La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « maquis de Biques ». Les sources emploient également « maquis de l’Armée juive à Biques », « maquis AJ de Biques » et, ponctuellement, la graphie « Bicques ». Il s’agit du premier maquis autonome créé dans le Tarn par l’Armée juive, organisation qui prendra ultérieurement le nom d’Organisation juive de combat. Biques est une ferme située dans la commune de Paulinet, Tarn, France, dans le secteur d’Alban.

Création du réseau

Après une première expérience d’entraînement de volontaires de l’Armée juive au maquis de l’Armée secrète du Rec, les dirigeants de l’AJ créent leur premier maquis autonome à Biques le 15 novembre 1943.

Raoul LÉONS, chargé des relations de l’Armée juive avec l’Armée secrète du Tarn, joue un rôle dans la recherche et l’établissement de cette implantation. La Fondation de la Résistance donne explicitement le 15 novembre 1943 comme date de création.

L’objectif du camp est double : fournir aux recrues une formation militaire destinée à la lutte armée et préparer certains volontaires à franchir les Pyrénées afin de poursuivre le combat hors de France. Les maquisards reçoivent notamment une instruction au maniement des armes et une préparation militaire.

Organisation interne

Le maquis est d’abord placé sous la responsabilité de Sal MEYER, puis les sources mentionnent Maurice HAUSNER. À partir de janvier 1944, Pierre LOEB, dit Pierrot, en assure le commandement, assisté d’Henri BRODER. Jacques LAZARUS assure notamment les liaisons avec la direction de l’Armée juive à Toulouse et inspecte les camps.

L’organisation fonctionne également comme lieu de passage. Les effectifs varient en raison du renouvellement des groupes : certains jeunes sont formés au maquis puis dirigés vers des filières permettant de franchir les Pyrénées. Rudy BIBERMAN, lui-même instructeur à Biques, est attesté dans le camp à partir de novembre 1943 et participe aux activités de l’unité jusqu’au printemps 1944.

Actions menées pendant la Résistance

L’activité fondamentale de Biques est la formation militaire des volontaires de l’Armée juive. Le camp constitue également une base de regroupement avant des passages vers l’Espagne. Des membres de l’organisation participent parallèlement à des opérations de réception et de transport d’armes. Rudy BIBERMAN est notamment attesté lors de la réception d’un parachutage le 12 mars 1944 au château de Saint-Paulin.

Joseph BORNSTEIN, membre du Mouvement de la jeunesse sioniste, assure entre novembre et décembre 1943 le convoyage de jeunes depuis Grenoble vers le maquis de Biques, ce qui atteste le recrutement suprarégional de certains de ses membres.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis appartient à l’Armée juive. Il entretient des relations opérationnelles avec l’Armée secrète du Tarn. Avant Biques, certains futurs maquisards avaient reçu une première instruction au Rec, formation relevant de l’AS. L’Armée juive devient ensuite l’Organisation juive de combat et est reconnue dans le cadre des FFI sous le numéro 884 par la 17e Région militaire de Toulouse.

Des liens existent également avec le Mouvement de la jeunesse sioniste, dont certains militants rejoignent ou ravitaillent le maquis.

Chefs et figures marquantes

Sal MEYER exerce la responsabilité du camp pendant sa première période selon les travaux synthétiques de la Fondation de la Résistance.

Pierre LOEB prend le commandement du maquis au cours de l’hiver 1943-1944. Il organise la préparation militaire des volontaires et des convois destinés à franchir les Pyrénées.

Henri BRODER seconde Pierre LOEB dans le commandement. Son témoignage confirme la fonction d’entraînement du maquis et la continuité entre Biques, le regroupement de la région de Lacaune et l’installation ultérieure à l’Espinassier.

Jacques LAZARUS joue un rôle de liaison entre les maquis et la direction toulousaine de l’Armée juive. Il survit à la guerre.

Victimes et morts

Les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste de résistants morts au maquis de Biques lui-même. Plusieurs membres ou agents liés à l’Armée juive furent ultérieurement arrêtés ou déportés, mais leur sort ne peut être attribué directement à une attaque du camp de Biques sans source spécifique.

Joseph BORNSTEIN, qui convoyait des jeunes vers Biques, est arrêté le 25 décembre 1943 puis déporté à Auschwitz par le convoi 66 ; il survit à la déportation.

Survivants identifiés

Parmi les survivants documentés figurent Pierre LOEB, Henri BRODER, Jacques LAZARUS et Rudy BIBERMAN. Rudy BIBERMAN quitte finalement la France par les Pyrénées et rejoint ensuite la Palestine, où il s’engage dans la Brigade juive.

Fin du réseau

Le maquis de Biques n’est pas détruit à la suite d’un combat majeur attesté. Son implantation est abandonnée dans le cadre du déplacement progressif de l’unité. En mars 1944, les maquisards gagnent le secteur de Lacaune et de La Jasse-de-Martinou. Après de nouvelles difficultés de sécurité et les opérations allemandes du printemps 1944, le groupe rejoint finalement l’Espinassier, près de Labastide-Rouairoux.

Conséquences et mémoire

Biques constitue une étape majeure dans l’histoire de la Résistance juive en France : la Fondation de la Résistance le présente comme le premier maquis autonome de l’Armée juive. Son histoire est aujourd’hui intégrée à la mémoire de la Résistance juive dans le Tarn et figure dans les ressources pédagogiques consacrées aux lieux de mémoire de l’académie de Toulouse.

Fiabilité A — excellente. L’existence, la localisation générale, la date de création, le rattachement à l’Armée juive et les principaux responsables sont établis par plusieurs sources concordantes, dont la Fondation de la Résistance, des archives et ressources du Mémorial de la Shoah et plusieurs notices biographiques mémorielles.

Références bibliographiques

Organisation juive de combat : Résistance-sauvetage, France 1940-1945 ouvrage et documentation historique utilisés dans plusieurs notices consacrées aux résistants de l’Armée juive et aux maquis du Tarn.

La Résistance juive en France Annie Latour, ouvrage consacré aux différentes formes de résistance juive et aux acteurs de l’Armée juive.

Les Juifs dans la Résistance et la Libération : histoire, témoignages, débats ensemble de travaux permettant de replacer les maquis de l’Armée juive dans le cadre général de la Résistance juive.

Références internet

Fondation de la Résistance dossier consacré aux maquis juifs, avec création de Biques le 15 novembre 1943, identification des commandants et déplacement ultérieur vers Lacaune et l’Espinassier. Fondation de la Résistance — La Lettre de la Fondation de la Résistance n° 111

AJPN synthèse historique consacrée à l’Armée juive, comportant une présentation détaillée de la création du camp de Biques. AJPN — Armée juive

AJPN notice de Rudy BIBERMAN, instructeur au maquis de Biques et participant à plusieurs opérations de parachutage. AJPN — Rudy Biberman

Mémorial de la Shoah documentation relative aux engagés volontaires et témoignage d’Henri BRODER sur Biques et les déplacements successifs du groupe. Mémorial de la Shoah — Notre Volonté

Sources consultées —

MVR : recherche « Biques », aucune notice thématique spécifique retrouvée.

Maitron Résistance : recherches par appellation et responsables effectuées ; aucune notice autonome « maquis de Biques » exploitée.

Fondation de la Résistance : résultat positif et détaillé.

Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée ; pas de notice autonome de maquis exploitée dans cette recherche.

Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; aucune notice organisationnelle autonome retenue.

Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice organisationnelle autonome retenue.

Gallica/BnF : recherche effectuée ; documentation contextuelle seulement.

Service historique de la Défense : recherche effectuée ; aucune cote autonome « Biques » identifiée dans les résultats accessibles.

Mémorial de la Shoah : documentation retrouvée.

AJPN : notices et synthèse retrouvées.

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