La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

ANTONIOTTI Roméo Adamo

Roméo Adamo ANTONIOTTI, né le 6 janvier 1914 à Cassis (Bouches-du-Rhône), mort le 23 avril 1990 à Marseille, Français, maçon et chauffeur avant-guerre, sous-officier des Forces françaises libres, sergent-chef, Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941. La forme complète « Roméo Adamo Antoniotti » est corroborée par les données d’état civil relatives à son décès ; la notice institutionnelle de l’Ordre emploie simplement « Roméo Antoniotti ».

Jeunesse et formation

Roméo Antoniotti naît à Cassis dans une famille de mineurs. Les sources institutionnelles consultées ne détaillent ni sa scolarité ni une éventuelle formation professionnelle. Avant son service militaire, il exerce les métiers de maçon et de chauffeur de poids lourds.

Il effectue son service militaire en 1935-1936 au 99e Régiment d’infanterie alpine (99e RIA). Rendu à la vie civile, il est rappelé comme réserviste dès le 2 septembre 1939 et incorporé comme caporal au 14e Régiment de zouaves.

Engagement dans la Résistance

Avec le 14e Régiment de zouaves, Roméo Antoniotti est envoyé sur le front dans la région de Forbach, puis participe à la campagne de Belgique, notamment dans les secteurs de Namur et de Liège. Lors du repli vers la France, il est blessé à la jambe par des éclats d’obus à Valenciennes le 21 mai 1940.

Évacué de Dunkerque vers l’Angleterre le 24 mai 1940, il est hospitalisé à Birmingham. Après avoir entendu l’Appel du 18 juin, il décide de continuer le combat et s’engage dans les Forces françaises libres le 1er juillet 1940 à Delville Camp. Il est affecté à la compagnie mixte commandée par le capitaine Durif.

Son parcours relève donc principalement de la Résistance extérieure et de la France libre, et non d’un réseau clandestin métropolitain.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Roméo Antoniotti sert successivement dans la compagnie mixte du capitaine Durif, le Bataillon de marche n° 3 (BM 3) puis le Bataillon de marche n° 11 (BM 11).

Le BM 3, qu’il rejoint en décembre 1940, est alors placé sous le commandement de Pierre Garbay. À partir de mai 1942, Antoniotti appartient au BM 11, avec lequel il poursuit la guerre en Égypte, en Libye, en Tunisie, en Italie puis en France.

Aucun alias ou pseudonyme de Résistance attribuable avec certitude à Roméo Antoniotti n’a été identifié dans les sources consultées.

Missions et actions

Après son engagement dans les FFL, Roméo Antoniotti participe à l’expédition de Dakar, puis aux opérations qui aboutissent au ralliement du Gabon à la France libre en novembre 1940.

En décembre 1940, devenu caporal-chef, il est affecté au BM 3. Avec cette unité, il participe à la campagne d’Érythrée. Le 21 février 1941, lors de l’attaque de Kub-Kub, il est de nouveau blessé, cette fois par balle et par éclats d’obus. Il est évacué vers le Soudan.

Promu sergent en juillet 1941, il est affecté en mai 1942 au BM 11. Avec ce bataillon, il combat successivement en Égypte, en Libye et en Tunisie.

Promu sergent-chef en janvier 1944, il participe à la campagne d’Italie, puis à la campagne de France. Il débarque en Provence le 16 août 1944.

Dans les Vosges, son comportement lui vaut une nouvelle citation : malgré le danger, il s’expose pour aller ramener le corps de son chef de section tué au combat. L’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération confirme la conservation, dans son fonds personnel, du diplôme de citation à l’ordre de la Division du 11 décembre 1944 et de l’extrait de l’ordre général n° 260 du même jour.

Il achève finalement la guerre dans les Alpes du Sud, au cours des combats du massif de l’Authion.

Arrestation / évasion / déportation

Roméo Antoniotti n’est ni arrêté ni déporté.

Son passage en Grande-Bretagne n’est pas le résultat d’une évasion clandestine : blessé pendant la campagne de France, il est évacué militairement de Dunkerque vers l’Angleterre le 24 mai 1940. C’est ensuite, sur le sol britannique, qu’il choisit de rejoindre la France libre.

Il est blessé au moins à deux reprises pendant la guerre : le 21 mai 1940 à Valenciennes, par éclats d’obus à la jambe, puis le 21 février 1941 à Kub-Kub, par balle et éclats d’obus.

Camarades de combat

Au BM 3, Roméo Antoniotti sert sous les ordres du commandant Pierre Garbay, futur général et lui-même Compagnon de la Libération.

Le décret du 23 juin 1941 le nommant Compagnon de la Libération permet également de le replacer dans le groupe des combattants de la France libre distingués à cette date, parmi lesquels figurent notamment Pierre Garbay, François Garbit, Georges Bavière, Idrisse Doursan et Louis Gautheron. Le texte original comporte d’ailleurs plusieurs graphies fautives de patronymes, « Antonietti » étant corrigé en Antoniotti dans la transcription critique consultée.

Cette présence commune dans un décret ou dans une unité ne permet cependant pas, à elle seule, d’établir une relation personnelle avec chacun de ces combattants. Aucun nom n’est donc présenté ici comme « camarade proche » sans preuve documentaire supplémentaire.

Retour à la vie civile

Roméo Antoniotti est démobilisé avec le grade de sergent-chef. Il retourne alors à son métier de chauffeur de poids lourds et travaille aux chantiers navals de La Ciotat.

Sa santé, affectée par la guerre et ses blessures, entraîne ensuite sa mise à la retraite pour maladie et invalidité. Les sources institutionnelles actuellement accessibles donnent peu d’informations supplémentaires sur sa vie familiale et professionnelle après cette date.

Roméo Antoniotti meurt le 23 avril 1990 à Marseille, âgé de soixante-seize ans. L’état civil du décès donne ses prénoms complets sous la forme Roméo Adamo Antoniotti. Il est inhumé à Roquefort-la-Bédoule, dans les Bouches-du-Rhône.

Décorations

L’Ordre de la Libération établit les distinctions suivantes :

Chevalier de la Légion d’honneur ;

Compagnon de la Libération par décret du 23 juin 1941 ;

Médaille militaire ;

Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations ;

Médaille coloniale avec agrafes « Érythrée », « Libye » et « Tunisie ».

La Croix de la Libération est particulièrement bien documentée : son fonds personnel 1 A 25 contient un extrait du décret du 23 juin 1941 ainsi que cinq courriers de 1941 relatifs à son attribution.

Pour la Croix de guerre, le même fonds conserve le diplôme de citation à l’ordre de la Division du 11 décembre 1944 et l’extrait de l’ordre général n° 260, également daté du 11 décembre 1944.

Le dossier contient en outre une fiche de renseignements établie à l’appui d’une proposition pour l’obtention de la Légion d’honneur. Les recherches numériques effectuées n’ont toutefois pas permis de retrouver avec une certitude suffisante le décret nominatif lui conférant le grade de chevalier ; aucune date n’est donc avancée ici par déduction.

Lieux de mémoire

Roméo Antoniotti repose à Roquefort-la-Bédoule. Sa tombe demeure un lieu de commémoration locale. Le 18 juin 2021, les comités du Souvenir Français de Roquefort-la-Bédoule et de Carnoux lui ont notamment rendu hommage devant sa sépulture, en présence d’un représentant de sa famille.

Sa mémoire est également conservée au musée de l’Ordre de la Libération, où son dossier personnel porte la cote 1 A 25. Ce fonds réunit notamment des pièces concernant la Croix de la Libération, l’état civil, les états de service, les décorations, la correspondance, le décès et la sépulture.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023, 600 p.

Références internet

Ordre de la Libération — Roméo ANTONIOTTI — Notice institutionnelle principale pour l’état civil, les professions, le service militaire, la campagne de 1940, le ralliement aux FFL, le BM 3, le BM 11, les campagnes, les blessures, le retour à la vie civile, le décès, la sépulture et les décorations.

Ordre de la Libération — instrument de recherche des dossiers des Compagnons, lettre A — Source archivistique permettant de contrôler le fonds 1 A 25, ses pièces d’état civil et militaires, ainsi que la cote du dossier SHD GR 16 P 15280.

Musée de la Résistance en ligne / SHD — inventaire GR 16 P, lettre A — Confirme directement GR 16 P 15280, ANTONIOTTI Roméo, né le 6 janvier 1914 à Cassis, et la mention d’homologation.

Liste des membres des Forces françaises libres — Fondation de la France Libre — Confirme l’enregistrement de Roméo Antoniotti parmi les FFL, avec sa naissance à Cassis le 6 janvier 1914 et son appartenance au BM 3.

Souvenir Français de Carnoux — hommage à Roméo Antoniotti — Documente l’entretien local de sa mémoire et la cérémonie organisée devant sa tombe à Roquefort-la-Bédoule en juin 2021.

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 15280, ANTONIOTTI Roméo.

L’identification est particulièrement solide : l’instrument de recherche de l’Ordre de la Libération donne explicitement GR 16 P 15280, dossier de Roméo Antoniotti, tandis que l’inventaire nominatif du SHD diffusé par le MVR indique ANTONIOTTI, Roméo — 06.01.1914 — Cassis — Bouches-du-Rhône — FRANCE, avec mention « Homologué ».

Le dossier original GR 16 P 15280 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour cette notice. Sa cote, son identité et son homologation ont été vérifiées dans les instruments archivistiques disponibles.

Le dossier de Compagnon conservé par l’Ordre de la Libération est par ailleurs coté 1 A 25.

Observations

Une anomalie existe dans l’instrument de recherche du fonds 1 A 25 : à la rubrique « Décès », il est indiqué « extrait d’acte de décès (23/04/1986) », alors que le même inventaire mentionne deux courriers de 1990 et un avis de décès du Figaro du 25 avril 1990. La notice biographique institutionnelle et les données d’état civil concordent sur un décès à Marseille le 23 avril 1990. La date « 23/04/1986 » de l’inventaire doit donc être signalée comme une anomalie documentaire, sans modifier la date de décès retenue.

Une variante orthographique apparaît également dans le décret du 23 juin 1941, où son nom est transcrit « Antonietti ». La forme correcte, confirmée par l’état civil, les archives du SHD et l’Ordre de la Libération, est ANTONIOTTI.

Enfin, les données d’état civil donnent les prénoms Roméo Adamo, alors que la notice institutionnelle et le dossier de Compagnon sont classés sous le seul prénom usuel Roméo. Il s’agit de la même personne ; aucun homonyme susceptible d’être confondu avec le Compagnon n’a été retenu.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité excellente.

L’identité, la naissance, le parcours militaire, le ralliement aux FFL, les unités, les blessures, les campagnes et les décorations sont documentés par l’Ordre de la Libération, complété par l’inventaire du Service historique de la Défense et la liste des membres des FFL. Le fonds personnel 1 A 25 comporte en outre des pièces contemporaines, notamment le décret de 1941 et la citation du 11 décembre 1944.

Les deux anomalies documentaires repérées — graphie « Antonietti » et date de décès « 1986 » dans une ligne de l’inventaire — sont isolées par des sources institutionnelles et d’état civil concordantes.

Chronologie

DateÉvénement
6 janvier 1914Naissance à Cassis, dans une famille de mineurs.
1935-1936Service militaire au 99e Régiment d’infanterie alpine.
2 septembre 1939Rappelé comme réserviste ; incorporé au 14e Régiment de zouaves.
1939-1940Front de Forbach puis campagne de Belgique, notamment Namur et Liège.
21 mai 1940Blessé à la jambe par éclats d’obus à Valenciennes.
24 mai 1940Évacué de Dunkerque vers l’Angleterre ; hospitalisé à Birmingham.
1er juillet 1940S’engage dans les Forces françaises libres à Delville Camp.
Septembre 1940Participe à l’expédition de Dakar.
Novembre 1940Participe aux opérations de ralliement du Gabon.
Décembre 1940Affecté comme caporal-chef au BM 3 du commandant Garbay.
21 février 1941Blessé par balle et éclats d’obus à Kub-Kub, pendant la campagne d’Érythrée.
23 juin 1941Nommé Compagnon de la Libération par décret.
Juillet 1941Promu sergent.
Mai 1942Affecté au BM 11.
1942-1943Campagnes d’Égypte, de Libye et de Tunisie.
Janvier 1944Promu sergent-chef.
1944Participe à la campagne d’Italie.
16 août 1944Débarque en Provence.
1944Combats dans les Vosges ; se distingue en ramenant le corps de son chef de section sous le feu.
11 décembre 1944Citation à l’ordre de la Division, ordre général n° 260.
1945Termine la guerre au massif de l’Authion.
Après-guerreChauffeur de poids lourds aux chantiers navals de La Ciotat ; retraite ultérieure pour maladie et invalidité.
23 avril 1990Décès à Marseille.
Après décèsInhumé à Roquefort-la-Bédoule.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
PatronymeDécret du 23 juin 1941, transcription« Antonietti »Graphie erronée ; Antoniotti est confirmé par l’état civil et les archives institutionnelles.
PrénomsOrdre de la Libération / SHDRoméoPrénom usuel et forme de classement.
PrénomsÉtat civil du décèsRoméo AdamoForme complète retenue dans la première ligne.
Date de décèsNotice de l’Ordre de la Libération23 avril 1990Retenue.
Date de décèsÉtat civil23 avril 1990Confirme la date retenue.
Date portée sur l’extrait de décès dans l’inventaire 1 A 25Instrument de recherche de l’Ordre23 avril 1986Anomalie de l’inventaire ; contredite par l’avis de décès de 1990 et l’état civil.

Sources consultées le 18 septembre 2026

Ordre de la Libération — notice institutionnelle de Roméo Antoniotti — Source principale pour l’ensemble du parcours militaire et civil, les blessures, les unités, le décès et les décorations.

Ordre de la Libération — répertoire archivistique des Compagnons, lettre A — Vérification du fonds 1 A 25, des pièces d’état civil, du décret du 23 juin 1941, de la citation de décembre 1944 et du dossier complémentaire GR 16 P 15280.

Musée de la Résistance en ligne / SHD — inventaire GR 16 P, lettre A — Vérification indépendante de GR 16 P 15280, de la naissance à Cassis le 6 janvier 1914 et de l’homologation.

Fondation de la France Libre — liste des membres des FFL — Contrôle complémentaire de l’appartenance de Roméo Antoniotti aux Forces françaises libres et au BM 3.

Souvenir Français — hommage du 18 juin 2021 à Roméo Antoniotti — Source pour la permanence de sa mémoire à Roquefort-la-Bédoule et les cérémonies organisées devant sa sépulture.

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