La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BERNE Lucien

Lucien BERNE, né le 4 décembre 1912 à Capdenac (Aveyron), mort le 3 mars 1993 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), Français, militaire de carrière, sergent-chef en 1940, officier du Bataillon de marche n° 1 puis du Régiment de marche du Tchad au sein de la 2e DB, capitaine à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ultérieurement chef de bataillon, Compagnon de la Libération par décret du 16 octobre 1945.

Jeunesse et formation

Lucien Berne naît le 4 décembre 1912 dans l’Aveyron, dans une famille originaire de la Drôme. Il choisit très jeune la carrière militaire : il s’engage en 1931 au 3e Régiment de chasseurs d’Afrique, à Valence, puis se réengage en 1934 au 24e Régiment d’infanterie coloniale.

Les sources institutionnelles consultées ne donnent pas de renseignements suffisamment précis sur sa scolarité ou une éventuelle formation professionnelle antérieure à son engagement. Son parcours est donc essentiellement celui d’un militaire de carrière.

Engagement dans la Résistance

En 1939, Lucien Berne se trouve au Tchad avec le grade de sergent-chef. Il appartient au Détachement de renfort n° 4, constitué à Fort-Archambault et initialement destiné à rejoindre la métropole. La fin de la campagne de France empêche ce projet et le détachement demeure finalement en Afrique.

À Brazzaville, Berne prend une part active au ralliement de la ville à la France libre le 28 août 1940, sous les ordres du commandant Raymond Delange. Son engagement appartient donc à la Résistance extérieure et aux Forces françaises libres.

Le Détachement de renfort n° 4 devient ensuite le Bataillon de marche n° 1 (BM 1). Berne poursuit dès lors le combat au sein des formations régulières de la France libre.

Appartenance à un réseau ou mouvement

L’Ordre de la Libération retient deux unités principales pour Lucien Berne : le Bataillon de marche n° 1 et le Régiment de marche du Tchad.

Avec le BM 1, il participe aux campagnes du Gabon puis de Syrie. À l’issue de ces opérations, il est nommé sous-lieutenant en mars 1942. Le bataillon quitte alors le Liban pour l’Afrique équatoriale française.

Il rejoint ensuite la colonne Leclerc, devenue Force L, et prend part à la seconde campagne du Fezzan et de Tripolitaine, du 25 décembre 1942 au 14 janvier 1943, puis à la campagne de Tunisie.

En juillet 1943, lors de la constitution du Régiment de marche du Tchad (RMT) au Maroc, il est affecté à son 2e bataillon, intégré à la 2e Division blindée du général Leclerc.

Missions et actions

Après le ralliement de Brazzaville, Berne participe avec le BM 1 aux opérations du Gabon puis à la campagne de Syrie. Il poursuit ensuite le combat avec les forces de Leclerc au Fezzan, en Tripolitaine et en Tunisie. Son parcours couvre ainsi plusieurs des principales campagnes africaines de la France libre.

Avec la 2e DB, il gagne l’Angleterre en avril 1944 puis débarque en Normandie le 1er août 1944. Chef de section au RMT, il se distingue à plusieurs reprises pendant la campagne de France.

À Grandchamp, le 12 août 1944, il fait preuve de calme dans l’action. Le lendemain, sa section accompagne les chars d’une colonne d’avant-garde pendant des opérations de poursuite et de nettoyage au cours desquelles elle détruit ou capture plus de trente adversaires.

Le 29 août 1944 à Arnouville, sa section, pourtant en infériorité numérique, attaque un point d’appui allemand. Berne est blessé par balle au cours de l’assaut. Il reprend ensuite le combat et est de nouveau blessé, cette fois par un éclat, en Meurthe-et-Moselle en octobre 1944.

Il termine la guerre avec le grade de capitaine. Son comportement au combat lui vaut trois citations accompagnant sa Croix de guerre 1939-1945.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, évasion, détention ou déportation de Lucien Berne pendant la Seconde Guerre mondiale n’est documentée dans les sources consultées.

Son engagement résistant prend la forme d’un ralliement militaire à la France libre dès août 1940, suivi d’un service combattant continu en Afrique, au Moyen-Orient puis en Europe.

Camarades de combat

Le commandant Raymond Delange est directement associé à son entrée dans la France libre : Berne participe sous ses ordres au ralliement de Brazzaville le 28 août 1940.

Le général Philippe Leclerc de Hauteclocque constitue ensuite la principale figure de commandement de son parcours. Berne combat dans la colonne Leclerc puis la Force L avant d’être affecté au RMT de la 2e DB.

Il appartient ainsi à la même communauté combattante que les hommes du BM 1 puis du RMT. Les sources institutionnelles permettent d’établir cette communauté d’armes, mais elles ne suffisent pas à reconstituer des relations personnelles précises avec chacun de ses camarades.

Retour à la vie civile

Lucien Berne ne retourne pas immédiatement à la vie civile après 1945. Capitaine, il poursuit sa carrière militaire et participe à la guerre d’Indochine. Le 25 janvier 1946, en Annam, il se distingue comme commandant de compagnie du 4e Bataillon du RMT.

Il effectue un nouveau séjour en Indochine à partir de 1951. À la tête du 9e Bataillon vietnamien, il reçoit une citation à l’ordre de l’armée et est blessé en opération dans le Nord-Vietnam en mars 1952.

Promu chef de bataillon en avril 1954, il effectue ensuite plusieurs séjours en AEF, à Djibouti et au Maroc, puis participe aux opérations d’Algérie. Affecté enfin au Centre d’instruction du 7e RIMa à Fréjus, il quitte le service actif en décembre 1966.

Lucien Berne meurt à Perpignan le 3 mars 1993, à quatre-vingts ans. Il est inhumé à Saint-Vallier, dans la Drôme.

Décorations

Officier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est celui explicitement indiqué par la notice institutionnelle actuelle. Une source secondaire récente donne « grand officier » ; faute de contrôle dans la base Léonore ou d’un décret correspondant, le grade institutionnel d’officier est retenu.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 16 octobre 1945. Le texte publié du décret précise que la Croix de la Libération est décernée au lieutenant Lucien Berne, alors à la 2e DB.

Croix de guerre 1939-1945 avec trois citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de trois citations sont expressément attestés.

Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et les deux citations sont expressément attestées ; elles se rattachent à son parcours militaire postérieur à 1945, notamment en Indochine.

Croix de la Valeur militaire avec une citation. Source : Ordre de la Libération. La décoration et la citation sont explicitement attestées ; elles correspondent à son service lors des opérations postérieures à la Seconde Guerre mondiale.

Médaille de la Résistance française avec rosette. Source : Ordre de la Libération. La notice actuelle la mentionne parmi ses décorations. Une difficulté documentaire existe cependant : le décret du 16 octobre 1945 portant attribution de la Croix de la Libération indique que le décret du 26 mars 1945 lui attribuant la Médaille de la Résistance est rapporté. Cette discordance doit être contrôlée dans le dossier individuel avant de conclure sur le fondement juridique définitif de la décoration.

Lieux de mémoire

Capdenac, dans l’Aveyron, est son lieu de naissance le 4 décembre 1912. L’Ordre de la Libération retient simplement « Capdenac » ; certaines sources secondaires précisent « Capdenac-Gare ». La formulation institutionnelle est conservée en l’absence de contrôle direct de l’acte d’état civil.

Brazzaville constitue le lieu fondateur de son engagement dans la France libre : Berne participe activement au ralliement de la ville le 28 août 1940.

Le Gabon, la Syrie, le Fezzan, la Tripolitaine et la Tunisie jalonnent ensuite son parcours avec le BM 1 et les forces de Leclerc. La Normandie, Grandchamp, Arnouville et la Meurthe-et-Moselle marquent la campagne de libération de la France avec le RMT et la 2e DB.

Saint-Vallier, dans la Drôme, est son lieu d’inhumation. Ce rattachement à la Drôme correspond également aux origines familiales indiquées par l’Ordre de la Libération.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Lucien Berne dans l’ensemble des parcours des Compagnons de la Libération.

Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, Paris, Robert Laffont, 2006, 1 187 p. Ouvrage de contextualisation permettant de replacer le ralliement de l’Afrique équatoriale française et les unités de la France libre dans l’histoire générale de la Résistance.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Référence biographique récente utile pour confronter le parcours de Berne à celui des autres Compagnons et aux fonds de l’Ordre de la Libération.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Lucien Berne, source principale pour l’état civil, le ralliement de Brazzaville, le BM 1, les campagnes africaines, le RMT, la campagne de France, l’Indochine, la carrière après-guerre et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/lucien-berne

SAMLHOC — Ordre de la Libération — Reproduction du décret du 16 octobre 1945 attribuant à Lucien Berne la Croix de la Libération et rapportant le décret du 26 mars 1945 relatif à sa Médaille de la Résistance. https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Wikipédia — Article développé consacré à Lucien Berne, consulté conformément au protocole et confronté à la notice institutionnelle, notamment pour les précisions chronologiques relatives au RMT et à la campagne de France. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Berne

Dossier d’homologation consulté

La recherche numérique effectuée pour cette notice n’a pas permis d’identifier avec un degré de certitude suffisant une cote GR 16 P au nom de Lucien Berne. En conséquence, aucune cote n’est proposée par rapprochement patronymique.

Le dossier physique original du Service historique de la Défense n’a donc pas été matériellement consulté pour la présente notice. L’identification et les principales étapes du parcours reposent en premier lieu sur la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération, laquelle identifie explicitement les unités BM 1 et RMT.

Observations

Une divergence apparaît concernant le grade dans la Légion d’honneur : la notice actuelle de l’Ordre de la Libération indique officier, tandis que Wikipédia et certains contenus secondaires indiquent grand officier. En l’absence d’un décret de promotion ou d’une fiche Léonore vérifiée établissant ce dernier grade, la présente notice conserve « officier ».

Une seconde difficulté concerne la Médaille de la Résistance avec rosette. Elle figure bien dans la liste des décorations publiée aujourd’hui par l’Ordre de la Libération. Toutefois, le texte du décret du 16 octobre 1945 attribuant la Croix de la Libération précise que le décret du 26 mars 1945 ayant attribué la Médaille de la Résistance au lieutenant Berne est rapporté. Cette contradiction juridique ne doit pas être résolue par déduction : une vérification du dossier individuel de décoration serait nécessaire.

Enfin, une homonymie contemporaine doit être signalée : un autre Lucien Berne, pseudonyme « Cyprin », apparaît dans l’histoire du réseau Alliance. Une publication mémorielle de 2026 mentionne son fils Michel Berne. Rien dans les sources consultées ne permet d’identifier cet agent du réseau Alliance avec le Compagnon de la Libération né en 1912 ; les deux parcours doivent donc être maintenus distincts.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération, très détaillée et cohérente sur l’ensemble du parcours militaire de Lucien Berne, complétée par le texte du décret du 16 octobre 1945 et par des références bibliographiques spécialisées. Le ralliement de Brazzaville, le service au BM 1, les campagnes du Gabon, de Syrie, du Fezzan, de Tripolitaine et de Tunisie, l’affectation au RMT et à la 2e DB, les blessures de 1944 ainsi que la carrière militaire postérieure sont solidement établis. Les réserves portent sur l’absence de cote GR 16 P vérifiée, sur le grade exact atteint dans la Légion d’honneur et surtout sur la situation juridique de la Médaille de la Résistance avec rosette.

Chronologie

DateÉvénement
4 décembre 1912Naissance à Capdenac (Aveyron).
1931Engagement au 3e Régiment de chasseurs d’Afrique à Valence.
1934Réengagement au 24e Régiment d’infanterie coloniale.
1939Sergent-chef au Tchad ; appartient au Détachement de renfort n° 4.
28 août 1940Participe au ralliement de Brazzaville à la France libre sous les ordres du commandant Delange.
1940-1941Sert au BM 1 ; campagnes du Gabon puis de Syrie.
Mars 1942Nommé sous-lieutenant.
25 décembre 1942-14 janvier 1943Seconde campagne du Fezzan et de Tripolitaine avec les forces de Leclerc.
1943Campagne de Tunisie.
Juillet 1943Affecté au 2e Bataillon du RMT lors de sa création au Maroc.
Avril 1944Gagne l’Angleterre avec la 2e DB.
1er août 1944Débarque en Normandie.
12-13 août 1944Combats de Grandchamp et opérations de poursuite ; sa section détruit ou capture plus de trente ennemis.
29 août 1944Blessé par balle à Arnouville lors de l’attaque d’un point d’appui.
Octobre 1944De nouveau blessé, par éclat, en Meurthe-et-Moselle.
16 octobre 1945Nommé Compagnon de la Libération.
25 janvier 1946Se distingue en Annam à la tête d’une compagnie du 4e Bataillon du RMT.
1951Nouveau départ pour l’Indochine ; sert à la tête du 9e Bataillon vietnamien.
Mars 1952Blessé en opération au Nord-Vietnam.
Avril 1954Promu chef de bataillon.
Années 1950-1960Séjours en AEF, à Djibouti et au Maroc ; opérations d’Algérie.
Décembre 1966Prend sa retraite après une affectation au Centre d’instruction du 7e RIMa à Fréjus.
3 mars 1993Décès à Perpignan ; inhumation à Saint-Vallier (Drôme).

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Légion d’honneurOrdre de la LibérationOfficierGrade institutionnel retenu faute de décret contraire vérifié.
Légion d’honneurWikipédia et sources secondairesGrand officierÀ contrôler sur une source officielle de décoration.
Médaille de la RésistanceNotice actuelle de l’OrdreMédaille avec rosetteDécoration affichée dans la liste institutionnelle actuelle.
Médaille de la RésistanceDécret du 16 octobre 1945Le décret d’attribution du 26 mars 1945 est rapportéContradiction non résolue ; dossier individuel à contrôler.
Lieu de naissanceOrdre de la LibérationCapdenacForme institutionnelle retenue.
Lieu de naissanceSources secondairesCapdenac-GareÀ contrôler sur l’acte d’état civil.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Lucien Berne, source principale pour l’état civil, le ralliement de Brazzaville, le BM 1, la colonne Leclerc, le RMT, la 2e DB, les campagnes de 1944-1945, l’Indochine, l’Algérie et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/lucien-berne

SAMLHOC — Transcription du décret du 16 octobre 1945, utilisée pour contrôler l’attribution de la Croix de la Libération et relever la disposition rapportant le décret antérieur relatif à la Médaille de la Résistance. https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Wikipédia — Article développé consacré à Lucien Berne, consulté conformément au protocole et confronté aux données de l’Ordre de la Libération. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Berne

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