Louis BARIL, né le 16 mars 1896 à Nice (Alpes-Maritimes, France), mort le 7 mars 1943 à Beyrouth (Liban).
Louis Baril naît à Nice le 16 mars 1896. Il appartient à la génération mobilisée lors de la Première Guerre mondiale. Il s’engage dans l’armée française en août 1914 et sert successivement au 144e régiment d’infanterie, au 57e régiment d’infanterie puis au 14e bataillon de chasseurs à pied. Au cours du conflit, il se distingue au combat et obtient plusieurs citations. Il est promu sous-lieutenant puis lieutenant avant d’accéder au grade de capitaine à titre temporaire à la fin de la guerre.
Après l’armistice de 1918, il poursuit sa carrière militaire. Officier prometteur, il est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr puis à l’École supérieure de guerre. Ces formations le destinent aux fonctions d’état-major et aux services de renseignement. Dans l’entre-deux-guerres, il rejoint le Deuxième Bureau de l’état-major de l’armée, service chargé du renseignement militaire. Il y exerce des responsabilités croissantes, notamment dans l’analyse du réarmement allemand et de la situation stratégique en Europe.
Engagement dans la Résistance
Après la défaite de 1940 et l’armistice signé avec l’Allemagne, Louis Baril demeure au sein de l’armée d’armistice. En décembre 1940, il devient chef du Deuxième Bureau de l’état-major de l’armée. Dans le contexte du régime de Vichy, certaines structures officielles de renseignement continuent d’exister et servent parfois de couverture à des activités clandestines dirigées contre l’occupant.
Dans ce cadre, Louis Baril contribue au maintien d’un dispositif de renseignement permettant de surveiller l’activité allemande et de préserver les capacités d’analyse stratégique de l’armée française. Il entretient également des contacts avec plusieurs officiers et responsables qui s’engagent progressivement dans la Résistance.
Parmi ces contacts figure notamment Henri Frenay, officier qui deviendra le fondateur du mouvement de résistance Combat. Les échanges entre certains services de l’armée d’armistice et les premiers réseaux clandestins participent à la structuration de la Résistance intérieure.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Louis Baril n’appartient pas à un réseau de Résistance clandestin au sens habituel. Son action s’inscrit principalement dans le cadre des services de renseignement militaires de l’armée d’armistice, qui entretiennent des relations avec différents acteurs de la Résistance et participent à certaines activités de renseignement dirigées contre l’Allemagne.
Missions et actions
Avant la guerre déjà, Louis Baril se distingue par son travail d’analyse stratégique au sein du Deuxième Bureau. Ses rapports sur le réarmement allemand mettent en évidence l’ampleur de la montée en puissance militaire du Reich.
Après 1940, il contribue à maintenir une capacité de renseignement française malgré les contraintes imposées par l’armistice. Il coopère notamment avec les services de contre-espionnage dirigés par le colonel Paul Paillole, qui poursuivent leurs activités clandestines contre l’Axe sous couvert d’organismes administratifs.
En 1942, ses positions hostiles à la collaboration avec l’Allemagne et sa conviction que la guerre tournera à l’avantage des Alliés contribuent à le rendre suspect aux autorités vichystes les plus engagées dans la collaboration. Il est alors écarté de ses fonctions et muté vers l’Afrique du Nord.
Lors de l’opération Torch en novembre 1942, qui marque le débarquement allié en Afrique du Nord, il participe aux préparatifs et aux contacts entre officiers français favorables au ralliement des forces françaises aux Alliés.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources consultées ne mentionnent ni arrestation, ni internement, ni déportation concernant Louis Baril pendant la Seconde Guerre mondiale. Son parcours semble s’être déroulé principalement dans le cadre de ses fonctions de renseignement militaire au sein de l’armée française jusqu’à son décès en 1943. En l’absence de documents attestant d’un épisode d’arrestation ou de détention, aucun élément de ce type ne peut être retenu dans l’état actuel de la recherche.
Camarades de combat
Dans le cadre de ses fonctions au sein des services de renseignement, Louis Baril travaille notamment avec Paul Paillole, chef du contre-espionnage militaire français, ainsi qu’avec plusieurs officiers impliqués dans les structures clandestines du renseignement français et dans les préparatifs du ralliement de l’Afrique du Nord aux Alliés.
Retour à la vie civile
Cette rubrique n’est pas applicable, Louis Baril étant décédé en cours de guerre en 1943.
Décorations
Médaille de la Résistance française avec rosette, attribuée à titre posthume par décret du 31 mars 1947, parue au Journal officiel du 26 juillet 1947.
D’autres décorations militaires sont parfois mentionnées dans certaines sources relatives à sa carrière militaire, mais leur confirmation nécessiterait la consultation directe des décrets correspondants.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire portant le nom de Louis Baril (rue, monument, établissement scolaire ou plaque commémorative) n’a pu être identifié dans les sources consultées lors de cette recherche. Cette absence ne signifie pas nécessairement qu’aucun hommage local n’existe, mais aucun élément vérifié n’a été retrouvé dans les bases documentaires accessibles.
Références bibliographiques
Mes camarades sont morts, Pierre Nord, Éditions Amiot-Dumont, 1953. Cet ouvrage de l’écrivain et ancien officier de renseignement Pierre Nord évoque les activités des services de renseignement français et les réseaux clandestins pendant la Seconde Guerre mondiale. Il permet de replacer l’action de certains officiers du renseignement dans le contexte plus large de la lutte clandestine contre l’occupant.
Références internet
Wikipédia – Louis Baril Notice biographique retraçant la carrière militaire de Louis Baril, son rôle au sein du Deuxième Bureau et ses contacts avec les services de renseignement et certains acteurs de la Résistance.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Baril
FranceArchives – Fonds relatifs aux papiers du colonel Louis Baril
Présentation d’un ensemble documentaire consacré à l’activité de Louis Baril dans les services de renseignement militaires français.
https://francearchives.gouv.fr
Service historique de la Défense – archives du Deuxième Bureau
Description de fonds d’archives relatifs aux activités du renseignement militaire français pendant la Seconde Guerre mondiale.
https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Dossier d’homologation consulté
Oui — cote SHD : 1O2826
Observations La carrière de Louis Baril illustre le rôle complexe joué par certains officiers de l’armée d’armistice dans la période 1940-1942. Officier de renseignement, il agit dans un cadre officiel tout en maintenant des contacts avec des acteurs engagés dans la Résistance. Cette situation explique que son action se situe à la frontière entre structures militaires légales et initiatives clandestines dirigées contre l’occupant allemand.
Sources consultées le 6 mars 2026
Wikipédia – notice biographique Louis Baril
FranceArchives – fonds relatifs aux papiers du colonel Baril
Service historique de la Défense – documentation sur le Deuxième Bureau
ouvrages historiques consacrés aux services de renseignement français pendant la Seconde Guerre mondiale.