Jean-Albert BALDENSPERGER, né le 22 mai 1908 à Caluire-et-Cuire (Rhône), mort le 5 août 1984 à Nîmes (Gard)
Jean-Albert Baldensperger effectue son service et connaît la captivité au début du conflit, son nom apparaissant dans les listes de prisonniers de guerre publiées au Journal officiel.
Cet ancrage militaire précède son passage à l’action clandestine où il prend des responsabilités de coordination en zone Sud.
À partir de 1943-1944, Baldensperger rejoint les structures interalliées en lien avec le BCRA et les missions britanniques et américaines, et se voit confier des fonctions de coordination régionale au moment où s’organise l’appui aérien aux FFI.
Son rôle s’inscrit dans la préparation des parachutages et des liaisons radio entre les responsables régionaux et les bases alliées.
Il dirige, au titre français, la mission interalliée « Isotrope » et assure la relation opérationnelle avec les chefs FFI de la région R3 (Languedoc).
Les tableaux de synthèse des infiltrations établis à partir d’archives alliées le mentionnent explicitement comme « Isotrope », chef français de mission, et « adjoint du délégué militaire régional » pour les départements Lozère et Gard.
Au printemps-été 1944, la mission « Isotrope » contribue à structurer l’appui allié aux FFI R3, en particulier l’armement et les réceptions aériennes. Dans le Gard, sa décision d’appels aériens et de renforts pèse dans l’issue de la bataille de la Madeleine (commune de Tornac) où des unités allemandes se rendent après des combats ayant mobilisé FTP-MOI, CFL et gendarmes ralliés.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation de Jean-Albert Baldensperger n’a été trouvée pour 1944 dans les bases consultées ; son décès civil est enregistré à Nîmes en 1984.
Camarades de combat
Son noyau interallié comprend Denys Hamson (SOE), Georges Pezant (officier de l’Armée française clandestine) et l’opérateur radio Louis Berthou, qui opèrent ensemble sous l’égide d’« Isotrope » au sein d’une mission IAM (Inter-Allied Mission) parachutée en juin 1944.
Retour à la vie civile
Après la Libération locale et la réorganisation des FFI, Jean-Albert Baldensperger revient à la vie civile. Sa trace est attestée par les listes administratives de titulaires de décorations et l’état civil. Les archives ouvertes ne documentent pas à ce jour une carrière publique postérieure.
Décorations
- Médaille de la Résistance française attribuée par décret du 3 août 1946, publiée au Journal officiel du 13 octobre 1946 ; l’index nominatif secondaire confirme l’attribution.
- https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles?fulltext=BALDENSPERGER+&items_per_page=10#resultats-medailles
Nous n’avons trouvé aucune autre décoration sur les sites officiels.
Lieux de mémoire
Les mentions publiques de « mission Isotrope » figurent dans les notices et parcours mémoriels du Gard (Tornac), qui intègrent l’épisode de la bataille de la Madeleine dans l’histoire locale des combats de l’été 1944.
Aucune voie ou établissement portant le nom « Jean-Albert Baldensperger » n’a été identifié lors de cette vérification.
Références bibliographiques
- The Historical Dictionary of World War II France, Bertram M. Gordon (dir.), Greenwood Press, 1998. Ouvrage de synthèse sur l’Occupation, Vichy et la Résistance qui éclaire les structures FFI/DMR et les liens avec les missions interalliées en 1944 ; utile pour situer la fonction d’un chef de mission au sein de R3.
- We Fell Among Greeks, Denys Hamson, Jonathan Cape, 1946. Mémoire d’un officier SOE qui précise l’expérience des missions britanniques et les pratiques interalliées ; bien que centré sur la Grèce, il éclaire le profil et la méthode du partenaire britannique d’« Isotrope ».
- Hidden Ally, Arthur L. Funk, inédit en ligne (chapitre diffusé). Étude sur la coopération interalliée en France en 1944, avec détails sur les parachutages et équipes mixtes ; apporte des précisions sur la composition du noyau « Isotrope ».
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne. Notices « Tornac (Gard) – bataille de la Madeleine » mentionnant la « mission Isotrope » et le rôle du renfort aérien dans la reddition allemande ; contextualisation locale des opérations de l’été 1944. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media8171-Stle-commmorant-la-bataille-de-la-Madeleine-qui-barra-la-route-dAls-aux-Allemands-Tornac-Gard ; https://museedelaresistanceenligne.org/media8172-Aux-combattants-de-la-Libert-1944-Tornac-Gard Musée de la Résistance en Ligne+1
- Plan-Sussex / Infiltrations into France. Tableaux récapitulatifs des infiltrations et missions IAM, indiquant « Isotrope » (Jean-Albert Baldensperger) avec la composition de l’équipe et le rattachement R3. URL : https://www.plan-sussex-1944.net/anglais/infiltrations_into_france.pdf plan-sussex-1944.net
- EsiSto ire – tableaux des infiltrations. Versions annotées des mêmes tableaux, avec la mention de Baldensperger comme « Isotrope » et adjoint DMR R3 (Lozère & Gard). URL : https://www.esistoire.fr/pdf/fiche_produit/tableau%20des%20Infiltrations-67.pdf esistoire.fr
- Gallica (BnF), Journal officiel. Fascicule du 13 octobre 1946 publiant les décrets du 3 août 1946 concernant la Médaille de la Résistance. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9619973b
- Acte-décès.fr (extraits INSEE). Index d’état civil signalant « Albert Jean BALDENSPERGER » décédé le 5 août 1984 à Nîmes, né le 22 mai 1908 à Caluire-et-Cuire. URL : https://www.acte-deces.fr/recherche-deces-famille-baldensperger