La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CORNIGLION-MOLINIER

Édouard CORNIGLION-MOLINIER, né Édouard CORNIGLION, le 23 janvier 1898 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 9 mai 1963 à Paris (VIe arrondissement), Français, aviateur des deux guerres mondiales, général de division aérienne, résistant, officier des Forces aériennes françaises libres, Compagnon de la Libération, producteur de cinéma, parlementaire et ministre.

Origines familiales et formation

Édouard Corniglion-Molinier naît à Nice le 23 janvier 1898. Son père exerce la profession de notaire.

Il poursuit ses études au lycée de Nice et se destine initialement à une carrière juridique.

Très jeune, il développe cependant une véritable passion pour l’aviation, alors en plein développement.

Il fréquente les aérodromes et découvre les premières réalisations des pionniers de l’aéronautique, notamment Roland Garros, Hubert Latham et Jorge Chávez.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est encore étudiant.

Il souhaite immédiatement s’engager, malgré son jeune âge.

Sa détermination le conduit à abandonner provisoirement ses études pour entreprendre une carrière militaire.

Première Guerre mondiale — 1915-1918

Édouard Corniglion-Molinier s’engage volontairement dans l’armée française en 1915.

Il sert d’abord dans les chasseurs alpins avant d’être affecté, le 6 octobre 1915, au 5e régiment de dragons à Saumur.

Un mois plus tard, il demande son transfert dans l’aéronautique militaire.

Sa demande est acceptée.

Il rejoint l’école de pilotage d’Ambérieu, où il obtient son brevet de pilote militaire le 27 avril 1916.

Il poursuit sa formation dans les écoles d’Avord et de Pau.

Le 17 octobre 1916, il rejoint l’escadrille 392, stationnée en Italie.

Cette unité participe aux opérations aériennes menées dans la région de l’Adriatique.

Quelques jours après son arrivée, il prend part à un combat contre trois appareils ennemis. Selon le récit de l’Ordre de la Libération, il parvient à mettre deux appareils en fuite et à contraindre le troisième à abandonner le combat.

Il effectue ensuite de nombreuses missions de reconnaissance, d’observation et d’attaque contre les installations austro-hongroises.

En juin 1917, son escadrille prend le numéro 561.

Ses missions le conduisent notamment dans les secteurs de Trieste, de Fiume et du golfe de Venise.

Il attaque des avions, des ballons d’observation et des bâtiments ennemis.

Son comportement lui vaut plusieurs citations et une promotion au grade de maréchal des logis.

Légèrement blessé au cours d’une mission aérienne, il est également atteint d’une grave crise de paludisme.

Hospitalisé de décembre 1917 à février 1918, il rejoint ensuite son unité.

En juin 1918, il est affecté à l’escadrille SPA 162, sur le front français.

À la fin de la guerre, il est démobilisé avec le grade de sous-lieutenant.

Son expérience de pilote de combat constitue le fondement de son engagement militaire ultérieur.

Entre-deux-guerres — Études, aviation et cinéma

Après l’armistice de novembre 1918, Édouard Corniglion-Molinier reprend ses études universitaires.

Il obtient un doctorat en droit et une licence ès lettres.

Malgré cette formation, il ne choisit pas de succéder à son père dans le notariat.

Il poursuit ses activités aéronautiques et participe à plusieurs voyages et expéditions.

Il fréquente notamment l’aviateur britannique Jim Mollison.

Il effectue également des voyages avec André Malraux, avec lequel il entretient des relations personnelles durables.

Parallèlement, il exerce une activité journalistique dans la presse parisienne.

Son intérêt pour le cinéma le conduit à participer à la production de plusieurs films.

En 1927, il acquiert les studios de la Victorine à Nice.

Il contribue ainsi au développement de la production cinématographique française.

Parmi les œuvres auxquelles il apporte son soutien figure Drôle de drame, réalisé par Marcel Carné.

Il participe également à la production du film Sierra de Teruel, adaptation cinématographique de L’Espoir d’André Malraux.

Cette production s’inscrit dans le contexte de la guerre civile espagnole.

Participation à la guerre d’Espagne — 1936

En 1936, Édouard Corniglion-Molinier rejoint l’Espagne, où vient d’éclater la guerre civile.

Il participe aux opérations aériennes du côté républicain.

Il retrouve André Malraux, engagé dans l’organisation d’une aviation destinée à soutenir les forces républicaines.

Cette expérience constitue un nouvel engagement militaire contre les forces nationalistes soutenues par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste.

Les conditions exactes de son service, les missions effectuées et les appareils pilotés nécessitent toutefois des vérifications complémentaires dans les archives de l’aviation républicaine espagnole.

Son engagement espagnol témoigne de la continuité de son opposition aux régimes autoritaires européens avant la Seconde Guerre mondiale.

Mobilisation de septembre 1939

À la déclaration de guerre, Édouard Corniglion-Molinier reprend volontairement du service dans l’aviation de chasse.

Il est successivement affecté aux groupes de chasse III/6, III/3 et III/2.

En janvier 1940, il sert au groupe de chasse III/2.

Malgré son âge, supérieur à celui de nombreux pilotes de chasse, il conserve ses aptitudes au combat aérien.

Son expérience de la Première Guerre mondiale lui permet de retrouver rapidement ses réflexes opérationnels.

Campagne de France — Mai-juin 1940

Pendant la campagne de France, Édouard Corniglion-Molinier participe aux combats aériens contre la Luftwaffe.

Le 13 mai 1940, à la tête de sa patrouille, il contribue à la destruction d’un appareil allemand Henschel Hs 126.

Le 16 mai, au cours d’une patrouille, il abat un bombardier Heinkel He 111.

Ces deux victoires sont officiellement homologuées.

Il appartient ainsi au petit nombre d’aviateurs français ayant obtenu des victoires aériennes au cours des deux guerres mondiales.

La défaite de juin 1940 ne met pas fin à sa volonté de combattre.

Démobilisé le 16 août 1940, il regagne le sud de la France.

Il refuse cependant de considérer l’armistice comme la fin de la lutte contre l’Allemagne.

Entrée dans la Résistance — 1940

À l’automne 1940, Édouard Corniglion-Molinier entre en relation avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

Les deux hommes participent à la création d’une organisation clandestine connue sous le nom de La Dernière Colonne.

Ce groupe, constitué dans la zone non occupée, envisage notamment des actions de sabotage contre les transports et les installations utilisés au profit de l’Allemagne.

L’organisation représente l’une des premières tentatives de structuration de la Résistance dans le sud de la France.

Elle précède le développement du mouvement Libération-Sud.

La documentation policière conservée dans les archives des Alpes-Maritimes permet de mieux comprendre cette période.

Les autorités de Vichy surveillent les activités de Corniglion-Molinier, notamment ses relations avec les milieux gaullistes et son entourage.

Un télégramme du 27 novembre 1940 et un rapport de police concernant ses activités témoignent de cette surveillance.

Ces documents ont notamment été étudiés par l’historien Jean-Louis Panicacci.

Arrestation à Marseille — Décembre 1940

En décembre 1940, Édouard Corniglion-Molinier est arrêté à Marseille.

Il est incarcéré au fort Saint-Nicolas.

Cette arrestation intervient dans le contexte des premières opérations de répression menées par les autorités de Vichy contre les opposants à l’armistice.

Il est libéré le 7 janvier 1941.

Il décide alors de quitter la France pour rejoindre les forces du général de Gaulle.

Départ clandestin et engagement dans la France libre — 1941

Le 10 janvier 1941, Édouard Corniglion-Molinier parvient à gagner le Maroc.

De là, il rejoint la Martinique.

Il échappe ensuite à la surveillance exercée par les autorités navales de Vichy et gagne New York.

Il poursuit enfin son voyage vers la Grande-Bretagne.

Le 1er mars 1941, il signe son engagement dans les Forces françaises libres à Londres.

Son expérience de pilote militaire, acquise pendant deux guerres, en fait un officier particulièrement utile pour la réorganisation de l’aviation française combattante.

Il est affecté à la Royal Air Force britannique.

Organisation des Forces aériennes françaises libres — 1941

Édouard Corniglion-Molinier reçoit rapidement d’importantes responsabilités au sein des Forces aériennes françaises libres.

Il est nommé chef d’état-major, puis commandant de l’aviation française au Moyen-Orient.

Il travaille avec le général Martial Valin à la constitution de nouvelles unités aériennes françaises.

En septembre 1941, il participe à l’organisation du groupe de bombardement Lorraine et du groupe de chasse Alsace.

Ces formations doivent permettre aux aviateurs français libres de combattre dans des unités identifiées comme françaises, tout en étant intégrées au dispositif opérationnel allié.

Cette période est essentielle pour la renaissance d’une aviation française indépendante de l’autorité de Vichy.

Les difficultés sont nombreuses : pénurie de personnels expérimentés, dispersion géographique des équipages, manque d’appareils et nécessité d’adapter les méthodes françaises aux procédures britanniques.

Corniglion-Molinier participe à cette réorganisation tout en conservant une activité opérationnelle.

Campagnes de Libye et de Cyrénaïque — 1941

À l’automne 1941, les unités aériennes françaises libres participent aux opérations militaires menées en Afrique du Nord.

Édouard Corniglion-Molinier prend part à la campagne de Libye et de Cyrénaïque.

Le 23 novembre 1941, le groupe de bombardement Lorraine, placé sous son commandement, effectue une attaque contre une colonne blindée allemande au sud de Tobrouk.

La notice officielle de l’Ordre de la Libération indique que cette formation allemande comprend environ cent chars et que l’attaque provoque des destructions importantes.

Ces chiffres, provenant du récit institutionnel, gagneraient à être confrontés aux journaux d’opérations britanniques et allemands.

Le comportement de Corniglion-Molinier au cours de ces opérations contribue à renforcer sa réputation d’officier combattant.

En décembre 1941, il est promu lieutenant-colonel.

Commandement des FAFL au Moyen-Orient — 1942

En juin 1942, Édouard Corniglion-Molinier est nommé commandant des Forces aériennes françaises libres au Moyen-Orient.

Il succède au colonel Jean Astier de Villatte.

Ses responsabilités concernent l’organisation, l’entraînement et l’emploi opérationnel des unités aériennes françaises engagées aux côtés des Britanniques.

Il doit assurer la coordination avec les autorités aériennes alliées.

Cette fonction intervient à une période critique de la guerre du désert.

Les combats opposant les forces de l’Axe aux troupes britanniques et françaises libres se poursuivent en Libye et en Égypte.

L’aviation joue un rôle déterminant dans la reconnaissance, l’appui aux forces terrestres et les attaques contre les lignes de ravitaillement.

Corniglion-Molinier contribue au développement des moyens aériens français au sein de ce dispositif interallié.

Retour en Grande-Bretagne — Novembre 1942

Après le débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942, Édouard Corniglion-Molinier est rappelé en Grande-Bretagne.

Il arrive à Londres le 23 novembre 1942.

Le général Martial Valin le nomme adjoint et lui confie le commandement des Forces aériennes françaises libres stationnées en Grande-Bretagne.

Le 15 décembre 1942, il est promu colonel.

Il participe à de nombreuses missions aériennes au-dessus de l’Allemagne et des territoires occupés.

Son activité contribue à maintenir la présence française dans les opérations aériennes alliées.

Ses responsabilités sont à la fois militaires et administratives.

Il doit participer à l’entraînement des équipages, à la mise sur pied des unités et à leur intégration dans les opérations de la Royal Air Force.

Retour en France et commandement des Forces aériennes de l’Atlantique — 1944

Après le débarquement de Normandie, Édouard Corniglion-Molinier regagne la France.

En novembre 1944, il est promu général de brigade aérienne.

Il reçoit le commandement des Forces aériennes de l’Atlantique.

Cette formation participe aux opérations destinées à réduire les poches de résistance allemandes encore présentes sur le littoral atlantique.

Les forces allemandes conservent notamment des positions fortifiées dans les régions de Royan, de Rochefort et de La Rochelle.

La situation matérielle des unités françaises est difficile.

Les appareils disponibles sont parfois anciens et les personnels proviennent d’origines diverses.

Certains pilotes ont servi dans l’armée de l’Air avant 1940 ; d’autres sont issus des maquis ou des organisations résistantes.

Corniglion-Molinier doit organiser ces éléments hétérogènes en unités capables de participer aux opérations aériennes.

Il contribue ainsi aux combats contre les positions allemandes de l’Atlantique jusqu’à la fin de la guerre.

Réorganisation de l’armée de l’Air — 1945-1946

À la fin des hostilités, Édouard Corniglion-Molinier participe à la reconstruction de l’armée de l’Air française.

Il travaille sous l’autorité du général Martial Valin.

Il est chargé du commandement des écoles de formation aéronautique, d’abord avec le général de Vitrolles, puis seul.

Cette mission présente une importance particulière.

Après plusieurs années de guerre, il faut reconstituer les structures de formation des pilotes, des mécaniciens et des officiers.

Il faut également adapter les programmes d’instruction à l’évolution rapide des techniques aéronautiques.

Édouard Corniglion-Molinier participe à cet effort de reconstruction jusqu’au 1er août 1946.

Il quitte alors le service actif avec le grade de général de division aérienne.

Carrière civile et activités économiques

Après sa démobilisation, Édouard Corniglion-Molinier reprend ses activités civiles.

Il exerce des responsabilités dans plusieurs entreprises aéronautiques, cinématographiques et de presse.

Il participe notamment à la direction d’entreprises liées à l’exploitation cinématographique et aux médias.

Il conserve un intérêt constant pour l’aviation et le cinéma, deux domaines qui avaient occupé une place importante dans sa vie avant la guerre.

Son expérience de commandement, son réseau de relations et sa connaissance des milieux économiques facilitent son engagement dans les responsabilités publiques.

Entrée dans la vie politique — 1948

Le 7 novembre 1948, Édouard Corniglion-Molinier est élu conseiller de la République pour le département de la Seine.

Il siège au sein du groupe du Rassemblement du peuple français.

Il participe aux travaux des commissions de la défense nationale, de la presse, de la radio et du cinéma.

En 1951, il devient président de la commission de la presse du Conseil de la République.

Parallèlement, il s’engage dans la vie politique locale des Alpes-Maritimes.

Le 20 mars 1949, il est élu conseiller général du canton de Roquebillière.

Il conserve des liens étroits avec son département natal.

Député des Alpes-Maritimes — 1951-1963

Le 1er juin 1951, Édouard Corniglion-Molinier est élu député des Alpes-Maritimes.

Il quitte alors le Conseil de la République.

Il siège à l’Assemblée nationale pendant une grande partie des années 1950.

Après une interruption, il retrouve un mandat de député lors des élections de novembre 1962.

Il exerce cette fonction jusqu’à sa mort.

Son activité parlementaire porte notamment sur les questions de défense nationale, d’aviation, de transports et de développement économique.

Son expérience militaire et aéronautique lui confère une compétence particulière dans ces domaines.

Fonctions ministérielles — 1953-1958

Édouard Corniglion-Molinier exerce plusieurs responsabilités ministérielles sous la IVe République.

Il est nommé ministre d’État chargé du Plan dans le gouvernement de Joseph Laniel, du 28 juin 1953 au 19 juin 1954.

Il devient ensuite ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme dans le gouvernement d’Edgar Faure, du 23 février 1955 au début de février 1956.

Le 13 juin 1957, il est nommé garde des Sceaux, ministre de la Justice, dans le gouvernement de Maurice Bourgès-Maunoury.

Il conserve cette fonction jusqu’au 6 novembre 1957.

Enfin, du 14 mai au 1er juin 1958, il exerce les fonctions de ministre d’État chargé du Sahara dans le gouvernement de Pierre Pflimlin.

Ces responsabilités témoignent de la place qu’il occupe dans la vie politique française de l’après-guerre.

Responsabilités internationales et municipales

Édouard Corniglion-Molinier participe également aux travaux de l’Assemblée parlementaire européenne.

Le 27 avril 1959, il est élu sénateur de la Communauté par l’Assemblée législative de la République de Côte d’Ivoire.

Il siège jusqu’au 16 mars 1961.

Il exerce également les fonctions de délégué général permanent de la République de Côte d’Ivoire en France.

En 1959, il devient maire de Roquebillière, commune des Alpes-Maritimes dont il était déjà conseiller général.

Il poursuit ainsi une carrière associant responsabilités nationales et engagement municipal.

Décès et sépulture

Édouard Corniglion-Molinier meurt le 9 mai 1963 à Paris, dans le VIe arrondissement.

Il est âgé de 65 ans.

Il est inhumé au cimetière du Château, à Nice.

Ses obsèques donnent lieu à plusieurs hommages, notamment un éloge funèbre prononcé par Jacques Chaban-Delmas.

Sa disparition met fin à une carrière exceptionnellement diversifiée, consacrée successivement à l’aviation militaire, au cinéma, à la Résistance, à la France libre et à la vie politique.

Chronologie

DateÉvénement
23 janvier 1898Naissance à Nice.
1915Engagement volontaire dans l’armée française.
27 avril 1916Obtention du brevet de pilote militaire.
17 octobre 1916Affectation à l’escadrille 392 en Italie.
Juin 1917Service dans l’escadrille 561.
Juin 1918Affectation à l’escadrille SPA 162.
1918Fin de la Première Guerre mondiale ; démobilisation comme sous-lieutenant.
1927Acquisition des studios de la Victorine à Nice.
1936Participation à la guerre d’Espagne.
Septembre 1939Engagement dans l’aviation de chasse.
13 mai 1940Victoire aérienne contre un Henschel Hs 126.
16 mai 1940Victoire aérienne contre un Heinkel He 111.
16 août 1940Démobilisation.
Automne 1940Participation à la création de La Dernière Colonne.
Décembre 1940Arrestation et incarcération au fort Saint-Nicolas, à Marseille.
7 janvier 1941Libération.
10 janvier 1941Départ vers le Maroc.
1er mars 1941Engagement dans les Forces françaises libres à Londres.
Septembre 1941Participation à la constitution des groupes Lorraine et Alsace.
23 novembre 1941Opération aérienne du groupe Lorraine au sud de Tobrouk.
Décembre 1941Promotion au grade de lieutenant-colonel.
Juin 1942Commandement des FAFL au Moyen-Orient.
23 novembre 1942Retour à Londres.
15 décembre 1942Promotion au grade de colonel.
Novembre 1944Promotion au grade de général de brigade aérienne.
20 novembre 1944Nomination comme Compagnon de la Libération.
1944-1945Commandement des Forces aériennes de l’Atlantique.
1er août 1946Fin du service actif.
7 novembre 1948Élection au Conseil de la République.
20 mars 1949Élection au conseil général des Alpes-Maritimes.
1er juin 1951Élection comme député des Alpes-Maritimes.
1953-1954Ministre d’État chargé du Plan.
1955-1956Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme.
1957Garde des Sceaux, ministre de la Justice.
Mai 1958Ministre d’État chargé du Sahara.
1959Élection comme maire de Roquebillière.
27 avril 1959Élection au Sénat de la Communauté.
16 mars 1961Fin du mandat au Sénat de la Communauté.
Novembre 1962Retour à l’Assemblée nationale.
9 mai 1963Décès à Paris.

Unités, réseaux, mouvements et organismes d’appartenance

Chasseurs alpins — Engagement initial pendant la Première Guerre mondiale.

5e régiment de dragons — Affectation à Saumur en octobre 1915.

Aéronautique militaire française — Formation et participation à la Première Guerre mondiale.

Escadrille 392 — Opérations aériennes en Italie.

Escadrille 561 — Missions aériennes sur le front italien.

Escadrille SPA 162 — Opérations sur le front français en 1918.

Groupes de chasse III/6, III/3 et III/2 — Campagne de France de 1939-1940.

La Dernière Colonne — Participation à la création de l’organisation clandestine en 1940.

Forces françaises libres — Engagement le 1er mars 1941.

Royal Air Force — Affectation lors de son engagement dans la France libre.

Forces aériennes françaises libres — Responsabilités de commandement au Moyen-Orient et en Grande-Bretagne.

Groupe de bombardement Lorraine — Participation à la constitution et au commandement opérationnel.

Groupe de chasse Alsace — Participation à l’organisation.

Forces aériennes de l’Atlantique — Commandement à partir de novembre 1944.

Armée de l’Air — Commandement des écoles après la Libération.

Camarades de combat et collaborateurs

Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre ; Édouard Corniglion-Molinier rejoint ses forces en mars 1941 et exerce ensuite plusieurs commandements dans les FAFL.

Emmanuel d’ASTIER DE LA VIGERIE — Résistant, fondateur du mouvement Libération-Sud ; participe avec Corniglion-Molinier à la création de La Dernière Colonne en 1940.

Martial VALIN — Général, commandant des Forces aériennes françaises libres ; collabore avec Corniglion-Molinier à l’organisation des groupes Lorraine et Alsace et lui confie plusieurs responsabilités de commandement.

Jean ASTIER DE VILLATTE — Colonel des FAFL ; précède Corniglion-Molinier au commandement des forces aériennes françaises au Moyen-Orient.

André MALRAUX — Écrivain, aviateur et résistant ; proche de Corniglion-Molinier pendant l’entre-deux-guerres, notamment lors de voyages et pendant la guerre d’Espagne.

Claude BOURDET — Résistant de la première heure, associé aux premières initiatives clandestines de la zone sud et au développement de Libération-Sud.

Jacques CHABAN-DELMAS — Résistant et Compagnon de la Libération ; prononce l’éloge funèbre de Corniglion-Molinier en 1963.

Lieux de mémoire et d’action

Nice — Alpes-Maritimes — Ville natale, lieu d’études, d’activités cinématographiques et de sépulture.

Ambérieu-en-Bugey — Ain — École de pilotage militaire.

Saumur — Maine-et-Loire — Affectation au 5e régiment de dragons.

Venise et Adriatique — Italie — Opérations aériennes de 1916 à 1918.

Marseille, fort Saint-Nicolas — Bouches-du-Rhône — Lieu de détention en décembre 1940.

Cannes — Alpes-Maritimes — Activités clandestines liées à La Dernière Colonne.

Maroc — Étape de son départ clandestin de France en janvier 1941.

Martinique — Étape de son voyage vers les Forces françaises libres.

New York — États-Unis — Étape avant son arrivée en Grande-Bretagne.

Londres — Royaume-Uni — Engagement dans les Forces françaises libres et fonctions de commandement.

Moyen-Orient — Organisation et commandement des unités des FAFL.

Tobrouk — Libye — Opérations aériennes de novembre 1941.

Royan et Rochefort — Charente-Maritime — Secteurs concernés par les opérations des Forces aériennes de l’Atlantique.

Roquebillière — Alpes-Maritimes — Mandats de conseiller général et de maire.

Paris — Ville de ses responsabilités parlementaires et ministérielles ; lieu du décès.

Nice, cimetière du Château — Lieu de sépulture.

Décorations

Grand-croix de la Légion d’honneur — Dignité mentionnée par l’Ordre de la Libération. Date du décret et publication au Journal officiel non vérifiées directement.

Compagnon de la Libération — Décret du 20 novembre 1944 ; attribution de son vivant, non posthume. Ampliation du 21 novembre 1944. Dossier individuel 1 A 237. Publication précise au Journal officiel restant à établir. Source : Ordre de la Libération.

Médaille militaire — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret et publication officielle non vérifiés.

Croix de guerre 1914-1918 — Sept citations selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1939-1945 — Quatre citations selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération.

Médaille des services militaires volontaires — Source : Ordre de la Libération.

Croix du combattant volontaire — Source : Ordre de la Libération.

Médaille coloniale avec agrafe Libye — Source : Ordre de la Libération.

Médaille du Sauvetage — Source : Ordre de la Libération.

Distinguished Service Order — Royaume-Uni. Distinction mentionnée par l’Ordre de la Libération. Date d’attribution et publication dans la London Gazette non vérifiées.

Croix de guerre 1914-1918 — Belgique. Source : Ordre de la Libération.

Commandeur de l’ordre Polonia Restituta — Pologne. Source : Ordre de la Libération.

Officier de l’ordre de l’Aigle blanc de Serbie avec glaives — Distinction mentionnée par l’Ordre de la Libération ; dénomination et acte d’attribution restant à vérifier.

Croix de guerre 1914-1918 — Italie. Source : Ordre de la Libération.

Médaille de la Valeur militaire — Italie. Source : Ordre de la Libération.

Chevalier de l’ordre de la Couronne d’Italie — Source : Ordre de la Libération.

Chevalier de l’ordre de Sainte-Anne — Russie. Source : Ordre de la Libération.

La liste des distinctions est principalement établie à partir de la notice officielle de l’Ordre de la Libération. Les décrets individuels et les publications officielles étrangères restent à contrôler pour compléter les dates et les références.

Dossiers d’archives et d’homologation

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 237

L’inventaire officiel des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025, identifie le dossier personnel d’Édouard Corniglion-Molinier sous la cote 1 A 237.

Il contient notamment dix courriers relatifs à l’attribution de la croix de la Libération, datés de 1942 à 1944.

Parmi les pièces signalées figurent un rapport adressé au général de Gaulle en 1942, un curriculum vitae de 1944, une proposition pour la croix de la Libération et l’ampliation du décret du 20 novembre 1944, datée du 21 novembre 1944.

Le dossier comporte également des fiches de renseignements établies par la chancellerie, notamment en février 1963.

Il conserve cinquante pièces de correspondance échangées avec l’Ordre entre 1946 et 2003.

Plusieurs documents militaires provenant du Service historique de la Défense y sont également signalés : copie de l’état des services, textes des citations et copie du feuillet matricule.

Enfin, le dossier contient un témoignage radiophonique donné à l’émission Les Français parlent aux Français, des documents biographiques, des éléments relatifs à la sépulture et l’éloge funèbre prononcé par Jacques Chaban-Delmas en 1963.

Ces documents constituent un ensemble archivistique particulièrement riche pour l’étude de son parcours militaire et civil.

Service historique de la Défense

L’inventaire de l’Ordre de la Libération confirme l’existence de copies de documents militaires provenant du SHD.

En revanche, une cote nominative complète correspondant à son dossier militaire n’a pas été établie avec une certitude suffisante lors des présentes recherches.

Il convient donc de ne pas lui attribuer arbitrairement une référence GR 16 P.

Archives départementales des Alpes-Maritimes

Les archives relatives à la surveillance policière des premières organisations résistantes de la zone sud constituent une source importante pour la période 1940-1941.

Les documents concernant Corniglion-Molinier ont notamment été exploités par Jean-Louis Panicacci.

Le télégramme du 27 novembre 1940 et les rapports de surveillance permettent de préciser les circonstances de son engagement clandestin.

Dossier d’homologation consulté

Aucun dossier d’homologation distinct n’a pu être identifié et consulté directement avec une cote certaine.

L’appartenance aux Forces françaises libres et les principales responsabilités militaires sont néanmoins confirmées par la documentation institutionnelle de l’Ordre de la Libération.

Références bibliographiques

Le Journal du Flight Lieutenant Smith-Brown ou les mémoires d’un Fafliste malgré lui, Dan MOLIGNY, pseudonyme d’Édouard CORNIGLION-MOLINIER, Fasquelle, Paris, 1946. Témoignage de l’auteur sur le milieu des aviateurs français libres ; pagination non vérifiée.

Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Paris, 1961. Ouvrage collectif de référence consacré aux Compagnons de la Libération.

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000, 822 p. Étude historique consacrée aux parcours des hommes et des femmes ayant reçu la croix de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, Bordeaux, 2010 ; édition augmentée, 2023. Référence biographique consacrée aux Compagnons de la Libération.

La Désobéissance. Histoire du mouvement Libération-Sud, Laurent DOUZOU, Odile Jacob, Paris, 1995. Étude historique consacrée aux origines et au développement de Libération-Sud, permettant de contextualiser les activités de La Dernière Colonne.

L’Aventure incertaine, Claude BOURDET, Stock, Paris, édition de 1995. Témoignage sur les premiers mouvements de Résistance en zone sud.

La Résistance azuréenne, Jean-Louis PANICACCI, Serre, Nice, 1994. Étude historique permettant de situer les premiers engagements résistants de Corniglion-Molinier dans leur contexte local.

Références internet

Ordre de la Libération — Édouard Corniglion-Molinier — Notice officielle présentant ses engagements militaires, son rôle dans la France libre, sa carrière politique et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/edouard-corniglion-molinier

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers individuels, lettre C — Identification du dossier 1 A 237, du décret du 20 novembre 1944 et des principales pièces archivistiques —

Sénat — Édouard Corniglion-Molinier — Notice parlementaire officielle retraçant son activité politique, ses mandats électifs et ses fonctions ministérielles — https://www.senat.fr/senateur-4eme-republique/corniglion_molinier_edouard0464r4.html

Sénat — Édouard Corniglion-Molinier, sénateur de la Communauté — Notice présentant son mandat au titre de la République de Côte d’Ivoire — https://www.senat.fr/senateur-communaute/corniglion_molinier_edouard0464r4.html

Musée de la Résistance en ligne — Édouard Corniglion-Molinier — Présentation biographique et photographie conservée dans les collections du musée de l’Ordre de la Libération — https://museedelaresistanceenligne.org/media4165-Edouard-Corniglion-Molinier

Musée de la Résistance en ligne — Rapport de police concernant Corniglion-Molinier — Document contextualisé par Jean-Louis Panicacci relatif aux premières activités clandestines et à la surveillance des autorités de Vichy — https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=3465

Ordre de la Libération — Lettre d’information, octobre 2023 — Présentation d’une exposition consacrée à Édouard Corniglion-Molinier pour le soixantième anniversaire de sa disparition — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-octobre-2023

Observations

Édouard Corniglion-Molinier occupe une place singulière dans l’histoire de la France libre.

Son parcours se distingue d’abord par sa participation aux deux guerres mondiales comme pilote de chasse.

Il fait partie des rares aviateurs français ayant obtenu des victoires officiellement homologuées pendant les deux conflits.

Son engagement dans la guerre d’Espagne constitue une étape supplémentaire de son opposition aux régimes autoritaires européens.

En 1940, il refuse l’armistice et participe aux premières tentatives d’organisation de la Résistance intérieure en zone sud.

Son arrestation à Marseille montre les risques encourus par les premiers opposants au régime de Vichy.

Après son départ clandestin de France, il rejoint les Forces aériennes françaises libres et contribue directement à la création de leurs principales unités combattantes.

Son rôle ne se limite pas au commandement aérien : il participe également à la reconstruction de l’aviation militaire française après la Libération.

Enfin, sa carrière politique et ministérielle illustre la place prise par certains anciens responsables de la France libre dans la vie publique de l’après-guerre.

Son parcours associe donc quatre dimensions historiques : l’aviation militaire, la Résistance, la reconstruction nationale et les responsabilités politiques.

Divergences documentaires

Nom patronymique. La documentation parlementaire emploie la formule « Édouard CORNIGLION dit CORNIGLION-MOLINIER », tandis que les sources institutionnelles de l’Ordre de la Libération utilisent directement le nom Corniglion-Molinier. Cette distinction justifie de mentionner les deux formes, sans présumer de la date ni des conditions juridiques d’adoption du nom composé.

Premiers engagements militaires. Certaines notices indiquent qu’il s’engage à seize ans, tandis que la chronologie détaillée de l’Ordre de la Libération situe son affectation au 5e régiment de dragons en octobre 1915, alors qu’il est âgé de dix-sept ans. L’âge de seize ans peut correspondre à une première démarche d’engagement, sans que cette interprétation puisse être tenue pour établie.

Citations de la Première Guerre mondiale. L’Ordre de la Libération mentionne sept citations pour la croix de guerre 1914-1918, tandis que la biographie parlementaire du Sénat évoque neuf citations pendant le premier conflit. Les pièces militaires originales devront permettre de distinguer les citations associées à la croix de guerre et les autres récompenses éventuelles.

Fin des fonctions ministérielles en 1956. L’Ordre de la Libération mentionne le 24 janvier 1956, tandis que la biographie parlementaire du Sénat indique le 1er février 1956 pour la fin de ses fonctions aux Travaux publics. La chronologie ministérielle officielle doit être privilégiée après vérification des décrets de cessation des fonctions.

Grade dans la Légion d’honneur. La notice officielle de l’Ordre de la Libération retient la dignité de grand-croix, tandis qu’une notice parlementaire historique mentionne celle de grand officier. Ces deux indications ne sont pas nécessairement contradictoires si elles correspondent à des dates différentes. Le décret d’élévation à la dignité de grand-croix reste à identifier.

Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité, les dates et lieux de naissance et de décès, les engagements militaires, les victoires aériennes de 1940, les activités résistantes, le ralliement à la France libre, les principales responsabilités au sein des FAFL, la nomination dans l’Ordre de la Libération et les fonctions politiques sont établis par plusieurs sources institutionnelles concordantes. L’inventaire archivistique permet d’identifier précisément le dossier 1 A 237. Le niveau B est retenu en raison de l’absence de dépouillement intégral des dossiers militaires, des divergences relatives aux citations, du contrôle encore incomplet des décorations étrangères et de l’absence de vérification de plusieurs décrets individuels au Journal officiel.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Édouard Corniglion-Molinier — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/edouard-corniglion-molinier

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025 —

Sénat — Biographie d’Édouard Corniglion-Molinier sous la IVe République — https://www.senat.fr/senateur-4eme-republique/corniglion_molinier_edouard0464r4.html

Sénat — Biographie d’Édouard Corniglion-Molinier au Sénat de la Communauté — https://www.senat.fr/senateur-communaute/corniglion_molinier_edouard0464r4.html

Musée de la Résistance en ligne — Édouard Corniglion-Molinier — https://museedelaresistanceenligne.org/media4165-Edouard-Corniglion-Molinier

Musée de la Résistance en ligne — Document concernant la surveillance policière d’Édouard Corniglion-Molinier — https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=3465

Ordre de la Libération — Lettre d’information, octobre 2023 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-octobre-2023

Lettre d'information

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