralliement le 27 juin 1940, décret du 7 mars 1941, remise de la Croix le 26 mai 1941, blessures de Tobrouk et du cap Bon, puis décès le 8 octobre 1987 à Saint-Cannat.

Une précision est nécessaire sur sa sortie de l’armée. La notice institutionnelle indique qu’il est « admis au dégagement des cadres » en septembre 1946. Certaines notices secondaires fixent la fin de sa carrière en 1948. En l’absence d’une pièce matriculaire directement dépouillée permettant d’expliquer cette différence administrative, septembre 1946 est retenu pour son retrait effectif de la vie militaire active.

L’orthographe du patronyme est stable dans les sources institutionnelles : BÉHÉLO, avec deux accents aigus.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes et complémentaires : la biographie officielle de l’Ordre de la Libération, les textes officiels de l’Ordre, son instrument d’archives identifiant le fonds personnel 1 A 67 et le dossier SHD GR 16 P 250866, ainsi que l’instrument consacré aux unités militaires. Le ralliement du 27 juin 1940, les campagnes de Libye, Syrie, Égypte et Tunisie, les deux graves épisodes de blessures, la mutilation de 1943, la nomination comme Compagnon et l’entrée au Conseil de l’Ordre en 1958 sont solidement établis. La principale réserve concerne seulement la différence entre le dégagement des cadres en septembre 1946 indiqué par l’Ordre et une fin de carrière fixée à 1948 par certaines sources secondaires.

Chronologie

DateÉvénement
22 juillet 1901Naissance au Robert, en Martinique.
1922Service militaire au Bataillon d’infanterie de la Martinique.
1924Se rengage dans l’armée.
1925-1929Sert au Maroc.
1926Promu caporal.
1927Promu sergent.
Années 1930Quatre années de service au Tonkin puis deux années au Sénégal.
Octobre 1939Sergent-chef au 24e RIC au Liban.
27 juin 1940Quitte le Liban avec la compagnie Folliot et passe en Palestine avec de faux ordres de mission.
1940Participe à la constitution du 1er BIM au camp de Moascar.
1er octobre 1940Promu adjudant.
1940-1941Première campagne de Libye.
1941Blessé par balle et par éclats de bombe à Tobrouk.
7 mars 1941Nommé Compagnon de la Libération.
26 mai 1941Reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle à Qastina.
Juin 1941Campagne de Syrie.
1941Promu adjudant-chef après la campagne de Syrie.
1er avril 1942Affecté au Bataillon de marche n° 11.
1942Deuxième campagne de Libye.
Octobre 1942Participe aux opérations d’El Alamein.
Mai 1943Participe à la fin de la campagne de Tunisie.
3 octobre 1943Grièvement blessé par l’explosion d’une mine au cap Bon ; amputation de l’avant-bras droit.
Décembre 1943Sort de l’hôpital et rejoint le 3e RTS.
Septembre 1946Admis au dégagement des cadres ; se retire à Aix-en-Provence.
19 août 1958Nommé membre du Conseil de l’Ordre de la Libération.
8 octobre 1987Décès à Saint-Cannat, où il est inhumé.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Fin de carrière militaireOrdre de la LibérationDégagement des cadres en septembre 1946Donnée institutionnelle retenue pour le retrait du service actif.
Fin de carrière militaireCertaines notices secondaires1948Peut correspondre à une situation administrative ultérieure ; à contrôler sur l’état signalétique des services.

Sources consultées le 21 septembre 2026

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle consultée pour l’état civil, la carrière militaire, le ralliement de juin 1940, les campagnes, les blessures, la mutilation, le retrait de l’armée et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/valentin-behelo

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons — Instrument consulté pour le fonds 1 A 67, son contenu détaillé et la cote SHD GR 16 P 250866. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument consulté pour contrôler ses appartenances aux unités de la France libre et son passage par le 24e RIC. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Ordre de la Libération — Textes officiels — Source consultée pour le décret du 19 août 1958 nommant Valentin Béhélo membre du Conseil de l’Ordre. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-textes-officiels

Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2020 — Source consultée pour la cérémonie de remise de la Croix de la Libération à Qastina le 26 mai 1941. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2020

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