Jacques Jean Raymond BRANET, né le 1er janvier 1915 à Paris 17e, mort le 4 février 1969 à Paris, français. L’Ordre de la Libération confirme les dates et lieux de naissance et de décès ; ses trois prénoms sont également attestés par les listes officielles de l’Ordre.
Jeunesse et formation
Fils d’un conseiller d’État également administrateur de sociétés, Jacques BRANET est étudiant lorsqu’il est appelé sous les drapeaux en 1936. Élève officier de réserve à Saumur, il est nommé aspirant en 1938 et demande à être maintenu dans l’armée active. Cette formation de cavalier conditionne toute sa carrière ultérieure dans les unités blindées et de cavalerie.
Engagement dans la Résistance
Au début de la campagne de France de 1940, le lieutenant BRANET commande un peloton du 8e Régiment de dragons à cheval. Il se distingue au combat et reçoit une première citation. Fait prisonnier le 23 mai 1940, il est transféré en Allemagne.
Le 27 mars 1941, il s’évade de l’Oflag II D avec Alain de BOISSIEU et Aloyse KLEIN. Les trois hommes gagnent la Lituanie, alors occupée par les forces soviétiques. BRANET est interné pendant environ trois mois par les autorités soviétiques, qui le considèrent comme espion. Après l’attaque de l’URSS par l’Allemagne en juin 1941, les Français internés peuvent finalement quitter le territoire soviétique. BRANET fait partie du groupe de 186 Français conduit par Pierre BILLOTTE, qui rejoint la Grande-Bretagne par Arkhangelsk et le Spitzberg. Il signe son engagement dans les Forces françaises libres en septembre 1941.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Le parcours de Jacques BRANET relève essentiellement des Forces françaises libres et non d’un réseau clandestin de la Résistance intérieure.
À compter du 1er décembre 1941, il commande l’Escadron mixte du camp d’Old Dean en Grande-Bretagne. À Camberley, il participe à la constitution de la 3e Compagnie de chars de combat des FFL. Promu capitaine en mars 1942, il demeure à la tête de cette formation.
En mai 1943, son unité débarque à Suez et rejoint la Force L du général LECLERC. Après rassemblement à Sabratha, en Tripolitaine, avec les 1re et 2e compagnies de chars, les trois unités constituent le 1er juillet 1943 le 501e Régiment de chars de combat, intégré à la future 2e Division blindée. BRANET commande le 3e escadron. L’Ordre de la Libération rattache officiellement son parcours au 501e RCC et à la 3e compagnie de chars.
Missions et actions
Le 501e RCC est réorganisé et équipé selon le modèle américain puis s’entraîne au Maroc. En mai 1944, Jacques BRANET embarque avec la 2e DB à Oran à destination de l’Angleterre. Il débarque en France le 2 août 1944.
Pendant la campagne de Normandie, il dirige son escadron notamment dans la forêt d’Écouves. Sur la route d’Écouché, sa colonne de chars immobilise une colonne allemande que la notice officielle identifie comme appartenant à la « 115e Panzer » et fait environ 300 prisonniers.
Le 24 août 1944, son unité s’empare de Wissous et de Fresnes dans la progression vers Paris. Le 25 août, BRANET est blessé par plusieurs éclats de grenade rue de Rivoli alors qu’il conduit son groupement. Celui-ci participe ensuite à l’action qui aboutit à la capture, à l’hôtel Meurice, du général commandant les forces allemandes du « Gross Paris » et de son état-major.
Après Paris, BRANET poursuit la campagne dans les Vosges. Il est de nouveau blessé par un éclat d’obus le 31 octobre 1944 à Hablainville, en Meurthe-et-Moselle. En novembre, il participe aux opérations d’Alsace et à la libération de Strasbourg, avant de terminer la guerre en Allemagne.
Arrestation / évasion / déportation
Jacques BRANET n’a pas été déporté au titre de la répression de la Résistance. Il a été prisonnier de guerre en Allemagne à partir du 23 mai 1940, puis évadé de l’Oflag II D le 27 mars 1941. Il a ensuite été interné en URSS pendant environ trois mois avant de rejoindre les Forces françaises libres.
L’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération signale néanmoins un dossier DAVCC AC 21 P 716853 au nom de Jacques BRANET dans une rubrique consacrée aux dossiers individuels conservés à Caen. Cette référence archivistique ne doit pas être interprétée, à elle seule, comme la preuve d’une déportation résistante, laquelle est contredite par le déroulement documenté de son parcours.
Camarades de combat
Alain de BOISSIEU est son compagnon d’évasion de l’Oflag II D. Aloyse KLEIN participe également à cette évasion. Pierre BILLOTTE conduit le groupe de 186 Français évacués d’URSS vers la Grande-Bretagne en 1941. Philippe LECLERC de HAUTECLOCQUE devient ensuite son chef au sein de la Force L puis de la 2e DB.
Au 501e RCC, BRANET combat notamment aux côtés de plusieurs futurs Compagnons de la Libération. Raymond MEYER, blessé à Écouché, rejoint notamment BRANET comme adjoint à la fin de septembre 1944.
Retour à la vie civile
Jacques BRANET ne retourne pas immédiatement à la vie civile : il poursuit une carrière militaire importante après 1945. Promu chef d’escadrons après la capitulation allemande, il sert auprès du Résident général de France à Tunis, d’abord au service de l’Information puis comme chef de cabinet militaire. Entre 1947 et 1951, il effectue plusieurs missions au Fezzan, en Tunisie, au Tchad et au Maroc.
Il prend le commandement du 7e Régiment de cuirassiers en décembre 1951 puis entre à l’École supérieure de guerre en 1953. Lieutenant-colonel en février 1956, il sert successivement dans les cabinets de Maurice BOURGÈS-MAUNOURY et de Robert LACOSTE. À partir d’août 1957, il commande en Algérie le 5e Régiment de spahis algériens, où il obtient deux citations. En juillet 1958, il rejoint l’état-major particulier du général de GAULLE à la présidence du Conseil.
Promu colonel en octobre 1959, il commande ensuite le 6e Régiment de spahis de juin 1960 à septembre 1961. Auditeur du Centre des hautes études militaires et de l’IHEDN en 1962, il devient en 1963 adjoint au gouverneur militaire de Paris et commandant de la 1re Région. Des problèmes de santé l’obligent à quitter le service actif ; il est placé en deuxième section avec le grade de général de brigade en février 1966. Il meurt au Val-de-Grâce le 4 février 1969 et est inhumé à Saint-Hélène-du-Lac en Savoie.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur — confirmé par la notice officielle de l’Ordre de la Libération. Un dossier Léonore est signalé sous la notice n° 53628 ; son contenu intégral n’a pas été exploité ici.
Compagnon de la Libération — décret du 13 juillet 1945. L’inventaire de l’Ordre conserve l’ampliation du décret datée du 17 juillet 1945 dans le dossier 1 A 142. Le décret du 13 juillet 1945 cite explicitement le capitaine BRANET parmi les nouveaux Compagnons.
Croix de guerre 1939-1945 — six citations — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix de la Valeur militaire — trois citations — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille de la Résistance française — confirmée par l’Ordre de la Libération et par la base Mémoire des hommes. Une source secondaire attribue cette médaille au décret du 31 mars 1947 ; le décret primaire, la date exacte de publication au Journal officiel et la cote du dossier de médaille n’ont pas été retrouvés directement lors des présentes recherches. Cette décoration n’est pas posthume, Jacques BRANET étant décédé en 1969.
Croix du combattant volontaire 1939-1945 — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix du combattant volontaire de la Résistance — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille des Évadés — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative des Services volontaires dans la France libre — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Presidential Unit Citation — États-Unis — signalée par l’Ordre de la Libération ; le document américain d’attribution n’a pas été retrouvé au cours des présentes recherches.
Commandeur de l’ordre de l’Étoile noire — signalé par l’Ordre de la Libération.
Commandeur du Nichan Iftikhar — Tunisie — signalé par l’Ordre de la Libération.
Commandeur du Ouissam alaouite — Maroc — signalé par l’Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Jacques BRANET repose à Saint-Hélène-du-Lac, en Savoie. Le Souvenir Français de Savoie lui consacre une notice dans le cadre du fleurissement des tombes des Compagnons de la Libération.
Son parcours demeure également associé à l’Oflag II D, à Camberley, au 501e RCC, à Écouché, Wissous, Fresnes, Paris, Hablainville et Strasbourg. Le Service historique de la Défense conserve en outre un fonds personnel du général BRANET coté GR 1 K 759, comprenant notamment ses carnets, souvenirs, documents sur son évasion et une carte de l’Oflag II D.
Références bibliographiques
L’Escadron. Carnets d’un cavalier — Jacques BRANET — Paris, Flammarion, 1968. Témoignage personnel publié par BRANET lui-même ; source majeure pour son parcours militaire.
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence sur les Compagnons.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2023, 1 600 p. Ouvrage biographique de référence recensé par l’Ordre de la Libération.
Les Compagnons de l’Aube — Guillaume PIKETTY — Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude collective sur les parcours des Compagnons.
Prisonniers de la liberté : l’odyssée des 218 évadés par l’URSS, 1940-1941 — Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC — Paris, Gallimard, 2003. Ouvrage particulièrement utile pour replacer l’évasion et le passage par l’URSS de BRANET dans leur contexte.
Références internet
Ordre de la Libération — Jacques BRANET — notice institutionnelle principale : état civil, évasion, Forces françaises libres, 501e RCC, campagnes, carrière et décorations.
Ordre de la Libération — Jacques BRANET
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers de Compagnons, lettre B — dossier Jacques BRANET, cote 1 A 142 ; références complémentaires SHD GR 16 P 87822 et DAVCC AC 21 P 716853.
Ordre de la Libération — Inventaire lettre B
Service historique de la Défense — Général Jacques BRANET — fonds personnel GR 1 K 759.
SHD — Général Jacques BRANET
Musée de la Résistance en ligne — Répertoire SHD GR 16 P, lettre B — confirmation de Jacques Jean BRANET, né le 1er janvier 1915 à Paris, cote GR 16 P 87822.
Musée de la Résistance en ligne — Répertoire GR 16 P
Ordre de la Libération — Armée de terre, 501e RCC — constitution de la 3e compagnie de chars à Camberley et formation du 501e RCC en juillet 1943.
Ordre de la Libération — 501e RCC
Mémoire Vive de la Résistance — Alain de BOISSIEU — mention de l’évasion de l’Oflag II D avec Jacques BRANET.
MVR — Alain de BOISSIEU
Wikipédia — Jacques BRANET — notice développée utilisée uniquement comme source secondaire pour contrôle croisé, notamment sur la date du décret de la Médaille de la Résistance.
Wikipédia — Jacques BRANET
Dossier d’homologation consulté
Le dossier physique SHD GR 16 P 87822 — BRANET Jacques Jean, né le 1er janvier 1915 à Paris n’a pas été directement consulté dans son intégralité. Sa cote et son identité ont été vérifiées dans le répertoire nominatif du SHD diffusé par le Musée de la Résistance en ligne et dans l’inventaire de l’Ordre de la Libération.
Le dossier de Compagnon 1 A 142 n’a pas davantage été ouvert pièce par pièce ; son inventaire détaillé a en revanche été consulté. Il contient notamment l’ampliation du décret d’attribution de la Croix de la Libération, le reçu du diplôme n° 79, des fiches de renseignements, un état des services, des extraits de Retour par l’U.R.S.S. et l’hommage prononcé par Alain de BOISSIEU en 1969.
Le SHD conserve également un fonds personnel GR 1 K 759, daté de 1939 à 1958, comprenant des carnets de notes, souvenirs, documents sur l’évasion et une carte de l’Oflag II D.
Observations
L’identité de Jacques BRANET est solidement établie. Le répertoire GR 16 P donne « Jacques Jean BRANET », tandis que les listes officielles de l’Ordre de la Libération donnent ses trois prénoms Jacques Jean Raymond. Il n’existe pas de difficulté sérieuse d’homonymie : le répertoire recense également Clément BRANET, Gustave André BRANET et René Joseph Émilien BRANET, avec dates de naissance distinctes.
Une divergence mineure existe sur la date exacte de l’évasion de l’Oflag II D : la notice officielle de Jacques BRANET à l’Ordre de la Libération donne le 27 mars 1941, tandis que la notice MVR consacrée à Alain de BOISSIEU mentionne le 28 mars 1941. Pour BRANET, la date du 27 mars est retenue car elle provient de sa propre notice institutionnelle à l’Ordre de la Libération.
La présence d’un dossier DAVCC AC 21 P 716853 ne doit pas conduire à qualifier BRANET de déporté. Son parcours établi est celui d’un prisonnier de guerre évadé, puis interné par les Soviétiques avant de rejoindre la France libre.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — identité, naissance, évasion, internement soviétique, engagement FFL, unités, campagnes de 1944-1945, blessures, carrière militaire, décès, Croix de la Libération et principales décorations reposent sur des sources institutionnelles concordantes, notamment l’Ordre de la Libération et le Service historique de la Défense. La seule réserve documentaire notable concerne la date précise d’attribution de la Médaille de la Résistance et quelques détails secondaires non retrouvés dans leur source primaire.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1er janvier 1915 | Naissance à Paris 17e |
| 1936 | Appelé sous les drapeaux ; élève officier de réserve à Saumur |
| 1938 | Aspirant ; maintenu en activité |
| Mai 1940 | Lieutenant au 8e Régiment de dragons |
| 23 mai 1940 | Fait prisonnier |
| 27 mars 1941 | Évasion de l’Oflag II D avec Alain de BOISSIEU et Aloyse KLEIN |
| Printemps 1941 | Passage en Lituanie puis internement en URSS |
| Septembre 1941 | Arrivée en Grande-Bretagne et engagement dans les FFL |
| 1er décembre 1941 | Commande l’Escadron mixte d’Old Dean |
| Mars 1942 | Promu capitaine |
| Mai 1943 | Débarquement à Suez ; rattachement à la Force L |
| 1er juillet 1943 | Formation du 501e RCC ; commande du 3e escadron |
| Mai 1944 | Embarquement d’Oran pour l’Angleterre |
| 2 août 1944 | Débarquement en France |
| Août 1944 | Combats de Normandie et d’Écouché |
| 24 août 1944 | Prise de Wissous et Fresnes |
| 25 août 1944 | Blessé à Paris rue de Rivoli |
| 31 octobre 1944 | Blessé à Hablainville |
| Novembre 1944 | Campagne d’Alsace et libération de Strasbourg |
| 13 juillet 1945 | Nommé Compagnon de la Libération |
| 1951 | Commande le 7e Régiment de cuirassiers |
| 1957 | Commande le 5e Régiment de spahis algériens |
| Juillet 1958 | État-major particulier du général de GAULLE |
| 1960-1961 | Commande le 6e Régiment de spahis |
| 1963 | Adjoint au gouverneur militaire de Paris |
| Février 1966 | Général de brigade en deuxième section |
| 4 février 1969 | Décès au Val-de-Grâce à Paris |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
|---|---|---|---|
| Date d’évasion de l’Oflag II D | Ordre de la Libération : 27 mars 1941 | MVR, notice Alain de BOISSIEU : 28 mars 1941 | 27 mars 1941, date retenue pour BRANET |
| Prénoms | GR 16 P : Jacques Jean | Ordre de la Libération : Jacques Jean Raymond | Jacques Jean Raymond BRANET |
| Médaille de la Résistance | Ordre de la Libération : décoration confirmée, sans date affichée | Wikipédia : décret du 31 mars 1947 | Décoration certaine ; décret du 31 mars 1947 conservé comme indication secondaire en attente du document primaire |
Sources consultées
Ordre de la Libération — notice Jacques BRANET. Source principale pour l’état civil, la campagne de 1940, l’évasion de l’Oflag II D, l’engagement FFL, la création de la 3e compagnie de chars, le 501e RCC, les campagnes de Normandie, Paris, Vosges et Alsace, la carrière après-guerre, le décès et les décorations. Consulter la notice Jacques BRANET
Ordre de la Libération — inventaire des dossiers de Compagnons, lettre B. Confirmation de la cote 1 A 142, du contenu archivistique du dossier et des références complémentaires GR 16 P 87822 et AC 21 P 716853. Consulter l’inventaire lettre B
Service historique de la Défense — fonds Général Jacques BRANET, GR 1 K 759. Confirmation de l’existence de carnets, souvenirs et documents sur son évasion et sa carrière. Consulter la notice SHD GR 1 K 759
Musée de la Résistance en ligne — répertoire nominatif SHD GR 16 P. Confirmation de GR 16 P 87822, BRANET Jacques Jean, né le 1er janvier 1915 à Paris. Consulter le répertoire GR 16 P
Ordre de la Libération — historique du 501e RCC. Confirmation de la constitution à Camberley de la 3e compagnie de chars et de la formation du 501e RCC à Sabratha. Consulter l’historique du 501e RCC
Mémoire Vive de la Résistance — notice Alain de BOISSIEU. Contrôle de l’évasion commune de l’Oflag II D et mise en évidence de la divergence d’un jour sur la date. Consulter la notice MVR Alain de BOISSIEU
Wikipédia — Jacques BRANET. Consultation obligatoire comme source secondaire développée ; utilisée uniquement pour comparaison et pour l’indication du décret du 31 mars 1947 relatif à la Médaille de la Résistance, faute de document primaire retrouvé lors de cette recherche. Consulter la notice Wikipédia Jacques BRANET