Robert PERRIAUX, officier de carrière formé à Saint-Cyr, rejoint la Résistance et commande la 2e compagnie du Groupement T.B., formation des Forces françaises de l’intérieur du Territoire de Belfort placée sous l’autorité de Pierre DUFAY, dit « Raten ».
Le 6 septembre 1944 correspond à la phase de mobilisation et de montée des FFI vers les secteurs de maquis du massif de la Planche des Belles Filles. La compagnie Perriaux rejoint ce dispositif avec les autres unités du Groupement T.B.
Déroulement
Au cours de la première moitié de septembre 1944, les différentes compagnies du Groupement T.B. se concentrent dans le massif de la Planche des Belles Filles. La présence allemande et les opérations de répression rendent progressivement les positions précaires. Les 16 et 17 septembre, la pression allemande s’accentue fortement sur le dispositif. Dans la nuit du 17 au 18 septembre, Pierre DUFAY ordonne le décrochage.
La compagnie Perriaux, ramenée à environ cinquante hommes, gagne alors la forêt de Frahier, Haute-Saône, France. L’objectif est d’y attendre une évolution du front permettant une jonction avec les forces françaises et alliées. Les patrouilles allemandes et d’autres unités employées par les Allemands rendent cependant cette attente de plus en plus dangereuse.
Le Groupement T.B. se disperse progressivement. La documentation situe une dispersion plus générale de ses éléments le 27 septembre 1944. Dans ce contexte, Robert PERRIAUX décide de tenter avec environ trente volontaires une marche vers le sud afin de franchir les lignes allemandes et de rejoindre directement la Première Armée.
Le 2 octobre 1944, le détachement arrive dans le secteur de Granges-le-Bourg, Haute-Saône, France, où il rencontre un bataillon allemand au bivouac. Le groupe est encerclé. Sept hommes réussissent à échapper au dispositif allemand ; la majorité est capturée. Robert PERRIAUX et Claude DUGOIS sont blessés.
Les prisonniers sont conduits à Belfort et détenus à la caserne Friedrich. Plusieurs sont condamnés comme « terroristes ». Le 10 octobre 1944, Robert Perriaux et plusieurs compagnons sont conduits à Banvillars et fusillés. L’exécution collective de cette journée fait vingt-sept victimes, sans que ces vingt-sept hommes puissent tous être attribués à la seule 2e compagnie.
Robert PERRIAUX commande la 2e compagnie et dirige personnellement la tentative de franchissement des lignes. Blessé et capturé le 2 octobre, il est fusillé le 10 octobre 1944.
Henri Antoine Arsène DUGOIS et ses fils Henri Antoine Élie DUGOIS et Claude Jean Louis DUGOIS appartiennent au groupe engagé dans cette phase finale. Les trois membres de la famille sont finalement fusillés à Banvillars.
Joseph Jacques CHAUCHOT et Roger Arthur Delphin JEANPIERRE sont également documentés par le Maitron comme résistants du Groupement T.B. et membres du groupe lié à la compagnie Perriaux.
Victimes
La documentation permet d’établir avec certitude la mort ultérieure de Robert PERRIAUX et de plusieurs de ses compagnons capturés à Granges-le-Bourg. Elle ne permet pas, dans les résultats ouverts actuellement exploités, de produire une liste exhaustive de tous les membres de la 2e compagnie, ni de distinguer automatiquement chaque combattant du détachement des autres résistants exécutés à Banvillars. Une liste exhaustive nécessiterait le dépouillement du dossier du Groupement T.B. et des dossiers individuels FFI au Service historique de la Défense.
Survivants
Sept hommes réussissent à quitter l’encerclement de Granges-le-Bourg. Les sources consultées n’autorisent pas une identification nominative certaine des sept survivants. Aucun nom supplémentaire n’est donc proposé dans cette rubrique.
Conséquences
La disparition du détachement Perriaux prive le Groupement T.B. d’une partie de ses combattants au moment où le front se stabilise provisoirement devant Belfort. L’épisode illustre les risques encourus par des unités FFI se trouvant entre les positions allemandes et l’armée régulière française : après la dispersion des grands rassemblements de maquis, certains groupes doivent tenter de franchir individuellement un dispositif militaire encore solidement tenu.
Mémoire et lieux commémoratifs
La mémoire de la compagnie se concentre principalement autour de Banvillars et des monuments consacrés aux fusillés du 10 octobre 1944. Le parcours de la compagnie est également conservé par les publications consacrées au Groupement T.B., en particulier Avec les F.F.I. de Belfort, et par les notices nominatives du Maitron.
Références bibliographiques
Avec les F.F.I. de Belfort, par une équipe d’entre eux, Région D des Forces françaises de l’intérieur, avant-propos de Fernand Belot, Éditions Alsatia, 1946, 124 p. Il s’agit de la publication la plus directement liée aux hommes du Groupement T.B. Elle constitue donc la source bibliographique prioritaire pour approfondir la composition des compagnies et leur parcours militaire.
Le Territoire de Belfort dans la tourmente 1939-1944, Marie-Antoinette Vacelet, Conseil général du Territoire de Belfort, 1993. Étude départementale de référence permettant d’inscrire l’histoire de la compagnie Perriaux dans les structures résistantes et les événements militaires du Territoire de Belfort.
1944, souviens-toi !, René Eymin dir., préface de François Marcot, Fédération interdépartementale des amicales FFI du Doubs, Jura-Nord et Territoire de Belfort, 1994. Cette publication issue des milieux anciens FFI permet de confronter témoignages et documentation sur les combats de septembre-octobre 1944.
La Franche-Comté sous l’Occupation allemande et sa Libération, Jean Riche, Marque-Maillard, Lons-le-Saunier, trois volumes, 1979-1985. Cette synthèse élargit l’analyse au contexte militaire et résistant régional.
Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, François Marcot, Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé dir., Robert Laffont, Paris, 2006. Ouvrage de référence pour replacer les FFI départementales et les unités du type Groupement T.B. dans l’histoire générale de la Résistance.
Références internet
Le Maitron – Robert PERRIAUX constitue la référence nominative fondamentale pour le commandant de la compagnie et décrit le repli, la tentative de franchissement, l’encerclement et l’exécution. Adresse : https://maitron.fr/perriaux-robert-pierre/
Le Maitron – Banvillars, charnier du Territoire de Belfort fournit le cadre collectif de l’exécution du 10 octobre 1944 et permet d’identifier individuellement plusieurs compagnons du groupe. Adresse : https://fusilles-40-44.maitron.fr/banvillars-charnier-de-territoire-de-belfort-les-fusilles-du-10-octobre-1944/
Mémoire Vive de la Résistance – Robert PERRIAUX propose une synthèse particulièrement détaillée du parcours de la compagnie et rassemble une bibliographie régionale directement exploitable. Adresse : https://mvr.asso.fr/perriaux/
Archives municipales de Belfort conservent Avec les F.F.I. de Belfort ainsi que plusieurs études majeures sur la Résistance et la Libération du Territoire de Belfort. Adresse : https://archives.belfort.fr/
Fiabilité A pour l’existence de la compagnie, le commandement de Robert Perriaux, son rattachement au Groupement T.B., le repli dans la forêt de Frahier, la tentative de rejoindre la Première Armée, le combat du 2 octobre et l’exécution de plusieurs prisonniers. Fiabilité B seulement pour les effectifs successifs, qui sont donnés sous forme approximative, et pour la composition nominative exhaustive de la compagnie.
Sources consultées –
Mémoire Vive de la Résistance : résultat positif, notice individuelle Robert PERRIAUX.
Maitron Résistance et Maitron des fusillés : résultats positifs multiples.
Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; aucune notice spécifique à la compagnie Perriaux retrouvée.
Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée pour le contexte du Groupement T.B. et de la Résistance régionale.
Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; absence de synthèse collective immédiatement exploitable.
Ordre de la Libération : recherche effectuée pour la Médaille de la Résistance et les dossiers correspondants.
Gallica et BnF : recherche bibliographique effectuée ; les catalogues confirment plusieurs ouvrages de contexte régional, notamment 1944, souviens-toi !
Service historique de la Défense : recherche effectuée ; les dossiers FFI non numérisés constituent la piste principale pour établir l’organigramme et l’effectif nominatif complets.
Archives municipales de Belfort : résultats positifs, avec notamment Avec les F.F.I. de Belfort, Le Territoire de Belfort dans la tourmente et 1944, souviens-toi !