Claude Étienne BONNIER, alias Templeuve, Carvin, Hypoténuse, né le 4 novembre 1897 à Paris, 8e arrondissement, mort le 9 février 1944 au Bouscat (Gironde), Français, ingénieur des Mines, ingénieur et dirigeant de l’industrie aéronautique, officier du génie pendant la Première Guerre mondiale, commandant de l’Armée de l’air en 1939-1940, agent du BCRA et Délégué militaire régional de la région B, Compagnon de la Libération à titre posthume.
Jeunesse, formation et Première Guerre mondiale
Claude BONNIER est le fils d’un médecin. Élève du lycée Condorcet à Paris, il suit une formation scientifique particulièrement brillante. Alors qu’il est encore en classe de mathématiques spéciales, il décide en avril 1915, à dix-sept ans et demi, de s’engager volontairement dans l’armée.
Affecté comme sapeur-mineur au 1er régiment du génie, il suit rapidement les cours d’élève officier de réserve à Angers. En septembre 1915, il est nommé aspirant au 3e régiment du génie. Après environ six mois passés au front, il est admis au cours spécial des élèves officiers du Génie à Versailles.
Promu sous-lieutenant en novembre 1916, il retourne au front. En novembre 1917, il est envoyé avec son unité sur le front italien. Il termine la Grande Guerre avec le grade de lieutenant, la Légion d’honneur et quatre citations à la Croix de guerre 1914-1918. Sa participation à la Première Guerre mondiale est également confirmée par l’exposition de l’Ordre de la Libération consacrée aux Compagnons anciens combattants de 1914-1918.
Formation scientifique et carrière avant-guerre
Après la guerre, Claude BONNIER reprend ses études supérieures. En 1920, il est reçu parmi les premiers à la fois à l’École polytechnique et à l’École des Mines. Il choisit cette dernière et obtient en 1922 le diplôme d’ingénieur civil des Mines.
Il poursuit parallèlement des études scientifiques à la Sorbonne et obtient en 1925 un doctorat ès sciences. Il entre alors à la Station nationale des recherches et expériences techniques de Bellevue, où il travaille notamment sur l’amélioration du rendement des carburants et sur les moteurs.
Engagé dans les milieux socialistes, il est secrétaire des étudiants socialistes. En 1923, il épouse la fille de Pierre RENAUDEL, député socialiste du Var.
Passionné par l’aviation et les techniques aéronautiques, Claude BONNIER exerce pendant quelques mois, en 1936, les fonctions de directeur de cabinet de Marcel DÉAT, alors ministre de l’Air dans le gouvernement Albert SARRAUT. En 1937, il devient chargé de cours dans l’enseignement aéronautique et président-directeur général de la Société nationale de construction des moteurs, issue de la nationalisation de l’industrie aéronautique.
Campagne de 1939-1940
Mobilisé en septembre 1939 comme affecté spécial en raison de ses responsabilités industrielles, Claude BONNIER demande cependant à rejoindre une unité militaire. Il est affecté à la base aérienne de Chartres avec le grade de commandant mécanicien de l’Armée de l’air.
Envoyé ensuite à Gravelines, il participe aux opérations de mai 1940. Évacué de Dunkerque vers l’Angleterre à la fin du mois de mai, il se distingue par son sang-froid dans des circonstances particulièrement difficiles et reçoit une citation à l’ordre de l’armée.
Revenu en France, il est démobilisé en août 1940.
Refus de l’Occupation et départ vers l’Afrique du Nord
À son retour à Paris, Claude BONNIER retrouve son entreprise occupée par les Allemands. Il démissionne en décembre 1940. Dans l’attente de pouvoir quitter la métropole, il crée à Courbevoie, durant l’été 1941, une petite entreprise de construction de moteurs.
En janvier 1942, il établit à Alger une usine qui lui permet notamment de faire sortir de France des techniciens qualifiés. Il effectue alors plusieurs déplacements entre la métropole et l’Afrique du Nord et élabore parallèlement des projets d’action contre l’occupant.
Il se trouve à Alger au moment du débarquement allié en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942.
Engagement dans la France libre et le BCRA
Désireux de reprendre directement le combat, Claude BONNIER ne trouve pas en Afrique du Nord l’emploi opérationnel qu’il souhaite. Il rejoint alors la Grande-Bretagne après s’être engagé dans les Forces aériennes françaises libres à Sfax le 1er mai 1943.
À Londres, il est affecté au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), placé sous les ordres du colonel PASSY. Il suit une formation au camp de Camberley puis à l’école de parachutistes de Largo, où il obtient son brevet.
Promu lieutenant-colonel, il est désigné Délégué militaire régional (DMR) de la région B, correspondant à la région de Bordeaux et couvrant une vaste partie du Sud-Ouest. La Fondation de la Résistance confirme que Claude BONNIER est choisi par le BCRA pour prendre la responsabilité de la région B dans le cadre de la mise en place, à l’automne 1943, du système des délégués militaires régionaux.
Appartenance à un réseau ou une organisation
Claude BONNIER relève principalement de deux structures :
BCRA — Bureau central de renseignements et d’action, service de renseignement et d’action de la France libre à Londres.
DMR — Délégation militaire régionale, dont il reçoit la responsabilité pour la région B — Bordeaux.
Ses pseudonymes attestés par l’Ordre de la Libération sont Templeuve, Carvin et surtout Hypoténuse.
La MVR le présente également comme DMR de la région B sous les alias Hypoténuse et Carvin.
Mission Hypoténuse
Claude BONNIER est renvoyé clandestinement en France avec son adjoint Jacques NANCY, alias « Sape ». L’Ordre de la Libération situe leur arrivée en Charente dans la nuit du 15 au 16 novembre 1943, tandis que d’autres sources donnent les nuits des 14-15 ou 13-14 novembre. Cette divergence de datation est signalée plus loin.
Le terrain d’atterrissage, appelé « Albatros », se situe près d’Angeac-Charente, au sud-est de Jarnac. L’opération est assurée par Lysander avec l’aide d’une équipe du Bureau des opérations aériennes.
La mission confiée à BONNIER est considérable : il doit remettre en état l’organisation militaire clandestine d’une région profondément déstabilisée par l’affaire et la trahison d’André GRANDCLÉMENT, rétablir les relations avec Londres, réorganiser les responsables départementaux, préparer les sabotages et les parachutages, et coordonner les forces paramilitaires en vue du futur débarquement allié.
Réorganisation de la région B
Installé clandestinement dans la région bordelaise sous le pseudonyme d’Hypoténuse, Claude BONNIER se heurte à une situation particulièrement difficile. Les arrestations, les rivalités entre organisations et les conséquences de l’affaire GRANDCLÉMENT ont profondément désorganisé la Résistance régionale.
Avec Jacques NANCY, il entreprend de remettre sur pied les structures militaires. Il recrute et désigne des responsables départementaux, visite les groupes résistants, inspecte les maquis et développe des groupes francs de sabotage.
Son adjoint Jacques NANCY est particulièrement chargé de la formation, de l’instruction et de l’armement des équipes chargées des sabotages. La notice MVR consacrée à NANCY indique qu’en quelques mois environ soixante-dix groupes de saboteurs sont organisés dans la région.
Préparation du Plan vert
Une mission essentielle de BONNIER consiste à préparer l’application du Plan vert, plan allié destiné à provoquer, au moment du débarquement, des destructions massives du réseau ferroviaire afin de ralentir l’acheminement des renforts allemands vers les zones de combat.
Dans ce cadre, BONNIER et NANCY doivent obtenir de Londres des armes et des explosifs, préparer les parachutages et répartir les moyens entre les différents groupes.
La Fondation de la Résistance rappelle que les DMR jouent précisément ce rôle : ils organisent les liaisons radio avec Londres, obtiennent les parachutages et distribuent armes et explosifs aux organisations clandestines.
Relations avec la Résistance locale
La mission de Claude BONNIER se déroule dans un climat particulièrement complexe. Son autorité, directement issue du BCRA et de Londres, n’est pas toujours acceptée par les responsables locaux.
Les sources signalent notamment des tensions avec le colonel Eugène CAMPLAN, responsable régional de l’OCM, ainsi qu’avec d’autres responsables de la Résistance bordelaise. Le Musée de la Résistance en ligne évoque explicitement l’opposition entre BONNIER et CAMPLAN sur la conception de l’action et sur l’autorité du DMR.
Ces conflits doivent être replacés dans le contexte général de l’automne 1943 : Londres tente alors d’imposer une coordination militaire plus structurée à des organisations résistantes qui se sont développées de manière autonome.
Arrestation
Le 9 février 1944, Claude BONNIER est arrêté par la Gestapo. Il est transféré au Bouscat, dans la banlieue de Bordeaux.
L’arrestation intervient alors que les services allemands lancent une série d’opérations qui frappent durement les responsables régionaux. Le Musée de la Résistance en ligne souligne que les rafles du 9 au 15 février désorganisent gravement l’état-major régional.
BONNIER est interrogé et torturé. Selon l’Ordre de la Libération, il ne livre aucune information.
Mort
Le soir même du 9 février 1944, Claude BONNIER décide de se donner la mort afin d’éviter de risquer de parler sous la torture.
L’Ordre de la Libération fournit une description précise : les mains liées derrière le dos, il réussit à faire tomber sur le sol une capsule de cyanure dissimulée dans sa ceinture, puis se couche afin de pouvoir l’avaler.
Cette décision s’inscrit dans la pratique des agents clandestins du BCRA auxquels une capsule de poison pouvait être remise pour éviter la divulgation, sous torture, d’informations mettant en danger l’ensemble d’une organisation.
Une publication pédagogique récente de l’Ordre de la Libération cite explicitement Claude BONNIER parmi les résistants qui se suicident pour ne pas risquer de parler sous la torture.
Il est nommé colonel à titre posthume.
Camarades et personnes directement liées
Jacques NANCY, alias « Sape » — adjoint direct de Claude BONNIER lors de la mission Hypoténuse. Il revient en France avec lui et reçoit plus particulièrement la responsabilité de la constitution des groupes de sabotage. Après la mort de BONNIER, il poursuit la lutte et constitue sa Section spéciale de sabotage.
André GRANDCLÉMENT — ancien responsable régional dont l’affaire et la trahison ont profondément désorganisé la Résistance régionale avant l’arrivée de BONNIER. La mission Hypoténuse a précisément pour objectif de restaurer une organisation gravement compromise.
Eugène CAMPLAN — responsable régional de l’OCM, avec lequel BONNIER connaît des désaccords importants sur l’autorité du DMR et la stratégie à suivre.
Jean LAPEYRE-MENSIGNAC, Charles FRANC, René CHABASSE, Pierre BARRÈRE, Dany CHAUMET et Marcel LABRANDE appartiennent aux équipes ayant participé à l’accueil clandestin de BONNIER et NANCY lors de leur retour en France.
Retour à la vie civile
Claude BONNIER étant mort en février 1944, il n’a pas connu le retour à la vie civile.
Sa carrière scientifique et industrielle antérieure et son parcours militaire conduisent toutefois, après la guerre, à de nombreux hommages nationaux et régionaux.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur — distinction confirmée par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération. Claude BONNIER avait déjà obtenu la Légion d’honneur à l’issue de la Première Guerre mondiale. Le décret exact de son élévation au grade de commandeur n’a pas été retrouvé dans une source primaire directement exploitable lors des présentes recherches.
Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — à titre posthume — décret du 28 mai 1945. Le dossier de l’Ordre de la Libération conserve le décret et le reçu du diplôme n° 648.
Croix de guerre 1914-1918 — quatre citations — confirmée par l’Ordre de la Libération ; elle récompense son engagement dans le Génie durant la Première Guerre mondiale.
Croix de guerre 1939-1945 — deux citations — confirmée par l’Ordre de la Libération. L’une de ses citations est liée à son comportement pendant la campagne de mai-juin 1940 et l’évacuation de Dunkerque.
Croix du combattant volontaire — confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix de guerre italienne — distinction étrangère mentionnée par l’Ordre de la Libération, vraisemblablement liée à son service sur le front italien pendant la Première Guerre mondiale. Le texte d’attribution italien n’a pas été retrouvé lors des présentes recherches.
Aucune Médaille de la Résistance française n’apparaît dans la liste officielle des décorations de Claude BONNIER publiée par l’Ordre de la Libération ; elle n’est donc pas ajoutée à cette notice sans source institutionnelle nominative.
Lieux de mémoire
Claude BONNIER est inhumé depuis le 7 mai 1954 dans la crypte du Mémorial de la Résistance de Chasseneuil-sur-Bonnieure, en Charente.
Son souvenir est particulièrement présent en Charente, territoire de son retour clandestin de novembre 1943. Une route Claude-Bonnier, également appelée « chemin de la Liberté », relie des lieux liés à sa mission. Son inauguration et les manifestations organisées en 1984 sont documentées dans le dossier personnel conservé par l’Ordre de la Libération.
Un mémorial Claude-Bonnier « Hypoténuse » existe également à Angeac-Charente, à proximité du terrain où l’opération aérienne de retour en France fut réalisée. Les sources secondaires situent son inauguration en 1984.
Une rue Claude-Bonnier à Bordeaux perpétue également le souvenir du DMR de la région B.
Références bibliographiques
Claude Bonnier, sa vie et sa mort — Mme BONNIER et docteur E. PIERRE-BONNIER — Paris, sans date, 26 p. Première étude biographique familiale consacrée à Claude BONNIER ; elle est recensée dans la base bibliographique du Musée de la Résistance en ligne et figure également parmi les documents conservés dans son dossier à l’Ordre de la Libération.
La mission Hypoténuse du colonel Bonnier, chef de mission du BCRA de Londres, délégué militaire régional, région B, novembre 1943-février 1944 — Jean LAPEYRE-MENSIGNAC, Pierre BARRÈRE, Charles FRANC, Guy MARGARITI et Jacques NANCY — dans Nos combats dans l’ombre, Périgueux, Éditions Pilote 24, 1994, p. 93-133. Étude directement consacrée à la mission de Claude BONNIER, rédigée notamment avec la participation de son adjoint Jacques NANCY et de résistants impliqués dans son accueil et son action clandestine.
Histoire secrète de la Résistance dans le Sud-Ouest — Guy PENAUD — Éditions Sud Ouest. Étude fondée sur des archives françaises, britanniques et allemandes ; particulièrement utile pour replacer Claude BONNIER dans les rivalités et difficultés de la Résistance bordelaise après l’affaire GRANDCLÉMENT.
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000. Ouvrage général de référence permettant de replacer Claude BONNIER parmi les agents du BCRA et les délégués militaires envoyés clandestinement en métropole.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2010 ; nouvelle édition augmentée, 2023. Référence biographique essentielle pour l’état civil, les pseudonymes, les fonctions et les distinctions de Claude BONNIER.
Mémorial des Compagnons 1940-1945 : Compagnons morts entre le 18 juin 1940 et le 8 mai 1945 — ouvrage collectif — Paris, Imprimerie nationale, 1961. Une copie de l’extrait consacré à Claude BONNIER est conservée dans son dossier à l’Ordre de la Libération.
Références internet
Ordre de la Libération — Claude BONNIER. Notice institutionnelle principale : état civil, Première Guerre mondiale, formation scientifique, carrière aéronautique, campagne de 1940, BCRA, mission Hypoténuse, arrestation, mort et décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-bonnier
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Instrument archivistique donnant les dossiers GR 16 P 72432, GR 28 P 4 29524, le dossier britannique HS9 1451/3 et le dossier DAVCC 21 P 276796, ainsi que les pièces relatives à la mission Hypoténuse.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Fondation de la Résistance — La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 105. Étude sur les Délégués militaires régionaux confirmant la nomination de Claude BONNIER à la tête de la région B et précisant le rôle institutionnel des DMR.
https://www.fondationresistance.org/documents/lettre/LettreResistance105.pdf
Mémoire Vive de la Résistance — Les délégués militaires régionaux. Présentation de Claude BONNIER, alias Hypoténuse et Carvin, comme DMR de la région B.
https://mvr.asso.fr/les-delegues-militaires-regionaux-par-francis-agostini-president-de-lunion-federale/
Mémoire Vive de la Résistance — Jacques NANCY. Notice particulièrement utile pour la mission commune de BONNIER et NANCY, leur retour clandestin en Charente, la création des groupes de sabotage et les conséquences de la disparition d’Hypoténuse.
https://mvr.asso.fr/nancy/
Musée de la Résistance en ligne — Claude BONNIER, Charente-Maritime. Notice consacrée à son rôle de DMR, à son arrivée clandestine en France, aux rivalités de la Résistance régionale et à son arrestation.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=8957
Musée de la Résistance en ligne — Claude BONNIER, Landes. Notice confirmant son alias Hypoténuse et sa fonction de DMR de la région B.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=24426
Musée de la Résistance en ligne — ressources bibliographiques. Catalogue signalant notamment Claude Bonnier, sa vie et sa mort.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/salleconsultation/ressources_bibliographiques.php
Wikipédia — Claude Bonnier. Notice secondaire consultée pour recoupement, notamment sur la famille, la carrière scientifique et certains lieux de mémoire ; les données principales ont été contrôlées avec les sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bonnier
Dossier d’homologation consulté
SHD GR 16 P 72432 — BONNIER Claude. L’inventaire de l’Ordre de la Libération signale dans ce dossier notamment une copie de la carte d’identité FFL, un relevé des services et un état des services. La cote est institutionnellement vérifiée ; le dossier intégral du SHD n’a pas été directement consulté en ligne.
SHD GR 28 P 4 29524 — mission Hypoténuse. Dossier particulièrement important comprenant notamment la copie de la citation pour la Croix de la Libération, une convention de travail « Hypoténuse », le projet de mission, l’ordre de mise en route, l’ordre de mission, une fiche de pension pour veuve, un curriculum vitae et un rapport de décès.
National Archives, HS9 1451/3. Dossier britannique signalé dans l’inventaire des archives de l’Ordre de la Libération et relatif à Claude BONNIER.
DAVCC 21 P 276796. Dossier conservé à Caen, également signalé par l’inventaire de l’Ordre ; il contient notamment une copie du livret matricule.
Observations
L’identité, la formation, le parcours militaire des deux guerres, la carrière scientifique et industrielle, l’engagement au BCRA, la nomination comme DMR de la région B et la mort au Bouscat sont très solidement établis.
Deux points nécessitent cependant une attention particulière. Le premier concerne la date exacte du retour clandestin en France : l’Ordre de la Libération donne la nuit du 15 au 16 novembre 1943, la notice MVR de Jacques NANCY celle du 14 au 15 novembre, tandis qu’une notice du Musée de la Résistance en ligne mentionne la nuit du 13 au 14 novembre. Le second concerne la datation de son décès : les sources institutionnelles retiennent le 9 février 1944, tandis que certaines sources parlent de la « nuit du 9 au 10 février ». Ces écarts sont exposés dans le tableau ci-dessous.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, la Première Guerre mondiale, les études à l’École des Mines et à la Sorbonne, la carrière scientifique et aéronautique, la campagne de 1940, l’engagement dans les FAFL et le BCRA, la fonction de Délégué militaire régional de la région B, la mission Hypoténuse, l’arrestation et la mort au Bouscat, le décret de la Croix de la Libération ainsi que les cotes GR 16 P 72432 et GR 28 P 4 29524 sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes : Ordre de la Libération, Service historique de la Défense, Fondation de la Résistance et Musée de la Résistance en ligne.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 4 novembre 1897 | Naissance à Paris, 8e arrondissement. |
| Avril 1915 | Engagement volontaire à dix-sept ans et demi. |
| 1915 | Sapeur-mineur au 1er Génie ; formation EOR à Angers ; aspirant au 3e Génie. |
| Novembre 1916 | Promu sous-lieutenant. |
| Novembre 1917 | Départ avec son unité pour le front italien. |
| 1918 | Termine la guerre lieutenant, décoré de la Légion d’honneur et titulaire de quatre citations. |
| 1920 | Reçu à l’École polytechnique et à l’École des Mines ; choisit les Mines. |
| 1922 | Ingénieur civil des Mines. |
| 1923 | Épouse la fille de Pierre RENAUDEL. |
| 1925 | Docteur ès sciences ; rejoint la Station nationale des recherches et expériences techniques de Bellevue. |
| 1936 | Directeur de cabinet de Marcel DÉAT au ministère de l’Air pendant quatre mois. |
| 1937 | Chargé de cours dans l’enseignement aéronautique ; dirige une société nationale de construction de moteurs. |
| Septembre 1939 | Mobilisé ; demande une affectation opérationnelle. |
| Mai 1940 | Participe aux opérations de Gravelines et est évacué de Dunkerque vers l’Angleterre. |
| Août 1940 | Démobilisé et revient à Paris. |
| Décembre 1940 | Démissionne de son entreprise occupée par les Allemands. |
| Été 1941 | Crée à Courbevoie une petite entreprise de construction de moteurs. |
| Janvier 1942 | Crée une usine à Alger. |
| 8 novembre 1942 | Se trouve en Afrique du Nord lors du débarquement allié. |
| 1er mai 1943 | S’engage dans les Forces aériennes françaises libres à Sfax. |
| 1943 | Rejoint Londres, est affecté au BCRA et suit une formation de parachutiste. |
| Automne 1943 | Promu lieutenant-colonel ; désigné DMR de la région B. |
| Novembre 1943 | Retour clandestin en Charente avec Jacques NANCY ; les sources divergent sur la nuit exacte. |
| Novembre 1943 – février 1944 | Réorganise la Résistance militaire de la région B, constitue des responsables départementaux et prépare le Plan vert. |
| 9 février 1944 | Arrestation par la Gestapo ; transfert au Bouscat. |
| 9 février 1944 | Se suicide au cyanure après interrogatoires et tortures afin de ne pas parler. |
| 28 mai 1945 | Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume. |
| 7 mai 1954 | Inhumation dans la crypte du Mémorial de la Résistance de Chasseneuil-sur-Bonnieure. |
| 1984 | Inaugurations et manifestations consacrées à la route et au mémorial Claude-Bonnier. |
Tableau des divergences entre sources
| Point concerné | Versions rencontrées | Élément retenu |
|---|---|---|
| Nuit du retour clandestin en France | Ordre de la Libération : 15-16 novembre 1943 ; MVR, notice Jacques NANCY : 14-15 novembre ; Musée de la Résistance en ligne : 13-14 novembre. | L’existence de l’opération et son déroulement à Angeac sont certains ; la nuit exacte demeure divergente selon les sources et ne doit pas être uniformisée artificiellement. |
| Date du décès | Ordre de la Libération : 9 février 1944 ; certaines notices locales parlent de la « nuit du 9 au 10 février ». | 9 février 1944 retenu pour l’état civil et la notice, conformément à la source institutionnelle de l’Ordre. |
| Pseudonymes | Ordre de la Libération : Templeuve, Carvin, Hypoténuse ; certaines sources locales ne donnent que Carvin et Hypoténuse. | Templeuve – Carvin – Hypoténuse, liste institutionnelle complète retenue. |
| Nombre de citations 1939-1945 | Certaines sources mémorielles regroupent ou comptabilisent différemment les citations. | Croix de guerre 1939-1945, deux citations, conformément à l’Ordre de la Libération. |
| Médaille de la Résistance française | Certaines biographies secondaires peuvent associer cette distinction à des responsables du BCRA sans preuve nominative. | Non retenue : elle ne figure pas parmi les décorations publiées par l’Ordre de la Libération pour Claude BONNIER et aucun décret nominatif n’a été retrouvé. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Claude BONNIER.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-bonnier
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf
Fondation de la Résistance — La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 105.
https://www.fondationresistance.org/documents/lettre/LettreResistance105.pdf
Mémoire Vive de la Résistance — Les délégués militaires régionaux.
https://mvr.asso.fr/les-delegues-militaires-regionaux-par-francis-agostini-president-de-lunion-federale/
Mémoire Vive de la Résistance — Jacques NANCY.
https://mvr.asso.fr/nancy/
Musée de la Résistance en ligne — Claude BONNIER, Charente-Maritime.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=8957
Musée de la Résistance en ligne — Claude BONNIER, Landes.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=24426
Musée de la Résistance en ligne — Catalogue des ressources bibliographiques.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/salleconsultation/ressources_bibliographiques.php
Mémoire Vive de la Résistance — Histoire secrète de la Résistance dans le Sud-Ouest, présentation de l’ouvrage de Guy PENAUD.
https://mvr.asso.fr/histoire-secrete-de-la-resistance-dans-le-sud-ouest-par-guy-penaud/
Wikipédia — Claude Bonnier.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bonnier