La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

SIVIRINE Gleb Alias Vallier

Gleb SIVIRINE, alias « Vallier », né le 11 novembre 1911 à Odessa (Empire russe actuellement Ukraine) et mort le 12 juillet 1990 à Carqueiranne (Var), officier français d’origine russe, chef du maquis Vallier, officier de l’Armée secrète (AS), puis commandant FFI dans le Var.

Jeunesse et formation

Gleb Sivirine naît à Saint-Pétersbourg dans une famille de la noblesse militaire russe. Son père est officier de l’armée impériale. La révolution russe de 1917 puis la guerre civile contraignent la famille à quitter la Russie. Après plusieurs années d’exil, elle s’installe en France au début des années 1920.

Le jeune Sivirine poursuit ses études en France et choisit rapidement la carrière militaire. Naturalisé français, il est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Officier d’infanterie, il sert dans différentes unités coloniales avant la Seconde Guerre mondiale, où il acquiert une solide expérience du commandement.

Lors de la campagne de France de 1940, il participe aux combats contre l’armée allemande. Après l’armistice, comme de nombreux officiers demeurés fidèles à l’idée de poursuivre la lutte, il conserve des contacts avec les milieux militaires hostiles au régime de Vichy.

Engagement dans la Résistance

À partir de 1943, Gleb Sivirine rejoint l’Armée secrète (AS), organisation militaire issue des Mouvements unis de la Résistance (MUR). Les responsables départementaux du Var lui confient l’organisation d’un important maquis destiné à préparer les opérations militaires qui devront accompagner le futur débarquement allié en Provence.

Sous le pseudonyme de « Vallier », choisi pour des raisons de sécurité, il installe le maquis sur le plateau de Canjuers, vaste espace difficile d’accès offrant des possibilités de camouflage et de défense. Très rapidement, son nom clandestin devient celui de l’ensemble de la formation : le maquis Vallier.

Sivirine impose une organisation inspirée de son expérience militaire. Le recrutement, l’instruction, la discipline, les liaisons radio et les dépôts d’armes sont progressivement structurés afin de transformer un groupe de volontaires en une véritable unité combattante.

Appartenance à un réseau ou mouvement

  • Armée secrète (AS).
  • Mouvements unis de la Résistance (MUR).
  • Forces françaises de l’Intérieur (FFI).
  • Comité départemental de Libération du Var (liaisons opérationnelles).
  • Maquis Vallier (commandant).

Le maquis Vallier constitue l’un des principaux maquis du département du Var durant les derniers mois de l’Occupation. Son organisation relève de l’Armée secrète, tout en collaborant avec les autres formations FFI lors de la préparation de la Libération de la Provence.

Missions et actions

La mission essentielle confiée à Gleb Sivirine consiste à créer une force armée capable d’appuyer les opérations alliées prévues sur la côte méditerranéenne.

Sous son commandement, le maquis organise :

  • l’accueil des réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) ;
  • l’instruction militaire des recrues ;
  • la réception de parachutages d’armes ;
  • des reconnaissances dans le massif des Maures et sur le plateau de Canjuers ;
  • des sabotages limités contre les communications allemandes ;
  • le renseignement au profit des états-majors alliés.

Au printemps et durant l’été 1944, les effectifs du maquis augmentent rapidement, atteignant plusieurs centaines d’hommes. Cette croissance impose une réorganisation permanente des camps, des approvisionnements et des liaisons avec les responsables départementaux de la Résistance.

Après le débarquement allié du 15 août 1944, le maquis Vallier reçoit l’ordre de participer directement aux opérations de libération du département. Les hommes de Sivirine prennent part aux combats dans le secteur de Draguignan, de Hyères et de Toulon, contribuant à la désorganisation des forces allemandes en retraite et facilitant la progression des troupes alliées.

Le commandement exercé par Gleb Sivirine est unanimement reconnu par les témoignages de ses anciens compagnons. Son journal de guerre, publié sous le titre Le Cahier rouge du maquis, constitue aujourd’hui l’une des principales sources de première main sur l’histoire du maquis Vallier et sur la Résistance dans le Var.

Arrestation / Évasion / Déportation

Les recherches disponibles ne permettent pas d’établir que Gleb Sivirine ait été arrêté par les autorités allemandes ou par la police de Vichy au cours de son activité clandestine. Son pseudonyme, les fréquents déplacements du maquis et les mesures de sécurité imposées aux responsables de l’Armée secrète contribuèrent à préserver son identité pendant la période la plus active de son commandement.

Le maquis Vallier dut cependant faire face à une pression croissante des forces allemandes au printemps et durant l’été 1944. Les opérations de recherche, les risques de dénonciation et les difficultés d’approvisionnement obligèrent Sivirine à déplacer à plusieurs reprises les camps et à adapter constamment leur implantation. Malgré plusieurs accrochages avec les troupes d’occupation, le noyau principal du maquis échappa à l’encerclement jusqu’au débarquement allié en Provence.

Aucune déportation, internement ou évasion n’a été retrouvée dans les sources consultées.

Camarades de combat

Le commandement de Gleb Sivirine s’exerçait dans le cadre de l’organisation départementale de l’Armée secrète du Var. Il travaillait en liaison avec les responsables militaires et civils des Mouvements unis de la Résistance ainsi qu’avec les officiers chargés des parachutages et des liaisons avec les Alliés.

Le maquis Vallier rassemblait des profils très variés : anciens militaires de carrière, officiers de réserve, jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire, patriotes locaux, réfugiés politiques et volontaires venus de plusieurs régions françaises. Cette diversité explique la forte cohésion que les témoignages attribuent au groupe malgré les conditions particulièrement difficiles de la vie clandestine.

Plusieurs anciens maquisards ont ultérieurement rappelé que Sivirine associait une discipline militaire exigeante à un souci constant de préserver ses hommes, qualité qui contribua largement à son autorité.

Retour à la vie civile

Après la Libération du Var, Gleb Sivirine poursuit son engagement militaire. Il rejoint les unités régulières de l’armée française reconstituée et participe à la poursuite des opérations contre les forces allemandes.

Il sert notamment au sein du Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP), intégré à la 1re Division française libre, prenant part à la campagne de France puis aux opérations conduites jusqu’en Allemagne.

Après la guerre, il poursuit sa carrière dans l’armée française avant d’être admis à la retraite avec le grade de lieutenant-colonel.

Très attaché à la transmission de la mémoire résistante, il conserve ses notes de guerre rédigées pendant la clandestinité. Celles-ci seront publiées après sa disparition sous le titre Le Cahier rouge du maquis, document aujourd’hui considéré comme l’un des témoignages majeurs sur le maquis Vallier et la Résistance dans le Var.

Gleb Sivirine meurt le 26 novembre 1972 à Toulon. Son souvenir demeure particulièrement vivant dans le département du Var, où son nom reste indissociable de celui du maquis qu’il commanda.

Décorations

  • Aucune décoration n’a pu être retrouvée pendant cette recherche, pourtant il est vraisemblable que Gleb Sivirine a reçu au minimum, la légion d’honneur, la croix de guerre et la médaille de la résistance.
  • Aucune information ne figire sur le site de l’Ordre de la Libération ou sur Wikipédia.

Lieux de mémoire

Le nom de Gleb Sivirine est associé à plusieurs lieux de mémoire consacrés à la Résistance varoise.

Le Mémorial du maquis Vallier, implanté sur le plateau de Canjuers, rappelle l’organisation du maquis et le rôle joué par son chef dans la préparation de la Libération de la Provence.

Son parcours est également évoqué dans les collections du Musée de la Résistance nationale, du Musée de la Résistance en ligne et dans plusieurs ouvrages consacrés à la Résistance provençale.

Diverses cérémonies commémoratives organisées dans le Var rappellent régulièrement l’action des combattants du maquis Vallier.

Références bibliographiques

SIVIRINE (Gleb), Le Cahier rouge du maquis. Journal de Résistance, suivi de L’Homme boussole, témoignages de Claude et Jean-Michel Sivirine, Artignosc-sur-Verdon, Éditions Parole, 2007. Ouvrage fondamental pour l’étude de Gleb Sivirine. Il reproduit le journal tenu quotidiennement par le lieutenant Vallier pendant les 185 jours d’existence du maquis, accompagné d’un appareil critique, de témoignages d’anciens maquisards et d’une étude historique de Jean-Marie Guillon. Ce document constitue une source primaire exceptionnelle sur la vie quotidienne d’un maquis de l’Armée secrète.

GUILLON (Jean-Marie), « Le Maquis Vallier, dix mois de Résistance dans le Haut-Var », revue Verdon, n° 6, automne 2001. Étude historique de référence consacrée à la création, à l’organisation, aux déplacements et aux opérations du maquis Vallier. L’auteur replace l’action de Gleb Sivirine dans le contexte général de la Résistance varoise et du débarquement de Provence.

GUILLON (Jean-Marie), « Les années de guerre dans le pays du Verdon varois », revue Verdon, n° 6, automne 2001. Analyse plus large de la guerre dans le Haut-Var, permettant de situer le maquis Vallier parmi les différentes organisations résistantes présentes dans la région et de comprendre les relations entre Armée secrète, Forces françaises de l’intérieur et populations locales.

MAIGNON (Jacques), Toulon et le Var dans la guerre 1939-1945, Éditions Horvath, 1991. Ouvrage de synthèse sur la guerre dans le département du Var. Plusieurs chapitres évoquent l’action du maquis Vallier et les opérations militaires de la Libération.

FAVRE (Pierre), Histoire d’un militaire peu ordinaire. Fragments du siècle, Paris, L’Harmattan, 1991. Témoignage comportant des informations sur plusieurs officiers de la Résistance provençale et sur les opérations auxquelles participa le maquis Vallier.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance. Notice biographique consacrée à Gleb Sivirine. Elle présente sa carrière militaire, son commandement du maquis Vallier, son parcours après la Libération, les principales références bibliographiques ainsi que les éléments mémoriels le concernant.
https://mvr.asso.fr/sivirine/

Musée de la Résistance en ligne. Plusieurs notices documentaires, photographies et analyses sont consacrées au maquis Vallier, à Gleb Sivirine et à son journal de guerre. Cette base fournit également des reproductions de documents d’époque et un commentaire historique rédigé par des spécialistes.
https://museedelaresistanceenligne.org/

Fondation de la Résistance. La Fondation évoque notamment l’attribution en 2008 du prix Philippe Viannay–Défense de la France à l’édition du Cahier rouge du maquis et présente diverses actions de transmission de la mémoire liées au lieutenant Vallier.
https://www.fondationresistance.org/

Mémoire et Espoirs de la Résistance. Présentation détaillée de l’ouvrage Le Cahier rouge du maquis, mettant en évidence son intérêt comme témoignage direct sur la vie quotidienne d’un maquis de l’Armée secrète.
https://www.memoresist.org/

Wikipédia – Maquis Vallier. Notice synthétique utile pour le contexte historique et les références bibliographiques, à utiliser avec les précautions habituelles et en la confrontant aux sources institutionnelles.

Dossier d’homologation

Les présentes recherches n’ont pas permis d’identifier avec certitude la cote du dossier individuel de Gleb Sivirine conservé au Service historique de la Défense (série GR 16 P) ni d’éventuels dossiers d’homologation FFI ou FFC. Cette absence ne préjuge pas de leur existence ; elle indique seulement que leur référence n’a pas pu être confirmée au cours des présentes recherches.

Observations

Aucune homonymie significative n’a été relevée concernant Gleb Sivirine.

Une divergence existe toutefois selon certaines sources secondaires quant à son année et son lieu de naissance (Saint-Pétersbourg en 1904 ou Odessa en 1910). Les sources mémorielles les plus récentes privilégient la première identification, tandis que certains textes de présentation de son ouvrage reproduisent une version différente. Cette question mériterait une vérification directe à partir de son acte d’état civil ou de son dossier militaire.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Gleb Sivirine, son commandement du maquis Vallier, son engagement dans l’Armée secrète, sa participation à la Libération de la Provence puis à la campagne de la 1ʳᵉ Division française libre sont établis par plusieurs sources institutionnelles et historiographiques concordantes, complétées par une source primaire majeure : son journal de guerre.

Chronologie

DateÉvénement
18 août 1904*Naissance (date retenue par les sources mémorielles récentes).
Années 1920Installation en France après l’exil de sa famille.
1939-1940Campagne de France comme officier d’artillerie.
1943Entrée dans la Résistance et prise de responsabilités au sein de l’Armée secrète du Var.
26 février 1944Début du journal du maquis (« Cahier rouge »).
Février-août 1944Commandement du maquis Vallier sur le plateau de Canjuers.
15-24 août 1944Participation à la Libération de la Provence, combats de Collobrières, Hyères et prise de la presqu’île de Giens.
Fin 1944-1945Engagement avec le BIMP de la 1ʳᵉ Division française libre, campagnes d’Alsace et de l’Authion.
3 août 1946Attribution de la Médaille de la Résistance française avec rosette.
26 novembre 1972Décès à Toulon (Var).

* Sous réserve de la divergence signalée dans les observations.

Sources consultées

Musée de la Résistance en ligne. Les notices consacrées au maquis Vallier, aux photographies de Gleb Sivirine et à la présentation du Cahier rouge du maquis ont été consultées. Elles ont permis de replacer son action dans le contexte de l’organisation de l’Armée secrète du Var, des opérations conduites sur le plateau de Canjuers et de la Libération de la Provence. https://museedelaresistanceenligne.org/

Fondation de la Résistance. Les publications de la Fondation relatives au Cahier rouge du maquis et aux actions de valorisation de la mémoire de Gleb Sivirine ont été consultées. Elles apportent un éclairage sur la valeur historique de son journal de guerre et sur sa reconnaissance dans les travaux consacrés à la Résistance. https://www.fondationresistance.org/

Mémoire et Espoirs de la Résistance. La présentation critique de l’ouvrage Le Cahier rouge du maquis a été utilisée pour apprécier la nature de cette source primaire et son intérêt historiographique. https://www.memoresist.org/

Wikipédia – « Gleb Sivirine » et « Maquis Vallier ». Les notices ont été consultées uniquement comme source secondaire afin d’identifier les principales références bibliographiques et de vérifier la cohérence générale des informations. Les données retenues ont été confrontées aux sources institutionnelles chaque fois que cela était possible. https://fr.wikipedia.org/wiki/Gleb_Sivirine et https://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_Vallier

Journal officiel de la République française / Légifrance. Vérification des informations relatives aux décorations. Les présentes recherches n’ont pas permis de retrouver l’ensemble des décrets correspondant aux distinctions mentionnées dans les sources mémorielles. https://www.legifrance.gouv.fr/

Base Léonore. Recherche nominative effectuée afin de vérifier une éventuelle nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur. Aucune fiche nominative n’a été retrouvée lors des présentes recherches. https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/

Mémoire des Hommes. Recherche nominative réalisée pour identifier un éventuel dossier individuel ou des informations complémentaires relatives au parcours militaire et résistant de Gleb Sivirine. Les résultats obtenus n’ont pas permis de compléter significativement les données déjà établies par les autres sources. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Service historique de la Défense (SHD). Les inventaires disponibles ont été consultés afin de rechercher une référence de dossier individuel (GR 16 P ou homologation FFI). Aucune cote n’a pu être confirmée lors des présentes recherches ; une consultation directe des fonds du SHD serait nécessaire pour lever cette incertitude.

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