La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BATIMENT Paul

Paul BATIMENT, né le 7 octobre 1920 à Strasbourg (Bas-Rhin), mort pour la France le 1er novembre 1944 à Moyen (Meurthe-et-Moselle), Français, officier des Forces françaises libres, lieutenant du Régiment de marche du Tchad au sein de la 2e Division blindée, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 7 juillet 1945.

Jeunesse et formation

Paul Batiment naît à Strasbourg le 7 octobre 1920. L’Ordre de la Libération souligne son attachement précoce à la France en indiquant qu’il refuse, dès son jeune âge, d’apprendre l’allemand. À la veille de la guerre, il prépare le concours d’entrée à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

L’effondrement militaire de juin 1940 interrompt ce projet. Refusant de regagner l’Alsace après l’armistice, il choisit immédiatement de poursuivre la guerre.

Engagement dans la Résistance

Le 21 juin 1940, à Saint-Jean-de-Luz, Paul Batiment embarque sur le paquebot polonais Batory à destination de l’Angleterre. Le 1er juillet 1940, il rallie officiellement les Forces françaises libres. Il appartient ainsi aux tout premiers volontaires de la France libre.

Il est d’abord affecté au Bataillon de chasseurs, puis suit à Camberley le peloton d’élèves aspirants. L’Ordre de la Libération précise qu’il se classe parmi les premiers de sa promotion.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Le parcours de Paul Batiment relève exclusivement de la Résistance extérieure et des Forces françaises libres. Il n’appartient pas, dans les sources consultées, à un réseau clandestin de Résistance intérieure.

Ses principales unités sont le Bataillon de chasseurs, le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), dans lequel il sert à la 12e compagnie, puis le Régiment de marche du Tchad (RMT), unité d’infanterie de la 2e Division blindée du général Leclerc. Ces appartenances sont enregistrées par l’Ordre de la Libération.

Missions et actions

En juin 1941, Paul Batiment est envoyé en Afrique-Équatoriale française. Il passe d’abord par Brazzaville, au Congo, puis par Fort-Lamy, au Tchad. Il est versé dans le cadre des officiers méharistes avant de servir, sous les ordres du général Leclerc, à la 12e compagnie du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad.

Il participe ensuite à la campagne de Tunisie. Le 24 mars 1943, alors que son groupe de mortiers subit une attaque allemande, il intervient personnellement à la grenade et contribue à repousser l’adversaire. Cet épisode est explicitement retenu dans sa citation biographique institutionnelle.

Après la Tunisie, son unité stationne successivement en Tripolitaine, en Algérie puis au Maroc, où se constitue la 2e Division blindée. Paul Batiment est promu lieutenant le 25 juin 1943 et affecté au Régiment de marche du Tchad.

Une photographie conservée par le musée de l’Ordre de la Libération le montre à Rabat au début d’avril 1944 en compagnie d’Yves de Daruvar et de Roger Podeur. La légende manuscrite de Daruvar les présente comme trois « vieux camarades de guerre ». À cette époque, le RMT s’entraîne intensivement au Maroc avec le matériel américain destiné à la 2e DB avant son transfert en Grande-Bretagne.

Paul Batiment débarque en Normandie avec la 2e DB le 1er août 1944. À la tête de la 1re section de la 6e compagnie du 2e bataillon du RMT, il participe à la campagne de Normandie puis à la marche sur Paris.

Le 25 août 1944, lors de la libération de Paris, il se distingue particulièrement au pont de Sèvres. Selon la notice de l’Ordre de la Libération, sa section détruit quinze camions allemands, tue soixante-quinze soldats ennemis et fait cent cinquante prisonniers. Cette action lui vaut une nouvelle citation.

Après Paris, le RMT poursuit les opérations vers l’Est. Paul Batiment participe à la campagne de Lorraine et aux combats conduits par la 2e DB dans le secteur de Baccarat.

Arrestation / évasion / déportation

Paul Batiment n’a été ni arrêté, ni interné, ni déporté selon les sources consultées.

Son départ de France du 21 juin 1940 constitue un ralliement volontaire à la France libre et non une évasion consécutive à une arrestation. Il quitte Saint-Jean-de-Luz à bord du Batory et rallie les Forces françaises libres à Londres le 1er juillet.

Camarades de combat

Philippe Leclerc de Hauteclocque est son chef militaire en Afrique puis le commandant de la 2e Division blindée dans laquelle Paul Batiment combat en 1944.

Yves de Daruvar et Roger Podeur sont directement documentés comme camarades de Paul Batiment. Une photographie prise à Rabat au début d’avril 1944 réunit les trois hommes ; Yves de Daruvar les qualifie lui-même de « vieux camarades de guerre ».

Le RMT compte par ailleurs de nombreux Compagnons de la Libération, dont Michel Arnaud, René Baudry, Jean de Bazelaire de Ruppierre, Lucien Berne, Jean Bertoli, Antoine Bissagnet, Paul Bonaldi, Raymond Dronne et Albert Eggenspiller. Leur appartenance commune au RMT est institutionnellement établie, mais elle ne permet pas, sans document complémentaire, de conclure à une relation personnelle étroite avec Batiment.

Retour à la vie civile

Paul Batiment n’a pas connu de retour à la vie civile : il meurt au combat à l’âge de vingt-quatre ans.

Le 1er novembre 1944, lors des opérations de la bataille de Baccarat, sa section et un peloton de chars reçoivent une mission dans le secteur d’Herbéviller. Pris sous un tir d’artillerie allemand violent et précis, son char est atteint. Blessé une première fois, Batiment refuse d’être évacué et continue à donner ses ordres. Touché une seconde fois, il est finalement transporté par ses hommes au poste médical de Moyen, où il succombe à ses blessures.

Une étude consacrée à la libération de la Meurthe-et-Moselle par la 2e DB confirme que Moyen abrite alors un hôpital où seize soldats meurent de leurs blessures, parmi lesquels le lieutenant Paul Batiment, blessé à Herbéviller. Il est inhumé au cimetière de Moyen.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de chevalier est expressément attesté par la notice institutionnelle. La date exacte d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Paul Batiment est nommé Compagnon à titre posthume par décret du 7 juillet 1945. Son fonds personnel 1 A 52 conserve le mémoire de proposition de 1944 et l’ampliation du décret datée du 9 juillet 1945.

Croix de guerre 1939-1945 avec trois citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de citations sont expressément attestés.

Médaille des Blessés. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément mentionnée dans la liste institutionnelle de ses distinctions.

Médaille coloniale avec agrafes « AFL », « Fezzan-Tripolitaine » et « Tunisie ». Source : Ordre de la Libération. La décoration et les trois agrafes sont précisément indiquées dans la notice institutionnelle.

Military Cross (Royaume-Uni). Source : Ordre de la Libération. Cette décoration britannique est expressément attestée. La date exacte de son attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources institutionnelles numériques consultées.

Lieux de mémoire

Strasbourg est son lieu de naissance et demeure étroitement associé à sa mémoire. Une rue de la ville porte son nom, rappelant le parcours de ce jeune Strasbourgeois qui refusa de retourner en Alsace après l’armistice et rejoignit la France libre.

Saint-Jean-de-Luz marque le début de son parcours de Français libre : c’est de ce port qu’il embarque le 21 juin 1940 pour la Grande-Bretagne. Brazzaville, Fort-Lamy, la Tunisie, la Tripolitaine, l’Algérie et le Maroc constituent les principales étapes africaines de son parcours militaire.

Rabat possède également une valeur documentaire particulière : une photographie du début d’avril 1944 conservée par le musée de l’Ordre de la Libération y montre Batiment avec Yves de Daruvar et Roger Podeur peu avant le départ du RMT vers la Grande-Bretagne.

Le pont de Sèvres est associé à son action du 25 août 1944 pendant la libération de Paris. Herbéviller est le lieu où il reçoit ses blessures mortelles le 1er novembre 1944 et Moyen celui où il meurt et où il est inhumé.

L’Ordre de la Libération conserve son fonds individuel 1 A 52, couvrant la période 1944-2007. Il contient notamment le mémoire de proposition à la Croix de la Libération, l’ampliation du décret du 7 juillet 1945, des fiches de renseignements, des correspondances, des notices biographiques ainsi que des documents relatifs à sa sépulture et aux hommages qui lui ont été rendus.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage de référence permettant de replacer Paul Batiment parmi les Compagnons et dans l’histoire générale de la France libre.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude consacrée aux Compagnons de la Libération et utile pour replacer le choix précoce de Batiment dans l’expérience collective des Français libres.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023, 1 600 p. Dictionnaire biographique de référence permettant de contrôler et de mettre en perspective les données individuelles relatives aux Compagnons.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice officielle de Paul Batiment. Source institutionnelle principale pour son état civil, son ralliement, ses affectations, ses campagnes, les combats de Paris et de Lorraine, sa mort et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/paul-batiment

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument de recherche identifiant le dossier individuel 1 A 52 et le dossier d’homologation SHD GR 16 P 37792. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Instrument de recherche confirmant Paul Batiment parmi les Compagnons ayant servi au Régiment de marche du Tchad. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Ordre de la Libération — Lettre d’information d’avril 2024 — Présentation d’une photographie prise à Rabat au début d’avril 1944 montrant Paul Batiment avec Yves de Daruvar et Roger Podeur. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-avril-2024

Musée de la Résistance en ligne — Paul Batiment, données issues de La Résistance des Alsaciens. Source complémentaire confirmant la naissance à Strasbourg, le départ sur le Batory, le ralliement aux FFL, l’appartenance à la 2e DB et au RMT ainsi que sa mort au combat. https://museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=4183

Voie de la 2e DB — Étude sur la libération de la Meurthe-et-Moselle par la 2e DB, apportant des précisions locales sur Moyen, son hôpital militaire, la mort de Paul Batiment et son inhumation. https://www.voiedela2edb.fr/wp-content/uploads/2023/06/Etude_La-Liberation-de-la-Meurthe-et-Moselle-par-la-2e-DB-Leclerc.pdf

Wikipédia — Paul Batiment. Source secondaire consultée pour confrontation, notamment pour l’existence d’une rue Paul-Batiment à Strasbourg ; les données biographiques ont été prioritairement établies à partir des sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Batiment

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 37792, BATIMENT Paul.

La cote est directement confirmée par l’instrument de recherche 1 A de l’Ordre de la Libération, qui recense les dossiers d’homologation des services de Résistance et associe explicitement GR 16 P 37792 à Paul Batiment.

Le dossier original GR 16 P 37792 n’a toutefois pas été matériellement dépouillé pièce par pièce pour la présente notice. La cote est donc établie avec certitude par l’instrument institutionnel, mais son contenu original ne doit pas être présenté comme directement consulté.

L’Ordre de la Libération conserve parallèlement le fonds 1 A 52, qui comprend le mémoire de proposition de 1944, l’ampliation du décret du 7 juillet 1945, des fiches de renseignements et des documents relatifs à la sépulture de Paul Batiment.

Observations

Les sources institutionnelles consultées concordent sur les éléments essentiels : naissance le 7 octobre 1920 à Strasbourg, embarquement à Saint-Jean-de-Luz le 21 juin 1940, ralliement aux FFL le 1er juillet, service au RTST puis au RMT, promotion au grade de lieutenant le 25 juin 1943 et blessures mortelles le 1er novembre 1944.

Une imprécision géographique apparaît cependant dans certaines sources secondaires, qui donnent Baccarat comme lieu de mort. L’Ordre de la Libération distingue plus précisément le lieu des combats et celui du décès : Batiment est mortellement blessé dans le secteur d’Herbéviller au cours de la bataille de Baccarat, puis transporté au poste médical de Moyen, où il meurt. L’étude locale de la 2e DB confirme cette séquence. Moyen est donc retenu comme lieu de décès.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes et complémentaires : Ordre de la Libération, Service historique de la Défense et Musée de la Résistance en ligne, complétés par la documentation historique de la 2e Division blindée. Le dossier d’homologation GR 16 P 37792 et le fonds individuel 1 A 52 sont précisément identifiés. Le parcours opérationnel de Paul Batiment est particulièrement bien établi par la notice institutionnelle et par les archives du Régiment de marche du Tchad. La seule imprécision notable rencontrée concerne la confusion, dans certaines sources secondaires, entre le secteur de Baccarat où il combat et Moyen, où il succombe effectivement à ses blessures.

Chronologie

DateÉvénement
7 octobre 1920Naissance à Strasbourg.
1939-1940Prépare le concours d’entrée à Saint-Cyr.
21 juin 1940Embarque à Saint-Jean-de-Luz sur le Batory pour l’Angleterre.
1er juillet 1940Rallie les Forces françaises libres.
1940-1941Sert au Bataillon de chasseurs et suit le peloton d’élèves aspirants à Camberley.
Juin 1941Envoyé en Afrique-Équatoriale française ; passe par Brazzaville puis Fort-Lamy.
1941-1943Sert au RTST, notamment à la 12e compagnie.
24 mars 1943Repousse à la grenade une attaque allemande contre son groupe de mortiers pendant la campagne de Tunisie.
25 juin 1943Promu lieutenant ; affecté au Régiment de marche du Tchad.
Début avril 1944Photographié à Rabat avec Yves de Daruvar et Roger Podeur pendant l’entraînement du RMT.
Avril 1944Le RMT rejoint la Grande-Bretagne.
1er août 1944Débarque en Normandie avec la 2e DB.
25 août 1944Se distingue au pont de Sèvres pendant la libération de Paris.
Automne 1944Participe à la campagne de Lorraine et à la bataille de Baccarat.
1er novembre 1944Mortellement blessé à Herbéviller ; meurt au poste médical de Moyen.
7 juillet 1945Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Sources consultées le 20 septembre 2026

Ordre de la Libération — Notice officielle de Paul Batiment, source principale pour son état civil, son ralliement à la France libre, ses affectations, ses campagnes, ses citations, sa mort et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/paul-batiment

Ordre de la Libération — Archives des Compagnons, lettre B — Instrument institutionnel utilisé pour identifier le dossier d’homologation GR 16 P 37792 et le fonds individuel 1 A 52. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — Archives des unités militaires — Contrôle de l’appartenance de Paul Batiment au Régiment de marche du Tchad. https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Ordre de la Libération — Lettre d’information d’avril 2024 — Photographie de Paul Batiment, Yves de Daruvar et Roger Podeur à Rabat au début d’avril 1944 et contextualisation du RMT avant son départ pour la Grande-Bretagne. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-avril-2024

Musée de la Résistance en ligne — Notice Paul Batiment issue de La Résistance des Alsaciens, utilisée comme source institutionnelle complémentaire pour le ralliement aux FFL et le parcours au sein de la 2e DB. https://museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=4183

Voie de la 2e DB — Étude sur la libération de la Meurthe-et-Moselle, utilisée pour préciser les circonstances locales de la mort de Paul Batiment et son inhumation à Moyen. https://www.voiedela2edb.fr/wp-content/uploads/2023/06/Etude_La-Liberation-de-la-Meurthe-et-Moselle-par-la-2e-DB-Leclerc.pdf

Wikipédia — Paul Batiment. Source secondaire consultée pour confrontation avec les données institutionnelles et pour la mention de la rue Paul-Batiment à Strasbourg. https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Batiment

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024