La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

DUFOUR Denis

Denis DUFOUR, né le 9 janvier 1888 à Beaujeu (Rhône), exécuté sommairement le 19 ou le 20 juillet 1944 au château de Dortan (Ain), français.

Denis Dufour était le fils de Claude Marie Dufour, couvreur, et de Marie Joséphine Césarine Monin. Les sources accessibles ne renseignent pas précisément sa scolarité, son apprentissage professionnel, son service militaire ni sa situation familiale. Il exerçait le métier de plombier à Oyonnax (Ain), centre industriel proche de Dortan et du Haut-Jura.

Engagement dans la Résistance

Denis Dufour rejoignit les Francs-tireurs et partisans, organisation armée de la Résistance intérieure. Son engagement est explicitement attesté par la notice biographique du Maitron et par le site consacré aux maquis de l’Ain et du Haut-Jura. Les responsabilités exactes qu’il exerça, sa date d’entrée dans la clandestinité, son pseudonyme éventuel et son unité locale ne sont toutefois pas précisés dans les sources accessibles.

Son activité s’inscrivit dans une région fortement marquée par l’implantation des maquis. À partir de 1943, plusieurs camps furent installés autour de Dortan, notamment aux Sièges, à la ferme de Revers, à Émondeau, à Cize et aux Granges. Au début de l’été 1944, le château de Dortan abrita le poste de commandement du maquis du Haut-Jura placé sous les ordres de Maurice Chevassus, dit « Chevassus » ou « Guêpe ».

Appartenance à un réseau ou mouvement

Denis Dufour appartenait aux Francs-tireurs et partisans. Aucun document consulté ne permet de préciser s’il relevait directement d’un détachement d’Oyonnax, de Dortan ou d’une formation plus large des maquis de l’Ain et du Haut-Jura.

Les Francs-tireurs et partisans participaient alors aux actions armées, aux sabotages, aux liaisons et à la défense des zones où les maquis exerçaient temporairement leur autorité. Il serait cependant hasardeux d’attribuer à Denis Dufour une opération particulière en l’absence d’une source nominative.

Missions et actions

Les actions personnelles de Denis Dufour avant son arrestation n’ont pas été individualisées. Son statut de résistant FTP est établi, mais les sources disponibles ne précisent ni ses fonctions, ni son armement, ni les liaisons qu’il assurait, ni les opérations auxquelles il participa.

Son parcours doit être replacé dans le contexte de l’opération allemande Treffenfeld, menée du 11 au 21 juillet 1944 contre les maquis de l’Ain et du Haut-Jura. Dans le département, cette séquence de massacres, d’exécutions, de pillages et de destructions est couramment désignée sous le nom de « Juillet rouge ».

Arrestation / évasion / déportation

Les forces allemandes reprirent le contrôle de Dortan le 12 juillet 1944. La commune fut soumise à des exécutions, des pillages, des violences contre les habitants et, finalement, à une destruction presque totale par incendie.

Denis Dufour fut capturé dans des circonstances qui ne sont pas précisées par les sources accessibles. Il fut conduit au château de Dortan, utilisé par les forces allemandes pendant la répression. Il y fut torturé à mort.

La notice du Maitron situe son exécution sommaire au 19 juillet 1944, tandis que le site des maquis de l’Ain et du Haut-Jura indique qu’il mourut sous la torture le 20 juillet. Cette divergence d’un jour ne remet pas en cause le lieu, la nature criminelle de sa mort ni son rattachement à la répression du « Juillet rouge ».

Denis Dufour ne fut pas déporté. Il mourut à l’âge de cinquante-six ans, victime d’une exécution extrajudiciaire précédée de tortures.

Camarades de combat

Les sources nominatives consultées ne permettent pas d’identifier avec certitude les résistants qui appartenaient directement au même groupe FTP que Denis Dufour.

Son parcours s’inscrit néanmoins dans l’environnement des maquis de l’Ain et du Haut-Jura, commandés à l’échelle régionale par Henri Romans-Petit. Dans le secteur de Dortan, Maurice Chevassus, dit « Guêpe », et Roland Rolandez, dit « Gillet », exercèrent des responsabilités militaires durant l’été 1944.

Denis Dufour partagea le sort des nombreuses victimes civiles et résistantes de Dortan. Le mémorial local cite notamment Hugues Picard, Georges Léger, René Justin, Camille Corthiles, Henri Maubourg, Charles Olagnon, Louis Guillot, Angelo Oberto, Olivier Sonthonnax, Secundo Giovannetti et Joseph Prone parmi les corps identifiés après les massacres.

Retour à la vie civile

Denis Dufour ne revint pas à la vie civile. Son engagement résistant s’acheva par son arrestation, sa torture et son exécution au château de Dortan.

Après la guerre, son nom fut intégré à la mémoire collective des victimes de Dortan et des violences de juillet 1944 dans l’Ain. La documentation mémorielle le présente à la fois comme plombier, résistant FTP et victime de la répression allemande.

Décorations

Aucune décoration attribuée nominativement à Denis Dufour n’a été retrouvée dans les bases et sources accessibles lors des présentes recherches.

Aucune Médaille de la Résistance française, Croix de guerre, Légion d’honneur ou distinction locale ne peut donc lui être attribuée sans pièce officielle complémentaire.

Cela ne signifie pas qu’aucune reconnaissance ne lui ait été accordée, mais seulement qu’aucune distinction individuelle n’a pu être confirmée.

Lieux de mémoire

Le château de Dortan constitue le lieu principal associé à la mort de Denis Dufour. Il y fut détenu, torturé et exécuté pendant la répression allemande de juillet 1944.

Le Mémorial du Martyr de Dortan rend hommage aux victimes du massacre et de la destruction de la commune. La notice patrimoniale du Musée de la Résistance en ligne cite expressément Denis Dufour, âgé de cinquante-six ans et plombier, parmi les victimes identifiées.

La mémoire du « Juillet rouge » est également entretenue par les lieux commémoratifs, les circuits historiques et les ressources patrimoniales du département de l’Ain consacrés à l’opération Treffenfeld et aux villages martyrs.

Aucune photographie individuelle authentifiée de Denis Dufour n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées.

Références bibliographiques

Jérôme Dupasquier et Gilbert Musnier, Juillet rouge : chronique du 18 juillet 1944. Coligny, Poisoux, Salavre, Verjon, Chevignat, Roissiat, Pressiat, Cuisiat, 2004. Cet ouvrage est consacré aux violences commises dans le Revermont pendant l’opération Treffenfeld. Il fournit le cadre régional nécessaire pour comprendre la répression au cours de laquelle Denis Dufour fut arrêté et tué.

Conseil départemental de l’Ain, Les maquis de l’Ain et du Haut-Jura, 2009. Cet ouvrage collectif replace Dortan dans l’histoire des maquis régionaux, de leurs postes de commandement, de leur implantation et des opérations allemandes de l’été 1944.

Peter Lieb, La répression allemande en France, 1943-1944. Cette étude permet de replacer les tortures, exécutions sommaires et destructions de villages dans l’évolution des pratiques répressives allemandes à la fin de l’Occupation.

Patrick Veyret, Histoire secrète des maquis de l’Ain : acteurs et enjeux. Cet ouvrage apporte des éléments sur les organisations clandestines, les responsables et les opérations dans lesquelles s’inscrit l’engagement FTP de Denis Dufour.

Références internet

Le Maitron — Fusillés 1940-1944. La notice « DUFOUR Denis » constitue la principale source biographique nominative. Elle établit sa naissance le 9 janvier 1888 à Beaujeu, sa profession de plombier à Oyonnax, son appartenance aux FTP et son exécution sommaire à Dortan.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/dufour-denis/

Musée de la Résistance en ligne. La notice du Mémorial du Martyr de Dortan replace Denis Dufour parmi les victimes identifiées du massacre et documente le contexte militaire, l’occupation du château, les exécutions et l’incendie de la commune.
https://museedelaresistanceenligne.org/media9377-Mmorial-du-Martyr-Dortan-Ain

Maquis de l’Ain et du Haut-Jura. La fiche nominative consacrée à Denis Dufour indique son appartenance aux FTP et sa mort sous la torture au château de Dortan le 20 juillet 1944.
https://www.maquisdelain.org/personnage-denis-dufour-228.html

Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Juillet rouge » rattache Denis Dufour aux victimes nominativement documentées de l’opération Treffenfeld et fournit le contexte territorial et mémoriel des massacres de juillet 1944. https://mvr.asso.fr/juillet-rouge/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative SHD GR 16 P n’a été identifiée avec certitude pour Denis Dufour, né le 9 janvier 1888 à Beaujeu.

Aucun dossier d’homologation des Francs-tireurs et partisans, des Forces françaises de l’intérieur, de combattant volontaire de la Résistance ou d’interné-résistant n’a pu être consulté directement.

La fréquence du patronyme Dufour impose de conduire toute recherche archivistique sous l’identité complète, la date de naissance, la profession de plombier et le domicile à Oyonnax.

Observations

La date de naissance du 9 janvier 1888 à Beaujeu est établie par la notice nominative du Maitron.

La date de mort diverge d’un jour : le Maitron retient le 19 juillet 1944, tandis que le site consacré aux maquis de l’Ain indique le 20 juillet. La formulation « 19 ou 20 juillet 1944 » est donc conservée dans l’attente d’une consultation de l’acte de décès ou du dossier d’enquête.

La qualification de résistant FTP est concordante. Les missions précises et le groupe local auquel il appartenait ne sont pas documentés dans les sources accessibles.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité, l’état civil, la profession, l’appartenance aux Francs-tireurs et partisans, le lieu et les circonstances générales de la mort sont établis par une notice nominative du Maitron et plusieurs sources mémorielles concordantes. Une divergence mineure subsiste sur le jour exact du décès.

Chronologie

DateÉvénement
9 janvier 1888Naissance à Beaujeu (Rhône).
Avant 1944Installation ou activité professionnelle à Oyonnax comme plombier.
Date non retrouvéeEntrée dans les Francs-tireurs et partisans.
Printemps-été 1944Activité résistante dans l’environnement des maquis de l’Ain et du Haut-Jura.
11-21 juillet 1944Opération allemande Treffenfeld, désignée localement comme le « Juillet rouge ».
12 juillet 1944Reprise de Dortan par les forces allemandes et commencement des représailles.
19 ou 20 juillet 1944Torture et exécution sommaire au château de Dortan.
Après 1945Inscription de son nom dans la mémoire des victimes de Dortan.

Sources consultées

Le Maitron, base « Fusillés 1940-1944 », notice « DUFOUR Denis ». Cette source a établi la naissance, la filiation, la profession de plombier à Oyonnax, l’appartenance aux Francs-tireurs et partisans et l’exécution sommaire à Dortan.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/dufour-denis/

Musée de la Résistance en ligne, notice « Mémorial du Martyr, Dortan (Ain) ». Cette source a fourni le contexte de l’implantation des maquis, de la reprise allemande de Dortan, des destructions et de l’identification de Denis Dufour parmi les victimes.
https://museedelaresistanceenligne.org/media9377-Mmorial-du-Martyr-Dortan-Ain

Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, fiche « Denis Dufour ». Cette source a confirmé son appartenance aux FTP et sa mort sous la torture au château de Dortan, tout en faisant apparaître une divergence sur la date exacte.
https://www.maquisdelain.org/personnage-denis-dufour-228.html

Mémoire Vive de la Résistance, notice thématique « Juillet rouge ». Cette page a fourni le cadre chronologique de l’opération Treffenfeld, l’origine de la désignation locale « Juillet rouge » et le rattachement mémoriel de Denis Dufour aux victimes de la répression. https://mvr.asso.fr/juillet-rouge/

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