François Pierre Raoul d’ASTIER de LA VIGERIE, né le 7 mars 1886 au Mans (Sarthe), mort le 9 octobre 1956 à Paris, français.
Fils d’un officier d’artillerie polytechnicien, François d’Astier s’engage dans l’armée en 1907, puis entre à Saint-Cyr en 1908, promotion « Maroc ». Officier de cavalerie, il passe à l’aéronautique en 1915, obtient son brevet de pilote militaire en avril 1916 et commande ensuite des escadrilles de chasse. Il est blessé et cité à plusieurs reprises.
Entre les deux guerres, il occupe de nombreux postes dans l’aviation, sert notamment en Finlande, en Italie et au Maroc, puis devient général de brigade aérienne en 1936 et général de corps aérien à la veille de la guerre.
Engagement dans la Résistance
Commandant la zone d’opérations aériennes du Nord en 1939-1940, il propose le 10 juin 1940 de replier l’aviation française en Afrique du Nord pour continuer la lutte. Relevé de son commandement, il revient en France et participe dès novembre 1940 aux activités de « La Dernière Colonne », groupe clandestin créé par son frère Emmanuel.
Appelé par de Gaulle, il rejoint Londres le 18 novembre 1942 et devient, le 1er décembre, adjoint au général de Gaulle et membre du Haut Comité militaire.
Appartenance à un réseau ou mouvement
La Dernière Colonne ; Forces françaises libres ; état-major du général de Gaulle ; Forces aériennes de la France libre ; Comité d’action en France et commandement des forces françaises en Grande-Bretagne.
Missions et actions
Envoyé à Alger en décembre 1942, il observe la situation politique après l’opération Torch. Inspecteur général des Forces aériennes de la France libre en mai 1943, il devient commandant des forces militaires françaises en Grande-Bretagne en juillet, puis commandant supérieur des troupes françaises en Grande-Bretagne en octobre.
À partir de décembre 1943, délégué militaire à Londres du Comité d’action en France, il prépare la participation française aux futures opérations de débarquement et assure la liaison avec Eisenhower. Rappelé en avril 1944 et remplacé par Kœnig, il poursuit des missions confiées par de Gaulle jusqu’à la Libération.
Arrestation / évasion / déportation
Il n’est pas arrêté ni déporté. Son parcours de Résistance combine activité clandestine en France à partir de 1940 puis engagement institutionnel dans la France libre à Londres à partir de novembre 1942.
Camarades de combat
Son parcours est lié à Charles de Gaulle, à ses frères Henri et Emmanuel d’Astier de La Vigerie, à Pierre Mendès France qu’il soutient en 1940, ainsi qu’aux responsables alliés, notamment Dwight D. Eisenhower.
Retour à la vie civile
Le 8 novembre 1944, il est nommé ambassadeur de France à Rio de Janeiro, fonction qu’il exerce jusqu’en 1946. Après le départ de de Gaulle du gouvernement, il fonde avec René Capitant l’Union gaulliste et publie les Cahiers de la France libérée. Il meurt à Paris le 9 octobre 1956 et est inhumé au Père-Lachaise.
Décorations
- Grand officier de la Légion d’honneur — Source : Ordre de la Libération.
- Compagnon de la Libération — décret du 8 novembre 1944 — Source : Ordre de la Libération.
- Croix de guerre 1914-1918, neuf citations — Source : Ordre de la Libération.
- Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs, deux citations — Source : Ordre de la Libération.
- Air Force Cross (Royaume-Uni) — Source : Ordre de la Libération.
- Croix militaire de 1re classe (Belgique),
- ordre de l’Étoile avec glaive (Roumanie),
- des Saints-Maurice-et-Lazare (Italie),
- Ouissam alaouite
- Croix de la Rose blanche de Finlande — Source : Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Sa mémoire est également liée à la famille d’Astier de La Vigerie, exceptionnellement représentée par trois frères Compagnons de la Libération.
Références bibliographiques
François d’Astier de La Vigerie, Le ciel n’était pas vide 1940. Témoignage publié en 1952 sur l’aviation française et la défaite de 1940.
François d’Astier de La Vigerie, Mermoz. Ouvrage consacré à l’aviateur Jean Mermoz et à l’histoire de l’aviation.
Références internet
Ordre de la Libération. Notice institutionnelle « François ASTIER DE LA VIGERIE (d’) » : carrière, Résistance, Londres et décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/francois-astier-de-la-vigerie-d
Ordre de la Libération. Inventaire du dossier 1 A 33, incluant ordres de mission, correspondances de de Gaulle et compte rendu d’entretien avec Eisenhower.
Dossier d’homologation consulté
L’Ordre de la Libération conserve le dossier 1 A 33, comprenant le décret d’attribution de la Croix de la Libération et de nombreuses pièces de mission et de correspondance. Aucune cote GR 16 P distincte n’a été confirmée dans les ressources ouvertes consultées.
Observations
Son engagement dans la France libre est postérieur à une première phase de Résistance intérieure, dès novembre 1940, au sein de La Dernière Colonne. Cette distinction chronologique est importante.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — Fiabilité excellente. La notice institutionnelle et le dossier d’archives 1 A 33 offrent une documentation abondante et de premier ordre.
Chronologie
| Date | Événement |
| 7 mars 1886 | Naissance au Mans. |
| 1916 | Brevet de pilote militaire. |
| 1936 | Général de brigade aérienne. |
| 10 juin 1940 | Propose le repli de l’aviation en Afrique du Nord. |
| Novembre 1940 | Activités avec La Dernière Colonne. |
| 18 novembre 1942 | Arrivée à Londres. |
| 1er décembre 1942 | Adjoint au général de Gaulle. |
| Décembre 1943 | Délégué militaire à Londres du Comité d’action en France. |
| 8 novembre 1944 | Ambassadeur au Brésil. |
| 9 octobre 1956 | Décès à Paris. |
Sources consultées
Ordre de la Libération. Notice « François ASTIER DE LA VIGERIE (d’) » ; source principale. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/francois-astier-de-la-vigerie-d
Ordre de la Libération. Inventaire du dossier 1 A 33.