Jean Charles André CAPAGORRY, également connu sous le prénom d’André, né le 17 février 1894 à Bayonne (Basses-Pyrénées, aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques), mort le 18 ou le 19 mai 1981 à Saint-Denis (La Réunion), français, administrateur colonial, gouverneur de La Réunion, membre du Conseil de défense de l’Empire, Compagnon de la Libération.
Jeunesse et formation
Jean Capagorry naît le 17 février 1894 à Bayonne, dans une famille d’artisans. Son père exerce le métier de boulanger-pâtissier.
Les renseignements disponibles sur ses premières années sont limités. Il suit des études secondaires avant d’être mobilisé pendant la Première Guerre mondiale.
Incorporé en août 1914, il participe aux combats et se distingue par son courage. Il est grièvement blessé en 1915, ce qui entraîne sa réforme.
Son comportement lui vaut l’attribution de la Médaille militaire et de la Croix de guerre 1914-1918 avec palme.
Cette première expérience militaire constitue une étape déterminante de son parcours. Ayant dû abandonner le service combattant, il s’oriente vers une carrière administrative dans les territoires français d’outre-mer.
En 1917, il entre dans les services civils de l’Afrique-Occidentale française.
Il est d’abord affecté au Soudan français, où il exerce les fonctions de commis des services civils jusqu’en 1919.
Il poursuit ensuite sa carrière à Dakar puis à Saint-Louis du Sénégal.
Ces affectations lui permettent d’acquérir une connaissance de l’administration territoriale, du fonctionnement des services publics et des rapports entre les autorités coloniales et les populations administrées.
En 1925, il rejoint l’École coloniale, établissement destiné à former les administrateurs des territoires français d’outre-mer.
Il en sort diplômé en 1926 et accède au corps des administrateurs coloniaux.
Son parcours se poursuit en Afrique équatoriale.
Il est successivement chef de subdivision de Berbérati, d’Ewo et de Sembé-Souanké.
De 1930 à 1932, il exerce les fonctions d’adjoint au chef du département de la Ngoko-Sangha.
Il est ensuite chef de la subdivision de Madingou entre 1933 et 1936.
De 1937 à 1939, il dirige le département du Haut-Ogooué, au Gabon.
En 1939, il reçoit de nouvelles responsabilités dans le département du Kouilou, au Moyen-Congo.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Jean Capagorry possède ainsi plus de vingt années d’expérience administrative en Afrique.
Son activité s’inscrit dans le cadre de l’administration coloniale française, dont l’organisation repose sur une forte hiérarchie territoriale et sur des rapports de domination entre les autorités européennes et les populations colonisées.
Cette expérience administrative, ainsi que sa connaissance des territoires et des responsables locaux, vont jouer un rôle important dans son engagement au service de la France libre.
Engagement dans la Résistance
Juin 1940 — Refus de l’armistice
Lorsque l’armée allemande envahit la France en mai 1940, Jean Capagorry exerce des responsabilités administratives en Afrique équatoriale.
Il suit les événements militaires grâce au poste de radio qu’il a fait installer à Franceville, au Gabon.
Ce dispositif lui permet de recevoir des nouvelles de métropole et d’écouter les appels radiophoniques diffusés depuis Londres.
Il entend notamment l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.
La défaite française et la signature de l’armistice du 22 juin placent les responsables des territoires coloniaux devant un choix décisif.
Certains demeurent fidèles au gouvernement du maréchal Pétain, tandis que d’autres décident de reconnaître l’autorité du général de Gaulle.
Jean Capagorry choisit la France libre.
Son engagement revêt une dimension principalement politique et administrative.
Contrairement à de nombreux Compagnons de la Libération, il ne dirige pas une unité combattante sur le front européen ou africain.
Il utilise son autorité administrative et son expérience territoriale pour contribuer au ralliement de plusieurs régions de l’Afrique équatoriale française.
Son action s’inscrit dans la stratégie de la France libre visant à disposer d’une base territoriale, militaire et économique en Afrique.
2 septembre 1940 — Ralliement du Haut-Ogooué
Le 2 septembre 1940, Jean Capagorry obtient le ralliement du Haut-Ogooué à la France libre.
Cette opération constitue l’un de ses principaux actes de Résistance.
Elle intervient alors que plusieurs territoires de l’Afrique équatoriale française ont déjà reconnu l’autorité du général de Gaulle.
Le ralliement de l’ensemble de la région demeure cependant incomplet.
Le Gabon constitue notamment un enjeu important, car une partie de son administration et de ses forces militaires reste fidèle au gouvernement de Vichy.
Le colonel Edgard de Larminat confie à Capagorry le commandement administratif de Pointe-Noire, au Moyen-Congo.
Avant de rejoindre ce poste, celui-ci entreprend de consolider le ralliement des territoires gabonais.
Septembre-octobre 1940 — Ralliement de l’est du Gabon
À partir du 9 septembre 1940, avec l’accord du colonel de Larminat, Jean Capagorry prend la tête d’un détachement d’environ quarante gardes.
Il descend l’Ogooué et entreprend de rallier plusieurs postes administratifs.
Son action concerne notamment Lastrouville, Koulamoutou, Makokou et Mékambo.
Les opérations reposent essentiellement sur son autorité, sa connaissance des responsables locaux et sa capacité à obtenir leur adhésion.
Il cherche à éviter les affrontements armés entre Français.
Cependant, certains administrateurs refusent de reconnaître la France libre.
Le département du N’Djouhé constitue l’un des secteurs où le ralliement rencontre des difficultés.
Jean Capagorry intervient une première fois sans parvenir à convaincre l’administrateur.
Le 7 octobre 1940, il retourne sur place avec des moyens supplémentaires.
Il relève l’administrateur de ses fonctions et obtient le ralliement de l’ensemble du département.
Cette intervention contribue à affaiblir les positions du gouvernement de Vichy dans le Gabon oriental.
Elle prépare la réunification politique de l’Afrique équatoriale française sous l’autorité de la France libre.
À l’automne 1940, les opérations militaires conduites contre les forces demeurées fidèles à Vichy aboutissent à la prise de Lambaréné et au ralliement du Gabon.
Jean Capagorry rejoint alors Pointe-Noire, où il poursuit ses responsabilités administratives.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Résistance en Afrique équatoriale française (AEF)
Jean Capagorry participe directement au ralliement de plusieurs territoires africains à la France libre.
Son action est essentiellement administrative et politique, même si elle implique le commandement de détachements armés.
France libre
Il reconnaît l’autorité du général de Gaulle dès 1940 et contribue à l’implantation de la France libre dans les territoires coloniaux.
Conseil de défense de l’Empire
Jean Capagorry est nommé membre de cet organisme le 6 janvier 1943.
Le Conseil de défense de l’Empire participe à l’organisation politique et administrative de la France libre.
Administration de la France combattante
À partir de novembre 1942, Jean Capagorry exerce les fonctions de gouverneur de La Réunion au nom du général de Gaulle.
Son activité contribue au rétablissement de l’autorité de la France combattante dans l’océan Indien.
Aucune appartenance à un réseau clandestin de renseignement ou de sabotage en métropole n’a été établie.
Missions et actions
1940-1942 — Administration de Pointe-Noire et du Moyen-Congo
Après le ralliement du Gabon, Jean Capagorry rejoint Pointe-Noire.
Il prend la direction du département du Kouilou-Niari.
Pointe-Noire constitue alors un centre important de l’Afrique équatoriale française, notamment en raison de ses installations portuaires et de son rôle dans les communications avec l’extérieur.
Les territoires africains ralliés au général de Gaulle représentent une ressource indispensable pour la France libre.
Ils fournissent des moyens humains, des infrastructures, des possibilités de recrutement militaire et des ressources économiques.
L’administration de ces territoires doit également assurer leur fonctionnement quotidien dans des conditions difficiles.
Les communications maritimes sont perturbées et les échanges commerciaux subissent les conséquences de la guerre.
Jean Capagorry participe à cette organisation territoriale.
En février 1942, il est nommé gouverneur intérimaire du Moyen-Congo.
Cette nomination confirme la confiance que lui accordent les autorités de la France libre.
13 mars 1942 — Condamnation à mort par contumace
L’engagement de Jean Capagorry contre le gouvernement de Vichy entraîne des conséquences judiciaires.
Le 13 mars 1942, le tribunal militaire de Clermont-Ferrand le condamne à mort par contumace.
Cette décision sanctionne son ralliement à la France libre et son action contre l’autorité du gouvernement de Vichy.
La condamnation est prononcée alors que Jean Capagorry se trouve hors de portée des autorités métropolitaines.
Elle illustre la violence de la rupture politique et juridique entre le régime de Vichy et les partisans du général de Gaulle.
Jean Capagorry poursuit néanmoins son activité au sein de l’administration de la France libre.
Août 1942 — Départ pour l’océan Indien
En 1942, le général de Gaulle cherche à obtenir le ralliement de La Réunion à la France libre.
L’île occupe une position stratégique dans l’océan Indien.
Elle demeure sous l’autorité du gouvernement de Vichy, représenté par le gouverneur Pierre Aubert.
La situation régionale évolue après l’intervention britannique à Madagascar, commencée en mai 1942.
Les autorités de la France libre souhaitent éviter que La Réunion reste isolée dans le camp de Vichy.
Jean Capagorry reçoit une mission destinée à contribuer au changement d’autorité dans l’île.
Le 26 août 1942, il embarque à bord du contre-torpilleur Léopard, bâtiment des Forces navales françaises libres commandé par le capitaine de frégate Richard Évenou.
Le navire rejoint l’océan Indien.
L’opération doit permettre de remplacer les autorités de Vichy par une administration reconnaissant le général de Gaulle.
27-28 novembre 1942 — Arrivée du Léopard à La Réunion
Le 27 novembre 1942, le Léopard quitte l’île Maurice et se dirige vers La Réunion.
Il arrive devant Saint-Denis dans la nuit du 27 au 28 novembre.
Un premier détachement de marins est débarqué.
D’autres fusiliers marins prennent ensuite le contrôle des principaux centres administratifs et des communications.
Les objectifs comprennent notamment le palais du gouverneur, la gendarmerie, la station de radiodiffusion et les installations de transmission.
Jean Capagorry débarque à Saint-Denis et s’installe dans les locaux du gouvernement.
Le gouverneur Pierre Aubert, demeuré fidèle à Vichy, se trouve alors à Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie.
La prise de contrôle de Saint-Denis s’effectue sans affrontement majeur.
Cependant, la situation devient plus dangereuse dans la région du Port.
28 novembre 1942 — Combats du Port
Les forces demeurées fidèles au gouvernement de Vichy disposent d’une batterie côtière à la pointe des Galets.
Celle-ci ouvre le feu dans la direction du Léopard.
Le contre-torpilleur riposte.
Les tirs provoquent la mort de plusieurs personnes et font des blessés.
Le lieutenant Émile Hugot, responsable de la défense côtière, est grièvement blessé.
Les sources historiques évoquent notamment deux morts parmi les victimes des tirs du bâtiment français libre.
D’autres décès surviennent au cours des événements.
L’importance exacte des pertes doit être appréciée avec prudence, car les bilans disponibles ne présentent pas toujours les victimes selon les mêmes catégories.
Ces affrontements rappellent que le ralliement de La Réunion ne fut pas une opération entièrement pacifique.
Ils illustrent également le caractère fratricide des combats opposant les forces de Vichy et celles de la France libre.
29-30 novembre 1942 — Reddition du gouverneur Aubert
Après les événements du Port, les autorités françaises libres cherchent à obtenir la reddition de Pierre Aubert.
Des négociations s’engagent avec le gouverneur réfugié à Hell-Bourg.
L’objectif est d’éviter de nouveaux affrontements et de permettre une transition administrative.
Le 30 novembre 1942, Pierre Aubert accepte finalement de se rendre.
La cessation des hostilités est annoncée à la population.
Jean Capagorry prend alors officiellement la direction de l’administration de La Réunion.
La passation des pouvoirs constitue un événement majeur de l’histoire de l’île pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle met fin à l’autorité du gouvernement de Vichy et fait entrer La Réunion dans le camp de la France combattante.
Le 1er décembre 1942, un décret signé à Londres par le général de Gaulle confirme la nomination de Jean Capagorry aux fonctions de gouverneur, avec effet rétroactif.
Les documents administratifs présentent quelques différences sur la date exacte de prise de fonctions, selon qu’ils retiennent l’installation de fait, la reddition du gouverneur Aubert ou le décret de nomination.
Décembre 1942 — La question du ravitaillement
Dès son installation, Jean Capagorry doit faire face à une crise économique et alimentaire particulièrement grave.
La Réunion a subi les conséquences du blocus maritime, des restrictions commerciales et de son isolement géographique.
Son économie repose largement sur la culture de la canne à sucre et les exportations de sucre et de rhum.
L’île dépend fortement des importations pour une partie de son alimentation et de ses produits essentiels.
Les échanges avec Madagascar et les autres territoires de l’océan Indien ont été profondément perturbés.
La population souffre de pénuries importantes.
Le nouveau gouverneur s’efforce de rétablir les communications maritimes et les approvisionnements.
Le Léopard et d’autres bâtiments participent à des liaisons avec l’île Maurice et Madagascar.
Ces rotations permettent notamment d’acheminer du riz, de la farine, du savon et des tissus.
Les difficultés restent importantes, mais ces premières livraisons produisent un effet psychologique considérable.
Le retour du riz dans les circuits de distribution vaut à Jean Capagorry le surnom populaire de Papa de riz.
Ce surnom, resté attaché à sa mémoire, illustre l’importance des questions de ravitaillement dans les relations entre la population réunionnaise et son gouverneur.
La situation économique ne peut cependant être résolue immédiatement.
Les pénuries et les difficultés sociales se prolongent pendant une partie de la guerre.
1943 — Réorganisation administrative
Jean Capagorry entreprend également de modifier les institutions mises en place sous le régime de Vichy.
Il cherche à rétablir les principes républicains et à mettre fin aux sanctions prononcées contre certains fonctionnaires et responsables locaux.
À partir du 20 avril 1943, une chambre de révision examine les décisions administratives et disciplinaires prises pendant la période vichyste.
De nombreuses sanctions sont annulées.
Les fonctionnaires révoqués ou rétrogradés pour des motifs politiques peuvent être réintégrés.
Jean Capagorry adopte cependant une politique relativement modérée à l’égard d’une partie des anciens responsables administratifs de Vichy.
Il considère que le rétablissement de l’autorité républicaine doit s’accompagner d’une recherche d’apaisement.
Cette politique répond à une préoccupation pratique : assurer le fonctionnement d’un territoire confronté à une crise économique et sociale majeure.
Elle n’exclut pas des procédures contre certains responsables particulièrement compromis.
Le gouvernement de Jean Capagorry apparaît ainsi marqué par la volonté de concilier la rupture politique avec Vichy et la continuité administrative.
6 janvier 1943 — Conseil de défense de l’Empire
Le 6 janvier 1943, Jean Capagorry est nommé membre du Conseil de défense de l’Empire.
Cette nomination témoigne de la reconnaissance de son rôle dans le ralliement de plusieurs territoires à la France libre.
Elle souligne également la dimension politique de son engagement.
Contrairement aux Compagnons de la Libération dont la distinction récompense principalement des actions militaires, Jean Capagorry appartient à ceux dont l’action a permis de renforcer les bases territoriales et institutionnelles de la France combattante.
1944-1945 — Rétablissement de la vie démocratique
La libération progressive du territoire français et le retour des institutions républicaines entraînent une transformation de l’administration de La Réunion.
Jean Capagorry participe à l’organisation des consultations électorales de 1944 et 1945.
Les autorités s’efforcent de restaurer le fonctionnement régulier des institutions locales.
Cette période reste marquée par des tensions politiques, économiques et sociales.
Le gouverneur cherche néanmoins à préserver le calme et à favoriser la participation de la population à la vie politique.
1946 — Départementalisation de La Réunion
La loi du 19 mars 1946 transforme La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane en départements français.
Cette réforme constitue une rupture institutionnelle majeure.
Elle met juridiquement fin au statut colonial de ces territoires, même si la mise en œuvre concrète de l’égalité administrative, économique et sociale demande plusieurs années.
Jean Capagorry accompagne cette transformation à La Réunion.
Il demeure en fonctions pendant la période de transition précédant l’installation des nouvelles autorités préfectorales.
L’évolution du statut de La Réunion constitue l’une des dernières étapes importantes de sa carrière dans l’île.
Arrestation, évasion et déportation
Jean Capagorry ne fait pas l’objet d’une arrestation connue par les autorités allemandes ou par celles du gouvernement de Vichy.
Il n’est pas identifié comme prisonnier de guerre évadé ni comme déporté.
Il est en revanche condamné à mort par contumace le 13 mars 1942 par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand.
Cette condamnation constitue une mesure de répression politique et judiciaire directement liée à son engagement dans la France libre.
Elle n’entraîne pas son arrestation, puisqu’il poursuit alors ses fonctions en Afrique.
Camarades de combat et compagnons d’engagement
Charles de GAULLE — Chef de la France libre, il dirige le mouvement auquel Jean Capagorry se rallie en 1940. Il lui confie des responsabilités administratives et confirme sa nomination comme gouverneur de La Réunion.
Edgard de LARMINAT — Officier supérieur de la France libre, il participe au ralliement de l’Afrique équatoriale française. Il confie à Jean Capagorry le commandement administratif de Pointe-Noire et soutient ses opérations dans le Gabon oriental.
Richard ÉVENOU — Officier des Forces navales françaises libres, commandant du contre-torpilleur Léopard. Il dirige l’expédition navale qui permet le ralliement de La Réunion en novembre 1942.
Jean CADÉAC D’ARBAUD — Officier des Forces navales françaises libres, il sert à bord du Léopard et participe aux opérations de débarquement destinées à assurer le contrôle de La Réunion.
Raymond BARAQUIN — Officier des Forces navales françaises libres, il exerce des responsabilités opérationnelles lors du débarquement de novembre 1942.
Léon de LÉPERVANCHE — Responsable politique réunionnais favorable à la France libre, il participe aux événements du Port et soutient le changement d’autorité en novembre 1942.
Raymond DECUGIS — Ingénieur des travaux publics et partisan de la France libre à La Réunion, il trouve la mort pendant les événements du 28 novembre 1942 alors qu’il tente d’intervenir dans le secteur de la batterie du Port.
Ces personnalités appartiennent à des environnements militaires, politiques et administratifs différents. Leur coopération contribue néanmoins au ralliement de La Réunion à la France combattante.
Retour à la vie civile
Jean Capagorry poursuit ses fonctions administratives après la Seconde Guerre mondiale.
Il demeure gouverneur de La Réunion pendant la période qui suit la départementalisation.
Son mandat s’achève en 1947, lors de la mise en place de l’administration préfectorale correspondant au nouveau statut du territoire.
En 1948, il est nommé inspecteur général des affaires administratives à Madagascar.
Cette fonction lui permet de poursuivre sa carrière dans l’administration française d’outre-mer.
Il met son expérience au service du contrôle et du fonctionnement des services territoriaux.
En 1951, il prend sa retraite.
Il continue cependant à exercer certaines responsabilités publiques et associatives.
Il est notamment désigné comme représentant de Madagascar au Conseil supérieur des Français de l’étranger.
Il préside également l’Association française de solidarité.
Ces activités prolongent son engagement dans les questions intéressant les Français établis hors de métropole.
Jean Capagorry conserve des liens étroits avec La Réunion.
Il y passe les dernières années de sa vie.
Il meurt à Saint-Denis en mai 1981, à l’âge de quatre-vingt-sept ans.
Une divergence subsiste sur la date exacte de son décès : le champ d’état civil de l’Ordre de la Libération indique le 18 mai, tandis que le texte de la même notice retient le 19 mai.
Il est inhumé au carré militaire de Saint-Denis, à La Réunion.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret de promotion et publication au Journal officiel non établis lors des présentes recherches.
Compagnon de la Libération — Décret du 19 octobre 1944 — Attribution du vivant de l’intéressé — Source : Ordre de la Libération. Date de publication au Journal officiel et cote du dossier individuel non confirmées.
Médaille militaire — Décoration attribuée pour son comportement pendant la Première Guerre mondiale. Source : Ordre de la Libération. Date d’attribution non retrouvée.
Grand officier de l’ordre national du Mérite — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret et publication officielle non établis.
Croix de guerre 1914-1918 avec palme — Décoration attribuée à la suite de son engagement pendant la Première Guerre mondiale. Source : Ordre de la Libération.
Croix du combattant volontaire de la Résistance — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Décision individuelle d’attribution non retrouvée.
Médaille coloniale avec agrafe AOF — Décoration confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre — Source : Ordre de la Libération.
Officier de l’ordre de Polonia Restituta — Pologne — Décoration étrangère confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et acte d’attribution non retrouvés.
Grand officier de l’ordre de l’Étoile d’Anjouan — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Grand officier de l’ordre royal de la Grande Comore — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Commandeur de l’ordre de l’Étoile noire du Bénin — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Chevalier de l’ordre du Dragon d’Annam — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Chevalier de l’ordre du Nichan Iftikhar — Décoration tunisienne confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative n’a pu être confirmée. Cette décoration ne figure pas dans la liste institutionnelle publiée par l’Ordre de la Libération.
Les quatorze distinctions identifiées figurent dans la notice officielle de l’Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Bayonne — Pyrénées-Atlantiques. Ville natale de Jean Capagorry, le 17 février 1894.
Franceville — Gabon. Lieu associé à son engagement dans la France libre et à l’écoute de l’appel du général de Gaulle.
Haut-Ogooué — Gabon. Territoire dont il obtient le ralliement à la France libre le 2 septembre 1940.
Pointe-Noire — République du Congo. Ville dans laquelle il exerce des responsabilités administratives après le ralliement de l’Afrique équatoriale française.
Saint-Denis — La Réunion. Ville où il prend ses fonctions de gouverneur en novembre 1942, où il meurt en mai 1981 et où se trouve sa sépulture.
Le Port — La Réunion. Lieu des affrontements du 28 novembre 1942 entre les défenseurs fidèles à Vichy et les forces de la France libre.
Hell-Bourg — La Réunion. Localité dans laquelle se réfugie le gouverneur Pierre Aubert avant sa reddition du 30 novembre 1942.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution consacrée à la mémoire des Compagnons de la Libération, dont Jean Capagorry fait partie depuis le décret du 19 octobre 1944.
Références bibliographiques
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général de référence consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2010. — Dictionnaire biographique de référence permettant de replacer le parcours de Jean Capagorry dans l’histoire de la France libre.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Textuel, Paris, 2014, 442 p. — Étude générale sur les engagements des Compagnons de la Libération.
De la colonie au département, Conseil départemental de La Réunion, publication historique et pédagogique, pagination non établie. — Présentation de la période de transition institutionnelle conduisant à la départementalisation de 1946.
Le ralliement de La Réunion à la France libre, Les Chemins de la mémoire, n° 231, novembre 2012, ministère de la Défense. — Étude consacrée aux événements de novembre 1942 et aux circonstances du changement d’autorité dans l’île.
Références internet
Ordre de la Libération — Jean CAPAGORRY — Notice biographique institutionnelle présentant son parcours administratif, ses opérations de ralliement, ses responsabilités à La Réunion et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-capagorry
Ministère des Armées, Chemins de mémoire — Le ralliement de La Réunion — Étude historique consacrée aux opérations de novembre 1942 et au passage de La Réunion sous l’autorité de la France libre — https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/sites/default/files/editeur/ralliement%20R%C3%A9union.pdf
Conseil départemental de La Réunion — De la colonie au département — Présentation de l’évolution institutionnelle de La Réunion pendant et après la Seconde Guerre mondiale — https://www.departement974.fr/sites-culturels/index.php/T%C3%A9l%C3%A9charger-document/362-De-la-colonie-au-d%C3%A9partement-texte-des-panneaux.html
Mémoires du Mont-Valérien — L’île de La Réunion dans la Seconde Guerre mondiale — Présentation du ralliement de novembre 1942, de la nomination de Jean Capagorry et de la départementalisation — https://blogmmv.org/2022/12/
Histoire de La Réunion — Charles André Jean Capagorry, gouverneur de l’île — Étude biographique détaillée présentant le déroulement des opérations, la crise du ravitaillement et l’administration de La Réunion — https://www.ile-delareunion.com/fr/histoire/les-gouverneurs/charles-andre-jean-capagorry.html
BPSGM — CAPAGORRY Jean, Compagnon de la Libération — Notice mémorielle retraçant le ralliement de l’Afrique équatoriale française et les événements de novembre 1942 — https://www.bpsgm.fr/capagorry-jean-compagnon-de-la-liberation/
Wikipédia — André Capagorry — Notice encyclopédique secondaire présentant sa carrière administrative et son rôle dans le ralliement de La Réunion — https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Capagorry
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense — Jean CAPAGORRY
Aucune cote individuelle GR 16 P ne peut être attribuée avec certitude à Jean Capagorry à partir des résultats nominativement vérifiables des présentes recherches.
L’appartenance à la France libre et la qualité de Compagnon de la Libération sont néanmoins confirmées par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
La présence éventuelle d’un dossier d’homologation ou d’un état de services dans les archives militaires ne peut être exclue.
Ordre de la Libération — Dossier individuel de Jean CAPAGORRY
L’existence d’un dossier de Compagnon découle de son admission dans l’Ordre par décret du 19 octobre 1944.
Toutefois, sa cote exacte et le contenu détaillé des pièces individuelles n’ont pas été directement établis dans les sources accessibles.
Il convient donc de ne pas attribuer arbitrairement une cote au dossier.
Observations
Jean Capagorry occupe une place particulière parmi les Compagnons de la Libération.
Son engagement ne repose pas principalement sur des actions militaires au combat pendant la Seconde Guerre mondiale, mais sur des opérations politiques et administratives ayant contribué à renforcer l’autorité de la France libre dans plusieurs territoires d’outre-mer.
Son action au Gabon, en septembre et octobre 1940, participe au ralliement de l’Afrique équatoriale française.
Elle contribue à donner au général de Gaulle une base territoriale indispensable à la poursuite de la guerre.
La condamnation à mort prononcée contre lui par le gouvernement de Vichy le 13 mars 1942 témoigne de l’importance politique accordée à ces ralliements.
L’opération de La Réunion, en novembre 1942, constitue la seconde étape majeure de son engagement.
Son rôle doit cependant être distingué de celui des officiers et marins du Léopard, qui assurent matériellement le débarquement et les opérations militaires.
Jean Capagorry exerce essentiellement la responsabilité politique et administrative du changement de gouvernement.
Il prend ensuite en charge un territoire confronté à de graves difficultés économiques.
La crise alimentaire explique l’importance accordée à ses efforts de ravitaillement et l’origine de son surnom de Papa de riz.
Son gouvernement s’inscrit également dans une période de transformation politique.
Après la rupture avec Vichy, il participe au rétablissement des institutions républicaines puis accompagne les débuts de la départementalisation.
Sa biographie présente cependant plusieurs difficultés documentaires.
La première concerne son identité usuelle. La notice de l’Ordre de la Libération est publiée sous le nom de Jean Capagorry, tandis que de nombreuses publications réunionnaises utilisent le prénom André. Ces appellations désignent la même personnalité.
La deuxième concerne la date de son décès. L’Ordre de la Libération indique le 18 mai 1981 dans la rubrique d’état civil et le 19 mai dans le texte de la biographie.
La troisième concerne les dates administratives de sa nomination comme gouverneur, les sources distinguant parfois le débarquement, la prise de fonctions de fait et la signature du décret.
Enfin, l’absence de confirmation directe des cotes des dossiers militaires et du dossier individuel de Compagnon limite la précision de certaines références archivistiques.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité générale, la naissance, la carrière administrative, le ralliement du Haut-Ogooué, les opérations dans le Gabon oriental, la condamnation du 13 mars 1942, le ralliement de La Réunion, les fonctions de gouverneur, l’appartenance au Conseil de défense de l’Empire et l’attribution de la croix de la Libération sont documentés par l’Ordre de la Libération et plusieurs sources historiques concordantes. Les événements de novembre 1942 sont également documentés par des publications institutionnelles. La date exacte du décès et certaines références archivistiques demeurent à confirmer. L’indice A concerne principalement les faits biographiques et historiques essentiels, non l’ensemble des détails administratifs.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 17 février 1894 | Naissance à Bayonne. |
| Août 1914 | Mobilisation pendant la Première Guerre mondiale. |
| 1915 | Grièvement blessé ; réforme. |
| 1917 | Entrée dans les services civils de l’Afrique-Occidentale française. |
| 1917-1919 | Affectation au Soudan français. |
| 1919-1925 | Fonctions administratives à Dakar et Saint-Louis du Sénégal. |
| 1925-1926 | Formation à l’École coloniale. |
| 1926 | Affectation au Moyen-Congo. |
| 1930-1932 | Adjoint au chef du département de la Ngoko-Sangha. |
| 1933-1936 | Chef de la subdivision de Madingou. |
| 1937-1939 | Chef du département du Haut-Ogooué. |
| 1939 | Fonctions dans le département du Kouilou. |
| Juin 1940 | Écoute l’appel du général de Gaulle et décide de rejoindre la France libre. |
| 2 septembre 1940 | Obtient le ralliement du Haut-Ogooué. |
| 9 septembre 1940 | Début de ses opérations de ralliement dans le Gabon oriental. |
| 7 octobre 1940 | Retour dans le département du N’Djouhé et obtention de son ralliement. |
| Novembre 1940 | Ralliement du Gabon à la France libre. |
| 1940-1942 | Responsabilités administratives à Pointe-Noire. |
| Février 1942 | Gouverneur intérimaire du Moyen-Congo. |
| 13 mars 1942 | Condamné à mort par contumace par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand. |
| 26 août 1942 | Embarquement à bord du Léopard. |
| Nuit du 27 au 28 novembre 1942 | Arrivée du Léopard devant Saint-Denis de La Réunion. |
| 28 novembre 1942 | Débarquement des forces françaises libres ; affrontements au Port. |
| 30 novembre 1942 | Reddition du gouverneur Pierre Aubert. |
| 1er décembre 1942 | Décret confirmant sa nomination comme gouverneur de La Réunion. |
| 6 janvier 1943 | Nomination au Conseil de défense de l’Empire. |
| 20 avril 1943 | Mise en œuvre des procédures de révision des sanctions de la période de Vichy. |
| 19 octobre 1944 | Attribution de la croix de la Libération. |
| 1944-1945 | Organisation du retour à la vie démocratique. |
| 19 mars 1946 | Loi de départementalisation de La Réunion. |
| 1947 | Fin de ses fonctions de gouverneur et transition vers l’administration préfectorale. |
| 1948 | Nomination comme inspecteur général des affaires administratives à Madagascar. |
| 1951 | Départ à la retraite. |
| Après 1951 | Représentant de Madagascar au Conseil supérieur des Français de l’étranger. |
| 18 ou 19 mai 1981 | Décès à Saint-Denis de La Réunion. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Prénoms et nom usuel | Ordre de la Libération : Jean CAPAGORRY. Sources réunionnaises : André CAPAGORRY, Jean Charles André CAPAGORRY ou Charles André Jean CAPAGORRY. | Il s’agit de la même personnalité. L’ordre exact des prénoms doit être confirmé par l’acte de naissance. |
| Date du décès | Ordre de la Libération, champ d’état civil : 18 mai 1981. Texte biographique de la même institution : 19 mai 1981. | Divergence interne à la source officielle. La date exacte nécessite une vérification d’état civil. |
| Début du gouvernement de La Réunion | Ordre de la Libération : 30 novembre 1942. Sources réunionnaises : effet au 29 novembre et décret du 1er décembre 1942. | Les dates peuvent correspondre à des étapes administratives distinctes. Le décret original permettrait de fixer précisément la date juridique de nomination. |
| Déroulement des combats de novembre 1942 | Ordre de la Libération : présentation synthétique. Chemins de mémoire et sources locales : description détaillée des affrontements. | Les sources concordent sur l’existence des combats et le ralliement définitif de l’île, mais diffèrent dans le détail des opérations et des pertes. |
| Date de fin des fonctions de gouverneur | Sources historiques réunionnaises : 1947. Certaines notices secondaires évoquent 1948. | L’année 1947 correspond à la transition vers l’administration préfectorale. En 1948, Capagorry reçoit une nouvelle affectation à Madagascar. |
| Dossiers archivistiques | Ordre de la Libération : qualité de Compagnon confirmée. Cotes individuelles non établies. | Aucune référence précise ne doit être affirmée sans identification dans un instrument de recherche officiel. |
| Médaille de la Résistance française | Absente de la liste officielle des décorations. | Attribution non confirmée. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Jean CAPAGORRY — Notice biographique institutionnelle relative à sa carrière, son engagement dans la France libre, ses responsabilités administratives et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-capagorry ; Ministère des Armées, Chemins de mémoire — Le ralliement de La Réunion — Étude des opérations militaires et politiques de novembre 1942 — https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/sites/default/files/editeur/ralliement%20R%C3%A9union.pdf ; Conseil départemental de La Réunion — De la colonie au département — Présentation de la situation de l’île pendant la guerre et de la départementalisation — https://www.departement974.fr/sites-culturels/index.php/T%C3%A9l%C3%A9charger-document/362-De-la-colonie-au-d%C3%A9partement-texte-des-panneaux.html ; Mémoires du Mont-Valérien — L’île de La Réunion dans la Seconde Guerre mondiale — Présentation du ralliement de 1942 et de la nomination de Capagorry — https://blogmmv.org/2022/12/ ; Histoire de La Réunion — Charles André Jean Capagorry — Étude biographique consacrée au gouverneur et aux événements de novembre 1942 — https://www.ile-delareunion.com/fr/histoire/les-gouverneurs/charles-andre-jean-capagorry.html ; BPSGM — CAPAGORRY Jean, Compagnon de la Libération — Notice mémorielle consacrée aux ralliements de l’Afrique équatoriale française et de La Réunion — https://www.bpsgm.fr/capagorry-jean-compagnon-de-la-liberation/ ; Wikipédia — André Capagorry — Notice encyclopédique secondaire — https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Capagorry