Henri Antoine Élie DUGOIS, né le 12 décembre 1921 à Mesnay (Jura), fusillé le 10 octobre 1944 à Banvillars (Territoire de Belfort), français.
Étudiant en médecine, il appartient à la 2e compagnie du Groupement T.B.
Henri Antoine Élie DUGOIS, étudiant en médecine, né en 1921.
Son frère Claude Jean Louis Dugois, né en 1923, appartient également à la Résistance. Les trois membres de la famille sont finalement exécutés dans le contexte de la répression du commando Perriaux.
Jeunesse et formation
Henri Antoine Élie Dugois est étudiant à la faculté de médecine de Paris. Il est célibataire.
En mai 1944, il revient dans le Territoire de Belfort et vit clandestinement dans le secteur d’Évette et du col de la Chevestraye. Il participe à la préparation de stocks de ravitaillement et au repérage de terrains susceptibles de servir aux parachutages.
Engagement dans la Résistance
Il entre officiellement au maquis le 6 septembre 1944, au moment de la mobilisation générale des FFI du Territoire de Belfort. Il appartient avec son père et son frère à la 2e compagnie, placée sous le commandement du capitaine Robert Perriaux.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Son rattachement militaire le mieux établi est donc :
Forces françaises de l’intérieur — Groupement T.B. — 2e compagnie.
Par sa famille, son parcours est également directement lié au mouvement Lorraine, dont son père avait été l’un des principaux responsables départementaux.
Missions et actions
Avant la montée officielle au maquis, Henri Dugois participe à la préparation logistique : ravitaillement et reconnaissance de terrains de parachutage.
Après le 6 septembre, il partage le parcours de la compagnie Perriaux dans le secteur de la Planche des Belles Filles, puis dans son repli vers Frahier et sa tentative de rejoindre la Première Armée.
Arrestation et exécution
Après l’ordre de dispersion donné par Pierre Dufay, les Dugois suivent le groupe Perriaux.
Le 2 octobre 1944, lors de la tentative de passage à Granges-le-Bourg, le groupe tombe sur des forces allemandes. La majorité des résistants est capturée.
Henri Dugois est transféré avec son père, son frère et les autres prisonniers à la caserne Friedrich de Belfort. Après un simulacre de procédure, ils sont conduits à Banvillars.
Le 10 octobre 1944, Henri Antoine Élie Dugois est fusillé avec son père, son frère, Robert Perriaux et plusieurs autres résistants.
Camarades de combat
Ses compagnons les plus directement documentés sont son père Henri Antoine Arsène Dugois, son frère Claude Dugois, le capitaine Robert Perriaux, ainsi que les autres membres du commando issu de la 2e compagnie.
Retour à la vie civile
Henri Dugois est fusillé à 22 ans.
Décorations
Médaille de la Résistance Française à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 Source Ordre de la libération Côte du dossier : 1O20633
Les résultats ouverts consultés n’ont pas permis de confirmer avec leur décret d’autres décoration personnelle spécifique d’Henri Antoine Élie Dugois. La mention de son engagement FFI et son exécution comme résistant sont en revanche établies par les bases nominatives.
Lieux de mémoire
Les trois Dugois sont inhumés et commémorés ensemble au cimetière de Brasse à Belfort. Une mémoire collective s’est constituée autour de cette famille dont le père et les deux fils ont tous trois été victimes de la répression.
Le charnier et le monument de Banvillars constituent également un lieu de mémoire central.
Références bibliographiques
Avec les F.F.I. de Belfort, par une équipe d’entr’eux, Forces françaises de l’intérieur, Région D – Sous-région D.2 – Groupement T.B., édition d’après-guerre conservée aux Archives municipales de Belfort. Cette publication émanant directement du Groupement T.B. constitue une source essentielle pour suivre l’organisation des compagnies FFI du Territoire de Belfort, leur mobilisation de septembre 1944 et leur dispersion sous la pression allemande. Elle permet de replacer Henri Dugois dans la 2e compagnie, dont plusieurs membres furent capturés après l’affrontement de Granges-le-Bourg puis exécutés à Banvillars. Les Archives municipales de Belfort en conservent plusieurs exemplaires sous les cotes A/17 et A/17/BIS.
Le Territoire de Belfort dans la tourmente, 1939-1944, Marie-Antoinette Vacelet, Conseil général du Territoire de Belfort, Belfort, 1993, 2 volumes ; réédition Éditions Cêtre, Besançon, 2004. Cet ouvrage constitue l’une des principales synthèses historiques sur l’Occupation, la Résistance et la répression dans le Territoire de Belfort. Le second volume est expressément cité parmi les sources de la notice collective du Maitron consacrée aux vingt-sept fusillés de Banvillars. Il permet donc de replacer l’arrestation d’Henri Dugois, son emprisonnement à Belfort et son exécution du 10 octobre 1944 dans leur contexte départemental.
1944, souviens-toi !, textes rassemblés et présentés par le général René Eymin, préface de François Marcot, Région de Franche-Comté et Fédération interdépartementale des amicales FFI du Doubs, du Jura-Nord et du Territoire de Belfort, 1994. Cet ouvrage collectif rassemble témoignages et documents provenant des anciens combattants FFI de Franche-Comté. La participation directe de la Fédération des amicales du Territoire de Belfort en fait une référence importante pour étudier les unités auxquelles appartenaient Henri Dugois et ses compagnons. Il apporte également un cadre régional aux opérations de septembre-octobre 1944 et à la mémoire des résistants exécutés pendant la phase finale de l’Occupation.
La Franche-Comté sous l’Occupation, François Marcot, Éditions Cêtre, Besançon, 1985. Cette étude historique de référence analyse l’organisation des mouvements clandestins, leurs réseaux, les maquis et l’évolution de la Résistance en Franche-Comté. Elle permet de replacer la famille Dugois et le Groupement T.B. dans les structures résistantes régionales, notamment dans l’environnement du mouvement Lorraine et des FFI. Elle constitue un complément indispensable aux sources locales consacrées à Banvillars et aux membres de la 2e compagnie.
Les Voix de la Résistance en Franche-Comté, François Marcot, Éditions Cêtre, Besançon, 1989. Cet ouvrage rassemble et analyse des témoignages issus de la Résistance franc-comtoise et permet d’approcher les motivations, les formes d’engagement et les conditions de la clandestinité. Il constitue une référence de contexte pour comprendre l’engagement de jeunes résistants tels qu’Henri Dugois et la mobilisation des FFI à l’approche de la Libération. Il complète utilement les notices biographiques et les documents administratifs relatifs aux combattants du Territoire de Belfort.
Dictionnaire historique de la Résistance : Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Robert Laffont, collection « Bouquins », Paris, 2006. Cette vaste synthèse fournit les cadres historiques nécessaires à l’étude de l’engagement d’Henri Dugois : constitution des FFI, passage au maquis, organisation militaire des résistants et répression allemande à la fin de l’Occupation. Elle ne remplace pas les sources nominatives mais permet d’interpréter avec rigueur le fonctionnement du Groupement T.B. et la situation des combattants capturés comme francs-tireurs ou « terroristes » par les autorités allemandes.
Références internet
DUGOIS Henri, Antoine, Élie – Le Maitron Cette notice biographique constitue la source numérique la plus directement consacrée à Henri Dugois. Elle confirme sa naissance le 12 décembre 1921 à Mesnay, sa qualité d’étudiant en médecine, son appartenance aux Forces françaises de l’intérieur et à la 2e compagnie du Groupement T.B., ainsi que son exécution à Banvillars le 10 octobre 1944. Elle retrace également la mobilisation du 6 septembre, le repli de la compagnie et sa capture à Granges-le-Bourg.
https://maitron.fr/dugois-henri-antoine-elie/
DUGOIS Henri Antoine Élie – MémorialGenWeb Cette fiche nominative recoupe avec précision l’état civil et le parcours résistant d’Henri Dugois. Elle confirme son appartenance au Groupement T.B., 2e compagnie, sa mobilisation de septembre 1944, sa capture après l’encerclement du groupe à Granges-le-Bourg, son exécution le 10 octobre 1944 et la mention « Mort pour la France ». Elle fournit en outre une donnée archivistique importante : son dossier au Service historique de la Défense est coté AC 21 P 176218.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/sep/fr/fiche_texte.php?id=10844639
Banvillars, charnier du Territoire de Belfort : les fusillés du 10 octobre 1944 – Le Maitron Cette notice collective décrit l’exécution des vingt-sept résistants détenus à la caserne Friedrich de Belfort et conduits à Banvillars le 10 octobre 1944. Henri Antoine Élie Dugois figure explicitement dans la liste des victimes avec son père Henri Antoine Arsène et son frère Claude Jean Louis. La page retrace leur capture, leur emprisonnement, les circonstances de la fusillade ainsi que la découverte du charnier le 6 décembre 1944.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/banvillars-charnier-de-territoire-de-belfort-les-fusilles-du-10-octobre-1944/
Groupement T.B. – Groupement du Territoire de Belfort, Mémoire Vive de la Résistance Cette synthèse rassemble les principales données actuellement disponibles sur l’organisation militaire à laquelle appartient Henri Dugois. Elle confirme l’existence de la 2e compagnie, la mobilisation à partir du 6 septembre 1944, les combats autour de la Planche des Belles Filles et la dispersion des groupes à la fin de septembre. Henri Dugois y est expressément identifié comme membre de la 2e compagnie du Groupement T.B.
https://mvr.asso.fr/groupement-t-b-groupement-du-territoire-de-belfort/
Les trois Dugois, le symbole d’une famille sacrifiée Cette étude est directement consacrée au père et aux deux fils Dugois engagés dans la Résistance. Elle précise qu’Henri, étudiant en médecine, revient dans le Territoire de Belfort en mai 1944, vit clandestinement dans le secteur d’Évette et de la Chevestraye, prépare des stocks de ravitaillement et recherche des terrains pour les parachutages avant de rejoindre officiellement le maquis le 6 septembre. Elle replace ainsi son engagement individuel dans l’histoire exceptionnelle d’une famille dont trois membres furent fusillés ensemble à Banvillars.
https://histoireliberationfrancaise.wordpress.com/2018/03/21/les-trois-duguois-le-symbole-dune-famille/
DUGOIS Claude, Jean, Louis – Le Maitron des fusillés et exécutés La notice du frère cadet d’Henri constitue une source complémentaire particulièrement utile pour reconstituer l’itinéraire collectif de la famille et de la 2e compagnie. Elle décrit la mobilisation du Groupement T.B., la tentative de rejoindre les lignes alliées, l’encerclement du groupe le 2 octobre à Granges-le-Bourg et son transfert à la caserne Friedrich de Belfort. Claude est ensuite fusillé à Banvillars en même temps qu’Henri, leur père et leurs compagnons.
https://fusilles-40-44.maitron.fr/dugois-claude-jean-louis/
Banvillars en 1939-1945 – Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie en France Cette synthèse locale présente les événements de Banvillars pendant l’Occupation et accorde une place importante au massacre du 10 octobre 1944. Elle retrace le sort du groupe de résistants capturé après les combats de Granges-le-Bourg et évoque notamment Claude Dugois parmi les prisonniers. Croisée avec les notices du Maitron, elle permet de suivre l’itinéraire des frères Dugois depuis le maquis jusqu’au lieu de leur exécution.
https://www.ajpn.org/commune-Banvillars-en-1939-1945-90007.html
Monument de la Libération – Belfort, MémorialGenWeb Le relevé du Monument de la Libération de Belfort fait apparaître le nom d’Henri Antoine Élie Dugois parmi les résistants et combattants commémorés. Cette inscription constitue une source mémorielle matérielle complémentaire aux dossiers administratifs et aux biographies. Elle témoigne de l’intégration durable d’Henri Dugois dans la mémoire publique de la Résistance et de la Libération du Territoire de Belfort.
https://www.memorialgenweb.org/monument/111113
Plaque commémorative 1939-1945 de la Faculté de Médecine – MémorialGenWeb Cette plaque universitaire porte le nom d’Henri Antoine Élie Dugois et confirme la dimension estudiantine de son parcours, signalée par le Maitron et MémorialGenWeb. Elle constitue un document mémoriel particulièrement intéressant puisque Dugois était étudiant en médecine au moment de son engagement dans la Résistance. Sa présence sur cette plaque témoigne de la conservation de son souvenir au-delà du seul cadre belfortain et militaire.
https://www.memorialgenweb.org/monument/65872
Monument aux morts du square du Souvenir – Belfort, MémorialGenWeb Le relevé de ce monument fait apparaître à la fois Henri Antoine Élie Dugois et son père Henri Antoine Arsène parmi les victimes commémorées. Cette source permet de vérifier l’inscription de plusieurs membres de la famille Dugois dans les monuments belfortains consacrés aux morts de la guerre et de la Résistance. Elle complète ainsi les notices nominatives et les informations relatives au charnier de Banvillars.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?dpt=90&idsource=6755&insee=90010&maxligne=1860
Citation du corps des pompiers de Belfort – Musée de la Résistance en ligne Cette notice institutionnelle de la Fondation de la Résistance renseigne le milieu clandestin dans lequel la famille Dugois était active. Elle cite « Dugois et Chaignot » parmi les responsables départementaux du mouvement Lorraine et décrit l’aide apportée par les sapeurs-pompiers de Belfort aux résistants ainsi que leur participation au Groupement T.B. Elle permet ainsi de replacer l’engagement d’Henri Dugois dans un réseau familial et départemental déjà fortement impliqué dans la Résistance.
https://museedelaresistanceenligne.org/media2846-Citation-du-corps-des-pompiers-de-Belfort
Résistance : le tragique destin de Roger Jeanpierre – L’Est Républicain Cet article consacré à un autre combattant de la 2e compagnie éclaire directement les événements vécus par Henri Dugois. Roger Jeanpierre appartient au même groupe qui, après la dispersion des FFI, tente de rejoindre les lignes alliées et tombe aux mains des forces allemandes. Son parcours jusqu’à l’exécution de Banvillars permet de confronter la chronologie donnée par les notices des Dugois avec celle d’un autre membre du groupe Perriaux.
https://www.estrepublicain.fr/societe/2021/05/07/resistance-le-tragique-destin-de-roger-jeanpierre
Libérer et refonder la France, 1943-1945 – Académie de Besançon Cette brochure pédagogique et historique élaborée dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la Déportation traite notamment de la répression en Franche-Comté à la fin de l’Occupation. Elle rappelle que le charnier de Banvillars est découvert le 6 décembre 1944 et qu’il contient vingt-sept résistants fusillés le 10 octobre. Elle cite comme référence historique l’ouvrage de Marie-Antoinette Vacelet sur le Territoire de Belfort.
Découverte des charniers et répression dans le Territoire de Belfort – Archives départementales du Territoire de Belfort Cette notice archivistique mentionne explicitement les découvertes des charniers de Banvillars, Chaux, Offemont et du Salbert après la Libération. Elle permet d’identifier des fonds administratifs contemporains des événements relatifs aux victimes, à l’identification des corps et aux conséquences de la répression allemande. Ces archives sont particulièrement importantes pour dépasser les sources mémorielles et documenter administrativement le sort d’Henri Dugois et des autres fusillés.
https://archives.territoiredebelfort.fr/ark:/12997/xrf9kdq0lb6v
Avec les F.F.I. de Belfort – Archives municipales de Belfort Le catalogue institutionnel des Archives municipales référence directement cette publication sous l’autorité des Forces françaises de l’intérieur, Région D, Sous-région D.2, Groupement T.B. Elle constitue l’une des rares sources imprimées provenant directement de l’organisation militaire à laquelle appartient Henri Dugois. La notice permet d’identifier les exemplaires conservés à Belfort et d’orienter une recherche approfondie sur les listes de combattants et les opérations de la 2e compagnie.
https://archives.belfort.fr/search/results?keyword=FORCES+FRANCAISES+DE+L%27INTERIEUR%2C+REGION+D+-+SOUS-REGION+D.2%2C+GROUPEMENT+T.B.&mode=table&resultsPerPage=40&sort=date_asc&target=controlledAccessAuthor
Seconde Guerre mondiale, Belfort et Territoire – Archives municipales de Belfort Cette base documentaire rassemble ouvrages, brochures, archives et documents consacrés à l’Occupation, à la Résistance, aux FFI et à la Libération. Elle référence notamment Avec les F.F.I. de Belfort ainsi que les fonds mémoriels et administratifs concernant les résistants du département. Elle constitue donc une ressource institutionnelle majeure pour compléter la documentation nominative sur Henri Dugois et ses compagnons du Groupement T.B.
https://archives.belfort.fr/search/results?keyword=SECONDE+GUERRE+MONDIALE+%28BELFORT+ET+TERRITOIRE%29&sort=referencecode_asc&target=controlledAccessSubject
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote individuelle SHD GR 16 P attribuable avec certitude à Henri Antoine Élie Dugois n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Observations
Une confusion d’identité est particulièrement facile entre le père et le fils :
| Personne | Naissance | Fonction |
| Henri Antoine Arsène DUGOIS | 1896 | Responsable du mouvement Lorraine dans le Territoire de Belfort |
| Henri Antoine Élie DUGOIS | 12 décembre 1921 | Étudiant en médecine, FFI de la 2e compagnie du Groupement T.B. |
| Claude Jean Louis DUGOIS | 1923 | Frère cadet, également FFI |
Les trois sont fusillés à Banvillars le 10 octobre 1944.