Michel André ARNAUD, né le 27 novembre 1915 à Bourg-en-Bresse (Ain), mort le 1er août 1990 à Fréjus (Var), Français, officier de l’infanterie coloniale et des Forces françaises libres, général de corps d’armée, Compagnon de la Libération par décret du 7 juillet 1945.
Jeunesse et formation
Fils d’un pharmacien, Michel Arnaud effectue ses études au lycée Carnot de Dijon. Il choisit la carrière militaire et entre en 1935 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, dans la promotion « Maréchal Lyautey ». À sa sortie, il choisit l’infanterie coloniale.
Nommé sous-lieutenant, il est affecté au 41e Régiment d’infanterie coloniale. Il part pour l’Afrique équatoriale française en octobre 1938 et sert, à partir de mai 1939, au Tchad, dans les régions du Borkou et du Tibesti. Il est promu lieutenant en octobre 1939. En juin 1940, il se trouve à Faya-Largeau, au sein de la compagnie portée du Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST).
Engagement dans la Résistance
Quelques jours après l’appel du 18 juin 1940, Michel Arnaud prend connaissance des premiers communiqués de la France libre. Le 26 août 1940, il participe activement au ralliement du Tchad au général de Gaulle. Il s’inscrit ainsi dans la Résistance extérieure et dans les Forces françaises libres constituées autour du général de Gaulle.
Le Tchad devient alors l’une des bases essentielles des opérations conduites par le colonel Philippe Leclerc contre les forces italiennes de Libye. Michel Arnaud appartient à cette première génération de militaires d’Afrique équatoriale française ayant choisi de poursuivre la guerre.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Michel Arnaud n’appartient pas à un réseau clandestin de Résistance intérieure. Son engagement relève de la France libre et des Forces françaises libres.
L’Ordre de la Libération mentionne notamment son appartenance au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), à des états-majors de la France libre, puis au Régiment de marche du Tchad (RMT). Il sert également au sein du Groupement tactique L de la 2e Division blindée.
Missions et actions
Après le ralliement du Tchad, Michel Arnaud participe aux premières opérations menées par Leclerc contre les Italiens. Le 8 février 1941, à proximité de Koufra, sa position est attaquée par l’aviation ennemie. Il organise la riposte, mais est grièvement blessé au bras. Il est évacué vers l’hôpital de Yaoundé, au Cameroun, puis, en janvier 1942, vers l’hôpital Maurice-Rottier à Beyrouth.
Les séquelles de cette blessure l’empêchent temporairement de tenir un emploi de combat. En avril 1942, il devient à Beyrouth adjoint au chef du 2e Bureau de l’état-major du général Catroux, commandant les Forces françaises libres au Moyen-Orient. Promu capitaine en juin 1942, il devient chef du 2e Bureau d’octobre 1942 à août 1943. Ses fonctions portent donc directement sur le renseignement militaire.
Il rejoint ensuite Leclerc, qui constitue au Maroc la 2e Division blindée. Michel Arnaud est affecté au Groupement tactique L, comme chef du 2e Bureau. Pendant la campagne de Normandie, il fournit notamment, du 9 au 11 août 1944, un important travail de renseignement dans des circonstances difficiles. Plusieurs missions de liaison qu’il effectue contribuent également au succès de la prise de Cuissay le 12 août.
Après la libération de Paris, il poursuit ses fonctions de renseignement. Le 13 septembre 1944 à Ville-sur-Illon, il organise la défense du poste de commandement de son groupement, attaqué par des forces allemandes supérieures en nombre. Il demeure au Groupement tactique L jusqu’à la libération de Strasbourg.
Désireux de retrouver un commandement directement opérationnel, il obtient, le 1er décembre 1944, le commandement de la CA 2 du 2e Bataillon du Régiment de marche du Tchad. Il conserve cette fonction jusqu’à la fin de la campagne de Bavière en 1945.
Arrestation / évasion / déportation
Michel Arnaud n’a pas été arrêté, interné ou déporté au titre de son engagement dans la France libre.
L’événement physique majeur de son parcours de guerre est sa grave blessure au bras du 8 février 1941 près de Koufra, qui entraîne une longue période d’hospitalisation et laisse des séquelles.
Camarades de combat
La relation militaire la mieux établie est celle avec Philippe Leclerc de Hauteclocque. Michel Arnaud participe aux opérations organisées depuis le Tchad par Leclerc en 1940-1941, puis le rejoint à nouveau lorsque celui-ci constitue la 2e Division blindée au Maroc.
Il sert également sous l’autorité du général Georges Catroux au Moyen-Orient, comme adjoint puis chef du 2e Bureau de son état-major.
La documentation consultée permet d’identifier de nombreux autres Compagnons ayant appartenu à la 2e DB, au RMT ou aux forces du Tchad, mais l’appartenance à une même unité ne suffit pas à établir une relation personnelle. Aucun lien de camaraderie particulier supplémentaire n’est donc affirmé sans document explicite.
Retour à la vie civile
Michel Arnaud reste dans l’armée après 1945 et poursuit une carrière particulièrement longue. En 1946, il devient attaché militaire adjoint en Turquie, puis sert à la direction des troupes coloniales. De 1950 à 1952, devenu chef de bataillon, il commande le 2e Bataillon Thaï au Tonkin, pendant la guerre d’Indochine.
Après un nouveau séjour africain, il est admis à l’École supérieure de guerre en 1954. Il retourne ensuite au Tchad et devient lieutenant-colonel en 1958. Après deux années à l’état-major des forces alliées Centre-Europe, il sert au 66e RIMa en Algérie en 1961-1962, puis commande comme colonel le 21e RIMa de 1963 à 1965.
Commandant ensuite la 9e Brigade à Saint-Malo, il est promu général en octobre 1968. Il devient délégué militaire au Tchad en 1969, puis commande la 41e Division militaire de 1971 à 1973. Inspecteur du personnel des réserves de l’armée de Terre, il est élevé au rang de général de corps d’armée en 1974 et placé en deuxième section en novembre 1975.
Michel Arnaud meurt à Fréjus le 1er août 1990, à l’âge de 74 ans. Il est inhumé à Grenoble.
Décorations
Grand officier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. La dignité est expressément indiquée dans la liste institutionnelle des décorations de Michel Arnaud. La date du décret d’élévation n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.
Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Michel Arnaud est nommé Compagnon par décret du 7 juillet 1945. Son dossier personnel 1 A 29 conserve deux mémoires de proposition datés des 7 et 15 octobre 1944, le décret du 7 juillet 1945 et un reçu du diplôme daté du 19 juin 1965.
Croix de guerre 1939-1945 avec trois citations. Source : Ordre de la Libération. La notice institutionnelle atteste la décoration et précise trois citations.
Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration est recensée avec deux citations.
Croix de la Valeur militaire avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La notice institutionnelle précise deux citations.
Croix du combattant. Source : Ordre de la Libération. La décoration figure dans la liste institutionnelle de ses distinctions.
Médaille des Services volontaires dans la France libre. Source : Ordre de la Libération. Cette médaille est expressément recensée par la notice institutionnelle.
Médaille coloniale avec agrafe « Koufra ». Source : Ordre de la Libération. L’agrafe « Koufra » est expressément précisée dans la liste institutionnelle.
Médaille commémorative de la guerre 1939-1945. Source : Ordre de la Libération. La décoration est attestée par la notice institutionnelle.
Médaille commémorative de la campagne d’Indochine. Source : Ordre de la Libération. Cette décoration correspond à son service en Indochine, mais elle est retenue ici parce qu’elle est explicitement recensée par l’Ordre et non par déduction.
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord. Source : Ordre de la Libération. La notice institutionnelle la désigne sous la forme abrégée « Médaille Commémorative AFN ».
Officier du Nichan el-Anouar. Source : Ordre de la Libération. Cette distinction est expressément recensée. La date d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.
Officier de l’ordre de l’Étoile noire. Source : Ordre de la Libération. La notice de l’Ordre précise « Étoile Noire (Bénin) ». La date d’attribution n’a pas été retrouvée avec suffisamment de certitude.
Médaille des Blessés. Source : Ordre de la Libération. La décoration est explicitement recensée par la source institutionnelle ; elle n’est donc pas déduite de sa blessure de février 1941.
Lieux de mémoire
Michel Arnaud est inhumé à Grenoble. Le fonds individuel que conserve le musée de l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 29 constitue également un lieu documentaire essentiel pour sa mémoire. Il comprend notamment les documents relatifs à sa nomination dans l’Ordre, une copie de son état signalétique et des services, un questionnaire autobiographique, un entretien réalisé par Jérôme Camilly entre 1985 et 1990, des documents relatifs à son décès et les avis publiés dans Le Figaro les 3 et 4 août 1990.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023, 1 600 p.
Références internet
Ordre de la Libération — « Michel ARNAUD » — Source institutionnelle principale pour l’état civil, la formation à Saint-Cyr, le ralliement du Tchad, Koufra, le renseignement au Moyen-Orient, la 2e DB, le RMT, la carrière après-guerre, les décorations, le décès et la sépulture.
Consulter la notice Michel ARNAUD — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Permet de vérifier le dossier individuel 1 A 29, les mémoires de proposition, le décret du 7 juillet 1945 et surtout la cote du dossier d’homologation GR 16 P 17697.
Consulter l’instrument de recherche — lettre A (PDF)
Musée de la Résistance en ligne / SHD — inventaire GR 16 P, lettre A — Confirme ARNAUD, Michel André, né le 27 novembre 1915 à Bourg-en-Bresse, dossier GR 16 P 17697, homologué.
Consulter l’inventaire SHD GR 16 P — lettre A
Le Souvenir Français — Les 100 de 1941 — Source complémentaire consacrant une notice à Michel Arnaud et rappelant le ralliement du Tchad, Koufra, sa blessure et son service auprès de Leclerc.
Consulter Les 100 de 1941 — Le Souvenir Français (PDF)
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 17697, dossier de Michel André ARNAUD.
L’identification de la cote est particulièrement solide : l’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération donne explicitement « GR 16 P 17697, dossier de Michel Arnaud », tandis que l’inventaire nominatif diffusé par le MVR fournit le nom complet Michel André Arnaud, la date du 27 novembre 1915, Bourg-en-Bresse et la mention « Homologué ».
Le dossier original GR 16 P 17697 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour cette notice. Sa cote, son identité et son homologation ont été vérifiées dans les instruments de recherche disponibles en ligne.
Parallèlement, l’Ordre de la Libération conserve son dossier de Compagnon sous la cote 1 A 29. Ce dossier contient notamment les deux mémoires de proposition d’octobre 1944, le décret du 7 juillet 1945, le reçu du diplôme, des renseignements administratifs, une copie de l’état signalétique et des services provenant du SHD ainsi que des témoignages et documents relatifs à son décès.
Observations
L’identification de Michel Arnaud demande une attention particulière en raison de la fréquence du patronyme. Le dossier GR 16 P 17697 permet d’écarter les homonymes grâce à la concordance du nom complet Michel André Arnaud, de la date de naissance 27 novembre 1915 et du lieu Bourg-en-Bresse.
Une source secondaire anglophone donne à tort le 17 novembre 1915. Cette date n’est pas retenue : l’Ordre de la Libération, l’inventaire SHD/MVR et les données issues du fichier des personnes décédées concordent sur le 27 novembre 1915.
Aucune autre divergence substantielle n’a été relevée dans les sources institutionnelles utilisées.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Fiabilité excellente.
L’identité, le parcours de France libre, les opérations militaires, la carrière et les distinctions reposent principalement sur les archives et la notice de l’Ordre de la Libération. L’identité et l’homologation sont corroborées indépendamment par l’inventaire SHD GR 16 P diffusé par le Musée de la Résistance en ligne.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 27 novembre 1915 | Naissance à Bourg-en-Bresse. |
| 1935 | Entre à Saint-Cyr, promotion « Maréchal Lyautey ». |
| Octobre 1938 | Part pour l’Afrique équatoriale française avec l’infanterie coloniale. |
| Mai 1939 | Sert au Tchad, dans le Borkou et le Tibesti. |
| Octobre 1939 | Promu lieutenant. |
| Juin 1940 | Sert à Faya-Largeau au RTST. |
| 26 août 1940 | Participe au ralliement du Tchad au général de Gaulle. |
| 8 février 1941 | Grièvement blessé au bras près de Koufra lors d’une attaque aérienne. |
| Janvier 1942 | Hospitalisé à Beyrouth après son évacuation du Cameroun. |
| Avril 1942 | Adjoint au chef du 2e Bureau de l’état-major du général Catroux. |
| Juin 1942 | Promu capitaine. |
| Octobre 1942 – août 1943 | Chef du 2e Bureau au Moyen-Orient. |
| 1943 | Rejoint Leclerc et la 2e DB au Maroc ; chef du 2e Bureau du Groupement tactique L. |
| 9-12 août 1944 | Missions de renseignement et de liaison pendant la campagne de Normandie ; opérations autour de Cuissay. |
| 13 septembre 1944 | Organise la défense du PC à Ville-sur-Illon. |
| 1er décembre 1944 | Prend le commandement de la CA 2 du 2e Bataillon du RMT. |
| 1945 | Termine la guerre lors de la campagne de Bavière. |
| 7 juillet 1945 | Nommé Compagnon de la Libération. |
| 1946 | Attaché militaire adjoint en Turquie. |
| 1950-1952 | Commande le 2e Bataillon Thaï au Tonkin. |
| 1958 | Promu lieutenant-colonel. |
| 1961-1962 | Sert au 66e RIMa en Algérie. |
| 1963-1965 | Commande le 21e RIMa comme colonel. |
| Octobre 1968 | Promu général. |
| 1969 | Délégué militaire au Tchad. |
| 1971-1973 | Commande la 41e Division militaire. |
| 1974 | Promu général de corps d’armée. |
| Novembre 1975 | Placé en deuxième section. |
| 1er août 1990 | Décès à Fréjus ; inhumation à Grenoble. |
La chronologie repose principalement sur la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source | Donnée | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Date de naissance | Ordre de la Libération | 27 novembre 1915 | Retenue. |
| Date de naissance | SHD/MVR, GR 16 P 17697 | 27 novembre 1915 | Confirme la source institutionnelle. |
| Date de naissance | Wikipédia anglophone | 17 novembre 1915 | Non retenue ; isolée et contredite par les sources institutionnelles. |
Sources consultées le 19 septembre 2026
Ordre de la Libération — notice Michel ARNAUD : source institutionnelle principale de la biographie et des décorations.
Notice officielle de Michel ARNAUD
Ordre de la Libération — archives des Compagnons, lettre A : dossier 1 A 29, documents d’attribution de la Croix de la Libération et identification du dossier SHD GR 16 P 17697.
Instrument de recherche des archives — lettre A
Musée de la Résistance en ligne / SHD — GR 16 P, lettre A : contrôle de l’identité complète, de la naissance, de la cote GR 16 P 17697 et de l’homologation.
Inventaire nominatif GR 16 P — lettre A
Le Souvenir Français — Les 100 de 1941 : contrôle complémentaire du ralliement du Tchad, de Koufra et de la blessure de Michel Arnaud.
Les 100 de 1941 — Le Souvenir Français