Jacques ANDRIEUX, né le 15 août 1917 à Lorient (Morbihan), mort le 21 janvier 2005 à Saint-Georges-de-Didonne (Charente-Maritime), Français, aviateur des Forces aériennes françaises libres, général de brigade aérienne, Compagnon de la Libération par décret du 8 novembre 1944.
Jeunesse et formation
Jacques Andrieux est le fils du médecin-commandant Jacques Andrieux, lui-même résistant, qui sera déporté en Allemagne et n’en reviendra pas. Il effectue ses études secondaires au collège des Jésuites de Vannes et obtient le baccalauréat.
En 1937, il s’engage dans l’Armée de l’air. En 1939, à la veille de la guerre, il est sous-officier pilote militaire, encore en attente de transformation opérationnelle.
Engagement dans la Résistance
Refusant la défaite de 1940, Jacques Andrieux cherche pendant plusieurs mois à quitter la Bretagne pour rejoindre la Grande-Bretagne.
Pour parvenir à ses fins, il se fait passer pour armateur et achète un langoustier, l’Émigrant. Le 16 décembre 1940, il quitte clandestinement Camaret-sur-Mer à bord de ce bateau et atteint Penzance, en Grande-Bretagne.
Il s’engage alors dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL) et suit un entraînement opérationnel au sein de la Royal Air Force. Son parcours relève donc de la Résistance extérieure et de la France libre, et non d’un réseau clandestin de la Résistance intérieure.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les principales formations auxquelles Jacques Andrieux appartient pendant la guerre sont :
- les Forces aériennes françaises libres ;
- la Royal Air Force ;
- le 130 Squadron RAF ;
- le 91 Squadron RAF ;
- le Groupe de chasse n° 341 « Alsace ».
Ces appartenances sont explicitement recensées dans sa notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération.
Aucun pseudonyme ou alias résistant n’a été identifié avec suffisamment de certitude dans les sources institutionnelles consultées.
Missions et actions
Après son entraînement dans la RAF, le sous-lieutenant Andrieux est affecté au 130 Squadron, basé à Perranporth, en Cornouailles. Il y accomplit de nombreuses missions opérationnelles : protection de bombardiers, attaques de navires, attaques de terrains d’aviation allemands, destruction d’installations radar et combats aériens.
Promu lieutenant en 1943, il rejoint le 91 Squadron, opérant notamment depuis Hawkinge et Tangmere. Il y combat avec deux autres aviateurs français que l’Ordre de la Libération nomme explicitement : Jean Maridor et Henri de Bordas.
Le 26 août 1944, le commandant Jacques-Henri Schloesing, qui dirige le Groupe de chasse « Alsace », est abattu en combat aérien. Jacques Andrieux, alors capitaine, lui succède immédiatement à la tête du Groupe de chasse 341 « Alsace ».
Sous son commandement, le groupe poursuit les opérations offensives jusqu’à la fin de la guerre. Après la Normandie, ses missions portent notamment sur Dunkerque, la Belgique, le sud des Pays-Bas et les Ardennes, puis, en 1945, sur l’Allemagne.
Le bilan personnel de Jacques Andrieux est exceptionnellement documenté : 12 victoires aériennes homologuées, 2 appareils ennemis endommagés, 2 bateaux détruits et environ 1 000 heures de vol de guerre. Son appareil est gravement atteint à 18 reprises par la DCA allemande.
Le Groupe de chasse « Alsace » reçoit lui-même la Croix de la Libération le 28 mai 1945. L’Ordre de la Libération indique qu’à la fin de la guerre il totalise plus de 9 000 heures d’opérations et plus de 4 500 sorties.
Arrestation / évasion / déportation
Jacques Andrieux n’est ni arrêté ni déporté.
Son départ de France constitue en revanche une évasion maritime clandestine particulièrement remarquable : le 16 décembre 1940, après avoir acheté le langoustier Émigrant en se faisant passer pour armateur, il quitte Camaret-sur-Mer et rallie Penzance afin de poursuivre la guerre.
Son père, également prénommé Jacques et médecin-commandant, connaît un sort différent : engagé dans la Résistance, il est déporté en Allemagne et n’en revient pas. Il convient de ne pas confondre le parcours du père avec celui du futur Compagnon de la Libération.
Camarades de combat
Au 91 Squadron, Jacques Andrieux sert explicitement avec Jean Maridor et Henri de Bordas, tous deux aviateurs français engagés dans la RAF.
Au Groupe « Alsace », il succède le 26 août 1944 au commandant Jacques-Henri Schloesing, tué en combat aérien. L’histoire institutionnelle du groupe rappelle également ses commandants successifs, parmi lesquels Jean Tulasne, Joseph Pouliquen, René Mouchotte, Bernard Dupérier, Jacques-Henri Schloesing puis Jacques Andrieux.
Ces relations de service et de commandement sont documentées. En revanche, l’appartenance commune au Groupe « Alsace » ou aux FAFL ne suffit pas à établir automatiquement une relation personnelle avec chacun des autres Compagnons ayant servi dans ces formations.
Retour à la vie civile
Jacques Andrieux poursuit après 1945 une longue carrière dans l’Armée de l’air. Les sources complémentaires permettent notamment de le retrouver comme commandant en second de la 2e Escadre de chasse à Dijon, puis de la 4e Brigade aérienne à Bremgarten, avant de commander la 12e Escadre de chasse à Cambrai.
Devenu lieutenant-colonel en 1954, il sert en Algérie et dirige notamment le poste de commandement Air de Batna-Nementcha de 1956 à 1957. Il commande ensuite la 12e Brigade aérienne à Cambrai et exerce des fonctions à l’état-major. Il suit également les enseignements de l’Institut des hautes études de Défense nationale puis du Collège de Défense de l’OTAN.
Promu général de brigade aérienne en 1966, il devient expert militaire Air auprès de la Commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale.
Sa transition vers le secteur civil commence avant même son admission définitive en deuxième section. Il est directeur de la gare internationale de GARONOR de 1966 à 1970, secrétaire général de Vibrachoc de 1970 à 1974, directeur général de Holding Rellmitt Inter de 1974 à 1978, puis administrateur du journal L’Aurore en 1978. Il est également membre du conseil de l’Ordre national du Mérite.
Placé en congé du personnel navigant en août 1970, il est admis en 2e section du cadre des officiers généraux de l’Armée de l’air en 1971.
Jacques Andrieux meurt le 21 janvier 2005 à Saint-Georges-de-Didonne, en Charente-Maritime, où il est inhumé.
Décorations
L’Ordre de la Libération établit les distinctions suivantes :
Grand-croix de la Légion d’honneur ;
Compagnon de la Libération, décret du 8 novembre 1944 ;
Grand-croix de l’Ordre national du Mérite ;
Croix de guerre 1939-1945 avec 13 palmes ;
Croix de la Valeur militaire avec 2 palmes ;
Médaille de l’Aéronautique ;
Chevalier du Mérite agricole ;
Distinguished Flying Cross and Bar britannique ;
Silver Star américaine.
La Grand-croix de la Légion d’honneur lui est attribuée par décret du 23 juin 1994.
La présence de la Distinguished Flying Cross and Bar et de la Silver Star est particulièrement notable : elle confirme que son parcours de guerre a également fait l’objet de reconnaissances britannique et américaine.
Lieux de mémoire
Jacques Andrieux est inhumé à Saint-Georges-de-Didonne, commune où il est décédé en janvier 2005.
Sa mémoire est également conservée par le musée de l’Ordre de la Libération. Son fonds personnel de Compagnon, coté 1 A 22, contient notamment le mémoire de proposition pour la Croix de la Libération, le décret du 8 novembre 1944, ses cartes de Compagnon, des pièces d’état civil, sept extraits de rapports de vol couvrant la période 1942-1944, des interviews, témoignages et documents relatifs à ses obsèques.
L’histoire du Groupe de chasse « Alsace », unité elle-même Compagnon de la Libération, constitue enfin un lieu mémoriel essentiel de son parcours.
Références bibliographiques
Le ciel et l’enfer : France Libre 1940-1945, Jacques Andrieux, Paris, Presses de la Cité, 1965. — Témoignage publié par Jacques Andrieux sur son expérience de combattant de la France libre.
Une poignée d’as, Jacques Andrieux, Paris, Presses de la Cité, 1976. — Ouvrage consacré notamment aux aviateurs des Forces aériennes françaises libres.
1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p.
Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023.
Références internet
Ordre de la Libération — « Jacques ANDRIEUX ». Source biographique institutionnelle principale pour l’état civil, l’évasion maritime de décembre 1940, l’engagement dans les FAFL, les 130 et 91 Squadrons, le commandement du Groupe « Alsace », le bilan aérien, la carrière après-guerre, le décès et les décorations.
Notice Jacques ANDRIEUX — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération — « Armée de l’air ». Histoire institutionnelle permettant de replacer le commandement de Jacques Andrieux dans les opérations du Groupe « Alsace » après la mort de Schloesing et de documenter les opérations de 1944-1945.
Groupe de chasse Alsace et Armée de l’air — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre A. Document archivistique essentiel : description du fonds personnel 1 A 22, rapports de vol, documents relatifs à la Croix de la Libération et identification du dossier SHD GR 16 P 13297.
Instrument de recherche des Compagnons — lettre A (PDF)
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — GR 16 P, lettre A. Instrument complémentaire utilisé pour contrôler les dossiers Andrieux et prévenir les confusions avec les nombreux homonymes présents dans la sous-série.
Inventaire SHD GR 16 P — lettre A (PDF)
Liste des aviateurs des FAFL. Source spécialisée issue notamment du travail publié par Jacques Andrieux dans Une poignée d’as ; elle confirme sa présence parmi les aviateurs des Forces aériennes françaises libres et sa qualité de Compagnon.
Liste des pilotes des FAFL
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 13297, dossier de Jacques ANDRIEUX.
Cette cote est explicitement attribuée à Jacques Andrieux dans l’instrument de recherche institutionnel de l’Ordre de la Libération consacré aux archives des Compagnons.
Le dossier original GR 16 P 13297 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour cette notice. Son existence et son attribution ont été vérifiées dans l’instrument archivistique. Il ne faut donc pas confondre la vérification de la cote avec la consultation physique du dossier.
L’Ordre de la Libération conserve parallèlement son important fonds de Compagnon sous la cote 1 A 22, comprenant notamment le mémoire de proposition de 1944, le décret du 8 novembre 1944 et sept extraits de rapports de vol de 1942 à 1944.
Observations
L’homonymie exige une vigilance particulière. L’inventaire GR 16 P contient plusieurs dossiers ANDRIEUX, dont ceux de Maurice, Max Raoul et Michel Andrieux. La cote GR 16 P 13297 est retenue ici parce que l’instrument de recherche propre à l’Ordre de la Libération l’attribue explicitement au Compagnon Jacques Andrieux.
Une autre confusion possible concerne son père, lui aussi prénommé Jacques Andrieux. Le père est le médecin-commandant résistant déporté en Allemagne et disparu en déportation ; le fils est l’aviateur des FAFL, futur général et Compagnon de la Libération.
Aucune divergence substantielle entre les principales sources institutionnelles consultées n’impose ici un tableau des divergences.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Fiabilité excellente.
La notice repose en premier lieu sur les archives et la biographie institutionnelle de l’Ordre de la Libération, complétées par l’instrument du Service historique de la Défense. Le fonds 1 A 22 apporte en outre l’existence de documents contemporains des opérations, notamment sept extraits de rapports de vol de 1942 à 1944.
L’état civil, le ralliement, les unités RAF, le commandement du Groupe « Alsace », le bilan aérien, la nomination comme Compagnon et la carrière ultérieure sont ainsi établis avec un degré élevé de certitude.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 15 août 1917 | Naissance à Lorient (Morbihan). |
| 1937 | S’engage dans l’Armée de l’air. |
| 1939 | Sous-officier pilote militaire en attente de transformation. |
| 16 décembre 1940 | Quitte clandestinement Camaret-sur-Mer sur le langoustier Émigrant et rallie Penzance. |
| 1940-1941 | S’engage dans les FAFL et suit son entraînement au sein de la RAF. |
| 1942 | Opérations avec le 130 Squadron RAF à Perranporth. |
| 1943 | Promu lieutenant ; affecté au 91 Squadron RAF à Hawkinge et Tangmere. |
| 1943-1944 | Multiplie les missions de chasse, escorte, attaque au sol et attaque maritime. |
| 26 août 1944 | Après la mort de Jacques-Henri Schloesing, prend comme capitaine le commandement du Groupe de chasse 341 « Alsace ». |
| 8 novembre 1944 | Nommé Compagnon de la Libération par décret. |
| 1944-1945 | Commande le Groupe « Alsace » dans ses opérations sur la Belgique, les Pays-Bas, les Ardennes puis l’Allemagne. |
| Mai 1945 | Termine la guerre avec 12 victoires aériennes homologuées, environ 1 000 heures de vol de guerre et 18 atteintes graves de son appareil par la DCA. |
| 28 mai 1945 | Le Groupe de chasse « Alsace » reçoit lui-même la Croix de la Libération. |
| Après 1945 | Poursuit sa carrière dans l’Armée de l’air et exerce plusieurs commandements de chasse. |
| 1954 | Lieutenant-colonel. |
| 1956-1957 | Sert en Algérie, notamment au poste de commandement Air de Batna-Nementcha. |
| 1966 | Promu général de brigade aérienne ; expert militaire Air auprès de la Commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale. |
| 1966-1970 | Directeur de la gare internationale de GARONOR. |
| Août 1970 | Placé en congé du personnel navigant. |
| 1971 | Admis en 2e section du cadre des officiers généraux de l’Armée de l’air. |
| 1970-1974 | Secrétaire général de Vibrachoc. |
| 1974-1978 | Directeur général de Holding Rellmitt Inter. |
| 1978 | Administrateur du journal L’Aurore. |
| 23 juin 1994 | Élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur. |
| 21 janvier 2005 | Décès à Saint-Georges-de-Didonne, où il est inhumé. |
La chronologie de guerre repose principalement sur la notice et les archives de l’Ordre de la Libération.
Sources consultées le 18 septembre 2026
Ordre de la Libération — notice « Jacques ANDRIEUX » : source institutionnelle principale pour l’état civil, l’évasion sur l’Émigrant, les FAFL, les 130 et 91 Squadrons, le Groupe « Alsace », les victoires aériennes, la carrière d’après-guerre, le décès et les décorations.
Jacques ANDRIEUX — Ordre de la Libération
Ordre de la Libération — instrument de recherche, lettre A : vérification du fonds 1 A 22, du décret du 8 novembre 1944, des rapports de vol et surtout du dossier d’homologation SHD GR 16 P 13297.
Instrument de recherche des archives des Compagnons — lettre A
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense : contrôle de l’inventaire GR 16 P et des homonymes Andrieux afin d’éviter une attribution erronée de dossier.
Inventaire SHD GR 16 P — lettre A
Ordre de la Libération — Armée de l’air et Groupe de chasse « Alsace » : vérification du contexte opérationnel du commandement d’Andrieux à partir du 26 août 1944 et du bilan collectif du Groupe « Alsace ».
Armée de l’air — Groupe de chasse Alsace
Liste des pilotes des Forces aériennes françaises libres : contrôle complémentaire de son appartenance aux FAFL et de sa qualité de Compagnon de la Libération.
Aviateurs des Forces aériennes françaises libres