Martial Gilbert NICOLAS, né le 11 octobre 1922 à Embrun (Hautes-Alpes), mort le 15 décembre 1944 à Neuengamme (Allemagne), français.
Jeunesse et formation
Martial Gilbert Nicolas naît à Embrun en octobre 1922. Une source mémorielle locale donne le 14 octobre, tandis que l’arrêté officiel portant la mention « Mort en déportation » donne le 11 octobre 1922 ; cette dernière date est retenue. Son père est menuisier rue Victor-Maurel à Embrun et Martial travaille auprès de lui. En 1942, il est envoyé aux Chantiers de la jeunesse française à Nyons (Drôme).
Engagement dans la Résistance
Lorsque sa classe est menacée par le Service du travail obligatoire STO, Martial Nicolas profite d’une permission à Embrun pour ne pas rejoindre son groupement. Avec Simon Richiardi et Georges « Mitchou » Pianfetti, il choisit la clandestinité. Il gagne le maquis de Boscodon, où il figure parmi les jeunes réfractaires des premiers temps du groupe.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Nicolas appartient au maquis de Boscodon, formation créée autour de Marcel Imbert et progressivement intégrée à la Résistance organisée de l’Embrunais. Le groupe est lié à l’Armée secrète et se trouve également dans l’environnement de l’Organisation de résistance de l’armée.
Missions et actions
Les photographies et témoignages conservés le montrent dans la vie collective du maquis. Il participe notamment aux exercices de tir organisés dans le cirque du Morgon. Les sources accessibles ne permettent pas de lui attribuer avec certitude une opération armée individuelle distincte.
Arrestation / évasion / déportation
Le 16 mai 1944, lors de la rafle de Boscodon, Martial Nicolas est arrêté avec d’autres maquisards et habitants. Après une détention en France, il est transféré vers l’Allemagne. Une lettre datée du 1er juillet 1944, adressée à ses parents pendant son transfert, atteste qu’il sait partir vers l’Allemagne tout en cherchant à rassurer sa famille.
« Bien chers parents Je vous fais vite un petit mot pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes ainsi que tous mes camarades. Nous ne savons pas où nous allons, mais certainement nous partons en Allemagne. Donc ne vous faites pas de mauvais sang pour moi. Pensez à faire la commission à tous les parents de mes copains. Je vous embrasse tous bien affectueusement. Martial »
Il est déporté à Neuengamme. L’arrêté du 15 juin 1995 portant apposition de la mention « Mort en déportation » fixe officiellement son décès au 15 décembre 1944 à Neuengamme.
Camarades de combat
Son parcours est étroitement lié à Simon Richiardi et Georges Pianfetti, jeunes de la même génération qui refusent le STO. À Boscodon, il combat sous l’autorité de Marcel Imbert et côtoie notamment Louis Liotard, lui aussi arrêté lors de la rafle et mort en déportation.
Retour à la vie civile
Martial Nicolas ne revient pas de déportation. Il meurt à vingt-deux ans à Neuengamme le 15 décembre 1944.
Décorations
Médaille de la Résistance Française à titre posthume par décret du 05 Janvier 1956 JO 07 Janvier 1956 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O47009
Lieux de mémoire
La mémoire de Martial Nicolas est liée à l’abbaye de Boscodon, lieu de son arrestation, et aux commémorations organisées après-guerre autour de la stèle de Boscodon. Des photographies conservées dans les fonds mémoriels locaux le montrent avec ses camarades avant la rafle. Neuengamme constitue le lieu de sa mort en déportation.
Références bibliographiques
Résistance en Embrunais. Le Maquis du Boscodon 1943-1945, Marcel Imbert, avec le concours de Roger Cézanne, 1995. Témoignage essentiel pour l’histoire du groupe, la rafle et le destin de ses membres.
Maquisards et Gestapo, Richard Duchamblo. Ouvrage utilisé dans les travaux locaux consacrés à la rafle de Boscodon et à ses victimes.
Références internet
Légifrance. L’arrêté du 15 juin 1995 portant apposition de la mention « Mort en déportation » donne l’identité Martial Gilbert Nicolas, né le 11 octobre 1922 à Embrun, mort le 15 décembre 1944 à Neuengamme. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000189009
Embrun en 1939-1945. Le portrait « Martial Nicolas martyr du Boscodon » restitue sa jeunesse, son passage aux Chantiers de jeunesse, son refus du STO, son entrée au maquis, son arrestation et conserve la transcription de sa lettre du 1er juillet 1944. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/06/martial-nicolas-martyr-du-boscodon/
Le Dauphiné Libéré. Le dossier illustré consacré aux onze personnes raflées à Boscodon en mai 1944 conserve plusieurs photographies de Martial Nicolas et rappelle sa déportation. https://www.ledauphine.com/societe/2024/05/09/ils-etaient-du-maquis-du-boscodon
Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique sur le maquis de Boscodon fournit le contexte de la création du groupe et de la rafle du 16 mai 1944. https://mvr.asso.fr/maquis-de-boscodon/
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote SHD GR 16 P correspondant avec certitude à Martial Gilbert Nicolas, né à Embrun en octobre 1922, n’a été retrouvée dans les résultats accessibles lors des présentes recherches. L’homonymie est importante et interdit d’attribuer à l’intéressé les dossiers de résistants portant seulement le nom Martial Nicolas sans concordance d’état civil.
Observations
Une divergence porte sur la date de naissance : la mémoire locale donne le 14 octobre 1922, tandis que l’arrêté officiel du 15 juin 1995 donne le 11 octobre 1922 et les prénoms Martial Gilbert. La source officielle est retenue. Une publication de presse de 2024 évoque une mort de septicémie en novembre 1944, mais l’arrêté officiel fixe le décès au 15 décembre 1944 à Neuengamme ; cette date est retenue.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité et le décès en déportation sont établis par un arrêté officiel ; l’engagement au maquis, la rafle et le parcours antérieur sont documentés par plusieurs sources mémorielles concordantes et une documentation photographique.
Chronologie
| Date | Événement |
| 11 octobre 1922 | Naissance à Embrun (Hautes-Alpes), date retenue d’après l’arrêté officiel. |
| 1942 | Chantiers de la jeunesse française à Nyons. |
| 1943 | Refus du STO et entrée au maquis de Boscodon. |
| 16 mai 1944 | Arrestation lors de la rafle de Boscodon. |
| 1er juillet 1944 | Lettre à ses parents pendant le transfert vers la déportation. |
| 15 décembre 1944 | Décès à Neuengamme (Allemagne). |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Date de naissance | Embrun en 1939-1945 : 14 octobre 1922 | Arrêté du 15 juin 1995 : 11 octobre 1922 | 11 octobre 1922 retenu, source officielle. |
| Date/cause du décès | Presse locale 2024 : septicémie, novembre 1944 | Arrêté du 15 juin 1995 : 15 décembre 1944 à Neuengamme | 15 décembre 1944 retenu ; cause non affirmée faute de source institutionnelle concordante. |
Sources consultées
Légifrance / Journal officiel. Arrêté du 15 juin 1995 portant apposition de la mention « Mort en déportation ». Cette source établit les prénoms Martial Gilbert, la naissance le 11 octobre 1922 à Embrun et le décès le 15 décembre 1944 à Neuengamme. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000189009
Embrun en 1939-1945. « Martial Nicolas martyr du Boscodon ». Cette page apporte les éléments sur sa famille, les Chantiers de jeunesse, le refus du STO, l’entrée au maquis, la rafle du 16 mai 1944 et la lettre adressée à ses parents pendant sa déportation. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/06/martial-nicolas-martyr-du-boscodon/
Le Dauphiné Libéré. « Il y a 80 ans, 11 maquisards de Boscodon étaient raflés par la Gestapo ». Ce dossier photographique documente Martial Nicolas au sein du groupe et rappelle son destin de déporté. https://www.ledauphine.com/societe/2024/05/09/ils-etaient-du-maquis-du-boscodon
Mémoire Vive de la Résistance. « Maquis de Boscodon ». Cette synthèse fournit le contexte de création du maquis et de la rafle du 16 mai 1944. https://mvr.asso.fr/maquis-de-boscodon/
Ordre de la Libération. Base des médaillés de la Résistance française, consultée pour le contrôle de l’identité, du décret, de la publication au Journal officiel, du caractère posthume éventuel et de la cote de dossier. Aucune attribution positive correspondant avec certitude à cette identité n’a été retrouvée ; la base institutionnelle précise être non exhaustive. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles