Robert Colbert ABRAHAM, né le 23 novembre 1921 à Dourdan (Seine-et-Oise, aujourd’hui Essonne), mort le 27 novembre 2004 à L’Huisserie (Mayenne), Français, militaire de carrière, colonel, Compagnon de la Libération.
Jeunesse et formation
Robert Abraham naît dans une famille de quatre enfants. Son père est employé de la SNCF. Avant son engagement militaire, il exerce le métier de mécanicien automobile.
Le 23 novembre 1939, jour de ses dix-huit ans, il s’engage pour la durée de la guerre dans les Chasseurs d’Afrique. Il participe à la campagne de France de 1940 comme sous-officier et chef de char. Son comportement au combat lui vaut alors sa première citation.
Après l’armistice, il est rapatrié au Levant avec son unité.
Engagement dans la Résistance
L’engagement résistant de Robert Abraham relève de la France libre. À Beyrouth, en septembre 1941, après la campagne de Syrie, il choisit de rejoindre les Forces françaises libres (FFL).
Il est affecté à la 1re Compagnie autonome de chars de combat des FFL (1re CACC) et participe à la campagne de Libye. En avril 1942, la compagnie gagne l’Égypte, où elle reçoit des chars britanniques Crusader.
Associée aux spahis de l’escadron Jourdier, la compagnie constitue ensuite la 1re Colonne volante des FFL, engagée aux côtés de la 8e Armée britannique dans le désert occidental.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Robert Abraham n’appartient pas, d’après les sources consultées, à un réseau clandestin de la Résistance intérieure. Son engagement relève des Forces françaises libres.
Ses principales unités documentées sont la 1re Compagnie autonome de chars de combat des FFL, la 1re Colonne volante des FFL, puis le 501e Régiment de chars de combat (501e RCC) de la 2e Division blindée (2e DB) du général Leclerc.
Missions et actions
Avec la 1re Colonne volante, Robert Abraham participe à la bataille d’El Alamein, du 23 octobre au 4 novembre 1942. Il y est blessé par des éclats d’obus.
Après une courte période de repos, son unité traverse la Cyrénaïque puis la Tripolitaine et entre en Tunisie en février 1943.
Les 6 et 7 mars 1943, pendant les combats de Médenine, la tourelle de son char est traversée par un projectile et son tireur est tué. Robert Abraham poursuit néanmoins le combat en prenant place dans le char d’un camarade blessé.
La compagnie est ensuite rattachée à la Force L du général Leclerc, avec laquelle elle combat du sud tunisien jusqu’à Kairouan et au djebel Zaghouan.
En juillet 1943, alors sergent-chef, Robert Abraham rejoint le 501e RCC, en cours de constitution au sein de la 2e DB. Après une période d’entraînement au Maroc, la division est transférée en Grande-Bretagne puis débarque en Normandie le 1er août 1944.
Les 12 et 13 août 1944, à la sortie d’Écouché, dans l’Orne, il détruit deux véhicules de reconnaissance allemands et inflige des pertes importantes à l’adversaire.
Le 23 novembre 1944, jour de ses vingt-trois ans, il se distingue de nouveau à Strasbourg. Bien que son char ne fonctionne plus que sur un moteur, il intervient au profit d’une unité alliée en difficulté et détruit un canon antichar de 88 mm ainsi que deux blockhaus.
Le 3 mai 1945, en Allemagne, il participe à l’enlèvement d’une position tenue par deux compagnies SS. Son action contribue à ouvrir une brèche dans le dispositif adverse et à la capture de plus de 600 prisonniers.
Robert Abraham termine la guerre avec le grade d’adjudant-chef, comme chef de section de chars.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, évasion ou déportation n’est signalée dans les sources institutionnelles consultées.
Robert Abraham est en revanche blessé à El Alamein en 1942 par des éclats d’obus. Il reprend ensuite le combat et poursuit les campagnes de Tunisie, de France et d’Allemagne.
Camarades de combat
Robert Abraham combat successivement avec les hommes de la 1re CACC, de la 1re Colonne volante, puis du 501e RCC.
La constitution de la Colonne volante le place notamment aux côtés des spahis de l’escadron Jourdier.
L’appartenance commune au régiment ne permet toutefois pas d’affirmer, sans documentation complémentaire, que Robert Abraham a personnellement combattu aux côtés de chacun de ces hommes.
Retour à la vie civile
Robert Abraham ne retourne pas immédiatement à la vie civile. Il choisit de poursuivre une carrière militaire.
Entre 1948 et 1960, il sert notamment à deux reprises en Indochine, ainsi qu’à Madagascar et en Algérie. Ces différentes campagnes lui valent quatre nouvelles citations.
Devenu officier, il termine sa carrière à l’état-major de la 11e Division parachutiste, comme adjoint au général commandant la division.
Il quitte le service actif en 1972, avec le grade de colonel.
Robert Abraham meurt le 27 novembre 2004 à L’Huisserie, dans la Mayenne, quatre jours après son quatre-vingt-troisième anniversaire.
Décorations
Les distinctions établies par l’Ordre de la Libération sont :
- Grand officier de la Légion d’honneur ;
- Compagnon de la Libération, décret du 17 novembre 1945 ;
- Médaille militaire ;
- Croix de guerre 1939-1945, avec 7 citations ;
- Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs, avec 1 citation ;
- Croix de la Valeur militaire, avec 3 citations ;
- Military Medal (Grande-Bretagne).
La dignité de grand officier de la Légion d’honneur est confirmée par le décret présidentiel du 19 mai 2004, publié au Journal officiel du 20 mai. Le texte identifie « Abraham (Robert, Colbert) », né le 23 novembre 1921, colonel, et précise qu’il était commandeur depuis le 13 juillet 1969.
L’instrument de recherche des archives de l’Ordre de la Libération indique également que le fonds Robert Abraham conserve des documents relatifs à ses citations et décorations.
Lieux de mémoire
Le musée de l’Ordre de la Libération conserve la mémoire documentaire et iconographique de Robert Abraham.
Une photographie publiée dans la lettre d’information de l’Ordre de la Libération de mai 2020 le représente notamment au début de l’année 1945 à Molsheim (Bas-Rhin), alors qu’il sert au 501e RCC de la 2e DB.
Son fonds conservé par l’Ordre de la Libération comprend également des documents relatifs à son décès et à sa sépulture. Les sources consultées ne permettent cependant pas d’établir avec une certitude suffisante le lieu exact de son inhumation ; celui-ci n’est donc pas affirmé.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023, 600 p.
Références internet
Ordre de la Libération, « Robert ABRAHAM » — Notice biographique institutionnelle constituant la source numérique principale pour son état civil, son engagement dans les FFL, son appartenance à la 1re CACC puis au 501e RCC, ses campagnes militaires, son parcours après 1945 et ses décorations.
Notice Robert ABRAHAM — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération, portail des Compagnons — Permet de contrôler son appartenance à l’Ordre de la Libération et sa nomination comme Compagnon par décret du 17 novembre 1945.
Recherche des Compagnons — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération, instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A — Inventaire archivistique permettant notamment d’identifier le fonds Robert Abraham, les documents relatifs à sa nomination, ses citations, ses décorations, son décès et sa sépulture ainsi que son dossier SHD GR 16 P 1986.
Instrument de recherche — Compagnons, lettre A (PDF)
Ordre de la Libération, instrument de recherche des unités militaires — Permet de contrôler l’appartenance de Robert Abraham au 501e RCC et d’identifier les autres Compagnons ayant appartenu à cette unité.
Instrument de recherche — unités militaires (PDF)
Ordre de la Libération, lettre d’information de mai 2020 — Publication comportant notamment une photographie de Robert Abraham à Molsheim au début de 1945, alors qu’il appartient au 501e RCC de la 2e DB.
Lettre d’information de mai 2020 — Ordre de la Libération
Légifrance, décret du 19 mai 2004 — Source officielle confirmant ses prénoms Robert Colbert, sa date de naissance, son grade de colonel, sa qualité de commandeur de la Légion d’honneur depuis le 13 juillet 1969 et son élévation à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.
Décret du 19 mai 2004 — Légifrance
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 1986, Robert Abraham.
L’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération identifie cette cote comme le dossier de Robert Abraham au sein des dossiers d’homologation des services de la Résistance conservés au Service historique de la Défense.
Le dossier original GR 16 P 1986 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour cette notice. Son existence, son attribution à Robert Abraham et sa cote ont été contrôlées à partir de l’instrument de recherche institutionnel. Il convient donc de distinguer la vérification de la cote de la consultation du dossier original.
Observations
L’identification de Robert Abraham est solidement établie par la concordance de plusieurs éléments : naissance le 23 novembre 1921 à Dourdan, appartenance à la 1re CACC puis au 501e RCC, nomination comme Compagnon de la Libération le 17 novembre 1945, poursuite d’une carrière militaire jusqu’au grade de colonel et dossier SHD GR 16 P 1986.
Une vigilance particulière reste nécessaire en raison de l’existence d’homonymes Robert Abraham dans les fonds relatifs à la Seconde Guerre mondiale. Aucun renseignement concernant un homonyme n’a été retenu sans concordance avec l’état civil et le parcours militaire du Compagnon étudié.
L’instrument de recherche du fonds Robert Abraham conservé par l’Ordre de la Libération mentionne notamment un mémoire de proposition du 20 juin 1945, l’ampliation du décret du 17 novembre 1945, un reçu du diplôme de la croix de la Libération daté du 11 mai 1965, des textes de citations ainsi que des pièces relatives à son décès et à sa sépulture.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A
Les éléments essentiels reposent sur plusieurs sources institutionnelles concordantes : Ordre de la Libération, instruments archivistiques de cet établissement, identification du dossier conservé au Service historique de la Défense et Journal officiel/Légifrance pour la Légion d’honneur.
Les épisodes opérationnels détaillés reposent principalement sur la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération. Ils ont été conservés sans extrapolation au-delà des informations données par cette source.
Chronologie
| Date | Événement |
| 23 novembre 1921 | Naissance à Dourdan (Seine-et-Oise, aujourd’hui Essonne). |
| 23 novembre 1939 | À dix-huit ans, engagement pour la durée de la guerre dans les Chasseurs d’Afrique. |
| 1940 | Campagne de France comme sous-officier et chef de char ; première citation. |
| Après l’armistice de 1940 | Rapatriement au Levant avec son unité. |
| Septembre 1941 | À Beyrouth, engagement dans les Forces françaises libres. |
| 1941-1942 | Affectation à la 1re CACC ; campagne de Libye. |
| Avril 1942 | Départ pour l’Égypte ; équipement en chars Crusader puis intégration à la 1re Colonne volante des FFL. |
| 23 octobre-4 novembre 1942 | Participation à la bataille d’El Alamein ; blessé par des éclats d’obus. |
| Février 1943 | Entrée en Tunisie après la traversée de la Cyrénaïque et de la Tripolitaine. |
| 6-7 mars 1943 | Combats de Médenine ; sa tourelle est traversée par un projectile et son tireur est tué. Il poursuit le combat dans le char d’un camarade blessé. |
| Printemps 1943 | Campagne de Tunisie avec la Force L du général Leclerc. |
| Juillet 1943 | Affectation, comme sergent-chef, au 501e RCC de la 2e DB. |
| 1943-1944 | Entraînement au Maroc puis transfert de la 2e DB en Grande-Bretagne. |
| 1er août 1944 | Débarquement en Normandie avec la 2e DB. |
| 12-13 août 1944 | Combats à la sortie d’Écouché ; destruction de deux véhicules de reconnaissance allemands. |
| 23 novembre 1944 | Combat à Strasbourg ; malgré l’avarie de son char, détruit un canon antichar de 88 mm et deux blockhaus. |
| Début 1945 | Présence documentée à Molsheim au sein du 501e RCC. |
| 3 mai 1945 | Combat en Allemagne contre une position tenue par deux compagnies SS ; son action contribue à la capture de plus de 600 prisonniers. |
| 1945 | Termine la guerre comme adjudant-chef, chef de section de chars. |
| 17 novembre 1945 | Nommé Compagnon de la Libération par décret. |
| 1948-1960 | Services notamment en Indochine, à Madagascar et en Algérie. |
| 13 juillet 1969 | Date de prise de rang comme commandeur de la Légion d’honneur, rappelée par le décret de 2004. |
| 1972 | Quitte le service actif avec le grade de colonel. |
| 19 mai 2004 | Élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur. |
| 27 novembre 2004 | Décès à L’Huisserie (Mayenne). |
Tableau des divergences entre sources
Aucune divergence substantielle entre les principales sources institutionnelles consultées ne nécessite l’établissement d’un tableau comparatif.
Les points demeurant insuffisamment documentés — notamment le lieu précis de sépulture — ont été laissés ouverts plutôt que complétés par déduction.
Sources consultées
Ordre de la Libération, notice « Robert ABRAHAM » : identité, état civil, jeunesse, engagement dans les FFL, 1re CACC, El Alamein, Médenine, Force L, 501e RCC, campagnes de France et d’Allemagne, carrière après 1945 et décorations.
Notice Robert ABRAHAM — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération, portail des Compagnons : contrôle de sa qualité de Compagnon de la Libération et du décret du 17 novembre 1945.
Recherche des Compagnons — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération, instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A : vérification du fonds Robert Abraham, des pièces relatives à sa nomination, à ses citations, à ses décorations, à son décès et à sa sépulture ainsi que de la cote SHD GR 16 P 1986.
Instrument de recherche — Compagnons, lettre A (PDF)
Ordre de la Libération, instrument de recherche des unités militaires : contrôle de l’appartenance de Robert Abraham au 501e RCC et des autres Compagnons rattachés à cette unité.
Instrument de recherche — unités militaires (PDF)
Ordre de la Libération, lettre d’information de mai 2020 : photographie de Robert Abraham à Molsheim au début de 1945, alors qu’il sert au 501e RCC de la 2e DB.
Lettre d’information de mai 2020 — Ordre de la Libération
Légifrance, décret du 19 mai 2004 : confirmation des prénoms Robert Colbert, de sa date de naissance, de son grade de colonel, de son rang de commandeur depuis le 13 juillet 1969 et de son élévation à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.
Décret du 19 mai 2004 — Légifrance