Maurice Charles Eugène FERRAND, né le 18 octobre 1881 à Héricourt (Haute-Saône), mort le 13 mai 1945 à Nuremberg (Allemagne), français. Son dossier administratif de résistant est conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 16 P 221468. L’identification est certaine grâce à la concordance entre le fichier du SHD, qui donne ses trois prénoms, sa date et son lieu de naissance, et MémorialGenWeb, qui donne son décès à Nuremberg.
Les sources ouvertes consultées ne permettent pas de reconstituer précisément la jeunesse, les études ou la situation familiale de Maurice Ferrand. Sa naissance à Héricourt le 18 octobre 1881 est en revanche établie par l’inventaire nominatif de la sous-série GR 16 P du Service historique de la Défense. Les sources relatives au « groupe Ferrand » le présentent comme un ancien officier d’active, ce qui explique le titre de capitaine sous lequel il apparaît dans l’histoire de la Résistance belfortaine.
Engagement dans la Résistance
Maurice Ferrand joue un rôle précoce dans la Résistance à Belfort. Les documents réunis par le Musée de la Résistance en ligne indiquent qu’un premier groupe clandestin se constitue dès novembre 1940 autour de résistants belfortains. Roger Hennin met ensuite ses camarades en relation avec le capitaine Maurice Ferrand ; le groupe clandestin qui se développe prend le nom de « groupe Ferrand ».
Le Département du Territoire de Belfort confirme dans une publication consacrée à la Résistance locale que Maurice Ferrand crée un groupe portant son nom, parallèlement au groupe Libération Belfort du commandant Comte et au mouvement Lorraine de René Fallas-Magnin.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Le groupe Ferrand est une organisation de Résistance locale implantée à Belfort. La Fondation de la Résistance précise qu’il est constitué essentiellement de sapeurs-pompiers, de policiers et de personnels de la Défense passive et qu’il est créé à l’initiative du capitaine Maurice Ferrand. Elle indique également que Ferrand entre en contact avec un réseau Buckmaster, c’est-à-dire l’une des organisations relevant de la section F du Special Operations Executive britannique.
Le dossier GR 16 P 221468 confirme par ailleurs l’existence administrative d’un dossier de résistant correspondant exactement à Maurice Charles Eugène Ferrand.
Missions et actions
Les activités attribuées au groupe Ferrand comprennent des opérations de renseignement, de liaison et d’aide clandestine. Le contexte frontalier de Belfort, à proximité de l’Alsace annexée et de la Suisse, donne une importance particulière aux déplacements clandestins. Les membres du groupe utilisent notamment les possibilités offertes par les sapeurs-pompiers et la Défense passive pour circuler malgré les contrôles allemands.
La documentation consacrée aux pompiers de Belfort fait apparaître des transports clandestins, des liaisons, l’aide aux personnes recherchées, le passage de renseignements et de journaux clandestins ainsi que des activités liées aux maquis. Le poste des Forges sert notamment de lieu de rencontre à des responsables des Forces françaises de l’intérieur.
La documentation actuellement accessible ne permet toutefois pas d’attribuer personnellement à Maurice Ferrand chacune des opérations effectuées par les membres de son groupe. Il convient donc de distinguer son rôle de fondateur et de responsable du groupe des actions individuelles attestées pour certains de ses membres.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources ouvertes consultées ne permettent pas encore de reconstituer avec suffisamment de précision les circonstances de l’arrestation, de l’internement ou d’une éventuelle déportation de Maurice Charles Eugène Ferrand. MémorialGenWeb indique son décès le 13 mai 1945 à Nuremberg (Allemagne).
Cette donnée ne doit pas être complétée par hypothèse. La consultation matérielle du dossier GR 16 P 221468 apparaît indispensable pour déterminer précisément les circonstances qui conduisirent Maurice Ferrand en Allemagne et celles de son décès.
Camarades de combat
Plusieurs résistants belfortains sont explicitement associés au groupe Ferrand. Parmi eux figurent Georges Blind, sapeur-pompier devenu célèbre comme le « fusillé souriant », Aloïs Martin et Henri Deshaie. Le témoignage de Roger Hennin mentionne également Pierrepaque, Schwimmer, Boilletot, Guiguon, Spahn et Vebrel parmi les membres du premier noyau clandestin mis ensuite en relation avec Ferrand.
Retour à la vie civile
Aucun véritable retour durable à la vie civile après la guerre ne peut être établi : MémorialGenWeb situe la mort de Maurice Ferrand à Nuremberg le 13 mai 1945, quelques jours seulement après la capitulation allemande.
Décorations
- Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume par décret du 16 juin 1946 JO 11 juillet 1946 source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O22996
Il convient de ne pas confondre cette décoration individuelle avec la Médaille de la Résistance attribuée collectivement au corps des sapeurs-pompiers de Belfort par décret du 3 janvier 1946.
Lieux de mémoire
MémorialGenWeb répertorie Maurice Charles Eugène Ferrand parmi les victimes de la guerre 1939-1945 et signale également l’existence d’une photographie et d’une sépulture.
La mémoire du groupe Ferrand est par ailleurs étroitement associée à celle de la Résistance belfortaine et des sapeurs-pompiers de Belfort, dont le drapeau reçut la Médaille de la Résistance après-guerre.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, sous la direction de François Marcot, avec Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006. Ouvrage général de référence permettant de replacer les organisations locales, les réseaux britanniques et les formes d’action clandestine dans l’histoire générale de la Résistance.
La Résistance à l’honneur. Fêtes patriotiques du 21 juillet 1946, Belfort, 1946. Cette plaquette, dont des extraits sont reproduits par le Musée de la Résistance en ligne à partir des Archives municipales de Belfort, constitue une source particulièrement utile sur l’activité résistante des sapeurs-pompiers et le milieu dans lequel agit le groupe Ferrand.
Références internet
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Inventaire de la sous-série GR 16 P. Il identifie Maurice Charles Eugène Ferrand, né le 18 octobre 1881 à Héricourt, sous la cote GR 16 P 221468.
Fondation de la Résistance. La page consacrée à Georges Blind décrit la création du groupe Ferrand, précise que Maurice Ferrand est un ancien officier d’active et mentionne ses contacts avec un réseau Buckmaster.
https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/photographie-fusilly-souriant-photo6/
Musée de la Résistance en ligne. La documentation consacrée aux sapeurs-pompiers de Belfort fournit des informations sur la constitution du groupe Ferrand et sur ses activités clandestines.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=2846
MémorialGenWeb. Le relevé identifie Maurice Charles Eugène Ferrand, donne son décès le 13 mai 1945 à Nuremberg et lui associe la Médaille de la Résistance.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?act=view&debut=600&dpt=90&idsource=6755&insee=90010&lettre=&maxligne=200&pays=France&table=
Département du Territoire de Belfort. Le numéro 220 de Vivre le Territoire rappelle explicitement que Maurice Ferrand créa le groupe de Résistance qui porta son nom.
https://www.territoiredebelfort.fr/sites/default/files/media/downloads/vlt_220_web.pdf
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense, Vincennes : GR 16 P 221468, FERRAND Maurice Charles Eugène, né le 18 octobre 1881 à Héricourt (Haute-Saône). L’existence et la cote du dossier sont confirmées par l’inventaire numérique de la sous-série GR 16 P.
Observations
L’homonymie constitue ici un point essentiel. L’inventaire GR 16 P recense plusieurs Maurice Ferrand. Le capitaine et fondateur du groupe Ferrand de Belfort correspond à Maurice Charles Eugène Ferrand, né le 18 octobre 1881 à Héricourt, et ne doit notamment pas être confondu avec Maurice Ferrand, né le 26 décembre 1923 à Saint-Ouen, dont le dossier porte la cote GR 16 P 221474.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B L’identité et l’engagement résistant sont établis par le Service historique de la Défense et plusieurs sources institutionnelles ou spécialisées concordantes. En revanche, plusieurs aspects importants de sa biographie, notamment les circonstances exactes de son départ pour l’Allemagne et de son décès à Nuremberg, nécessitent encore l’exploitation du dossier individuel GR 16 P 221468.
Chronologie
| Date | Événement |
| 18 octobre 1881 | Naissance à Héricourt (Haute-Saône). |
| 1940-1941 | Constitution à Belfort du noyau clandestin qui devient le groupe Ferrand. |
| 1941 | Le groupe Ferrand est actif dans la Résistance belfortaine ; contacts avec un réseau Buckmaster. |
| 1941-1944 | Activités clandestines du groupe : renseignements, liaisons, transports et aide à la Résistance. |
| 13 mai 1945 | Décès à Nuremberg (Allemagne), selon MémorialGenWeb. |
Sources consultées
Le Service historique de la Défense, par l’inventaire de la sous-série GR 16 P, a permis de confirmer l’identité complète, la naissance et la cote du dossier administratif de Maurice Charles Eugène Ferrand : GR 16 P 221468.
La Fondation de la Résistance, dans son étude du « fusillé souriant », a permis d’établir que Maurice Ferrand était un ancien officier d’active, fondateur du groupe Ferrand, et qu’il entra en contact avec un réseau Buckmaster.
https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/photographie/photographie-fusilly-souriant-photo6/
Le Musée de la Résistance en ligne a fourni les éléments relatifs à la constitution et aux activités du groupe Ferrand ainsi qu’aux résistants belfortains qui lui étaient liés.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=2846
MémorialGenWeb a fourni la date et le lieu de décès attribués à Maurice Charles Eugène Ferrand ainsi que l’indication de la Médaille de la Résistance.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?act=view&debut=600&dpt=90&idsource=6755&insee=90010&lettre=&maxligne=200&pays=France&table=