La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

AGENET Alain Marie Léon

Alain Marie Léon AGENET, né le 2 juillet 1922 à Pondichéry (Indes françaises), mort le 28 septembre 1977 à Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), Français, officier des Forces françaises libres puis colonel, Compagnon de la Libération par décret du 20 janvier 1946. L’Ordre de la Libération confirme ses dates et lieux de naissance et de décès ainsi que sa qualité de Compagnon.

Jeunesse et formation

Alain Agenet est le fils d’un médecin militaire des troupes coloniales. Au moment de la débâcle de mai-juin 1940, il est élève au Prytanée militaire de La Flèche. Lorsque l’établissement se replie vers le sud de la France, il décide de poursuivre le combat et gagne Saint-Jean-de-Luz, où il réussit à embarquer à bord d’un navire polonais à destination de la Grande-Bretagne.

Il atteint l’Angleterre le 22 juin 1940 et s’engage dans les Forces françaises libres le 28 juin 1940, quelques jours avant son dix-huitième anniversaire.

Après ses premiers mois de service, il suit de janvier à juin 1941 les cours d’élève aspirant au camp Colonna d’Ornano de Brazzaville.

Engagement dans la Résistance

Alain Agenet appartient à la première génération des combattants de la France libre. Son engagement intervient dès le 28 juin 1940, moins de deux semaines après l’appel du général de Gaulle.

Il est d’abord affecté à la 1re Compagnie de chars, à Delville Camp, sous les ordres du lieutenant Volvey. Il participe à l’expédition de Dakar, puis débarque au Cameroun en octobre 1940.

À sa sortie du cours d’élève aspirant, il est affecté au Bataillon de marche n° 6 (BM 6). Malade, il doit cependant être hospitalisé pendant six semaines à Beyrouth et ne rejoint effectivement une unité combattante qu’en novembre 1941, lorsqu’il intègre le 3e bataillon de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) au Levant.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Alain Agenet n’est pas, dans les sources consultées, un membre d’un réseau clandestin de la Résistance intérieure. Son engagement relève de la France libre et des Forces françaises libres.

Ses principales unités documentées sont :

  • la 1re Compagnie autonome de chars de combat (1re CACC) ;
  • le Bataillon de marche n° 6, affectation initiale avant son hospitalisation ;
  • le 3e bataillon de la 13e DBLE ;
  • le 2e Bataillon de Légion étrangère, après la dissolution du 3e BLE ;
  • la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, au sein de la 1re Division française libre.

L’Ordre de la Libération retient explicitement la 1re CACC et la 13e DBLE parmi ses unités d’appartenance.

Missions et actions

Après Dakar et le Cameroun, Alain Agenet rejoint donc la 13e DBLE au Levant en novembre 1941. Avec la « 13 », il participe à la campagne de Libye, d’abord comme officier auto puis comme chef de section de Bren Carriers. Il prend part aux opérations de Sollum en janvier 1942, de Méchili en février, puis à la sortie de Bir Hakeim en juin 1942.

Nommé sous-lieutenant en septembre 1942, il est affecté à la compagnie lourde du 2e Bataillon de Légion étrangère à la suite de la dissolution du 3e BLE.

Comme chef de section antichars, il participe en octobre 1942 à la bataille d’El Alamein, en Égypte. Son comportement lui vaut une citation à l’ordre de l’Armée.

Il combat ensuite à Takrouna, en Tunisie, en mai 1943, avant d’être promu lieutenant en décembre suivant.

Avec la 1re Division française libre, il débarque à Naples en avril 1944 et participe à la campagne d’Italie : Garigliano, Pontecorvo, Rome et Radicofani jalonnent son parcours.

Le lieutenant Agenet débarque ensuite en Provence le 30 août 1944. Il participe à la libération de la Provence, à la remontée de la vallée du Rhône, puis aux combats de Haute-Saône et des Vosges.

Le 30 novembre 1944, à Masevaux, dans le Haut-Rhin, il est grièvement blessé au pied par un éclat d’obus. Évacué vers l’hôpital du Val-de-Grâce, il est éloigné du front pendant plusieurs mois.

Il rejoint son unité le 25 mars 1945 et participe aux derniers combats menés dans les Alpes, notamment dans le massif de l’Authion.

Le 18 juin 1945, une photographie conservée par le musée de l’Ordre de la Libération documente sa présence à Paris lorsque le 2e bataillon de la 13e DBLE défile sous l’Arc de Triomphe.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, évasion ou déportation d’Alain Agenet n’est signalée dans les sources institutionnelles consultées.

Il est en revanche grièvement blessé au combat le 30 novembre 1944 à Masevaux, par un éclat d’obus au pied, puis hospitalisé au Val-de-Grâce avant de rejoindre son unité le 25 mars 1945.

La déportation concerne son frère cadet René Agenet, lui-même résistant, mort au camp de Mauthausen en 1945 à l’âge de 21 ans.

Camarades de combat

Le parcours d’Alain Agenet le place successivement parmi les combattants de la 1re Compagnie de chars, puis de la 13e DBLE.

Pour sa première affectation, l’Ordre de la Libération nomme explicitement son chef, le lieutenant Volvey, sous les ordres duquel il sert à Delville Camp avant l’expédition de Dakar.

Son appartenance à la 13e DBLE le place ensuite au sein d’une des unités emblématiques des Forces françaises libres, pendant les campagnes de Libye, de Tunisie, d’Italie, de France et des Alpes.

Les sources consultées ne permettent toutefois pas de transformer l’ensemble des hommes ayant appartenu à ces unités en camarades personnels d’Alain Agenet. Seuls les liens explicitement documentés sont donc retenus.

Retour à la vie civile

Alain Agenet choisit après 1945 de poursuivre sa carrière militaire dans l’Infanterie coloniale.

Il sert d’abord en Tunisie, au cabinet du résident général, de juin 1946 à août 1947, puis en Afrique équatoriale française, de janvier 1948 à juillet 1950.

À partir de janvier 1952, le capitaine Agenet sert en Indochine. Le 26 octobre 1952 à My Coi, au Nord-Vietnam, il est blessé par balle au bras droit. Malgré sa blessure, il poursuit l’exercice de son commandement et contribue à l’enlèvement d’une position fortement défendue.

Il sert ensuite en Allemagne de 1954 à 1955, en Algérie de 1956 à 1958, puis au Cameroun de 1958 à 1960. Il est promu chef de bataillon en juillet 1958.

De 1961 à 1963, il est mis à la disposition de la chancellerie de l’Ordre de la Libération. De 1964 à 1966, il appartient à la mission militaire française d’instruction auprès du gouvernement royal du Laos.

Promu lieutenant-colonel en janvier 1968, il commande de 1969 à 1971 le camp d’instruction des recrues de Nouvelle-Calédonie, puis le quartier général de l’annexe Robert de Cotte aux Invalides.

Il quitte l’armée en 1972 avec le grade de colonel. Rendu à la vie civile, il occupe plusieurs postes de direction dans de grandes entreprises.

Alain Agenet meurt le 28 septembre 1977 à Bourg-la-Reine, où il est inhumé.

Décorations

L’Ordre de la Libération établit les distinctions suivantes :

  • Officier de la Légion d’honneur ;
  • Compagnon de la Libération, décret du 20 janvier 1946 ;
  • Croix de guerre 1939-1945, avec 3 citations ;
  • Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs, avec 2 citations ;
  • Croix du combattant volontaire ;
  • Médaille coloniale, avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim », « Tunisie » et « Extrême-Orient » ;
  • Médaille des Services volontaires dans la France libre ;
  • Médaille commémorative d’Indochine ;
  • Médaille commémorative des opérations de sécurité et du maintien de l’ordre en AFN, avec agrafe « Algérie » ;
  • Officier de l’ordre de l’Étoile noire ;
  • Officier du Nicham Iftikar ;
  • Officier de l’ordre du Ouissam alaouite ;
  • Chevalier de l’ordre national du Vietnam ;
  • Croix de la Vaillance avec palme (Vietnam).

Sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 20 janvier 1946 est confirmée à la fois par sa notice individuelle et par le portail officiel des Compagnons.

Lieux de mémoire

Alain Agenet est inhumé à Bourg-la-Reine, commune où il est décédé en 1977.

Le musée de l’Ordre de la Libération conserve également des documents iconographiques le concernant. Une photographie datée du 18 juin 1945 à Paris le représente à l’occasion du défilé du 2e bataillon de la 13e DBLE sous l’Arc de Triomphe.

Son parcours mémoriel est également indissociable de la 13e DBLE, unité faite Compagnon de la Libération, avec laquelle il combattit de la Libye aux Alpes.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Bordeaux, Elytis, 2010, 1 230 p.

Les Compagnons de l’aube : archives inédites des Compagnons de la Libération, Guillaume Piketty, Vladimir Trouplin et Hélène Orizet, Paris, Textuel, 2014.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, édition revue et augmentée, Elytis, 2023. L’Ordre de la Libération indique que cette nouvelle édition comprend 1 692 pages, plus de 1 100 photographies et un index.

Références internet

Ordre de la Libération — « Alain AGENET ». Notice biographique institutionnelle principale : état civil, départ de France en juin 1940, engagement dans les FFL, Dakar, Cameroun, formation à Brazzaville, 13e DBLE, Bir Hakeim, El Alamein, Tunisie, Italie, débarquement de Provence, Masevaux, Authion, carrière militaire après 1945, décès et décorations.
Notice Alain AGENET — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — portail des Compagnons. Confirmation de la qualité de Compagnon de la Libération d’Alain Agenet et du décret du 20 janvier 1946.
Recherche des Compagnons — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération — collections, « Alain Agenet », Paris, 18 juin 1945. Ressource iconographique documentant Alain Agenet lors du défilé du 2e bataillon de la 13e DBLE sous l’Arc de Triomphe.
Alain Agenet, Paris, 18 juin 1945 — collections de l’Ordre de la Libération

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — sous-série GR 16 P, lettre A. Instrument archivistique permettant de confirmer l’identité d’Alain Agenet, sa naissance le 2 juillet 1922 à Pondichéry, son homologation et la cote GR 16 P 3711.
Inventaire SHD GR 16 P — lettre A (PDF)

Fédération des Sociétés d’Anciens de la Légion étrangère — bataille de l’Authion. Ressource complémentaire sur les opérations de la 13e DBLE dans les Alpes et confirmation de la nomination du lieutenant Alain Agenet comme Compagnon par décret du 20 janvier 1946.
La 13e DBLE sur l’Authion — FSALE

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 3711, AGENET Alain, né le 2 juillet 1922 à Pondichéry, dossier portant la mention « Homologué » dans l’inventaire de la sous-série GR 16 P.

Le dossier original GR 16 P 3711 n’a pas été consulté matériellement pièce par pièce pour cette notice. Son existence, son attribution à Alain Agenet, ses données d’état civil et son homologation ont été contrôlées dans l’instrument de recherche du Service historique de la Défense diffusé par le Musée de la Résistance en ligne.

Observations

L’identification ne présente pas de difficulté d’homonymie majeure : l’inventaire du SHD associe sans ambiguïté AGENET Alain, né le 2 juillet 1922 à Pondichéry, à la cote GR 16 P 3711.

Les sources consultées ne font apparaître aucun alias résistant attribuable avec certitude à Alain Agenet. Aucun alias n’est donc ajouté.

Son parcours relève essentiellement de la Résistance extérieure et de la France libre, et non d’une activité clandestine en France occupée.

Une distinction doit également être maintenue entre Alain Agenet et son frère cadet René Agenet, résistant mort en déportation à Mauthausen en 1945. Les éléments relatifs à René ne sont utilisés ici que pour éclairer le contexte familial explicitement mentionné par l’Ordre de la Libération.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité excellente.

L’identité, l’état civil, les unités, les campagnes, les blessures, la carrière d’après-guerre, le décès et les décorations reposent principalement sur la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération. L’existence et l’homologation du dossier GR 16 P 3711 sont confirmées indépendamment par l’inventaire du Service historique de la Défense diffusé par le MVR. Une source iconographique institutionnelle de l’Ordre documente également sa présence à Paris le 18 juin 1945.

Chronologie

DateÉvénement
2 juillet 1922Naissance à Pondichéry, dans les Indes françaises.
Juin 1940Élève au Prytanée militaire de La Flèche ; décide de poursuivre le combat et gagne Saint-Jean-de-Luz.
22 juin 1940Arrivée en Angleterre après avoir embarqué sur un navire polonais.
28 juin 1940Engagement dans les Forces françaises libres, quelques jours avant ses dix-huit ans.
1940Affectation à la 1re Compagnie de chars à Delville Camp ; participation à l’expédition de Dakar.
Octobre 1940Débarquement au Cameroun.
Janvier-juin 1941Formation d’élève aspirant au camp Colonna d’Ornano de Brazzaville.
1941Affectation initiale au BM 6 ; hospitalisation pendant six semaines à Beyrouth.
Novembre 1941Rejoint le 3e bataillon de la 13e DBLE au Levant.
Janvier 1942Opérations de Sollum.
Février 1942Opérations de Méchili.
Juin 1942Participe à la sortie de Bir Hakeim.
Septembre 1942Nommé sous-lieutenant et affecté à la compagnie lourde du 2e Bataillon de Légion étrangère.
Octobre 1942Bataille d’El Alamein comme chef de section antichars ; citation à l’ordre de l’Armée.
Mai 1943Combat à Takrouna, en Tunisie.
Décembre 1943Promu lieutenant.
Avril 1944Débarque à Naples avec la 1re DFL ; participe à la campagne d’Italie.
30 août 1944Débarque en Provence.
Automne 1944Combats de Provence, de la vallée du Rhône, de Haute-Saône et des Vosges.
30 novembre 1944Grièvement blessé par éclat d’obus à Masevaux ; évacué au Val-de-Grâce.
25 mars 1945Rejoint son unité.
Avril 1945Participe aux combats du massif de l’Authion.
18 juin 1945Présence documentée à Paris lors du défilé du 2e bataillon de la 13e DBLE sous l’Arc de Triomphe.
20 janvier 1946Nommé Compagnon de la Libération par décret.
Juin 1946-août 1947Sert au cabinet du résident général en Tunisie.
Janvier 1948-juillet 1950Affectation en Afrique équatoriale française.
Janvier 1952Début de son service en Indochine.
26 octobre 1952Blessé par balle au bras droit à My Coi ; poursuit néanmoins son commandement.
1954-1955Service en Allemagne.
1956-1958Service en Algérie.
Juillet 1958Promu chef de bataillon.
1958-1960Service au Cameroun.
1961-1963Mis à la disposition de la chancellerie de l’Ordre de la Libération.
1964-1966Mission militaire française d’instruction auprès du gouvernement royal du Laos.
Janvier 1968Promu lieutenant-colonel.
1969-1971Commande le camp d’instruction des recrues de Nouvelle-Calédonie.
1972Quitte l’armée avec le grade de colonel.
28 septembre 1977Décès à Bourg-la-Reine, où il est inhumé.

La chronologie repose principalement sur la notice biographique de l’Ordre de la Libération.

Tableau des divergences entre sources

Aucune divergence substantielle entre les sources institutionnelles consultées ne justifie l’établissement d’un tableau comparatif. L’état civil donné par l’Ordre de la Libération concorde avec l’inventaire du SHD : Alain Agenet, né le 2 juillet 1922 à Pondichéry.

Sources consultées le 18 septembre 2026

Ordre de la Libération, notice « Alain AGENET » : source institutionnelle principale pour l’état civil, la jeunesse, le départ de France en juin 1940, l’engagement dans les FFL, Dakar, le Cameroun, la formation à Brazzaville, la 13e DBLE, Bir Hakeim, El Alamein, Takrouna, l’Italie, le débarquement de Provence, Masevaux, l’Authion, la carrière militaire après 1945, le décès et les décorations.
Notice Alain AGENET — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération, portail des Compagnons : confirmation de la qualité de Compagnon de la Libération et du décret du 20 janvier 1946.
Recherche des Compagnons — Ordre de la Libération

Ordre de la Libération, portail des collections, « Alain Agenet », Paris, 18 juin 1945 : photographie documentant sa présence lors du défilé du 2e bataillon de la 13e DBLE sous l’Arc de Triomphe.
Alain Agenet, 18 juin 1945 — collections de l’Ordre de la Libération

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne, inventaire de la sous-série GR 16 P, lettre A : confirmation de la naissance le 2 juillet 1922 à Pondichéry, de l’homologation et de la cote GR 16 P 3711.
Inventaire SHD GR 16 P — lettre A (PDF)

Ordre de la Libération, rapport annuel 2022 : contrôle bibliographique de l’édition revue et augmentée du Dictionnaire des Compagnons de la Libération de Vladimir Trouplin.
Rapport annuel 2022 — Ordre de la Libération (PDF)

Fédération des Sociétés d’Anciens de la Légion étrangère, étude consacrée aux combats de la 13e DBLE sur l’Authion : source complémentaire pour la campagne des Alpes et le décret du 20 janvier 1946.
Avril 1945 : la 13e DBLE sur l’Authion — FSALE

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