Georges Cyrille Jean Baptiste BONNET, né le 17 novembre 1903 à Villers-Allerand (Marne), mort le 3 décembre 1982 à Pau (Pyrénées-Atlantiques), Français, officier des Eaux et Forêts des Colonies, officier du génie et des Forces françaises libres, capitaine de réserve, Compagnon de la Libération. Son dossier administratif de résistant est conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 16 P 71779.
Jeunesse, formation et carrière avant-guerre
Georges BONNET naît à Villers-Allerand, dans la Marne. Les sources institutionnelles accessibles donnent peu d’éléments sur son enfance et ses études civiles, mais son orientation professionnelle vers le corps des Eaux et Forêts est attestée avant la guerre.
Il effectue son service militaire à partir de novembre 1925 au 15e régiment du génie. Admis à suivre les cours d’élève officier de réserve à l’École militaire du Génie, il est ensuite affecté au 9e régiment du génie à Metz. Il est libéré du service en novembre 1926 avec le grade de sous-lieutenant de réserve.
Parallèlement à sa situation militaire de réserve, il poursuit une carrière civile comme officier des Eaux et Forêts des Colonies. Il est affecté au Cameroun avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Mobilisation et ralliement à la France libre
Georges BONNET est mobilisé le 2 septembre 1939 au sein des forces de police du Cameroun. Il est alors promu lieutenant de réserve.
Lorsque le Cameroun se rallie à la France libre à la fin du mois d’août 1940, il décide lui aussi de poursuivre le combat aux côtés du général de GAULLE et rejoint les Forces françaises libres. Son parcours appartient donc à la France libre combattante et non à la Résistance intérieure clandestine.
Désireux de participer directement aux opérations, il demande à quitter ses fonctions initiales et passe dans l’infanterie coloniale.
Appartenance à une unité
Georges BONNET participe d’abord aux opérations du Gabon, en octobre et novembre 1940.
En juillet 1942, il est affecté au Bataillon de marche n° 8 (BM 8). Il y commande une compagnie pendant plus d’un an. Le BM 8 est une unité des Forces françaises libres constituée au Cameroun puis intégrée aux forces du général LECLERC.
En septembre 1943, il est reversé dans son arme d’origine et rejoint le 13e Bataillon du Génie de la 2e Division blindée du général LECLERC.
Il devient ainsi officier du génie de la 2e DB, chargé notamment de reconnaître les itinéraires, réparer ou établir les passages nécessaires à la progression des unités blindées.
Missions et actions
Après son ralliement, Georges BONNET participe aux opérations du Gabon, premières opérations militaires auxquelles il prend part dans les rangs de la France libre.
À partir de juillet 1942, au BM 8, il commande une compagnie pendant plus d’un an. Les sources accessibles ne donnent pas le détail de chacune de ses opérations pendant cette période, mais son commandement au sein du bataillon est explicitement attesté par l’Ordre de la Libération.
En avril 1944, il embarque avec la 2e DB pour l’Angleterre. Il débarque le 1er août 1944 à Grandcamp, en Normandie. À la tête de missions de reconnaissance, il participe aux opérations de Normandie puis à la progression vers la région parisienne.
Dans la région d’Antony et de la Croix de Berny, il se porte volontaire pour des reconnaissances particulièrement dangereuses. Sa mission consiste à préparer l’avance des unités mécanisées et à identifier les obstacles, destructions ou passages praticables.
Du 17 septembre au 3 octobre 1944, il assure par intérim le commandement de sa compagnie.
Le 19 septembre 1944, à Nomexy, dans les Vosges, il reçoit l’ordre de construire un pont permettant le passage des chars. Sous le feu ennemi, il fait exécuter la construction avec rapidité et sang-froid, contribuant directement à la poursuite de l’offensive.
Pendant les opérations d’Alsace, entre le 30 novembre et le 5 décembre 1944, il multiplie les reconnaissances afin de permettre le rétablissement rapide des ponts détruits par les Allemands. L’Ordre de la Libération souligne que ces missions sont accomplies malgré un état de santé déjà fortement dégradé par son long séjour colonial et les campagnes successives.
Le 2 décembre 1944, à Kogenheim, il dirige sous un violent bombardement de l’artillerie allemande la construction d’un pont de bateaux sur l’Ill. Cette action constitue l’un des faits d’armes les mieux documentés de son parcours.
Fin de campagne
L’état de santé de Georges BONNET se dégrade progressivement. En février 1945, il est muté au bataillon de renfort de la 2e DB.
Épuisé par les campagnes et les séquelles de ses années de service colonial, il termine la guerre à l’hôpital.
Il est démobilisé en octobre 1945 avec le grade de capitaine de réserve.
Arrestation / évasion / déportation
Georges BONNET n’a pas été arrêté, interné ni déporté selon les sources consultées. Son parcours est exclusivement celui d’un officier des Forces françaises libres engagé dans les campagnes d’Afrique puis dans la libération de la France.
Camarades de combat
Les sources consultées permettent surtout de replacer Georges BONNET dans ses unités successives plutôt que d’identifier un cercle personnel documenté de camarades.
Au sein du BM 8, plusieurs autres Compagnons de la Libération sont attestés, notamment Jean MAGNE, René PAILLERET et Aimé TEISSEIRE. Leur appartenance commune au bataillon est établie ; en revanche, l’existence de relations personnelles particulières avec Georges BONNET ne doit pas être affirmée sans source spécifique.
Son activité au 13e Bataillon du Génie le place ensuite au contact direct des formations de la 2e DB du général LECLERC, dont il soutient la progression en assurant les reconnaissances et les franchissements.
Retour à la vie civile
Démobilisé en octobre 1945, Georges BONNET reprend son activité professionnelle d’officier des Eaux et Forêts en Afrique. L’Ordre de la Libération indique qu’il poursuit cette carrière jusqu’à sa retraite.
La documentation publique consultée donne peu d’informations sur les différentes affectations qu’il occupe après 1945.
Georges BONNET meurt à Pau le 3 décembre 1982, à l’âge de soixante-dix-neuf ans. Il est inhumé au cimetière de Billère, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. La date du décret de nomination n’a pas été retrouvée dans une source primaire directement accessible au cours des présentes recherches.
Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — décret du 17 novembre 1945. L’attribution est confirmée par la base institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
Croix de guerre 1939-1945 — quatre citations — distinction confirmée par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération. Plusieurs sources secondaires précisent une palme, mais l’Ordre public consulté mentionne principalement le nombre total de citations ; cette formulation est donc retenue avec prudence.
Médaille de la Résistance française — une entrée « Georges BONNET » figure dans la base de l’Ordre de la Libération pour un décret du 24 avril 1946, publié au Journal officiel du 17 mai 1946, mais la fiche ne comporte ni date ni lieu de naissance. En raison des nombreuses homonymies, cette attribution ne peut pas être rattachée avec certitude au Compagnon né le 17 novembre 1903 à Villers-Allerand. Elle n’est donc pas retenue comme décoration confirmée.
Lieux de mémoire
Georges BONNET est inhumé au cimetière de Billère, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Les présentes recherches n’ont pas permis d’identifier avec une source suffisamment solide une rue, une école, une plaque ou un monument portant spécifiquement son nom.
Références bibliographiques
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000. Ouvrage général de référence permettant de replacer Georges BONNET dans l’ensemble des Compagnons et parmi les officiers de la France libre ayant combattu avec les unités de LECLERC.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2010 ; nouvelle édition augmentée, 2023. Référence biographique utile pour l’état civil, les unités, le ralliement et les principales opérations de Georges BONNET.
La 2e DB : Général Leclerc — travaux et ouvrages consacrés à la division Leclerc. Ils permettent de replacer l’activité du 13e Bataillon du Génie dans les opérations de Normandie, de Paris, des Vosges et d’Alsace, auxquelles Georges BONNET participe.
La France libre — Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC — Paris, Gallimard, 1996. Ouvrage de référence sur la France libre, utile pour replacer le ralliement du Cameroun, les unités d’Afrique équatoriale française et les campagnes auxquelles BONNET participe.
L’Épopée de la France libre, 1940-1946 — François BROCHE — Paris, Pygmalion, 2000. Synthèse consacrée à la France libre et aux campagnes de ses unités, utile pour contextualiser le BM 8, la 2e DB et la progression en France.
Références internet
Ordre de la Libération — Georges BONNET. Notice institutionnelle principale : état civil, service militaire, carrière coloniale, ralliement à la France libre, BM 8, 13e Bataillon du Génie, campagne de France, décès et décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/georges-bonnet
Ordre de la Libération — Compagnons, lettre B. Page institutionnelle confirmant Georges BONNET parmi les Compagnons et le décret du 17 novembre 1945.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/B
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Sous-série GR 16 P, lettres BL à BZ. Répertoire confirmant l’identité complète Georges Cyrille Jean Baptiste BONNET, né le 17 novembre 1903 à Villers-Allerand, et la cote GR 16 P 71779.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française. La base contient plusieurs homonymes Georges BONNET ; elle a été utilisée pour vérifier l’impossibilité d’attribuer sans ambiguïté la médaille du décret du 24 avril 1946 au Compagnon né en 1903.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles
Wikipédia — Georges Bonnet (militaire). Notice secondaire utilisée pour recoupement général ; les informations essentielles ont été vérifiées dans les sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bonnet_%28militaire%29
Theatrum Belli — In memoriam : Georges BONNET, Compagnon de la Libération. Reprise biographique récente confirmant les principales étapes du parcours, le décès et l’inhumation à Billère.
https://theatrum-belli.com/in-memoriam-georges-bonnet-compagnon-de-la-liberation/
Dossier d’homologation consulté
SHD GR 16 P 71779 — BONNET Georges Cyrille Jean Baptiste, né le 17 novembre 1903 à Villers-Allerand (Marne). Le répertoire nominatif de la sous-série GR 16 P confirme sans ambiguïté l’existence du dossier. Contrairement à certains dossiers voisins, le tableau public consulté ne fait apparaître aucune case d’homologation FFC, FFI, RIF, DIR ou FFL renseignée sur cette ligne ; il ne faut donc pas déduire une homologation particulière de ce seul répertoire. Le contenu intégral du dossier n’a pas été directement consulté en ligne.
Observations
Le principal problème documentaire concernant Georges BONNET est celui de l’homonymie. Le répertoire GR 16 P contient de nombreux dossiers portant ce nom, avec des dates de naissance allant de 1894 à 1925. L’identité du Compagnon est néanmoins solidement établie par son nom complet, Georges Cyrille Jean Baptiste BONNET, sa naissance le 17 novembre 1903 à Villers-Allerand et la cote GR 16 P 71779.
La même prudence est nécessaire pour la Médaille de la Résistance française : plusieurs Georges BONNET figurent dans la base de l’Ordre de la Libération. L’entrée correspondant au décret du 24 avril 1946 ne comporte pas d’état civil permettant de l’identifier avec certitude comme le Compagnon étudié ; cette décoration n’est donc pas intégrée parmi les distinctions certaines.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité complète, la date et le lieu de naissance, le service dans le génie, la carrière aux Eaux et Forêts du Cameroun, le ralliement aux Forces françaises libres, l’appartenance au BM 8 puis au 13e Bataillon du Génie de la 2e DB, les actions de Nomexy et de Kogenheim, le décret de la Croix de la Libération, le décès à Pau et la cote SHD GR 16 P 71779 sont établis par des sources institutionnelles concordantes, principalement l’Ordre de la Libération et le répertoire du Service historique de la Défense.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 17 novembre 1903 | Naissance à Villers-Allerand, dans la Marne. |
| Novembre 1925 | Service militaire au 15e régiment du génie. |
| 1925-1926 | Formation d’élève officier de réserve puis affectation au 9e régiment du génie à Metz. |
| Novembre 1926 | Libéré du service comme sous-lieutenant de réserve. |
| Avant 1939 | Officier des Eaux et Forêts des Colonies au Cameroun. |
| 2 septembre 1939 | Mobilisé dans les forces de police du Cameroun ; promu lieutenant de réserve. |
| Fin août 1940 | Ralliement aux Forces françaises libres. |
| Octobre-novembre 1940 | Participe aux opérations du Gabon. |
| Juillet 1942 | Affecté au Bataillon de marche n° 8 ; commande une compagnie. |
| Septembre 1943 | Affecté au 13e Bataillon du Génie de la 2e DB. |
| Avril 1944 | Départ pour l’Angleterre avec la 2e DB. |
| 1er août 1944 | Débarquement à Grandcamp en Normandie. |
| Août 1944 | Opérations de Normandie puis de la région parisienne ; reconnaissances à Antony et à la Croix de Berny. |
| 17 septembre – 3 octobre 1944 | Commande sa compagnie par intérim. |
| 19 septembre 1944 | Dirige la construction d’un pont à Nomexy sous le feu ennemi. |
| 30 novembre – 5 décembre 1944 | Opérations du génie en Alsace. |
| 2 décembre 1944 | Dirige sous bombardement la construction d’un pont de bateaux sur l’Ill à Kogenheim. |
| Février 1945 | Muté au bataillon de renfort de la 2e DB ; termine la guerre à l’hôpital. |
| Octobre 1945 | Démobilisé comme capitaine de réserve. |
| 17 novembre 1945 | Décret d’attribution de la Croix de la Libération. |
| Après 1945 | Reprend son métier d’officier des Eaux et Forêts en Afrique. |
| 3 décembre 1982 | Décès à Pau. |
| Après le décès | Inhumation au cimetière de Billère. |
Tableau des divergences entre sources
| Point concerné | Versions rencontrées | Élément retenu |
|---|---|---|
| Identité | De nombreux « Georges BONNET » apparaissent dans GR 16 P et dans la base des Médaillés de la Résistance. | Georges Cyrille Jean Baptiste BONNET, né le 17 novembre 1903 à Villers-Allerand, cote GR 16 P 71779. |
| Médaille de la Résistance | Une entrée « Georges BONNET » correspond au décret du 24 avril 1946, JO du 17 mai 1946, mais sans état civil ; d’autres Georges BONNET ont reçu la médaille à d’autres dates. | Attribution au Compagnon non confirmée ; décoration non retenue. |
| Croix de guerre 1939-1945 | L’Ordre de la Libération indique quatre citations ; certaines sources secondaires ajoutent la mention « avec palme ». | Croix de guerre 1939-1945, quatre citations retenue comme formulation certaine ; palme non précisée faute de vérification primaire suffisante. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Georges BONNET.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/georges-bonnet
Ordre de la Libération — Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/B
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Sous-série GR 16 P, lettres BL à BZ.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf
Ordre de la Libération — Base des Médaillés de la Résistance française.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles
Theatrum Belli — In memoriam : Georges BONNET, Compagnon de la Libération.
https://theatrum-belli.com/in-memoriam-georges-bonnet-compagnon-de-la-liberation/
Wikipédia — Georges Bonnet (militaire).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bonnet_%28militaire%29