Rafael GANDIA LORENZO, alias « Martín », « Rafael Martín », « Rafles » et « Rafa », né probablement le 11 octobre 1917 à Yecla (Murcie, Espagne), mort en juin 2011 dans l’agglomération de Toulouse (Haute-Garonne), espagnol puis français.
Rafael Gandia Lorenzo naquit à Yecla, dans la province de Murcie. Le Maitron, la presse toulousaine et le bulletin de l’Amicale des anciens guérilleros retiennent la date du 11 octobre 1917. Une source biographique espagnole récente donne cependant le 8 septembre 1917 ; la première date est ici privilégiée en raison de la concordance de plusieurs sources indépendantes.
Il quitta Yecla pour Madrid, où il travaillait comme apprenti mécanicien lorsque le soulèvement militaire de juillet 1936 déclencha la guerre d’Espagne. Âgé de dix-huit ou dix-neuf ans, il s’engagea volontairement dans le Cinquième Régiment, formation créée pour défendre Madrid et étroitement liée au Parti communiste d’Espagne. Il adhéra à ce parti à la fin de 1936.
Il combattit notamment à Somosierra, Talavera de la Reina, la Cité universitaire de Madrid, au pont des Français, à Guadalajara et sur l’Èbre. Les sources lui attribuent un service sous les ordres d’Enrique Líster et une promotion au grade de capitaine de l’Armée populaire de la République alors qu’il avait environ vingt et un ans.
Cette expérience de près de trois années de guerre lui donna une solide formation au combat, au maniement des armes, aux déplacements clandestins et au commandement de petites unités. Elle explique en grande partie les responsabilités militaires qu’il exerça ensuite dans la Résistance espagnole en France.
Engagement dans la Résistance
Après la défaite républicaine, Rafael Gandia franchit la frontière française à Cerbère le 9 février 1939, avec un convoi de combattants et de véhicules. Il fut interné au camp d’Argelès-sur-Mer, où les réfugiés espagnols vécurent dans des conditions matérielles extrêmement difficiles. Ses compétences de chauffeur et de mécanicien lui permirent d’être employé par le service des transports du camp.
Menacé d’être remis aux autorités franquistes, il parvint à s’échapper et prit une fausse identité. Il se fit désormais appeler « Rafael Martín » ou simplement « Martín », nom sous lequel il fut longtemps connu en France et dans la Résistance. Il travailla notamment comme chauffeur, mécanicien, ouvrier forestier et charbonnier.
Les registres cités par les recherches espagnoles signalent son passage par la prison de Perpignan, plusieurs retours au camp d’Argelès et son affectation, le 10 novembre 1940, au 227e Groupe de travailleurs étrangers de Rivesaltes. Une évasion est mentionnée le 28 juin 1940 et un avis de recherche le 24 novembre suivant. La chronologie précise de ces internements et évasions demande néanmoins à être vérifiée dans les dossiers originaux des Archives départementales des Pyrénées-Orientales.
Il rassembla ensuite des ouvriers espagnols employés dans les chantiers forestiers et la fabrication du charbon de bois. Ce milieu de travailleurs, dont beaucoup étaient communistes et anciens combattants de l’armée républicaine, devint l’une des bases humaines de l’organisation armée espagnole dans le sud de la France.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Rafael Gandia appartenait au Parti communiste d’Espagne, à l’Union nationale espagnole et à l’Agrupación de Guerrilleros Españoles, intégrée dans les structures combattantes des Francs-tireurs et partisans et des Forces françaises de l’intérieur.
Dans l’Aude, il aurait d’abord servi sous les ordres d’Antonio Molina comme responsable du troisième bataillon d’une brigade de guérilleros. Transféré ensuite dans les Pyrénées-Orientales, il commanda le troisième bataillon de la première brigade départementale de l’Agrupación de Guerrilleros Españoles. Certaines sources emploient aussi la désignation de 19e brigade pour l’organisation espagnole constituée dans le département en 1943.
Son unité reposait en partie sur les ouvriers de l’entreprise forestière Travaux forestiers du Roussillon. Rafael Gandia aurait exercé une autorité sur une centaine de travailleurs, dont plusieurs furent progressivement intégrés à la guérilla. Il reçut dans cette organisation le grade de commandant, sans que la date exacte de cette promotion ait été retrouvée.
Au printemps et à l’été 1944, une vingtaine de ses guérilleros du troisième secteur coopérèrent avec le maquis AS 44 du Vallespir, formation unitaire réunissant des membres de l’Armée secrète, des Francs-tireurs et partisans français et des militants communistes de Céret. Rafael Gandia était leur responsable militaire.
Missions et actions
En 1942, Rafael Gandia et six autres guérilleros auraient participé à la destruction d’une locomotive sur la ligne de Lavelanet à Bram, dans l’Aude. Il échappa également à l’encerclement d’une maison par la police avec deux camarades, dont son adjoint connu sous le nom de « Madriles », puis marcha environ trente-six heures pour rejoindre Greffeil, dans les Corbières. Ces épisodes sont principalement connus par les témoignages et travaux de mémoire de l’Amicale des guérilleros.
À la fin de 1943, son groupe attaqua un service allemand installé dans les thermes du Boulou, sur la commune de Maureillas. Un officier ou agent allemand aurait été capturé. L’unité mena également des sabotages contre les voies ferrées, les installations électriques et les équipements utilisés par l’économie d’occupation.
Au début de 1944, les guérilleros espagnols établirent une coopération régulière avec le maquis français Henri-Barbusse. Ils attaquèrent des véhicules allemands à Vernet-les-Bains, endommagèrent ou détruisirent des locomotives servant au transport du minerai et des troupes, s’emparèrent d’équipements dans un chantier de jeunesse et conduisirent des sabotages à Fillols et Escaro. Ils y récupérèrent notamment de la dynamite et interrompirent temporairement le transport du minerai de fer destiné à l’industrie allemande.
Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, les résistants de Céret formèrent un maquis au-dessus de Reynès. Le manque d’armes contraignit la plupart des volontaires à rentrer chez eux. Seize résistants français demeurèrent autour de Pierre Bardagué, accompagnés d’une vingtaine de guérilleros espagnols placés sous la responsabilité de Rafael Gandia.
À la fin de juin, la coopération entre les guérilleros espagnols et les Francs-tireurs et partisans français devint très étroite. Le 30 juin, ils attaquèrent près de La Bastide un détachement allemand comprenant deux camions et un side-car. Les véhicules furent détruits à l’aide de grenades artisanales, mais la population subit ensuite une occupation punitive.
Les 28 et 29 juillet 1944, environ cent résistants espagnols et français entrèrent à Prades. Ils attaquèrent sans succès la villa Lafabrègue, siège local du service de sécurité allemand, puis occupèrent temporairement plusieurs bâtiments et récupérèrent des fonds destinés à financer la lutte clandestine. À l’approche des renforts allemands, les maquisards se dispersèrent.
Du 1er au 3 août 1944, Rafael Gandia participa à la défense de Valmanya avec les guérilleros espagnols et le maquis Henri-Barbusse. Environ cent à cent dix combattants affrontèrent les forces allemandes durant plusieurs heures. Gandia assura la protection du village et organisa la retraite de ses hommes lorsque les munitions vinrent à manquer. Une citation militaire française établie après la guerre souligna sa conduite sous le feu et l’absence de pertes au sein de l’unité qu’il avait retirée du combat.
Après la dispersion partielle provoquée par les combats de Valmanya, il rejoignit le maquis 44 avec une vingtaine de guérilleros. Le 19 août 1944, au Pont-de-Reynès, il dirigea la défense contre une colonne allemande en retraite. À l’aide d’une mitrailleuse, son groupe aurait détruit cinq camions, deux automobiles et une motocyclette, tout en récupérant un important armement. Cette action lui valut une Croix de guerre avec étoile de bronze.
Arrestation / évasion / déportation
Rafael Gandia fut interné à plusieurs reprises après son arrivée en France. Son passage au camp d’Argelès-sur-Mer est certain ; une incarcération à Perpignan et plusieurs retours administratifs dans le camp apparaissent également dans les recherches fondées sur les archives départementales.
Menacé d’expulsion vers l’Espagne franquiste, il réussit à échapper au convoi qui devait le remettre aux autorités espagnoles. Il changea alors d’identité et devint Rafael Martín Ferreiro. Il se serait ensuite évadé à plusieurs reprises des dispositifs de surveillance ou de travail imposés aux réfugiés espagnols.
Il ne fut pas déporté en Allemagne et ne paraît pas avoir été arrêté par les services allemands pendant son activité résistante. Sa clandestinité, ses fausses identités et ses déplacements entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales lui permirent d’échapper à la répression jusqu’à la Libération.
Camarades de combat
Antonio Molina fut l’un de ses premiers responsables dans les groupes espagnols de l’Aude. Manuel Galiano Gracia servit ensuite dans le troisième bataillon commandé par Rafael Gandia dans les Pyrénées-Orientales.
Les guérilleros espagnols coopérèrent avec Barthélemy Panchot et les hommes du maquis Henri-Barbusse, notamment lors des opérations de Prades et de Valmanya. Émile Sabatier, alias « Dédé », exerça également avec Gandia des responsabilités dans les opérations conduites par les résistants français et espagnols.
Pierre Bardagué commandait le noyau français du maquis AS 44. Pierre Mau, Jean Guisset, Ferréol André Matheu, Albert Zochetto et André Malart comptaient parmi les résistants français qui combattirent aux côtés des guérilleros de Gandia dans le Vallespir.
Les sources mentionnent également Joan Rigat Juncà et Josep Ribes Ràfols comme agents de liaison ou soutiens locaux en relation avec les maquis de l’Agrupación de Guerrilleros Españoles.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Rafael Gandia demeura engagé dans l’action clandestine contre la dictature franquiste. De 1944 à 1946, il exerça depuis Perpignan des fonctions d’agent de liaison du Parti communiste d’Espagne. Le bulletin de l’Amicale indique qu’il accomplit pendant environ deux ans des missions clandestines en Espagne en relation avec Santiago Carrillo.
Il s’installa ensuite à Toulouse et travailla comme représentant en chaussures. En 1945, il épousa Maruja, fille d’un officier républicain mort en déportation. La presse mentionne deux enfants, Charles et Jeanine, tandis qu’une source espagnole évoque deux filles ; cette divergence mineure n’affecte pas la reconstitution de son parcours résistant.
En 1976, il fut l’un des refondateurs de l’Amicale des anciens guérilleros espagnols en France, interdite par les autorités françaises en 1950. Il devint l’un de ses dirigeants nationaux les plus actifs et présida longtemps la section de Haute-Garonne. Il participa également à la Confédération nationale des guérilleros et résistants espagnols des Forces françaises de l’intérieur.
Il présida la Casa de España de Toulouse et adhéra à l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance. Il consacra une part importante de sa vie à faire reconnaître le rôle des républicains espagnols dans la Résistance et dans la Libération de la France. Il participa notamment aux initiatives qui conduisirent à l’édification du monument national des guérilleros espagnols à Prayols (Ariège).
Il fut aussi poète et intervint fréquemment dans les cérémonies, la presse et les manifestations commémoratives. La Ville de Toulouse lui attribua à deux reprises sa médaille.
Les sources divergent sur la date exacte de son décès. Le Maitron indique le 20 juin 2011 à Toulouse ; la source biographique espagnole donne le 28 juin à L’Union, tandis que La Dépêche du Midi, publiée le 30 juin, écrit qu’il était mort « hier », soit le 29 juin. La date exacte demeure donc à vérifier par l’état civil.
Décorations
Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze. Cette décoration lui fut attribuée pour son action du 19 août 1944 au Pont-de-Reynès, au cours de laquelle il dirigea les guérilleros ayant arrêté et mis en déroute une colonne allemande. La citation militaire ou son homologation précise n’a pas été consultée directement, mais l’attribution est concordante dans le Maitron et les travaux mémoriels consacrés à Gandia.
Citation ou mention militaire pour les combats de Valmanya. Un certificat signé à Toulouse le 15 janvier 1947 par Georges Delcamp, relevant de la 5e région militaire, aurait rappelé que Rafael Gandia s’était particulièrement distingué par sa conduite héroïque sous le feu et par la protection de la retraite de ses hommes. La qualification réglementaire exacte de cette citation n’a pas été retrouvée.
Médaille de la Libération — remise en 1974. Cette distinction est mentionnée par le bulletin de l’Amicale des anciens guérilleros et par la biographie espagnole. Son intitulé administratif exact et l’autorité attributaire demandent une vérification complémentaire.
Médaille du combattant volontaire de la Résistance — remise en 1974. L’Amicale indique que Rafael Gandia reçut cette distinction en même temps que la Médaille de la Libération. La carte ou le diplôme individuel n’ont pas été consultés.
Médaille de la Ville de Toulouse — attribuée à deux reprises. Cette distinction municipale est attestée par la presse toulousaine, sans indication des dates de remise.
La Médaille de la Résistance française et la Légion d’honneur lui sont parfois attribuées dans des textes secondaires ou dans des formulations générales concernant les responsables guérilleros. Aucune source nominative institutionnelle suffisamment précise n’a été retrouvée pour les confirmer dans la présente notice ; elles ne sont donc pas retenues comme décorations établies.
Lieux de mémoire
Yecla, sa ville natale, constitue le premier lieu associé à son parcours. Madrid, les champs de bataille de la guerre d’Espagne et la frontière de Cerbère rappellent ensuite son engagement républicain et son exil.
Le camp d’Argelès-sur-Mer conserve la mémoire de son internement et de la Retirada. Les archives départementales des Pyrénées-Orientales détiennent des documents relatifs à ses passages dans les camps et les Groupes de travailleurs étrangers.
Le Boulou, Vernet-les-Bains, Fillols, Escaro, La Bastide, Prades, Valmanya, Reynès et Céret jalonnent son action dans la Résistance. Le Pont-de-Reynès est particulièrement associé au combat du 19 août 1944 qui lui valut la Croix de guerre.
Le monument national des guérilleros espagnols de Prayols constitue l’un des principaux lieux de mémoire collective auxquels il contribua. Il rappelle l’engagement des républicains espagnols dans la Résistance française et les combats de la Libération.
À Toulouse, la Casa de España et les associations d’anciens guérilleros entretinrent sa mémoire. Un hommage lui fut notamment consacré après sa mort par l’Amicale des anciens guérilleros espagnols et la Casa de España.
Des photographies de Rafael Gandia sont conservées ou reproduites par l’Amicale, la presse toulousaine, les fonds mémoriels de l’exil républicain et les sites historiques espagnols.
Références bibliographiques
Narcisse Falguera, Léo Figuères et Elida Mannevy García, Guérilleros en terre de France : les républicains espagnols dans la Résistance française, Pantin, Le Temps des Cerises, 2000. Cet ouvrage collectif constitue une référence majeure sur l’organisation, les effectifs et les opérations des guérilleros espagnols. Il permet de replacer le bataillon commandé par Rafael Gandia dans l’Agrupación de Guerrilleros Españoles.
Jean Ortiz, Rouges. Maquis de France et d’Espagne : les guérilleros, Biarritz, Atlantica, 2006. L’ouvrage retrace les parcours des républicains espagnols ayant poursuivi la lutte antifasciste en France puis, pour certains, dans la guérilla contre le franquisme. Il fournit le contexte politique et mémoriel dans lequel s’inscrit le parcours de Gandia.
André Balent, « Les guérilleros espagnols dans les Pyrénées-Orientales d’août 1944 à mars 1945, les autorités françaises et le contrôle de la frontière », Le Midi rouge, no 14, 2009. Cette étude analyse l’organisation des guérilleros du département, leur rôle à la Libération et les tensions apparues ensuite avec les autorités françaises.
Camille Aspar, Les Républicains espagnols en France : l’engagement politique de l’exil républicain espagnol en France de 1939 aux années 2000. Ce travail universitaire étudie les continuités entre la guerre d’Espagne, la Résistance, l’action antifranquiste et les associations mémorielles de l’exil. Rafael Gandia y apparaît comme ancien capitaine républicain et dirigeant des guérilleros.
Bulletin d’information de l’Amicale des anciens guérilleros espagnols en France–Forces françaises de l’intérieur, notamment nos 95, 113 et 122. Ces publications donnent des témoignages, photographies et renseignements sur la guerre d’Espagne, la Résistance, les distinctions et les responsabilités associatives de Rafael Gandia.
Références internet
Le Maitron. La notice « GANDIA LORENZO Rafael, Martín, Rafles » établit sa naissance à Yecla, son militantisme communiste, son engagement dans la guerre d’Espagne, son appartenance à l’Agrupación de Guerrilleros Españoles et ses principales actions résistantes.
https://maitron.fr/gandia-lorenzo-rafael-martin-rafles-pseudonymes-de-resistance/
Murcianos de Dinamita. La notice « GANDÍA LORENZO, Rafael » fournit une biographie très développée fondée sur des archives, les bulletins de l’Amicale et les travaux historiques consacrés aux guérilleros espagnols. Elle documente son internement, ses identités clandestines, ses unités, ses opérations et son action associative.
https://murcianosdedinamita.es/1557/
La Dépêche du Midi. L’article nécrologique « Rafael Gandia : la disparition d’un héros de la guerre d’Espagne » apporte des informations sur son engagement républicain, son internement, sa vie familiale, sa profession, ses responsabilités à Toulouse et ses distinctions municipales.
https://www.ladepeche.fr/article/2011/06/30/1119037-rafael-gandia-la-disparition-d-un-heros-de-la-guerre-d-espagne.html
Amicale des anciens guérilleros espagnols en France–Forces françaises de l’intérieur. Le bulletin no 122 confirme la naissance le 11 octobre 1917, la remise en 1974 de la Médaille de la Libération et de la Médaille du combattant volontaire de la Résistance, ainsi que ses missions clandestines après 1944.
Mémoire Vive de la Résistance. Les notices relatives à Pierre Mau et au maquis du Vallespir mentionnent Rafael Gandia, dit « Martin », comme responsable des guérilleros espagnols associés au maquis AS 44.
https://mvr.asso.fr/mau/
Le Maitron. La notice de Manuel Galiano Gracia confirme que celui-ci servit en 1944 dans le troisième bataillon commandé par Rafael Gandia au sein de la première brigade des Pyrénées-Orientales.
https://maitron.fr/galiano-gracia-manuel/
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier nominatif clairement attribuable à Rafael Gandia Lorenzo n’a été identifié dans l’inventaire public de la sous-série SHD GR 16 P. L’inventaire à la lettre G fait apparaître plusieurs Gandia et Garcia, mais aucun résultat ne réunit avec certitude les prénoms, la date de naissance et le lieu de naissance du résistant étudié.
Aucun dossier d’homologation des Forces françaises de l’intérieur ou de combattant volontaire de la Résistance n’a donc pu être consulté directement. La Croix de guerre, les citations et la qualité de combattant volontaire sont établies par les sources biographiques et associatives, mais leurs dossiers réglementaires restent à localiser.
Les documents les plus précis paraissent être la citation militaire française du 15 janvier 1947, les archives de l’Amicale des anciens guérilleros, les dossiers des Archives départementales des Pyrénées-Orientales et les éventuelles archives de l’Agrupación de Guerrilleros Españoles.
Observations
Les formes « Gandia » et « Gandía » correspondent respectivement à la graphie française sans accent et à la graphie espagnole accentuée. Le nom complet retenu est Rafael Gandia Lorenzo, ou Rafael Gandía Lorenzo en espagnol.
Les pseudonymes « Martín » et « Rafael Martín » sont solidement attestés. « Rafael Martín Ferreiro » fut une identité de couverture utilisée après sa fuite des dispositifs d’internement. Le pseudonyme « Rafles » apparaît dans le titre de la notice du Maitron, mais son contexte d’utilisation est moins précisément documenté.
La date de naissance diverge : le Maitron, La Dépêche et l’Amicale donnent le 11 octobre 1917 ; la notice espagnole affiche le 8 septembre 1917 tout en signalant elle-même la date concurrente du 11 octobre. Cette dernière est retenue.
La date du décès n’est pas stabilisée : 20 juin 2011 selon le Maitron, 28 juin selon la biographie espagnole et vraisemblablement 29 juin d’après la nécrologie publiée le 30 juin. Le lieu est également donné comme Toulouse ou L’Union, commune de son agglomération. Seul l’acte de décès permettrait de trancher.
Les désignations d’unités varient selon les périodes : troisième bataillon de la cinquième brigade dans l’Aude, troisième bataillon de la première brigade dans les Pyrénées-Orientales et 19e brigade départementale dans certaines synthèses. Ces indications peuvent correspondre à des réorganisations successives et ne sont pas nécessairement contradictoires.
La destruction de cinq camions, deux voitures et une motocyclette au Pont-de-Reynès repose sur des récits mémoriels très précis, mais la citation militaire originale n’a pas été directement consultée. L’action et la Croix de guerre sont confirmées par le Maitron ; le détail matériel doit être conservé avec cette réserve.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité, l’engagement dans la guerre d’Espagne, l’exil, l’internement, l’appartenance au Parti communiste d’Espagne et à l’Agrupación de Guerrilleros Españoles, le commandement d’une unité dans les Pyrénées-Orientales, les combats de Valmanya et du Pont-de-Reynès ainsi que les responsabilités associatives d’après-guerre sont établis par une notice nominative du Maitron, des archives associatives, des travaux historiques et une presse régionale concordante. Les principales incertitudes portent sur les dates exactes de naissance et de décès, les réorganisations successives de ses unités et la localisation de son dossier d’homologation.
Chronologie
| Date | Événement |
| 11 octobre 1917 | Naissance probablement à Yecla (Murcie, Espagne). |
| Avant juillet 1936 | Installation à Madrid et apprentissage de mécanicien. |
| 1936 | Engagement volontaire dans le Cinquième Régiment ; adhésion au Parti communiste d’Espagne. |
| 1936-1939 | Combats dans l’Armée populaire républicaine ; promotion au grade de capitaine. |
| 9 février 1939 | Passage en France par Cerbère et internement à Argelès-sur-Mer. |
| 1939-1940 | Emplois de chauffeur et mécanicien ; internements, menace d’expulsion et évasions. |
| 10 novembre 1940 | Affectation signalée au 227e Groupe de travailleurs étrangers de Rivesaltes. |
| Vers 1941-1942 | Entrée dans les groupes de guérilleros espagnols de l’Aude. |
| 1942 | Sabotage attribué sur la ligne Lavelanet-Bram ; fuite vers les Corbières. |
| 1943 | Prise de commandement d’une unité espagnole dans les Pyrénées-Orientales. |
| Fin de 1943 | Attaque contre un service allemand au Boulou et sabotages d’infrastructures. |
| Début de 1944 | Coopération avec le maquis Henri-Barbusse. |
| Nuit du 5 au 6 juin 1944 | Association d’une vingtaine de ses guérilleros au maquis AS 44 du Vallespir. |
| 30 juin 1944 | Attaque d’un détachement allemand près de La Bastide. |
| 28-29 juillet 1944 | Opérations à Prades. |
| 1er-3 août 1944 | Défense de Valmanya et organisation de la retraite des guérilleros. |
| 19 août 1944 | Combat du Pont-de-Reynès ; action récompensée par la Croix de guerre avec étoile de bronze. |
| 1944-1946 | Agent de liaison clandestin du Parti communiste d’Espagne depuis Perpignan. |
| 1945 | Mariage avec Maruja. |
| Après 1946 | Installation à Toulouse et activité de représentant en chaussures. |
| 1974 | Réception de la Médaille de la Libération et de la Médaille du combattant volontaire de la Résistance. |
| 1976 | Participation à la refondation de l’Amicale des anciens guérilleros espagnols. |
| Jusqu’en 2009 | Présidence de la section de Haute-Garonne de l’Amicale. |
Sources consultées
Le Maitron, notice « GANDIA LORENZO Rafael, Martín, Rafles ». Cette notice a établi l’identité, la naissance, l’engagement dans la guerre civile espagnole, le militantisme communiste, l’appartenance aux guérilleros espagnols, les responsabilités militaires et la Croix de guerre obtenue pour l’action du Pont-de-Reynès.
https://maitron.fr/gandia-lorenzo-rafael-martin-rafles-pseudonymes-de-resistance/
Murcianos de Dinamita, notice « GANDÍA LORENZO, Rafael ». Cette biographie a fourni une reconstitution détaillée de sa jeunesse, de la guerre d’Espagne, de la Retirada, de ses internements, de ses fausses identités, de ses unités de guérilleros, de ses opérations militaires, de sa vie familiale et de son engagement associatif.
https://murcianosdedinamita.es/1557/
La Dépêche du Midi, « Rafael Gandia : la disparition d’un héros de la guerre d’Espagne », 30 juin 2011. Cette nécrologie a fourni des éléments sur son état civil, son arrivée en France, son passage par Argelès, son mariage, ses enfants, son métier de représentant, ses responsabilités à Toulouse et ses deux médailles de la Ville.
https://www.ladepeche.fr/article/2011/06/30/1119037-rafael-gandia-la-disparition-d-un-heros-de-la-guerre-d-espagne.html
Amicale des anciens guérilleros espagnols en France–Forces françaises de l’intérieur, Guérilleros, no 122. Ce bulletin a confirmé la naissance le 11 octobre 1917, les missions clandestines conduites après la Libération et la remise en 1974 de la Médaille de la Libération et de la Médaille du combattant volontaire de la Résistance.
Mémoire Vive de la Résistance, notice « MAU ». Cette page a confirmé la présence de Rafael Gandia, dit « Martin », à la tête des guérilleros espagnols associés au maquis AS 44 du Vallespir.
https://mvr.asso.fr/mau/
Le Maitron, notice « GALIANO GRACIA Manuel ». Cette source a confirmé l’existence du troisième bataillon commandé par Rafael Gandia au sein de la brigade espagnole des Pyrénées-Orientales.
https://maitron.fr/galiano-gracia-manuel/
Le Maitron, notices « RIBES RÀFOLS Josep » et « RIGAT JUNCA Joan ». Ces notices ont documenté les liaisons entre les soutiens locaux, les maquis français et l’unité de guérilleros commandée par Rafael Gandia.
https://maitron.fr/ribes-rafols-josep/
https://maitron.fr/rigat-junca-joan/
Service historique de la Défense, inventaire de la sous-série GR 16 P, lettre G. Cet inventaire a été examiné pour rechercher un dossier nominatif, mais aucun dossier identifiable avec certitude à Rafael Gandia Lorenzo n’a été retrouvé.