La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « 5e compagnie FUJP », pour 5e compagnie des Forces unies de la jeunesse patriotique. Les sources emploient également « 5e compagnie FUJ », notamment dans le titre de l’ouvrage de Charles COUARD consacré à cette formation. Cette variation correspond à la continuité entre les Forces unies de la jeunesse constituées antérieurement et les Forces unies de la jeunesse patriotique formées à l’automne 1943. Dans les sources relatives aux combats de 1944, l’appellation « 5e compagnie FUJP » est clairement attestée. Il s’agit d’une formation combattante de jeunesse de la Résistance, progressivement intégrée au dispositif militaire des maquis et des Forces françaises de l’intérieur de l’Ain.

Il convient de la distinguer du groupe « Claude », également issu des FUJP de l’Ain. Les deux formations sont citées séparément dans la documentation consacrée au lycée Lalande de Bourg-en-Bresse.

Création de la Compagnie

La documentation consultée ne permet pas de fixer une date unique de création administrative de la « 5e compagnie » sous cette appellation. Elle résulte de la militarisation progressive des groupes des Forces unies de la jeunesse puis des FUJP dans l’Ain au cours de 1943 et du premier semestre 1944.

Un recensement exploité par les travaux consacrés aux FUJ de Bourg-en-Bresse indique que la formation comptait 41 combattants engagés au 1er mai 1944, dont trente entrés dans la Résistance en 1943. Le même ensemble documentaire recense 162 combattants ayant appartenu à la compagnie au cours de son existence ; ce chiffre ne doit pas être interprété comme son effectif simultané à une date donnée.

À partir du débarquement allié du 6 juin 1944, les FUJP de l’Ain passent plus nettement de l’organisation clandestine à l’action militaire ouverte. La 5e compagnie devient alors une unité combattante engagée dans les sabotages, les embuscades et les combats contre les forces allemandes.

Organisation interne

La 5e compagnie possède une organisation militaire comportant un commandement et des groupes subordonnés. Gérard SOTTON, alias « Philippe », est attesté comme commandant de la compagnie pendant les combats de l’été 1944.

Les parcours individuels montrent également l’existence de grades militaires. Jean CHAVANEL, alias « Fakir », est ainsi sergent-chef de la 5e compagnie. Les structures antérieures des FUJ reposaient en partie sur des sizaines et des trentaines, mais la 5e compagnie de l’été 1944 correspond à une étape de militarisation plus avancée et ne doit donc pas être décrite simplement comme la juxtaposition des anciennes sizaines et trentaines clandestines.

La compagnie s’intègre progressivement au dispositif militaire plus large des maquis de l’Ain et des FFI. Elle intervient aux côtés d’autres compagnies du maquis, notamment la compagnie commandée par Léon FELTIN lors des combats du plateau d’Hauteville.

Actions menées pendant la Résistance

Après le débarquement du 6 juin 1944, la compagnie FUJP mène des missions de sabotage et de harcèlement le long des voies de communication. Elle livre ensuite plusieurs combats sur le plateau d’Hauteville. La documentation relative au lycée Lalande confirme cette succession d’opérations.

Les 12 et 13 juillet 1944, lors de la grande offensive allemande contre les maquis de l’Ain, la compagnie de Léon FELTIN et la 5e compagnie FUJP reçoivent pour mission de tenir le col de la Lèbe et d’interdire l’axe Hauteville-Lompnes–Corlier afin de ralentir l’avance allemande. De violents combats ont notamment lieu aux carrières d’Hauteville-Lompnes, Ain, France.

Jean CHAVANEL est documenté comme ayant participé avec la 5e compagnie aux combats de Saint-Martin-du-Mont, du col de la Lèbe, de La Valbonne et de Meximieux. Son parcours individuel confirme ainsi l’étendue géographique des opérations de la compagnie.

À la fin du mois d’août et au début de septembre 1944, la compagnie participe aux opérations contre les troupes allemandes en retraite dans la plaine de l’Ain. Le 1er septembre 1944, à La Valbonne, elle combat sous les ordres de Gérard SOTTON aux côtés des enfants de troupe d’Autun et des forces américaines. L’artillerie allemande bombarde alors violemment les positions résistantes.

La compagnie est également engagée dans la séquence militaire de Meximieux. Les FUJP combattent alors en liaison avec l’avant-garde américaine. Il convient toutefois de ne pas attribuer aux seuls FUJP l’ensemble des destructions de blindés allemands intervenues pendant cette bataille : les forces américaines jouent elles aussi un rôle déterminant. Cette correction est explicitement soulignée par les travaux historiques locaux.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

La 5e compagnie est issue des FUJ puis des FUJP. Son recrutement s’inscrit notamment dans la mobilisation de la jeunesse de Bourg-en-Bresse et de ses environs, sans être limité aux seuls élèves du lycée Lalande. Les travaux fondés sur les archives mettent précisément en garde contre l’assimilation de l’ensemble de la 5e compagnie à la seule « Résistance Lalande », la majorité de ses combattants n’étant pas des lycéens de cet établissement.

Pendant les opérations militaires, la compagnie coopère avec les autres unités des maquis de l’Ain et des FFI. Aux carrières d’Hauteville, elle combat avec la compagnie FELTIN. À La Valbonne, elle intervient aux côtés des enfants de troupe d’Autun et des forces américaines.

Les liens entre FUJP et services britanniques sont particulièrement visibles dans le groupe Claude, formation distincte mais issue du même environnement, ce qui explique la présence de l’expression SFU/IS dans la documentation de Charles COUARD.

Chefs et figures marquantes

Gérard SOTTON, alias « Philippe », commande la 5e compagnie FUJP pendant les opérations de l’été 1944. Son commandement est explicitement attesté lors des combats de La Valbonne du 1er septembre 1944. Les sources consultées indiquent qu’il survit à la période des combats documentés, mais ne permettent pas d’établir ici son parcours complet après-guerre.

Jean CHAVANEL, alias « Fakir », est sergent-chef dans la 5e compagnie. Il participe aux combats de Saint-Martin-du-Mont, du col de la Lèbe, de La Valbonne et de Meximieux. Deux de ses frères sont déportés.

Georges GUÉRIN appartient à la 5e compagnie FUJP. Il est tué le 1er septembre 1944 lors d’une embuscade allemande au Pont-de-Chazey, Ain, France.

Paul PIN, alias « Jim », appartient à la 5e compagnie et y sert comme chauffeur. Arrêté par les Allemands au Pont-de-Chazey, puis détenu à Bourg-en-Bresse, Ain, France, il réussit le 3 septembre 1944 à échapper à l’exécution en plongeant dans la Reyssouze. Il survit à cet épisode.

Victimes et morts

Les combats de juillet 1944 sur le plateau d’Hauteville causent plusieurs pertes dans les rangs des FUJP. La stèle des carrières d’Hauteville conserve la mémoire des résistants tombés dans ce secteur. La 5e compagnie y combat les 12 et 13 juillet aux côtés de la compagnie FELTIN.

Georges GUÉRIN est tué le 1er septembre 1944 au Pont-de-Chazey alors qu’il appartient à la 5e compagnie.

La documentation disponible permet d’identifier d’autres morts de la compagnie dans les fonds et ouvrages consacrés aux FUJP de l’Ain, mais aucun bilan global ne doit être avancé sans exploitation exhaustive du recensement nominatif établi par Charles COUARD et des archives correspondantes.

Survivants identifiés

Paul PIN est un survivant clairement identifié : après son arrestation, il échappe le 3 septembre 1944 à une exécution en plongeant dans la Reyssouze.

Jean CHAVANEL est également documenté dans les opérations successives de la compagnie, sans mention de mort pendant la guerre dans sa notice.

Gérard SOTTON survit aux combats dans lesquels il commande la 5e compagnie. Les sources générales consultées ne permettent cependant pas d’établir ici une liste exhaustive des survivants.

Fin de la Compagnie

La 5e compagnie n’est pas démantelée par une opération allemande unique. Son histoire clandestine s’achève avec la Libération progressive de l’Ain et la transformation des formations du maquis en unités militaires intégrées aux FFI puis, pour de nombreux combattants, aux unités régulières françaises.

Les opérations de La Valbonne et de Meximieux, à la fin du mois d’août et au début du mois de septembre 1944, correspondent à la dernière phase de son activité comme formation issue directement des FUJP clandestines.

Conséquences et mémoire

La 5e compagnie constitue un exemple particulièrement significatif du passage d’une organisation clandestine de jeunesse à une véritable unité combattante. Elle illustre la militarisation rapide des FUJP après le 6 juin 1944 et leur intégration aux opérations générales des FFI.

Sa mémoire est entretenue par les stèles des combats du plateau d’Hauteville, les lieux de mémoire de La Valbonne et de Meximieux et par la mémoire du lycée Lalande de Bourg-en-Bresse.

Les Archives départementales de l’Ain conservent par ailleurs l’importante documentation réunie par Charles COUARD, ancien résistant du groupe Claude, tandis que leur bibliothèque possède son ouvrage consacré directement à « La 5ème compagnie F.U.J. – Le groupe Claude et ses corps francs interalliés S.F.U/I.S ».

Références bibliographiques

Combattants de l’ombre dans l’Ain. La 5e compagnie FUJ, le groupe Claude et ses corps francs interalliés SFU/IS, Charles COUARD, Éditions du Bastion, Péronnas, 1998, 151 pages. L’ouvrage, rédigé par un ancien du groupe Claude, réunit témoignages et documents et constitue la publication la plus directement consacrée à la 5e compagnie et au groupe Claude.

La Résistance dans l’Ain et le Haut-Jura, Jean LÉTY, Claude MOREL et collaborateurs, AERI, 2013. Ce corpus documentaire est à l’origine des nombreuses notices individuelles et thématiques aujourd’hui publiées par le Musée de la Résistance en ligne concernant les FUJP, leurs combattants et leurs opérations.

Les Maquis de l’Ain, Henri ROMANS-PETIT, Hachette, Paris, 1974. Témoignage du principal chef des maquis de l’Ain, utile pour replacer les unités de jeunesse dans le dispositif militaire général du département.

L’Engagement résistant dans l’Ain, Direction des musées départementaux de l’Ain, 2013. Cet ouvrage fournit le contexte général des formes d’engagement, de la constitution des maquis et de leur intégration dans les opérations de la Libération.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne présente la 5e compagnie FUJP dans la notice consacrée au lycée Lalande et documente ses sabotages, ses combats sur le plateau d’Hauteville ainsi que sa participation aux batailles de La Valbonne et de Meximieux. https://museedelaresistanceenligne.org/media2824-Le-lyce-Lalande-de-Bourg-en-Bresse

Musée de la Résistance en ligne documente la mission de la compagnie aux carrières d’Hauteville les 12 et 13 juillet 1944 aux côtés de la compagnie FELTIN. https://museedelaresistanceenligne.org/media9277-Stle-dHauteville-Lompnes-Ain

Musée de la Résistance en ligne décrit l’engagement de la 5e compagnie FUJP de Gérard SOTTON à La Valbonne le 1er septembre 1944 aux côtés des enfants de troupe et des forces américaines. https://museedelaresistanceenligne.org/media2887-Stle-la-mmoire-des-enfants-de-troupe

Musée de la Résistance en ligne conserve une notice de Jean CHAVANEL, sergent-chef de la 5e compagnie, qui documente plusieurs engagements successifs de l’unité. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=629

Archives départementales de l’Ain conservent le fonds Charles COUARD et référencent son ouvrage consacré à la 5e compagnie FUJ et au groupe Claude. https://www.archives.ain.fr/archive/fonds/FRAD001_BIB-C

Fiabilité A. L’existence de la 5e compagnie, son rattachement aux FUJP, le commandement de Gérard SOTTON et ses principales opérations sont attestés par plusieurs sources concordantes issues notamment du corpus AERI/Fondation de la Résistance et d’archives mémorielles locales. Une réserve concerne seulement la date précise de constitution de la compagnie et l’évolution exacte de ses effectifs, qui nécessitent l’exploitation exhaustive du fonds Charles COUARD.

Sources consultées

Maitron Résistance : recherche effectuée sur les FUJP de l’Ain et les combattants associés ; résultats biographiques complémentaires, sans notice collective autonome consacrée à la 5e compagnie. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; documentation AERI exploitée notamment par le Musée de la Résistance en ligne. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : nombreux résultats positifs sur la 5e compagnie, Gérard SOTTON, Jean CHAVANEL, Georges GUÉRIN, Paul PIN et les combats d’Hauteville, La Valbonne et Meximieux. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche de contrôle effectuée ; aucune notice collective autonome de la 5e compagnie identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche de contrôle effectuée dans les ressources consacrées aux formations et combattants de l’Ain. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France : recherche effectuée ; aucune collection autonome directement consacrée à la 5e compagnie identifiée. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : inventaire des unités FFI consulté ; les archives FFI de l’Ain peuvent contenir des dossiers d’unités, mais aucune cote autonome « 5e compagnie FUJP » n’a été établie avec certitude lors de la recherche. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Archives départementales de l’Ain : résultat positif, notamment pour les archives et la bibliographie de Charles COUARD. https://www.archives.ain.fr/

Chroniques de Bresse : étude fondée sur les archives et les travaux consacrés aux FUJ/FUJP de Bourg-en-Bresse ; données positives sur les effectifs, les opérations et les relations entre 5e compagnie et groupe Claude. https://www.chroniquesdebresse.fr/La-Resistance-Lalande-selon-les-archives

Wikipédia : recherche complémentaire effectuée ; aucune information non recoupée avec les sources précédentes n’a été retenue.

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