Samuel BECKETT, alias Samson, né le 13 avril 1906 à Foxrock, Irlande, mort le 22 décembre 1989 à Paris, France.
Issu d’une famille protestante de la classe moyenne irlandaise, il étudie au Trinity College de Dublin. Il s’installe définitivement à Paris en 1937. Écrivain et poète, il est déjà une figure connue des milieux littéraires avant le déclenchement du conflit.
Bien que citoyen d’un pays neutre (l’Irlande), il refuse de rester passif. Il déclare plus tard préférer la France en guerre à l’Irlande en paix. Il s’engage en 1941 après l’arrestation de son ami Alfred Péron (temporairement relâché à ce moment-là). Son mobile est avant tout éthique et personnel.
Il rejoint le réseau de renseignement Gloria SMH sous le pseudonyme de Samson. Il travaille directement sous les ordres de Gabrielle Martinez-Picabia.
Missions et actions
Ses missions consistent principalement à dactylographier, traduire et synthétiser les renseignements bruts recueillis par les agents de terrain sur les mouvements ferroviaires et les batteries de DCA allemandes. Ces documents sont ensuite microfilmés et envoyés à Londres. Il parcourt Paris à bicyclette pour transmettre les plis urgents. Son appartement sert occasionnellement de lieu de réunion.
Arrestation / évasion / déportation
En août 1942, prévenu à temps de l’arrestation d’Alfred Péron, il parvient à échapper à la Gestapo. Il s’enfuit avec sa compagne Suzanne Dechevaux-Dumesnil. Après une période d’errance, il gagne le village de Roussillon dans le Vaucluse. Il y reste caché jusqu’à la Libération, participant aux activités du maquis local et continuant à collecter des informations sur les mouvements ennemis dans le sud de la France.
Camarades de combat
Ses principaux contacts sont Alfred Péron, Gabrielle Martinez-Picabia et Suzanne Dechevaux-Dumesnil.
Retour à la vie civile
Après la guerre, il devient l’un des écrivains les plus influents du XXe siècle, recevant le prix Nobel de littérature en 1969. Il reste extrêmement discret sur son passé de résistant, n’en parlant que rarement. Son œuvre, hantée par l’absurde et la condition humaine, est en partie marquée par son expérience de la clandestinité.
Décorations
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme Décret non retrouvé (source Wikipédia)
- Médaille de la Résistance française Décret du 31 mars 1947 JO du 26 juillet 1947
Lieux de mémoire
Plusieurs plaques commémoratives à Paris et à Roussillon rappellent son engagement.
Références bibliographiques
Samuel Beckett, une biographie. James Knowlson consacre des chapitres entiers à l’analyse de son rôle dans le réseau Gloria SMH.
Samuel Beckett et la Résistance française. Monographie de l’association mémorielle locale de Roussillon.
Références internet
Service Historique de la Défense. Homologation du dossier Samson. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Dossier sur le démantèlement de Gloria SMH. https://www.bddm.org
Dossier d’homologation consulté
Dossier individuel au Service Historique de la Défense, Vincennes : cote GR 16 P 42724.
Observations
L’identité de Samuel Beckett en tant que résistant est officiellement reconnue, bien que lui-même ait souvent minimisé ses actions comme étant des « travaux de boy-scout ».