Après la signature de la convention d’armistice du 22 juin 1940 entre la France et l’Allemagne nazie, le territoire français fut officiellement divisé en deux grandes zones : une zone occupée, au nord et à l’ouest, contrôlée militairement par l’Allemagne, et une zone dite libre, au sud, administrée par le gouvernement de Vichy.
Cette division, souvent simplifiée dans les récits historiques, ne rend cependant pas compte de la complexité réelle du morcellement territorial qu’a connu la France pendant la Seconde Guerre mondiale.
La zone occupée couvrait environ 60 % du territoire, incluant Paris et la quasi-totalité des côtes de la Manche et de l’Atlantique.
Elle était soumise à un strict contrôle militaire allemand, qui visait à sécuriser les ports, surveiller la population, exploiter les ressources économiques et prévenir toute tentative d’alliance ou de débarquement par les Alliés.
En revanche, la zone libre, située au sud, restait sous l’autorité du régime de Vichy dirigé par le maréchal Pétain.
Bien qu’elle ait conservé une certaine autonomie administrative, elle restait étroitement soumise à l’influence allemande.
Cette autonomie fut de courte durée, car à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, les troupes allemandes envahirent la zone libre en novembre 1942, abolissant de fait cette distinction.
Au-delà de ce découpage binaire, d’autres zones particulières complexifiaient encore davantage la situation territoriale.
L’Alsace et la Moselle, par exemple, furent annexées de fait par l’Allemagne, bien que cette annexion ne fût jamais reconnue officiellement sur le plan international.
Ces régions furent intégrées directement au Reich et soumises à une politique de germanisation brutale, allant jusqu’à l’enrôlement forcé des jeunes hommes alsaciens et mosellans dans l’armée allemande.
Par ailleurs, à partir de novembre 1942, l’Italie fasciste occupa une partie du sud-est de la France, incluant la Savoie, les Alpes-Maritimes et la Corse.
Cette occupation italienne, moins répressive que celle exercée par les Allemands, dura jusqu’à l’armistice signé par l’Italie avec les Alliés en septembre 1943.
Dès lors, ces territoires passèrent eux aussi sous contrôle allemand.
Enfin, certaines zones furent soumises à des régimes spéciaux.
La « zone interdite », le long de la frontière nord-est, fut quasiment vidée de ses habitants dans la perspective d’une éventuelle colonisation germanique.
La côte atlantique, de son côté, fut déclarée zone militaire restreinte, soumise à une surveillance constante et à d’importants travaux de fortification dans le cadre de la construction du mur de l’Atlantique.
Ainsi, loin d’une simple division en deux zones, la France fut en réalité soumise à une fragmentation territoriale complexe, marquée par des occupations multiples, des annexions de fait et une surveillance omniprésente.
Ce morcellement du territoire fut à la fois un outil de contrôle militaire et un reflet des ambitions idéologiques et stratégiques des puissances de l’Axe.
Soit,
1. Zone occupée allemande (Nord et Ouest)
- Environ 60 % du territoire.
- Incluait Paris.
- Contrôlée directement par les autorités militaires allemandes.
- Objectif : contrôler les côtes atlantiques, les ressources, et surveiller le reste de la France.
2. Zone libre (Sud)
- Contrôlée par le gouvernement de Vichy, dirigé par le maréchal Pétain.
- En théorie autonome, mais en pratique très influencée par l’Allemagne.
- Cette zone a cessé d’exister après l’invasion de la zone libre par les Allemands en novembre 1942 (opération Anton).
3. Alsace et Moselle (annexées de fait par l’Allemagne)
- Annexées de fait, bien que cette annexion n’ait pas été formellement reconnue.
- Intégrées directement au Reich allemand.
- Politique de germanisation intensive : suppression de la langue française, enrôlement forcé (Malgré-nous).
4. Zone d’occupation italienne
- À partir de novembre 1942, l’armée italienne occupe :
- Une partie du sud-est de la France (Alpes-Maritimes, Savoie, etc.)
- La Corse.
- Moins brutale que l’occupation allemande (notamment envers les Juifs).
- Disparaît après l’armistice italien en septembre 1943 ; ces zones sont alors prises par les Allemands.
5. Zones interdites ou spéciales
- Zone interdite : le long de la frontière nord-est (vers l’Allemagne), où la population française était restreinte voire expulsée.
- Zone réservée : envisagée pour une colonisation allemande, notamment en Franche-Comté.
- Zone côtière interdite : large bande littorale de l’Atlantique, très surveillée pour des raisons militaires (mur de l’Atlantique).