La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

KINDERFREUND Paul Robert Ostoya dit Paul Ostoya, alias Renaudot, commandant Renaudot,

Paul Robert Ostoya KINDERFREUND, dit Paul Ostoya, alias Renaudot, commandant Renaudot, né le 15 juin 1904 à Paris (17e arrondissement, Seine), mort le 27 août 1969 à Paris (14e arrondissement), français.

Paul Robert Ostoya Kinderfreund naît à Paris le 15 juin 1904. Une notice nécrologique consacrée à Paul Ostoya précise qu’il est issu d’un père polonais et d’une mère d’ascendance à la fois polonaise et française. Le nom d’« Ostoya », sous lequel il mène l’essentiel de sa carrière publique, renvoie à un blason familial polonais.

Dans sa jeunesse, il s’engage dans les milieux républicains opposés à l’Action française. En 1924, il participe à la création d’un Comité d’action universitaire qui devient la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste. Il s’oriente ensuite vers le journalisme. Entre 1934 et 1937, il exerce les fonctions de secrétaire général adjoint du Syndicat national des journalistes.

Son activité intellectuelle ne se limite pas au journalisme politique ou généraliste : il développe également un intérêt marqué pour les sciences naturelles, la botanique, la mycologie et les théories de l’évolution, domaines dans lesquels il poursuivra après-guerre une importante activité éditoriale et associative.

Engagement dans la Résistance

La documentation administrative relative aux Français libres situe son engagement dans la France libre en février 1943, depuis la métropole, et l’affecte à la Résistance intérieure au titre du réseau Goélette, avec la qualité d’agent P2.

Son dossier administratif de résistant est identifié sous la cote SHD GR 16 P 295470.

Sous le pseudonyme de « Renaudot », Paul Kinderfreund devient l’un des principaux responsables de Goélette. Les sources le désignent comme chef du réseau ou, selon la période et le périmètre considéré, comme responsable de ses opérations. Goélette appartient au dispositif de renseignement lié au réseau Phratrie et au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA).

Une source consacrée aux activités clandestines à Paris indique qu’il est connu des agents sous l’initiale « R » et qu’il dirige les opérations parisiennes du réseau. Elle montre notamment ses contacts avec Francis Deloche de Noyelle et avec les relais clandestins utilisés par Goélette-Frégate.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Paul Kinderfreund appartient au réseau de renseignement Goélette, lui-même rattaché à Phratrie et au BCRA. Le dispositif de Phratrie rassemble plusieurs sous-réseaux de renseignement implantés dans différentes régions françaises ; Goélette développe notamment son activité dans le Sud-Est avant de disposer de ramifications plus étendues.

Son statut d’agent P2 indique un engagement permanent et clandestin au service du réseau, confirmé par la base des Français libres.

Missions et actions

L’activité de Goélette repose sur la recherche, la collecte, la centralisation et la transmission de renseignements militaires, économiques, ferroviaires et stratégiques à destination des services alliés.

Les archives du réseau conservées sous la cote 72AJ/2314 contiennent notamment des listes d’agents, des correspondances, des consignes, des notes de service, des questionnaires adressés aux agents, des rapports de renseignement militaire et économique, des informations sur les transports, des plans, des croquis et des documents relatifs aux mouvements de la Wehrmacht. Elles attestent l’ampleur et la continuité du travail clandestin accompli par Goélette entre 1942 et 1944.

À Paris, Kinderfreund intervient également dans le dispositif de renseignement utilisant le domicile de la famille Jackson, avenue Foch, comme point de contact clandestin. Une étude consacrée à cette activité le décrit comme le responsable des opérations parisiennes du réseau et rapporte qu’en avril 1944 il avertit ses correspondants de l’intensification de la répression allemande contre les personnes aidant les aviateurs alliés.

Les sources disponibles montrent ainsi que sa fonction dépasse celle d’un simple agent de collecte : il assume des responsabilités d’organisation et de direction dans un réseau directement relié aux services de renseignement de la France combattante.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, déportation ou internement de Paul Kinderfreund n’a été établi par les sources institutionnelles et archivistiques ouvertes consultées. Il survit à la clandestinité et à la guerre. Son décès intervient à Paris le 27 août 1969.

Camarades de combat

Son activité dans Goélette le met notamment en relation avec Francis Deloche de Noyelle, acteur important du réseau, ainsi qu’avec les différents agents de Phratrie et de Goélette. Les archives conservées aux Archives nationales témoignent d’une organisation collective particulièrement structurée, mais leur inventaire public ne permet pas d’attribuer avec certitude à Kinderfreund une relation opérationnelle personnelle avec chacun des agents cités dans le fonds.

Bernard Hollebecque appartient au même ensemble de renseignement dans le Sud-Est.

Jean-Claude Ménégoz est également identifié par les Archives nationales comme membre de Goélette.

Retour à la vie civile

Après la Libération, Paul Kinderfreund reprend une importante carrière de journaliste et de vulgarisateur scientifique sous le nom de Paul Ostoya.

Il devient notamment rédacteur en chef de la revue La Nature de 1951 à 1969 et produit des émissions scientifiques pour la radiodiffusion. Il exerce aussi des responsabilités dans les sociétés savantes : il est notamment secrétaire général de la Société mycologique de France à partir de mars 1956 et président de la Fédération française des sociétés de sciences naturelles.

Il publie en 1951 Les Théories de l’Évolution, ouvrage consacré à l’histoire du transformisme et aux conceptions successives de l’évolution du monde vivant.

En 1968, il épouse Zelda Menasce, survivante de la déportation. Il meurt l’année suivante, le 27 août 1969, dans le 14e arrondissement de Paris.

Décorations

Médaille de la Résistance Française par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 ,Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O33616

La documentation ouverte consultée signale l’existence de documents relatifs aux décorations de Paul Kinderfreund, mais aucune source officielle accessible au cours des présentes recherches n’a permis d’établir avec la précision exigée la liste complète des distinctions, leurs grades et leurs dates d’attribution.

Elles ne sont donc pas attribuées nominativement dans cette notice sans consultation directe du dossier SHD GR 16 P 295470 ou des pièces administratives correspondantes.

Lieux de mémoire

Aucun lieu de mémoire spécifiquement consacré à Paul Kinderfreund n’a été identifié avec une source institutionnelle suffisamment précise lors des présentes recherches.

Sa mémoire est en revanche directement associée aux fonds historiques du réseau Goélette conservés par les Archives nationales et aux archives du BCRA et du Service historique de la Défense.

Références bibliographiques

François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, Paris, 2006. Ouvrage collectif de référence permettant de replacer les réseaux de renseignement, la France libre, le BCRA et les organisations clandestines dans leur environnement institutionnel et opérationnel.

Sébastien Albertelli, Les services secrets du général de Gaulle : le BCRA, 1940-1944, Perrin, Paris, 2009. Cet ouvrage permet de restituer le fonctionnement des services de renseignement de la France libre auxquels Phratrie et Goélette sont rattachés.

Paul Ostoya, Les Théories de l’Évolution, Payot, Paris, 1951. Cet ouvrage ne concerne pas directement la Résistance mais documente l’importante carrière scientifique et éditoriale poursuivie après-guerre sous le nom de Paul Ostoya.

Références internet

Les Français Libres. La fiche « Paul Robert Ostoya Kinderfreund » fournit les dates et lieux de naissance et de décès, l’engagement en février 1943, l’affectation à Goélette, le statut P2 et surtout la cote du dossier administratif de résistant GR 16 P 295470.

https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=76740

Archives nationales. L’instrument de recherche du fonds 72AJ décrit sous la cote 72AJ/2314 les archives originales de Goélette : listes d’agents, correspondance, comptabilité, notes de service, renseignements militaires et documents clandestins couvrant 1942-1944.

Société des amis du Muséum d’histoire naturelle. La notice consacrée à Paul Ostoya après sa mort documente son état civil, ses origines, sa carrière de journaliste scientifique, ses travaux de naturaliste et ses responsabilités au sein de la Société mycologique de France.

HistoryNet. L’étude sur Paris sous l’Occupation apporte des éléments complémentaires sur l’activité de Kinderfreund, alias « R », dans le dispositif parisien de Goélette et sur ses relations avec les agents utilisant l’avenue Foch comme point clandestin.

Convoi 77. La notice de Zelda Menasce confirme son mariage en 1968 avec Paul-Robert Ostoya Kinderfreund, présenté comme journaliste, botaniste et ancien résistant, ainsi que la chronologie de la fin de sa vie. https://convoi77.org/deporte_bio/zelda-menasce/

Dossier d’homologation consulté

Le dossier administratif de résistant est identifié sous la cote SHD GR 16 P 295470. Son existence est confirmée par la base des Français libres. Le dossier original n’a toutefois pas été dépouillé pièce à pièce dans le cadre de la présente recherche en ligne.

Observations

Les sources emploient plusieurs formes du nom : Paul Robert Ostoya Kinderfreund, Paul Robert Kinderfreund, Paul Kinderfreund et Paul Ostoya. Ces variantes concernent la même personne. « Ostoya » devient son nom public dans sa carrière journalistique et scientifique.

Le pseudonyme résistant principal attesté est « Renaudot », parfois accompagné du titre « commandant Renaudot ».

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité civile, l’engagement dans Goélette, la qualité d’agent P2, le pseudonyme, la fonction de responsabilité et le parcours postérieur sont établis par plusieurs sources concordantes, dont des références administratives et archivistiques institutionnelles.

Chronologie

DateÉvénement
15 juin 1904Naissance à Paris (17e arrondissement)
1924Engagement dans le Comité d’action universitaire républicain
1934-1937Secrétaire général adjoint du Syndicat national des journalistes
février 1943Engagement dans la France libre depuis la métropole ; affectation à Goélette
1943-1944Activité clandestine comme « Renaudot », responsable de Goélette
1951Publication de Les Théories de l’Évolution
1951-1969Rédacteur en chef de La Nature
mars 1956Secrétaire général de la Société mycologique de France
1968Mariage avec Zelda Menasce
27 août 1969Mort à Paris (14e arrondissement)

Sources consultées

Les Français Libres, fiche « Paul Robert Ostoya Kinderfreund ». Elle a fourni l’état civil, l’entrée dans la France libre, l’affectation à Goélette, le statut P2 et la cote GR 16 P 295470. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=76740

Archives nationales, inventaire des archives de la Seconde Guerre mondiale, fonds 72AJ/2314 « Réseau Goëlette ». Il décrit les archives opérationnelles conservées du réseau et leur contenu.

Société des amis du Muséum d’histoire naturelle, notice nécrologique de Paul Ostoya. Elle a apporté les renseignements relatifs à ses origines, à sa carrière scientifique et journalistique et à ses fonctions dans les sociétés savantes.

HistoryNet, « City of Darkness: Nazi-Occupied Paris ». Cette étude a apporté des informations complémentaires sur la responsabilité parisienne de Kinderfreund au sein de Goélette et ses contacts clandestins. https://historynet.com/city-darkness-nazi-occupied-paris/

Convoi 77, notice « Zelda Menasce ». Elle a permis de confirmer le mariage de Paul Kinderfreund en 1968 et son statut d’ancien résistant. https://convoi77.org/deporte_bio/zelda-menasce/

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024