La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CRIVELLI Roger

Roger Robert CRIVELLI, né le 25 novembre 1918 à Lavoncourt (Haute-Saône), mort les 4 ou 5 juin 1943 à Roanne (Loire), Français, maçon puis cimentier, résistant du mouvement Franc-Tireur, membre des groupes francs de Roanne, spécialiste des sabotages, sous-lieutenant des Forces françaises de l’intérieur à titre posthume, Compagnon de la Libération à titre posthume.

Origines familiales et jeunesse

Roger Robert Crivelli naît le 25 novembre 1918 à Lavoncourt, commune de Haute-Saône située dans le canton de Dampierre-sur-Salon.

Il est le fils de Giacomo Battista CRIVELLI, maçon d’origine italienne, et de Marie Jeanne Joséphine FERRAND.

L’historien Claude Latta précise que son père est âgé de trente-cinq ans et sa mère de vingt-six ans lors de sa naissance.

La famille appartient au milieu des artisans et des ouvriers du bâtiment.

Roger Crivelli fréquente l’école communale de Lavoncourt.

À sa sortie de l’école, il commence à travailler auprès de son père.

Il apprend le métier de maçon, activité qui exige une bonne connaissance des matériaux de construction et de leur mise en œuvre.

Cette formation professionnelle constituera son principal moyen de subsistance pendant les années précédant la Seconde Guerre mondiale.

Les renseignements disponibles sur son enfance demeurent limités.

Il est toutefois établi qu’il a une sœur, Jacqueline CRIVELLI, qui jouera un rôle important dans les cérémonies organisées après sa mort.

Les documents familiaux et les archives de l’Ordre de la Libération pourraient permettre de préciser davantage son environnement personnel.

Mobilisation de septembre 1939

Lorsque la France entre en guerre contre l’Allemagne en septembre 1939, Roger Crivelli est mobilisé.

Il est alors âgé de vingt ans.

Les sources institutionnelles confirment sa mobilisation, mais ne précisent pas son régiment, son grade ni son lieu d’incorporation.

Elles ne permettent pas davantage de lui attribuer une participation à une bataille particulière pendant la campagne de France.

L’absence de ces précisions ne signifie pas qu’il soit demeuré inactif.

Elle résulte simplement de l’insuffisance des renseignements militaires directement accessibles.

Sa présence dans l’armée française est cependant établie jusqu’à la défaite de juin 1940.

La défaite française — Juin 1940

L’offensive allemande du 10 mai 1940 entraîne l’effondrement progressif du dispositif militaire français.

Au cours du mois de juin, les unités françaises se replient vers le sud.

Roger Crivelli est entraîné dans ces déplacements.

La progression ennemie l’oblige à gagner Toulouse.

Il y demeure environ un mois.

Les sources consultées ne précisent pas les conditions exactes dans lesquelles il quitte l’armée.

Il n’est donc pas possible de déterminer s’il est officiellement démobilisé à Toulouse ou s’il rejoint directement la vie civile à la faveur de la désorganisation générale.

Après son séjour dans le Sud-Ouest, il se dirige vers la région lyonnaise.

Installation à Villefranche-sur-Saône — 1940

Roger Crivelli s’installe à Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône.

Il y travaille comme maçon.

La ville se trouve alors dans la zone non occupée, jusqu’à l’invasion allemande de novembre 1942.

La région lyonnaise devient progressivement l’un des principaux centres de développement de la Résistance intérieure.

Plusieurs groupes clandestins se constituent.

Ils réunissent des hommes et des femmes qui refusent l’armistice, l’autorité du gouvernement de Vichy et la perspective d’une domination allemande durable.

Roger Crivelli entre en relation avec des résistants locaux.

Il participe aux premières activités clandestines.

Premiers engagements résistants à Villefranche-sur-Saône

Les sources officielles indiquent que Roger Crivelli appartient déjà à un groupe de Résistance lorsqu’il réside à Villefranche-sur-Saône.

L’étude historique de Claude Latta confirme cet engagement.

La date exacte de son entrée dans ce premier groupe n’a pas été établie.

Il convient également de distinguer cette première participation clandestine de son adhésion ultérieure au mouvement Franc-Tireur à Roanne.

Les informations disponibles ne permettent pas de reconstituer toutes les actions qu’il accomplit pendant son séjour à Villefranche.

Son engagement précoce montre néanmoins qu’il n’attend pas les grandes mobilisations de 1943 ou 1944 pour participer à la lutte contre l’occupant.

Il rejoint la Résistance à une époque où les organisations clandestines disposent encore de moyens matériels très limités.

Installation à Roanne — Début 1942

Au début de l’année 1942, Roger Crivelli quitte Villefranche-sur-Saône pour s’installer à Roanne, dans la Loire.

Il trouve un emploi de cimentier à l’usine France-Rayonne.

Cette entreprise produit de la fibranne, fibre textile artificielle utilisée notamment comme substitut aux fibres naturelles.

La guerre perturbe fortement les approvisionnements allemands en coton et en laine.

Les productions textiles artificielles présentent donc un intérêt économique pour l’industrie allemande.

L’usine France-Rayonne participe à une production susceptible d’être utilisée pour l’équipement des forces allemandes.

Elle constitue, pour les résistants, un objectif de sabotage important.

Roger Crivelli travaille dans cet établissement tout en développant ses activités clandestines.

Sa présence à l’intérieur de l’usine lui permet d’en connaître les installations et les procédés de fabrication.

Cette connaissance du terrain facilitera plusieurs opérations ultérieures.

Adhésion au mouvement Franc-Tireur

À Roanne, Roger Crivelli rejoint le mouvement Franc-Tireur.

Cette organisation clandestine s’est développée à partir de Lyon.

Elle compte notamment parmi ses fondateurs Jean-Pierre Lévy et Antoine Avinin.

Franc-Tireur appartient aux principaux mouvements de Résistance de la zone sud.

Ses activités comprennent la diffusion de journaux clandestins, l’organisation de groupes résistants et la préparation de l’action armée.

À Roanne, un groupe Franc-Tireur se constitue notamment autour de Pierre Bernheim.

Roger Crivelli rejoint les militants les plus actifs.

Son engagement évolue progressivement.

Il commence par participer à des actions de propagande.

Il devient ensuite l’un des spécialistes des opérations de sabotage.

Diffusion de journaux clandestins et de tracts

Pendant les premiers mois de son activité au sein de Franc-Tireur, Roger Crivelli participe à la diffusion de publications clandestines.

Les journaux et tracts constituent alors des instruments essentiels de la Résistance.

Ils permettent de contester la propagande officielle, de faire connaître les informations provenant des Alliés et d’encourager les Français à refuser la collaboration.

Leur distribution présente des risques importants.

Les services de police français surveillent les lieux de diffusion.

Les autorités allemandes cherchent également à identifier les réseaux de propagande.

La possession de documents clandestins peut entraîner une arrestation.

Roger Crivelli participe à cette activité avant de se tourner davantage vers les opérations directes.

Formation au maniement des armes et des explosifs — Septembre 1942

En septembre 1942, Roger Crivelli reçoit une formation au maniement des armes et des explosifs.

Cette instruction marque une nouvelle étape dans son engagement.

Les groupes francs de la Résistance cherchent alors à développer les opérations de sabotage.

Leurs moyens demeurent cependant limités.

Les explosifs sont difficiles à obtenir.

Les résistants doivent apprendre à préparer des dispositifs permettant d’endommager les installations industrielles et les moyens de transport.

La clandestinité impose également une grande discrétion.

La préparation des opérations doit être effectuée dans des lieux sûrs, avec des hommes capables de conserver le secret.

Roger Crivelli acquiert rapidement une expérience importante dans ce domaine.

Première opération de sabotage — Nuit du 2 au 3 octobre 1942

Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1942, Roger Crivelli participe à une opération contre le bureau de placement allemand de Roanne.

Ce service intervient dans l’organisation de la main-d’œuvre destinée à l’économie allemande.

Avec plusieurs camarades, il pénètre dans les installations visées.

Deux bombes sont placées dans le bâtiment.

L’opération ne produit cependant pas les résultats attendus.

Les engins sont découverts avant leur explosion.

Ils sont neutralisés.

Cette tentative constitue néanmoins la première opération de sabotage précisément datée à laquelle Roger Crivelli participe.

Elle annonce une intensification de ses activités clandestines.

Développement des groupes francs de Roanne

Après octobre 1942, Roger Crivelli participe à des opérations de plus en plus nombreuses.

Il agit notamment avec Victor VUILLEMIN, autre membre de la Résistance roannaise.

Les deux hommes entretiennent des relations étroites.

Ils participent à plusieurs actions clandestines et se retrouvent ensemble lors des événements tragiques de juin 1943.

Le groupe auquel appartient Crivelli développe des activités de sabotage contre les installations industrielles et les moyens de transport utilisés par l’occupant.

Les opérations sont préparées avec l’aide de plusieurs résistants locaux.

Elles nécessitent des renseignements précis, une coordination rigoureuse et des itinéraires permettant aux participants d’échapper rapidement aux recherches.

Participation à des parachutages — 22 novembre 1942

Le 22 novembre 1942, Roger Crivelli participe à deux opérations de parachutage.

L’une d’elles se déroule dans le secteur de Saint-Romain-la-Motte, près de Roanne.

Les parachutages permettent de recevoir des armes, des explosifs et du matériel destinés aux organisations clandestines.

Ils constituent un élément important du développement des groupes francs.

La réception du matériel présente plusieurs difficultés.

Il faut repérer les zones de largage, organiser la récupération rapide des conteneurs et dissimuler leur contenu.

Les participants risquent d’être surpris par les patrouilles allemandes ou françaises.

Roger Crivelli contribue à ces opérations.

La documentation disponible confirme sa participation, mais ne permet pas d’établir précisément la nature et la quantité du matériel reçu.

Préparation du sabotage de France-Rayonne

À la fin de 1942, les responsables de Franc-Tireur décident de ralentir la production de l’usine France-Rayonne.

L’objectif consiste à perturber une activité industrielle susceptible de contribuer à l’effort de guerre allemand.

Une équipe de sabotage est constituée.

Elle comprend notamment Gilbert MUS, spécialiste des techniques de sabotage, Gérard HENNEBERT, ingénieur aéronautique, ainsi que plusieurs résistants locaux.

Roger Crivelli participe à ce groupe.

Son emploi dans l’usine présente un avantage important.

Il connaît les bâtiments et certaines installations techniques.

La préparation de l’opération nécessite de choisir des objectifs dont la destruction pourra interrompre durablement la production.

Les résistants privilégient notamment les infrastructures indispensables au fonctionnement de l’établissement.

Sabotage de France-Rayonne — 28 décembre 1942

Le 28 décembre 1942, le groupe Franc-Tireur mène une opération importante contre l’usine France-Rayonne.

L’équipe agit sous la direction de Gérard Hennebert, alias Frit B.

Les résistants attaquent les installations d’alimentation en eau de l’usine.

La conduite principale, qui traverse le canal et alimente l’établissement depuis la Loire, est détruite.

La station de pompage est également endommagée.

Cette opération perturbe considérablement le fonctionnement de l’usine.

Selon l’étude de Claude Latta, la production est compromise pendant plusieurs semaines.

Le sabotage constitue un succès important pour la Résistance roannaise.

Il démontre la capacité d’un groupe relativement réduit à provoquer des conséquences industrielles significatives.

Nouveaux sabotages à France-Rayonne — Début 1943

Au début de 1943, Roger Crivelli participe à de nouvelles opérations contre France-Rayonne.

Il place notamment une bombe dans un séchoir de l’usine.

L’explosion détruit l’installation.

Elle provoque également l’incendie de réserves de fibranne.

D’autres actions visent les cuves utilisées dans les procédés de fabrication.

La dégradation de ces équipements contribue à perturber l’activité industrielle.

Les opérations se succèdent dans un contexte de surveillance croissante.

Les responsables de l’usine et les autorités cherchent à identifier les auteurs des sabotages.

Roger Crivelli continue cependant à participer aux actions clandestines.

Action contre un établissement collaborationniste — Février 1943

En février 1943, Roger Crivelli participe à une opération contre le café La Pipe, situé à Roanne.

L’établissement est tenu par un homme présenté dans l’étude de Claude Latta comme appartenant au Parti populaire français de Jacques Doriot.

Le groupe résistant considère cet établissement comme un lieu associé à la collaboration.

Une bombe est placée contre sa devanture.

L’explosion provoque des dégâts matériels.

Cette opération appartient à une autre catégorie d’actions clandestines.

Elle ne vise plus directement les moyens économiques de l’occupant, mais un établissement identifié par les résistants comme lié à la collaboration.

Les sources consultées ne permettent pas d’établir l’existence de victimes lors de cette action.

Préparation du sabotage ferroviaire de mars 1943

Au printemps 1943, les groupes Franc-Tireur de Roanne cherchent à attaquer les transports de matériel militaire destinés à l’Allemagne.

Le réseau ferroviaire constitue un objectif important.

Les trains permettent d’acheminer des véhicules, des équipements et des approvisionnements vers les territoires contrôlés par les forces allemandes.

Les résistants disposent de renseignements provenant d’employés de la SNCF.

L’un d’eux, BOISEROLLES, avertit le groupe de l’arrivée prochaine d’un convoi chargé de véhicules militaires neufs.

L’information est transmise à Marcel GALLET.

Elle permet de préparer une opération contre le train pendant son stationnement en gare de Roanne.

La préparation associe plusieurs membres du groupe.

Sabotage du train militaire — Nuit du 27 au 28 mars 1943

Dans la nuit du 27 au 28 mars 1943, Roger Crivelli participe à une importante opération de sabotage ferroviaire.

Le train visé transporte des véhicules militaires destinés à l’Allemagne.

Il stationne en gare de Roanne.

Des sentinelles allemandes assurent sa surveillance.

Les résistants préparent des charges explosives.

Selon l’étude de Claude Latta, Georges DENVIOLET contribue à leur fabrication au domicile de Marcel Gallet.

Roger Crivelli participe à la mise en place des explosifs.

Vingt-quatre charges sont disposées sur les véhicules.

Les explosions commencent vers 22 h 30.

Elles se prolongent à intervalles successifs jusqu’au lendemain matin.

L’opération endommage les véhicules transportés.

Elle constitue l’une des actions les plus spectaculaires du groupe Franc-Tireur de Roanne.

Elle démontre également l’importance de la coopération entre résistants et cheminots.

Première arrestation — Mars 1943

À la suite des sabotages, Roger Crivelli attire l’attention des services de police.

Il est soupçonné de participer aux opérations clandestines.

En mars 1943, la police française procède à son arrestation.

Il est interrogé.

Il refuse de révéler des renseignements sur ses activités et ses camarades.

Aucun élément décisif ne permet d’établir sa participation aux sabotages.

Il est remis en liberté après environ douze heures de détention.

Cette arrestation montre cependant que son identité est désormais connue des autorités policières.

Il continue malgré cela ses activités clandestines.

Cette décision accroît les risques auxquels il s’expose.

Action patriotique du 1er mai 1943

Le 1er mai 1943, Roger Crivelli réalise une opération symbolique particulièrement audacieuse.

Vers trois heures du matin, il escalade la grande cheminée de l’usine France-Rayonne.

Il atteint son sommet.

Il y installe un drapeau français portant une grande croix de Lorraine.

Cette action possède une forte dimension politique.

La croix de Lorraine constitue le symbole de la France libre.

Le drapeau placé au sommet de la cheminée est visible depuis les environs de l’usine.

L’opération manifeste publiquement l’existence d’une Résistance active.

Elle témoigne également du courage physique de Roger Crivelli.

L’escalade d’une cheminée industrielle élevée, de nuit et dans des conditions clandestines, présente des risques importants.

Cette intervention contribue à renforcer sa réputation parmi les résistants de Roanne.

Attentat d’Iguerande — Printemps 1943

Au printemps 1943, Roger Crivelli participe avec deux camarades à une opération à Iguerande, dans le département de Saône-et-Loire.

L’un des participants est arrêté quelques jours plus tard.

Cette arrestation fait peser de nouveaux risques sur le groupe.

Les responsables clandestins craignent que les interrogatoires permettent aux services allemands de découvrir l’identité des autres participants.

Le supérieur de Roger Crivelli lui recommande alors de changer de domicile.

Il lui conseille de prendre des précautions supplémentaires.

Roger Crivelli refuse de quitter son logement.

Cette décision aura des conséquences tragiques.

Les sources consultées ne permettent pas d’établir les raisons exactes de ce refus.

Il convient donc d’éviter toute interprétation psychologique non documentée.

Le domicile du 3, rue de l’Agriculture

À Roanne, Roger Crivelli réside au 3, rue de l’Agriculture.

Cette adresse est confirmée par les recherches historiques locales.

Le logement constitue l’un de ses lieux de résidence pendant ses activités clandestines.

Il s’y trouve avec Victor Vuillemin lorsque les agents allemands interviennent.

Les circonstances exactes dans lesquelles les autorités allemandes parviennent à identifier ce domicile ont fait l’objet de recherches historiques.

Plusieurs récits évoquent une dénonciation.

L’identité et le rôle éventuel d’un informateur ne peuvent cependant pas être considérés comme définitivement établis à partir des seules sources directement consultées.

La localisation précise du logement est importante.

Elle permet de comprendre les événements de juin 1943 et les commémorations ultérieures.

L’intervention allemande — Nuit du 4 au 5 juin 1943

Dans la nuit du 4 au 5 juin 1943, des agents allemands interviennent au domicile de Roger Crivelli.

L’opération est conduite par des responsables des services de sécurité allemands venus notamment de Chalon-sur-Saône.

Les agents cherchent à arrêter les résistants présents.

Roger Crivelli et Victor Vuillemin se trouvent dans le logement.

Lorsque les Allemands pénètrent dans la chambre, Roger Crivelli ouvre le feu avec son revolver.

Il atteint mortellement le chef du détachement.

Un deuxième officier allemand est également tué.

Un troisième est grièvement blessé.

Selon la biographie officielle de l’Ordre de la Libération, celui-ci meurt quelques heures plus tard.

L’intervention se transforme en affrontement armé.

Roger Crivelli est atteint par plusieurs projectiles.

Il succombe à ses blessures.

Il est âgé de vingt-quatre ans.

La mort de Roger Crivelli : 4 ou 5 juin 1943

La date exacte de la mort de Roger Crivelli présente une divergence documentaire.

La biographie officielle de l’Ordre de la Libération indique le 5 juin 1943.

Elle situe l’intervention allemande dans la nuit du 4 au 5 juin.

En revanche, l’étude de Claude Latta précise que Roger Crivelli est abattu le 4 juin 1943 vers cinq heures du matin.

Une publication de la commune de Lavoncourt retient également la date du 4 juin.

Les documents locaux évoquent donc une intervention commencée pendant la nuit du 3 au 4 juin.

La contradiction porte sur une journée.

Elle ne remet pas en cause le lieu du décès, l’identité de la victime ni les circonstances générales de l’affrontement.

En revanche, elle doit être résolue avant publication d’une date définitive.

L’acte de décès conservé à Roanne et les rapports de police de juin 1943 constituent les documents à consulter en priorité.

L’évasion de Victor Vuillemin

Pendant l’affrontement, Victor Vuillemin parvient à échapper aux agents allemands.

Il quitte le logement et traverse les jardins voisins.

Il est blessé au pied pendant sa fuite.

Il parvient néanmoins à rejoindre des personnes susceptibles de lui apporter assistance.

Il trouve refuge dans le secteur de la rue Élisée-Reclus.

Il reçoit ensuite des soins dans un établissement hospitalier installé dans les locaux de l’École primaire supérieure de Roanne.

Les recherches fondées sur les archives du sous-préfet Élie Vieux permettent de préciser plusieurs éléments de cette évasion.

Elles montrent notamment le rôle joué par des habitants de Roanne et par des personnes appartenant à des milieux religieux.

Victor Vuillemin parvient finalement à quitter la ville en utilisant un déguisement ecclésiastique.

Il rejoint ensuite un refuge dans l’Allier.

Le secours apporté par des habitants de Roanne

Les circonstances de l’évasion de Victor Vuillemin illustrent l’importance des réseaux locaux d’entraide.

Après l’affrontement, le fugitif doit trouver rapidement un abri.

Sa blessure nécessite des soins.

Il doit également éviter les recherches des services allemands.

Plusieurs habitants interviennent pour faciliter son déplacement.

Les archives mentionnent notamment Germaine DE LYROT, infirmière, qui joue un rôle dans l’obtention d’un déguisement religieux.

Les témoignages divergent sur l’identité du prêtre ayant directement fourni ou prêté la soutane.

Certains récits mentionnent l’abbé Migeat.

D’autres évoquent l’abbé Martzen.

Les notes d’Élie Vieux mentionnent pour leur part l’abbé Perrin.

Cette divergence devra être résolue par une comparaison des témoignages originaux.

Elle montre l’intérêt des archives locales pour reconstituer les conditions concrètes de l’évasion.

Conséquences de la mort de Roger Crivelli

La mort de Roger Crivelli constitue une perte importante pour le groupe Franc-Tireur de Roanne.

Il appartenait aux militants les plus actifs dans les opérations de sabotage.

Son expérience des explosifs et sa connaissance des installations industrielles en faisaient un participant particulièrement utile.

L’affrontement armé au cours duquel il trouve la mort marque également les esprits.

Il témoigne de la violence de la répression allemande contre les groupes clandestins.

Les autorités cherchent à désorganiser les formations résistantes et à arrêter leurs responsables.

La Résistance roannaise poursuit cependant ses activités.

La disparition de Crivelli devient progressivement l’un des symboles locaux de la lutte contre l’occupation.

Première inhumation à Roanne — 8 juin 1943

Roger Crivelli est d’abord inhumé à Roanne.

Les recherches effectuées à partir des archives municipales situent cette première inhumation au 8 juin 1943.

Elle a lieu au cimetière Saint-Claude.

La tombe se trouve dans le terrain communal.

Cette date constitue un élément important pour l’étude de la divergence relative à son décès.

Elle confirme que les événements sont survenus quelques jours avant le 8 juin.

Elle ne suffit cependant pas, à elle seule, à déterminer si Roger Crivelli est mort le 4 ou le 5 juin.

Reconnaissance de ses services militaires

Après la Libération, Roger Crivelli reçoit une reconnaissance officielle pour ses activités clandestines.

Il est nommé sous-lieutenant des Forces françaises de l’intérieur à titre posthume.

Cette nomination reconnaît ses responsabilités dans la Résistance armée.

Les sources institutionnelles confirment ce grade, mais ne précisent pas la date exacte de la décision administrative correspondante.

Les archives du Service historique de la Défense devraient permettre de retrouver son dossier de reconnaissance et les pièces ayant servi à établir ses services.

Nomination comme Compagnon de la Libération — 20 janvier 1946

Par décret du 20 janvier 1946, Roger Crivelli est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Cette distinction récompense son engagement dans la Résistance intérieure, ses nombreuses opérations de sabotage et son comportement lors de l’intervention allemande qui lui coûte la vie.

L’attribution est confirmée par la notice officielle de l’Ordre de la Libération.

L’inventaire archivistique indique que le dossier individuel conserve le décret correspondant.

Cette nomination intervient plus de deux ans et demi après sa mort.

La date exacte de publication au Journal officiel reste à vérifier dans le texte officiel.

Hommage municipal à Roanne — Mars 1945

Après la Libération, la municipalité de Roanne décide de rendre hommage à Roger Crivelli.

Le 3 mars 1945, le conseil municipal délibère sur le changement de nom de la rue de l’Agriculture.

La rue doit désormais porter le nom de Roger Crivelli.

Cette décision permet d’associer durablement son souvenir au lieu de sa mort.

Le 18 mars 1945, une plaque commémorative est apposée sur la maison située au numéro 3.

La cérémonie donne lieu à un hommage officiel.

Le sous-préfet Élie Vieux prononce un discours consacré à son engagement et à son sacrifice.

Le texte de cette intervention est conservé dans les archives familiales d’Élie Vieux.

Cérémonie du 8 juillet 1946

Le 8 juillet 1946, une nouvelle cérémonie est organisée à Roanne.

Elle accompagne les préparatifs du transfert de la dépouille de Roger Crivelli vers sa commune natale.

Une plaque supplémentaire rappelle sa nomination dans l’Ordre de la Libération.

Plusieurs anciens résistants participent aux cérémonies.

La famille est représentée notamment par Jacqueline Crivelli, sœur du défunt.

Le sous-préfet Élie Vieux prend part aux démarches.

Les témoignages conservés dans ses carnets apportent des précisions sur les circonstances de ces journées.

Ils permettent de reconstituer les événements avec une exactitude inhabituelle pour une commémoration locale.

Exhumation à Roanne — 8 juillet 1946

Le lundi 8 juillet 1946, Roger Crivelli est exhumé du cimetière Saint-Claude de Roanne.

La cérémonie se déroule à seize heures.

Elle réunit des représentants des autorités, des anciens résistants et des proches.

Le cercueil doit être transféré à Lavoncourt.

Les notes d’Élie Vieux évoquent les préparatifs du départ et les dispositions prises pour rendre les honneurs militaires.

Cette documentation constitue un témoignage particulièrement précieux.

Elle permet de distinguer l’exhumation proprement dite des cérémonies ultérieures.

Transfert et réinhumation à Lavoncourt — 9 juillet 1946

Le mardi 9 juillet 1946, le cercueil de Roger Crivelli quitte Roanne à six heures du matin.

Un détachement du 3e Régiment de hussards rend les honneurs militaires.

Plusieurs anciens résistants accompagnent le départ.

Le cercueil est transporté vers Lavoncourt.

L’inhumation dans la commune natale intervient le même jour, vers quinze heures trente.

Roger Crivelli repose désormais dans le cimetière communal.

Le transfert permet à sa famille et aux habitants de Lavoncourt de lui rendre hommage.

Il inscrit également sa mémoire dans l’histoire de sa commune d’origine.

Remise des décorations à sa sœur — 14 juillet 1946

Le 14 juillet 1946, une prise d’armes est organisée à Roanne.

La cérémonie précède le défilé militaire de la fête nationale.

Jacqueline Crivelli reçoit les décorations attribuées à son frère.

Les carnets d’Élie Vieux mentionnent notamment la Médaille de la Résistance française et la croix de la Libération.

Cette remise officielle revêt une portée symbolique importante.

Elle permet de reconnaître publiquement les services d’un résistant mort avant la Libération.

Elle souligne également le rôle de sa famille dans la conservation de son souvenir.

Les cérémonies de juillet 1946 sont documentées par des photographies et des archives personnelles.

La mémoire de Roger Crivelli après 1946

Le souvenir de Roger Crivelli demeure particulièrement présent à Roanne.

La rue qui porte son nom rappelle le lieu de sa mort.

La plaque commémorative apposée sur son ancien domicile constitue un second lieu de mémoire.

À Lavoncourt, sa tombe et les hommages municipaux perpétuent sa mémoire.

L’étude de Claude Latta, publiée en 2003, contribue à faire connaître son parcours.

Les recherches consacrées aux archives d’Élie Vieux permettent de compléter cette documentation.

Elles apportent notamment des précisions sur les circonstances des cérémonies de 1945 et 1946.

L’ensemble de ces éléments montre que la mémoire de Roger Crivelli s’est construite à la fois dans son village natal et dans la ville où il a exercé ses principales activités résistantes.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Attribution posthume probable compte tenu de son décès en 1943 ; décret individuel et date de publication au Journal officiel non vérifiés. Source : Ordre de la Libération.

Compagnon de la Libération — Décret du 20 janvier 1946 ; attribution à titre posthume. Dossier individuel 1 A 250. Reçus du diplôme de Compagnon de la Libération n° 707 datés du 19 mars et du 12 novembre 1966. Publication au Journal officiel à confirmer. Source : Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1939-1945 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Le nombre de citations, leur niveau et les références officielles n’ont pas été établis lors des présentes recherches.

Médaille de la Résistance française — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Remise à Jacqueline Crivelli, au nom de son frère, lors de la cérémonie du 14 juillet 1946 à Roanne. Décret individuel et publication au Journal officiel non retrouvés avec certitude.

Décorations étrangères — Aucune décoration étrangère individuelle n’a été identifiée dans les sources institutionnelles consultées.

Lieux de mémoire

Lavoncourt — Haute-Saône — Commune natale de Roger Crivelli, le 25 novembre 1918 ; lieu de sa réinhumation le 9 juillet 1946.

Toulouse — Haute-Garonne — Séjour d’environ un mois pendant la retraite de juin 1940.

Villefranche-sur-Saône — Rhône — Activité professionnelle comme maçon et premiers contacts avec la Résistance.

Roanne — Loire — Principal centre de ses activités clandestines de 1942 à 1943.

Usine France-Rayonne — Roanne — Lieu de travail et objectif de plusieurs sabotages.

Saint-Romain-la-Motte — Loire — Secteur d’une opération de parachutage du 22 novembre 1942.

Gare de Roanne — Loire — Sabotage ferroviaire de la nuit du 27 au 28 mars 1943.

Iguerande — Saône-et-Loire — Lieu d’une opération clandestine précédant les événements de juin 1943.

3, rue de l’Agriculture, devenue rue Roger-Crivelli — Roanne — Domicile où il est mortellement blessé ; emplacement de plaques commémoratives.

Cimetière Saint-Claude — Roanne — Première inhumation le 8 juin 1943 ; exhumation le 8 juillet 1946.

Cimetière communal de Lavoncourt — Haute-Saône — Lieu de sépulture définitive.

Camarades de combat et collaborateurs

Jean-Pierre LÉVY — Fondateur du mouvement Franc-Tireur à Lyon ; Roger Crivelli appartient à l’organisation clandestine qu’il contribue à développer.

Antoine AVININ — Cofondateur du mouvement Franc-Tireur ; participe à la structuration de l’organisation dans la région lyonnaise.

Pierre BERNHEIM — Résistant participant à la création du groupe Franc-Tireur de Roanne au début de 1942.

Victor VUILLEMIN, parfois orthographié VILLEMIN — Résistant de Franc-Tireur et compagnon d’armes de Roger Crivelli ; présent à son domicile lors de l’intervention allemande de juin 1943 ; parvient à s’échapper.

Gérard HENNEBERT, alias Frit B — Résistant et ingénieur aéronautique ; dirige le groupe chargé du sabotage de France-Rayonne le 28 décembre 1942.

Gilbert MUS — Résistant et spécialiste des techniques de sabotage ; participe à la préparation des opérations contre France-Rayonne.

Marcel GALLET — Résistant de Franc-Tireur à Roanne ; participe à la préparation du sabotage ferroviaire de mars 1943.

Georges DENVIOLET — Résistant participant à la préparation des charges explosives utilisées contre le convoi ferroviaire de mars 1943.

BOISEROLLES — Employé de la SNCF et résistant ; fournit des renseignements permettant de préparer le sabotage du train militaire en gare de Roanne.

Serge GIRY — Résistant participant au groupe chargé des opérations contre les installations de France-Rayonne.

Élie VIEUX — Résistant puis sous-préfet de Roanne ; participe aux cérémonies commémoratives et conserve dans ses carnets des renseignements importants sur les hommages de 1945 et 1946.

Germaine DE LYROT — Infirmière intervenant dans l’assistance apportée à Victor Vuillemin après son évasion de juin 1943.

Unités, réseaux et organismes d’appartenance

Armée française — Mobilisation en septembre 1939 ; affectation précise non établie.

Premier groupe de Résistance de Villefranche-sur-Saône — Participation clandestine avant son installation à Roanne.

Mouvement Franc-Tireur — Adhésion et activité au sein de l’organisation résistante de Roanne.

Groupe franc de Roanne — Participation aux sabotages industriels, ferroviaires et aux opérations de réception de parachutages.

Forces françaises de l’intérieur — Reconnaissance de ses services ; grade de sous-lieutenant attribué à titre posthume.

Références bibliographiques

Les Compagnons de la Libération dans la Loire, Claude LATTA, Village de Forez, nos 95-96, Centre social de Montbrison, octobre 2003, p. 31-39. Étude historique régionale consacrée notamment à Roger Crivelli ; comporte des renseignements détaillés sur sa famille, ses activités clandestines et les circonstances de sa mort.

Les clandestins. La vie ardente et secrète de la Résistance, ouvrage publié en 1946, dont un extrait consacré à Roger Crivelli est conservé dans son dossier de l’Ordre de la Libération. Auteur et éditeur à préciser.

Le Forez dans la guerre 1939-1945, publication de 1986 dont un extrait est conservé dans le dossier individuel 1 A 250. Référence éditoriale complète à établir.

Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Imprimerie nationale, Paris, 1961. Ouvrage collectif consacré aux Compagnons morts pour la France.

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000, 822 p. Étude générale consacrée aux Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, Bordeaux, 2010. Répertoire biographique consacré aux Compagnons.

Références internet

Ordre de la Libération — Roger Crivelli — Notice officielle confirmant l’engagement dans Franc-Tireur, les principales opérations de sabotage, les circonstances de la mort et les décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-crivelli

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C — Identification du dossier 1 A 250 et du décret du 20 janvier 1946 —

Claude Latta — Les Compagnons de la Libération dans la Loire — Étude historique présentant la famille, les actions clandestines, les groupes Franc-Tireur et les circonstances de la mort de Roger Crivelli —

Élie Vieux — Roger Crivelli, résistant du groupe Franc-Tireur de Roanne — Présentation de documents historiques, de rapports de police et de carnets relatifs aux cérémonies de 1945 et 1946 — https://www.elievieux.fr/pages/resistants/roger-crivelli.html

Commune de Lavoncourt — Bulletin municipal 2023 — Présentation de l’identité familiale de Roger Robert Crivelli, de son engagement résistant, de sa sépulture et de ses décorations —

Dossier d’homologation consulté

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 250

L’inventaire officiel des dossiers individuels des Compagnons de la Libération identifie le dossier personnel de Roger Crivelli sous la cote 1 A 250.

Il comprend un mémoire de proposition pour l’attribution de la croix de la Libération.

Il conserve également le décret du 20 janvier 1946.

Les pièces relatives à la décoration comprennent deux reçus du diplôme de Compagnon n° 707, datés respectivement du 19 mars et du 12 novembre 1966.

Les renseignements administratifs comprennent plusieurs fiches établies par la chancellerie de l’Ordre.

Le dossier conserve cinq pièces de correspondance échangées avec l’institution entre 1957 et 1966.

Une copie d’un extrait d’acte de naissance de 1918 figure parmi les pièces d’état civil.

Les archives comprennent également plusieurs extraits de publications historiques, notamment Les clandestins, publié en 1946, le Mémorial des Compagnons de la Libération et Le Forez dans la guerre 1939-1945.

Des documents relatifs à la sépulture sont conservés.

L’inventaire mentionne des photographies des cérémonies organisées à Roanne en 1946 et 1947.

Il signale également les documents concernant la place Roger-Crivelli à Lavoncourt.

La période couverte par le fonds s’étend de 1918 à 2019.

L’inventaire a été identifié et vérifié ; les pièces originales n’ont pas été intégralement dépouillées.

Service historique de la Défense — GR 16 P 151045

Le répertoire des dossiers administratifs de résistants identifie Roger Crivelli sous la cote GR 16 P 151045.

Cette référence est mentionnée dans l’inventaire officiel des dossiers individuels de l’Ordre de la Libération.

Elle correspond aux dossiers d’homologation des services accomplis dans la Résistance.

La consultation du dossier original devrait permettre de vérifier les dates administratives de son appartenance à Franc-Tireur, son rattachement aux Forces françaises de l’intérieur et les conditions de sa promotion posthume au grade de sous-lieutenant.

Le contenu intégral de ce dossier n’a pas été directement consulté.

Archives municipales de Roanne

Les recherches locales ont permis d’identifier plusieurs documents importants.

Parmi eux figurent des rapports de police relatifs aux événements de juin 1943.

Un rapport du 12 juin 1943 concerne les conséquences de l’intervention allemande.

Les archives municipales permettent également de documenter la décision du conseil municipal du 3 mars 1945 portant changement de nom de la rue de l’Agriculture.

Elles apportent des précisions sur la première inhumation de Roger Crivelli au cimetière Saint-Claude.

Archives personnelles du sous-préfet Élie Vieux

Les carnets d’Élie Vieux constituent une source particulièrement intéressante pour l’étude des cérémonies organisées après la mort de Roger Crivelli.

Ils permettent de reconstituer les événements des 8, 9 et 14 juillet 1946.

Ils mentionnent les participants aux cérémonies, le transfert du cercueil et la remise des décorations à Jacqueline Crivelli.

Ces documents ont été transcrits et présentés dans le cadre de recherches historiques locales.

Dossier d’homologation

L’appartenance de Roger Crivelli au mouvement Franc-Tireur est confirmée par les sources institutionnelles et historiques consultées.

Le dossier SHD GR 16 P 151045 est identifié.

Cependant, les pièces originales d’homologation n’ont pas été directement consultées.

Il n’est donc pas possible de préciser les dates exactes des décisions de reconnaissance de ses services.

Observations

Roger Crivelli appartient aux résistants de la première période clandestine qui ont participé au développement de l’action armée avant les grandes mobilisations de 1944.

Son engagement présente plusieurs caractéristiques importantes.

Issu d’un milieu ouvrier, il exerce les métiers de maçon et de cimentier.

Sa présence à France-Rayonne lui permet d’acquérir une connaissance concrète des installations industrielles qu’il contribue ensuite à saboter.

Ses activités montrent l’évolution des méthodes de la Résistance.

Il commence par diffuser des journaux et des tracts.

Il reçoit ensuite une formation aux explosifs.

Il participe à des opérations contre les infrastructures industrielles, les installations administratives et les transports militaires.

Ses actions de décembre 1942 et de mars 1943 constituent des épisodes particulièrement importants de la Résistance roannaise.

L’opération du 1er mai 1943 présente quant à elle une dimension essentiellement symbolique.

En installant un drapeau français et une croix de Lorraine au sommet de la cheminée de France-Rayonne, Roger Crivelli manifeste publiquement le refus de l’occupation.

Sa mort lors de l’intervention allemande de juin 1943 témoigne des dangers encourus par les groupes francs.

Son comportement permet à Victor Vuillemin de s’échapper.

Après la guerre, les cérémonies de Roanne et de Lavoncourt contribuent à préserver sa mémoire.

La reconnaissance posthume de ses services par l’attribution de la croix de la Libération confirme sa place parmi les combattants de la Résistance intérieure.

Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité complète, la date et le lieu de naissance, les filiations parentales, les principales étapes du parcours professionnel, l’appartenance au mouvement Franc-Tireur, les opérations de sabotage, les circonstances générales de l’affrontement avec les agents allemands et l’attribution posthume de la croix de la Libération sont établies par plusieurs sources institutionnelles et historiques concordantes. Les dossiers 1 A 250 et GR 16 P 151045 sont précisément identifiés. Les archives locales permettent également de documenter les cérémonies de juillet 1946. Le niveau B est retenu en raison de la divergence persistante concernant la date du décès, des incertitudes sur certaines actions individuelles et de l’absence de dépouillement intégral des dossiers d’homologation et des décrets de décoration.

Chronologie du résistant

DateÉvénement
25 novembre 1918Naissance à Lavoncourt, Haute-Saône.
Après l’école communaleApprentissage du métier de maçon auprès de son père.
Septembre 1939Mobilisation dans l’armée française.
Juin 1940Retraite vers Toulouse.
Été 1940Séjour d’environ un mois à Toulouse.
1940-1942Travail comme maçon à Villefranche-sur-Saône ; premiers contacts résistants.
Début 1942Installation à Roanne et emploi à France-Rayonne.
1942Engagement dans le mouvement Franc-Tireur.
Septembre 1942Formation au maniement des armes et des explosifs.
Nuit du 2 au 3 octobre 1942Première tentative de sabotage contre le bureau de placement allemand de Roanne.
22 novembre 1942Participation à deux parachutages, dont un dans le secteur de Saint-Romain-la-Motte.
28 décembre 1942Sabotage de France-Rayonne sous la direction de Gérard Hennebert.
Début 1943Destruction d’un séchoir et incendie de réserves de fibranne.
Février 1943Opération contre le café La Pipe à Roanne.
Nuit du 27 au 28 mars 1943Sabotage d’un train transportant des véhicules militaires en gare de Roanne.
Mars 1943Arrestation par la police française ; libération après environ douze heures.
1er mai 1943Installation d’un drapeau français avec croix de Lorraine sur la cheminée de France-Rayonne.
Printemps 1943Participation à une opération à Iguerande.
Nuit du 3 au 4 ou du 4 au 5 juin 1943Intervention allemande au domicile de Roger Crivelli.
4 ou 5 juin 1943Mort au combat à Roanne ; divergence documentaire à résoudre.
8 juin 1943Première inhumation au cimetière Saint-Claude de Roanne.
3 mars 1945Délibération municipale attribuant son nom à la rue de l’Agriculture.
18 mars 1945Pose d’une plaque commémorative sur son ancien domicile.
20 janvier 1946Nomination comme Compagnon de la Libération à titre posthume.
8 juillet 1946Exhumation à Roanne.
9 juillet 1946Transfert et réinhumation à Lavoncourt.
14 juillet 1946Remise de la croix de la Libération et de la Médaille de la Résistance à sa sœur Jacqueline.
19 mars 1966Premier reçu du diplôme de Compagnon de la Libération n° 707.
12 novembre 1966Second reçu du diplôme n° 707.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSource 1Source 2Appréciation
Identité complèteOrdre de la Libération : Roger Crivelli.Claude Latta et commune de Lavoncourt : Roger Robert Crivelli.Le deuxième prénom Robert est retenu, sous réserve de vérification de l’acte de naissance.
Orthographe du patronymeSources institutionnelles : CRIVELLI.Certains documents anciens : GRIVELLI.La graphie CRIVELLI est retenue.
Date du décèsOrdre de la Libération : 5 juin 1943.Claude Latta et commune de Lavoncourt : 4 juin 1943.Divergence non résolue ; consultation de l’acte de décès indispensable.
Date de l’intervention allemandeOrdre de la Libération : nuit du 4 au 5 juin.Claude Latta : attaque le 4 juin vers cinq heures du matin.Chronologies concurrentes ; rapports de police à confronter.
Orthographe du nom de son camaradeCertaines publications : Victor Villemin.Archives d’Élie Vieux et bases mémorielles : Victor Vuillemin.VUILLEMIN retenu, avec mention de la variante VILLEMIN.
Identité du prêtre ayant facilité l’évasionTémoignages recueillis par Jean Cabotse : abbé Migeat.Jean Nocher : abbé Martzen ; notes d’Élie Vieux : abbé Perrin.Divergence maintenue ; rôle exact des intervenants à préciser.
Première inhumationOrdre de la Libération : inhumation à Roanne.Archives locales : cimetière Saint-Claude, 8 juin 1943.Précision apportée par les sources locales.
Transfert de la sépultureOrdre de la Libération : transfert à Lavoncourt en 1946.Carnets d’Élie Vieux : exhumation le 8 juillet et réinhumation le 9 juillet 1946.Chronologie détaillée retenue.
Attribution de la croix de la LibérationOrdre de la Libération : décret du 20 janvier 1946.Inventaire du dossier 1 A 250 : décret du 20 janvier 1946.Concordance institutionnelle.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Roger Crivelli — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-crivelli

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C —

Claude Latta — Les Compagnons de la Libération dans la Loire —

Élie Vieux — Roger Crivelli, résistant du groupe Franc-Tireur de Roanne — https://www.elievieux.fr/pages/resistants/roger-crivelli.html

Commune de Lavoncourt — Bulletin municipal 2023 —

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