La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme « maquis de Vieilley » est explicitement attestée par le Musée de la Résistance en ligne, le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon et la Fondation de la Résistance. Il s’agit d’un maquis relevant de la Résistance armée dans le Doubs et rattaché à l’Armée secrète puis aux Forces françaises de l’intérieur. Les sources emploient principalement les formes « maquis de Vieilley » et « maquis Vieilley ».

Création

L’origine du maquis remonte à l’automne 1943. Une réunion de l’état-major de l’Armée secrète envisage alors la constitution de maquis spécialement chargés du sabotage ferroviaire à compter du débarquement allié. En janvier 1944, une première équipe de dix-huit hommes est constituée sous le commandement du lieutenant Weinman, avec Jean Buteau comme chef. Le Musée de la Résistance en ligne souligne que le 6 juin 1944 constitue à la fois un aboutissement de cette préparation et la véritable entrée du maquis dans sa phase opérationnelle.

Le premier objectif opérationnel attesté est de perturber les communications allemandes autour de Besançon, notamment les voies ferrées, tout en contribuant à préserver la ville des destructions susceptibles d’accompagner la retraite allemande.

Organisation interne

Le maquis s’installe dans les bois de la côte de Mérey et de Vieilley, au nord de Besançon, Doubs, France. Le recrutement s’effectue notamment parmi de jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire. Le ravitaillement clandestin est assuré avec l’aide de commerçants et d’habitants de la région. Le maire de Mérey permet notamment aux maquisards d’utiliser le château d’eau.

L’état-major de la SR D2 s’installe également à Vieilley. Des armes provenant d’un parachutage sur le terrain de la Bretenière sont dissimulées au château de Beaupré, entre Thise et Roche. L’instruction militaire et le maniement des armes sont assurés notamment par George Millar, agent britannique du Special Operations Executive connu sous le pseudonyme d’« Émile ».

La documentation individuelle conservée par le Musée de la Résistance en ligne montre également l’existence d’agents de liaison et d’un dispositif clandestin de transport des armes. Henri Carrier, ouvrier agricole au château de Beaupré, transporte ainsi armes et munitions destinées au maquis ; Charles Coquillot est agent de liaison de Jacques Weinman.

Actions menées pendant la Résistance

Le sabotage ferroviaire constitue l’une des missions principales du maquis. Avant même sa pleine mobilisation, un important sabotage est effectué au tunnel de Chalezeule le 28 avril 1944. Après le débarquement du 6 juin 1944, les opérations prennent une ampleur considérable dans le cadre du plan Vert visant les communications ferroviaires allemandes.

Au cours de l’été 1944, les hommes de Vieilley effectuent environ quarante opérations de sabotage : deux à la gare de Besançon contre des cœurs d’aiguillage et trente-huit sur la ligne Besançon-Vesoul. Le 19 juin 1944, une opération menée à Devecey provoque l’enchevêtrement de matériel ferroviaire. Le 28 juillet 1944, une série de déraillements entre Miserey et Devecey entraîne la fermeture de la ligne à la circulation.

La Fondation de la Résistance confirme l’importance prise par le maquis de Vieilley dans le sabotage ferroviaire à partir du 6 juin 1944.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis appartient à la mouvance de l’Armée secrète et est ensuite intégré aux FFI. Louis Bulle, l’un de ses responsables, appartient simultanément à l’Armée secrète et travaille avec des réseaux de renseignement et d’évasion. Le Musée de la Résistance en ligne mentionne notamment ses relations avec le réseau de renseignement Carmel.

Le maquis entretient également des relations opérationnelles avec d’autres groupes du secteur. Marcel Vauthier, membre de l’Organisation de résistance de l’Armée, constitue par exemple un groupe mobile de voltigeurs opérant à l’ouest de Besançon en relation avec le maquis de Vieilley et le groupe O.D. de la SR D2.

Une antenne médicale installée au maquis de Champoux dépend également du maquis de Vieilley.

Chefs et figures marquantes

Georges MOLLE joue un rôle central dans la constitution et le fonctionnement du maquis. Il recherche notamment des terrains susceptibles d’être homologués pour les parachutages et dirige le maquis de Vieilley jusqu’à la Libération.

Louis BULLE est chef du groupe franc de l’Armée secrète de Besançon de mai 1943 à février 1944. Il travaille également pour des réseaux de renseignement et d’évasion. Chargé du recrutement des hommes destinés à constituer le maquis de Vieilley, il en assure le commandement jusqu’au début du mois d’août 1944.

Jacques WEINMAN participe à l’organisation du maquis ; la première équipe constituée en janvier 1944 est placée sous son commandement. Le château de Beaupré sert également au stockage clandestin d’armes parachutées.

George MILLAR, « Émile », agent britannique du Special Operations Executive, participe à l’instruction militaire des maquisards et au maniement des armes.

Jean BUTEAU commande la première équipe de dix-huit hommes constituée en janvier 1944.

Victimes et morts

Les sources directement consultées pour cette fiche ne permettent pas d’établir avec une sécurité documentaire suffisante une liste exhaustive des membres du maquis morts au combat, fusillés ou morts en déportation. Aucun nom ne doit donc être ajouté ici sans vérification individuelle dans les dossiers de résistants et les bases mémorielles.

Survivants identifiés

Plusieurs membres ou auxiliaires du maquis sont documentés après-guerre. La commune de Vieilley mentionne notamment Louis DUBOURG et Armand TATTU parmi les personnes ayant contribué au transport et à la dissimulation des armes parachutées destinées à la Résistance locale ; ils sont encore présents lors d’une cérémonie organisée à Vieilley en 2010.

Fin du maquis

Le 15 août 1944, les forces allemandes encerclent Vieilley et fouillent le village. Georges Molle et George Millar échappent à l’opération en se dissimulant dans un égout. Un responsable de l’état-major, désigné dans la source comme le colonel Maurin, est arrêté. Le maquis poursuit néanmoins son activité jusqu’à la Libération.

Il ne s’agit donc pas d’un démantèlement complet : l’activité du maquis se prolonge jusqu’à la disparition de la nécessité de la clandestinité lors de la libération du secteur.

Conséquences et mémoire

L’action du maquis a contribué de manière particulièrement importante à la perturbation du trafic ferroviaire allemand au nord de Besançon durant l’été 1944. Les quelque quarante opérations recensées illustrent son insertion dans la stratégie nationale du plan Vert.

La mémoire locale demeure visible. Un itinéraire mémoriel autour de Vieilley reprend certains chemins utilisés par les maquisards et passe notamment devant une stèle dédiée au commandant Cornet et aux résistants locaux.

Références bibliographiques

La Franche-Comté sous l’Occupation allemande et sa Libération, Jean Riche, ouvrage consacré notamment à l’activité clandestine en Franche-Comté et au maquis de Vieilley.

La Résistance dans le Doubs, Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, documentation historique diffusée notamment sous forme de CD/DVD-ROM en 2008 et reprise par le Musée de la Résistance en ligne.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne – Documentation consacrée à la constitution, au fonctionnement et aux acteurs du maquis de Vieilley. Notice sur le maquis de Vieilley

Musée de la Résistance en ligne – Témoignage et documentation relatifs à la constitution de la première équipe et aux objectifs du maquis. Approvisionnement et organisation du maquis

Académie de Besançon – Musée de la Résistance et de la Déportation – Documentation pédagogique sur la Résistance franc-comtoise et les sabotages du maquis de Vieilley. Libérer et refonder la France 1943-1945

Fondation de la Résistance – Documentation sur les sabotages et l’action des maquis, mentionnant explicitement Vieilley. Fondation de la Résistance

Commune de Vieilley – Mémoire locale du maquis, des auxiliaires et des lieux de passage utilisés pendant l’Occupation. Mémoire de la Résistance à Vieilley

Fiabilité A —L’existence, l’organisation générale et l’activité du maquis sont attestées par plusieurs sources concordantes, dont le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon, le Musée de la Résistance en ligne et la Fondation de la Résistance. Le nombre et la précision des opérations ferroviaires sont également documentés.

Sources consultées –

Mémoire Vive de la Résistance (MVR) : recherche effectuée ; aucune notice thématique spécifique identifiée.

Maitron : recherche effectuée ; aucune notice générale directement consacrée au maquis identifiée dans les résultats accessibles.

Fondation de la Résistance : résultat positif. Fondation de la Résistance

Musée de la Résistance en ligne : résultats positifs multiples. Musée de la Résistance en ligne – Vieilley

Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; aucune fiche générale consacrée au maquis identifiée.

Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice générale consacrée au maquis identifiée.

Gallica-BnF : recherche effectuée ; références bibliographiques repérées, mais aucune notice institutionnelle spécifique retenue.

Service historique de la Défense : recherche effectuée ; aucune notice publique générale directement exploitable identifiée.

Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon : documentation positive. Documentation pédagogique du musée

Commune de Vieilley : documentation mémorielle locale positive. Chemin mémoriel de Vieilley

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