La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

RÉGNIER David Jean Louis

David Jean Louis RÉGNIER, alias « David », né le 27 août 1925 à Verrières-le-Buisson (Seine-et-Oise, aujourd’hui Essonne), fusillé le 20 juin 1944 à L’Isle-Adam, français.

Il est membre de Défense de la France, chef d’un corps franc et Compagnon de la Libération à titre posthume.

David Régnier est le neveu d’Honoré d’Estienne d’Orves. Élève au lycée Lakanal puis candidat aux études préparatoires à l’École navale, il est profondément marqué par l’exécution de son oncle en 1941. Il abandonne progressivement ses études pour entrer dans la clandestinité.

Engagement dans Défense de la France

Il rejoint Défense de la France, participe à la diffusion du journal clandestin et devient rapidement responsable d’équipes de protection et de missions. Il effectue également des déplacements à Lyon pour le mouvement.

Au printemps 1944, il rejoint Philippe Viannay au maquis de Seine-et-Oise Nord et devient chef du corps franc chargé de la protection du poste de commandement.

Missions et actions

Régnier participe activement au plan Vert : sabotages ferroviaires, destructions de lignes de communication, ponts et routes. Le 17 juin 1944, il dirige le déraillement d’un train transportant des chars en pièces détachées sur la ligne Paris-Creil, puis attaque un convoi allemand immobilisé par la destruction de la voie.

Combat, capture et exécution

Le 19 juin, lors de l’encerclement de Ronquerolles, David Régnier dirige la défense du poste de commandement. Blessé après des combats très violents, il est fait prisonnier avec Corentin Quideau et plusieurs autres résistants.

Le 20 juin 1944, il est fusillé à L’Isle-Adam avec dix camarades. Il n’a que dix-huit ans.

Décorations

  • Chevalier de la Légion d’honneur, Source Ordre de la Libération
  • Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945 Source Ordre de la Libération
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palme Source Ordre de la Libération
  • Médaille de la Résistance Française.à titre posthume par décret du 15 octobre 1945 JO 19 octobre 1945 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O53323

Il est homologué au grade d’aspirant FFI le 20 septembre 1946.

Lieux de mémoire

Il repose au cimetière de Verrières-le-Buisson. Son nom figure sur le monument de L’Isle-Adam et plusieurs équipements publics de Verrières entretiennent sa mémoire.

Indice de fiabilité Niveau A —notamment grâce à la notice officielle de l’Ordre de la Libération.

Chronologie

DateÉvénement
27 août 1925Naissance à Verrières-le-Buisson
1943Engagement croissant dans Défense de la France
printemps 1944Rejoint le maquis de Seine-et-Oise Nord
1944Chef du corps franc de protection du PC
17 juin 1944Sabotage et attaque sur la ligne Paris-Creil
19 juin 1944Blessé et capturé à Ronquerolles
20 juin 1944Fusillé à L’Isle-Adam
17 novembre 1945Compagnon de la Libération à titre posthume

Références bibliographiques

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, sous la direction de Marc Bradfer, Éditions Elytis, 2010. Ouvrage de référence établi notamment à partir des archives de l’Ordre de la Libération, il rassemble les notices biographiques des 1 038 hommes et femmes faits Compagnons. David Régnier y figure en raison de sa nomination à titre posthume par décret du 17 novembre 1945. Sa notice permet de replacer son engagement dans Défense de la France, son action au maquis de Ronquerolles et sa mort à dix-huit ans dans l’ensemble des parcours distingués par l’Ordre.

Les témoins qui se firent égorger, collectif Défense de la France, Éditions Défense de la France, collection « Défense de l’Homme », 1946. Publié dès l’après-guerre par le mouvement auquel appartenait David Régnier, cet ouvrage constitue un témoignage de première importance sur les résistants de Défense de la France morts au combat, exécutés ou déportés. La notice biographique de David Régnier établie par le Musée de la Résistance en ligne cite explicitement cet ouvrage parmi ses sources. Il permet de replacer son sacrifice dans la mémoire immédiate du mouvement fondé par Philippe Viannay.

Honoré d’Estienne d’Orves, David Régnier, compagnons de la Libération, morts pour la France, Connaissance de Verrières-le-Buisson et de sa région, nos 49-50, Éditions de l’Historique de Verrières, mai 2011, 206 p. Cette publication locale est directement consacrée aux deux Compagnons de la Libération originaires de Verrières-le-Buisson, Honoré d’Estienne d’Orves et son neveu David Régnier. Elle exploite notamment l’acte de naissance de David et le témoignage de sa sœur aînée Marie-Adélaïde Oudin Régnier. Elle constitue ainsi une source particulièrement précieuse pour son environnement familial, sa jeunesse et la mémoire locale de son engagement.

Une certaine idée de la Résistance. Défense de la France, 1940-1949, Olivier Wieviorka, Éditions du Seuil, 1995, réédition 2010. Cette étude historique majeure retrace l’histoire du mouvement Défense de la France, depuis sa création par Philippe Viannay et ses compagnons jusqu’à son évolution après la Libération. Elle analyse la presse clandestine, la fabrication de faux papiers, l’engagement des jeunes militants et le passage progressif à l’action armée et aux maquis. Elle fournit le cadre indispensable pour comprendre le parcours de David Régnier, diffuseur du journal puis responsable d’un groupe franc et combattant du maquis de Seine-et-Oise Nord.

Du bon usage de la France : Résistance, journalisme, Glénans, Philippe Viannay, Ramsay, 1988. Philippe Viannay, fondateur de Défense de la France puis commandant FFI de Seine-et-Oise Nord sous le pseudonyme de « Philippe », raconte son parcours clandestin et l’histoire du mouvement. Son témoignage est particulièrement important pour l’étude de David Régnier, qui le rencontre au sein de Défense de la France avant de rejoindre son maquis et de devenir chef du corps franc chargé de la protection de son poste de commandement. L’ouvrage constitue donc une source de première main sur l’organisation dans laquelle Régnier combattit jusqu’au 19 juin 1944.

La Résistance à Paris et dans la Région parisienne, tome II – « Le maquis de Seine-et-Oise », Marie Granet, Éditions Famot, 1976. L’étude de Marie Granet est consacrée au maquis de Seine-et-Oise et figure dans la bibliographie de référence utilisée par le Musée de la Résistance en ligne pour documenter les combats de Ronquerolles. Elle permet de comprendre l’organisation régionale des FFI, le commandement de Philippe Viannay et l’action des groupes armés après le Débarquement. Elle éclaire directement le cadre opérationnel dans lequel David Régnier devient chef du corps franc de protection du poste de commandement.

La Résistance en Val d’Oise, Martial Laroque, Comité du Val-d’Oise de l’ANACR, Rosny-sur-Seine, 1986. Cette synthèse régionale fait partie des références bibliographiques retenues par le Musée de la Résistance en ligne pour documenter le maquis de Seine-et-Oise Nord et les événements de Ronquerolles. Elle replace les différents groupes résistants dans leur implantation locale et permet d’étudier les relations entre FFI, FTP et réseaux de renseignements. Elle apporte ainsi le contexte territorial indispensable à l’étude des dernières semaines de David Régnier.

L’Isle-Adam et sa région pendant la Seconde Guerre mondiale, René Botto, Les Amis de L’Isle-Adam, 2008, 263 p. Cette monographie locale étudie L’Isle-Adam et ses environs pendant l’Occupation et constitue une référence directement pertinente pour les événements de juin 1944. La commune est au cœur de la répression qui suit l’attaque du maquis de Ronquerolles puisque David Régnier et dix autres résistants capturés sont exécutés dans le secteur le 20 juin. L’ouvrage permet de replacer le monument des fusillés et l’exécution des maquisards dans l’histoire locale de l’Occupation.

Les derniers jours du maquis de Ronquerolles, Philippe Cerchiari, Nouvelles Éditions Sutton, 2016. Cet ouvrage, présenté comme un « roman vrai », reconstitue les treize derniers jours du maquis de Ronquerolles, du 6 au 19 juin 1944, en s’appuyant sur des faits historiques et sur des témoignages recueillis auprès de survivants. Il évoque le maquis dirigé par Philippe Viannay, fort d’environ quatre-vingts hommes, et son anéantissement par les forces allemandes. Il constitue un complément narratif intéressant pour restituer le cadre des derniers combats de David Régnier, mais doit être confronté aux archives et travaux historiques en raison de sa forme romancée.

Honoré d’Estienne d’Orves. Un héros français, Étienne de Montety, Perrin, 2001. Cette biographie est principalement consacrée à Honoré d’Estienne d’Orves, oncle maternel de David Régnier, mais elle est expressément citée dans la bibliographie de la notice de ce dernier au Musée de la Résistance en ligne. L’exécution de d’Estienne d’Orves en août 1941 exerce une influence déterminante sur son jeune neveu, présent lors de ses obsèques à Verrières et décidé à poursuivre son combat. L’ouvrage permet donc d’éclairer les origines familiales et morales de l’engagement de David Régnier.

Références internet

David RÉGNIER – Ordre de la Libération Cette biographie institutionnelle constitue l’une des principales sources numériques sur David Régnier. Elle retrace son engagement dans Défense de la France, ses activités de diffusion clandestine, son passage aux groupes francs, son arrivée au maquis de Ronquerolles et ses sabotages dans le cadre du plan Vert. Elle décrit son combat du 19 juin, sa capture puis son exécution le 20 juin 1944 et confirme sa nomination comme Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 17 novembre 1945. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/david-regnier

David Régnier – Musée de la Résistance en ligne Notice biographique particulièrement détaillée rédigée par Fabrice Bourrée. Elle retrace sa scolarité, l’influence de son oncle Honoré d’Estienne d’Orves, son entrée dans Défense de la France par l’intermédiaire de la Jeunesse étudiante chrétienne et Philippe Viannay, puis son rôle de responsable d’une chaîne de diffusion et d’un groupe franc. Elle documente également ses sabotages, le combat de Ronquerolles, sa capture, son exécution et son homologation au grade d’aspirant FFI. https://museedelaresistanceenligne.org/media5229-David-Rgnier

Monument aux fusillés de L’Isle-Adam – Musée de la Résistance en ligne Cette étude détaillée documente le lieu d’exécution de David Régnier et de dix autres résistants le 20 juin 1944. Elle reconstitue surtout l’organisation du maquis de Seine-et-Oise Nord, avec Philippe Viannay à sa tête et David Régnier comme chef du corps franc de protection au sein de l’état-major. La notice fournit également de précieuses références archivistiques, notamment le rapport de Viannay conservé au Service historique de la Défense et les documents des Archives départementales des Yvelines. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=5225

Hommage à David Régnier – Ville de Verrières-le-Buisson Cette page officielle de sa commune natale rappelle que David Régnier entre dans la Résistance alors qu’il est encore étudiant, dans le prolongement de l’engagement de son oncle Honoré d’Estienne d’Orves. Elle mentionne son activité clandestine, son entrée au maquis de Seine-et-Oise, sa fonction de chef du corps franc de protection du poste de commandement et son attaque contre un train allemand. Elle rappelle également son exécution à dix-huit ans et son inhumation définitive à Verrières-le-Buisson. https://www.verrieres-le-buisson.fr/culture/hommage-a-david-regnier/

Histoire et patrimoine – La guerre 1939-1945, Ville de Verrières-le-Buisson Cette page patrimoniale officielle replace David Régnier parmi les deux Compagnons de la Libération natifs de Verrières-le-Buisson, avec son oncle Honoré d’Estienne d’Orves. Elle confirme sa naissance le 27 août 1925, son engagement dans la Résistance, son arrestation après avoir été blessé et son exécution avec d’autres maquisards le 20 juin 1944. Elle documente également la place durable de sa mémoire dans l’histoire de la commune. https://www.verrieres-le-buisson.fr/bienvenue-a-verrieres/histoire-et-patrimoine/

Opération « NON IMMEMOR » – Ordre de la Libération Cette ressource apporte un éclairage complémentaire précieux sur le rôle de David Régnier au sein de Défense de la France grâce au parcours de Paul Béquart. Celui-ci rejoint le mouvement en mai 1943 et participe, sous la direction de Régnier, à la diffusion du journal clandestin, aux lancers de tracts et au service postal de l’organisation. Le témoignage institutionnel confirme ainsi la responsabilité exercée par Régnier auprès de jeunes militants avant son passage au maquis. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/operation-non-immemor

Stèle de Ronquerolles – Musée de la Résistance en ligne Cette notice documente le lieu de mémoire élevé en souvenir de la bataille du 19 juin 1944, au cours de laquelle David Régnier fut blessé et capturé. Elle présente les résistants morts pendant le combat et rappelle la présence conjointe de membres de Défense de la France et des FTP dans le maquis. La page complète utilement la biographie individuelle de Régnier par une étude de la mémoire matérielle et locale des combats de Ronquerolles. https://museedelaresistanceenligne.org/media5535-Stle-de-Ronquerolles

Défense de la France – Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France Cette notice institutionnelle décrit le journal clandestin Défense de la France, dont David Régnier fut diffuseur puis responsable d’une chaîne de distribution. La BnF indique que le périodique paraît clandestinement à partir du 15 août 1941 et qu’il est fondé par Philippe Viannay et Marcel Lebon, avec notamment Robert Salmon parmi ses principaux responsables. Cette source permet d’identifier précisément le support de propagande clandestine autour duquel commence l’activité résistante de Régnier. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34419180r

Défense de la France – Notice de collectivité de la Bibliothèque nationale de France La BnF présente Défense de la France comme un mouvement de Résistance fondé en 1940 par de jeunes étudiants autour de Philippe Viannay, Hélène Mordkovitch et Robert Salmon. La notice rappelle l’importance du journal clandestin et l’adhésion du mouvement au Mouvement de libération nationale à la fin de 1943. Elle fournit un cadre institutionnel fiable pour comprendre l’organisation que David Régnier rejoint alors qu’il prépare l’École navale au lycée Louis-le-Grand. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb12551559m

Défense de la France – Archives Larousse, Dictionnaire de l’Histoire de France Cette synthèse décrit la naissance du mouvement à l’automne 1940 autour de Philippe Viannay, Marcel Lebon et Robert Salmon et insiste sur l’importance considérable prise par son journal clandestin, dont le tirage atteint 450 000 exemplaires en janvier 1944. Elle rappelle aussi l’implantation géographique croissante de l’organisation et son caractère de « mouvement de jeunes ». Ce contexte permet de mieux mesurer la place des activités de diffusion clandestine auxquelles David Régnier participe avant de passer à l’action armée. https://www.larousse.fr/archives/histoire_de_france/page/349

Plaque mémorielle d’Honoré d’Estienne d’Orves et David Régnier à Verrières-le-Buisson – Wikimedia Commons Cette ressource iconographique documente la plaque apposée à l’entrée de la propriété familiale de la rue de Paron, à Verrières-le-Buisson, où vécurent Honoré d’Estienne d’Orves et David Régnier. La photographie permet d’étudier la construction locale de la mémoire associant l’oncle, pionnier de la Résistance exécuté en 1941, et son neveu, engagé à son tour dans Défense de la France et fusillé en 1944. Elle constitue un document complémentaire utile pour l’iconographie d’une notice mémorielle. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Plaque_m%C3%A9morielle_d%27_Honor%C3%A9_d%27Estienne_d%27Orves_et_David_R%C3%A9gnier_%C3%A0_Verri%C3%A8res-le-Buisson.jpg

Cérémonie du souvenir – Hommage à David Régnier, Ville de Verrières-le-Buisson Ce document municipal a été réalisé dans le cadre de la commémoration des quatre-vingts ans de la mort de David Régnier. Il revient sur son parcours, son engagement et les distinctions reçues après sa mort : Légion d’honneur, Croix de la Libération et Médaille de la Résistance. Le texte montre également la permanence de sa mémoire à Verrières-le-Buisson, où une école porte son nom et où la commune entretient le souvenir familial de David Régnier et d’Honoré d’Estienne d’Orves. https://www.verrieres-le-buisson.fr/wp-content/uploads/2024/06/discours-hommage-fgt.pdf

Les derniers jours du maquis de Ronquerolles – Présentation historique de Philippe Cerchiari Cette page est consacrée aux recherches menées autour du maquis de Ronquerolles et de sa destruction le 19 juin 1944. Elle rappelle que ce maquis francilien, installé entre les actuels départements de l’Oise et du Val-d’Oise, fut attaqué par plusieurs centaines de soldats allemands quelques jours après le Débarquement. L’auteur indique avoir rencontré des survivants et exploité des documents méconnus, offrant un complément aux sources institutionnelles concernant le dernier combat de David Régnier. https://cerchiari-philippe.fr/html/maquis.html

Le camp allemand de L’Isle-Adam – Liberty-Jeep Cette étude locale documente les vestiges du dispositif militaire allemand de L’Isle-Adam et le monument élevé à la mémoire des résistants du maquis de Ronquerolles exécutés le 20 juin 1944. Elle précise que onze résistants furent fusillés et attire particulièrement l’attention sur David Régnier en rappelant sa parenté avec Honoré d’Estienne d’Orves. La page fournit également des informations sur les sépultures des victimes et le devenir de leurs dépouilles après la guerre. https://www.liberty-jeep.info/ww-ii/en-ile-de-france/le-camp-allemand-de-l-isle-adam/

Dictionnaire des Compagnons de la Libération – Fondation de la France Libre Cette présentation décrit le dictionnaire de Vladimir Trouplin consacré aux 1 061 Compagnons, unités et communes de la Libération. Les notices ont été établies en particulier à partir des fonds d’archives de l’Ordre de la Libération et des acquis de la recherche historique, ce qui en fait une référence essentielle pour le parcours de David Régnier. La ressource précise également la méthode et l’ampleur documentaire de l’ouvrage dans lequel sa biographie est intégrée. https://francelibre.net/dictionnaire-compagnons-liberation/

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