La forme principale retenue est « Résistance-PTT ». Les sources utilisent également « Résistance PTT », « Action-PTT » et « Action PTT ».
Action-PTT désigne l’organisation constituée en 1941 autour d’Ernest PRUVOST, Maurice HORVAIS et Simone MICHEL-LÉVY ; « Résistance-PTT » devient l’appellation collective couramment retenue pour le service national de Résistance des Postes, Télégraphes et Téléphones.
Il convient également de distinguer cette organisation du NAP-PTT et des nombreux groupes résistants autonomes constitués dans les services postaux.
Création du réseau
Action-PTT est créée au cours de l’année 1941. Ernest PRUVOST, alias « Potard », Maurice HORVAIS et Simone MICHEL-LÉVY, alias « Emma », jouent un rôle déterminant dans sa constitution. L’organisation entend exploiter les possibilités particulières offertes par les PTT pour créer sur l’ensemble du territoire des cellules de renseignement, de transmission et d’action.
Organisation interne
Ernest PRUVOST assure la responsabilité nationale. Simone MICHEL-LÉVY devient notamment responsable du secteur radio et effectue de nombreux déplacements destinés à implanter des postes clandestins et à établir des liaisons entre les groupes régionaux. À Caen, Calvados, France, elle établit dès janvier 1942 une liaison avec le groupe local dirigé par Henri LE VEILLÉ puis apporte des opérateurs radio et leur matériel.
À partir de 1943, l’organisation prend une ampleur nationale et s’articule avec les dispositifs FFI de transmissions. Les archives conservent des rapports départementaux, documents d’état-major et témoignages permettant d’établir l’existence de groupes implantés dans de nombreux services et régions.
Actions menées pendant la Résistance
Les agents exploitent leur maîtrise professionnelle des réseaux téléphoniques et télégraphiques. Ils mettent en place des écoutes, interceptent des communications allemandes, recueillent des renseignements, organisent des liaisons radio clandestines et fournissent du matériel ou des techniciens aux opérateurs.
Des agents détournent également le courrier, établissent de fausses correspondances, utilisent les circuits administratifs pour transmettre des messages et participent aux sabotages des télécommunications. Une station d’écoute permanente du NAP-PTT à Calais permet notamment d’intercepter des conversations intéressant les opérations allemandes en zone Nord et de les transmettre aux Britanniques.
À l’approche du débarquement, les spécialistes des PTT participent à la préparation du Plan Violet, destiné à interrompre les communications téléphoniques allemandes à longue distance. André RONDENAY, délégué militaire de la zone Nord, prend contact avec les organisations résistantes des PTT pour son exécution.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Action-PTT entretient des liens avec l’Organisation civile et militaire. Edmond DEBEAUMARCHÉ entre en 1942 en contact avec l’OCM et sa branche PTT avant de rejoindre l’état-major PTT en 1943 et de devenir l’un des collaborateurs directs d’Ernest PRUVOST.
Les groupes départementaux collaborent selon les régions avec l’OCM, les MUR, les réseaux de renseignement et les FFI. La structure conserve néanmoins une identité propre fondée sur la maîtrise des moyens postaux et des télécommunications.
Ernest PRUVOST refuse la défaite dès octobre 1940, diffuse des tracts puis organise Action-PTT. Recherché par la Gestapo après les arrestations de novembre 1943, il se réfugie dans la Manche, France, tout en conservant la direction du réseau. Il participe en mai 1944 à la réception d’un important parachutage d’armes et survit à la guerre.
Simone MICHEL-LÉVY participe en 1941 à la création d’Action-PTT et organise notamment les liaisons radio clandestines. Arrêtée le 5 novembre 1943, elle est torturée puis déportée. Elle est exécutée au camp de Flossenbürg, Allemagne, le 13 avril 1945. Elle est faite Compagnon de la Libération à titre posthume.
Maurice HORVAIS participe avec PRUVOST et MICHEL-LÉVY à la création de l’organisation. Les Archives nationales conservent son rapport d’activité. Son parcours après 1945 n’est pas développé ici faute de nécessité documentaire pour la fiche collective.
Edmond DEBEAUMARCHÉ devient l’un des responsables majeurs de l’état-major PTT. Arrêté en 1944 et déporté, il survit aux camps et revient en France.
Victimes et morts
Simone MICHEL-LÉVY constitue l’une des victimes les mieux documentées de Résistance-PTT. Plusieurs groupes départementaux connaissent également une répression sévère. À Beaucoudray, Manche, France, le maquis comprenant des membres de l’OCM et d’Action-PTT est attaqué le 14 juin 1944 ; onze résistants arrêtés sont exécutés le lendemain. Tous les morts de Beaucoudray ne peuvent cependant pas être comptabilisés comme membres du seul réseau Résistance-PTT sans vérification individuelle.
Survivants identifiés
Ernest PRUVOST, Maurice HORVAIS et Edmond DEBEAUMARCHÉ survivent à la guerre. Les archives de Résistance-PTT et les dossiers d’homologation permettent d’identifier de nombreux autres survivants, mais aucune liste exhaustive n’est intégrée sans dépouillement complet du fonds.
Fin du réseau
À la Libération, Résistance-PTT cesse son activité clandestine. Ses personnels contribuent au rétablissement des télécommunications et les services accomplis sont ensuite homologués par les autorités françaises. Des diplômes individuels portent conjointement les marques de la Direction générale des transmissions FFI et de l’administration des PTT, témoignant de cette institutionnalisation de la reconnaissance.
Conséquences et mémoire
Résistance-PTT reçoit la Médaille de la Résistance française par décret du 13 juillet 1945. L’Ordre de la Libération souligne son rôle dans les écoutes, la formation d’opérateurs radio, la fourniture de matériel et plus largement dans la guerre des communications.
La mémoire du réseau est notamment portée par celle de Simone MICHEL-LÉVY. En avril 2025, une cérémonie et un parcours mémoriel lui sont consacrés au siège d’Orange à Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine, France, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de sa mort et de la décoration de Résistance-PTT.
Divergences et précautions
Les termes Action-PTT, Résistance-PTT et NAP-PTT sont parfois employés de façon trop interchangeable. Ils correspondent à des structures étroitement liées mais dont les origines administratives et les chaînes de responsabilité ne sont pas strictement identiques. Pour la collectivité décorée, « Résistance-PTT » est la forme officielle à retenir.
Références bibliographiques
Résistance PTT, Raymond Ruffin, Paris, Presses de la Cité, 1983.
La Résistance aux PTT, travaux consacrés aux agents des Postes, Télégraphes et Téléphones pendant l’Occupation et aux plans de sabotage des communications.
Les Réseaux Action de la France combattante, Amicale des réseaux Action de la France combattante, Lavauzelle, 1986.
La Médaille de la Résistance française, Association nationale des médaillés de la Résistance française, Lavauzelle, 2002.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice officielle Résistance-PTT et biographies d’Ernest Pruvost, Simone Michel-Lévy et Edmond Debeaumarché. https://www.ordredelaliberation.fr/
Musée de la Résistance en ligne — Notice Résistance-PTT et documentation sur Action-PTT et Beaucoudray. https://museedelaresistanceenligne.org/media2864-Rsistance-PTT
FranceArchives — Fonds Résistance-PTT du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/975d75da1b3d21bbc774ccdf89d22a4ddd2bafe6
Maitron — Notices des membres de Résistance-PTT et victimes de la répression. https://maitron.fr/
Fiabilité
Fiabilité A — Fiabilité excellente. La création d’Action-PTT, ses responsables, son organisation radio, le renseignement, les sabotages téléphoniques et sa décoration sont documentés par des sources officielles et archivistiques croisées.
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance — Absence de notice autonome retrouvée ; notices « Plan Violet » et « sabotages de câbles téléphoniques » consultées. https://mvr.asso.fr/
Maitron Résistance — Notices Simone MICHEL-LÉVY et résistants PTT consultées. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance — Recherche Résistance-PTT et communications clandestines effectuée. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne — Notice Résistance-PTT et documents associés exploités. https://museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des Hommes — Recherche organisationnelle et nominative effectuée ; aucune notice collective plus détaillée retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération — Notice collective et biographies exploitées. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica – Bibliothèque nationale de France — Recherches Résistance PTT et communications clandestines effectuées. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense — Inventaires des dossiers de Résistance et homologations consultés. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
FranceArchives / Archives nationales — Fonds Résistance-PTT retrouvé et exploité pour contrôler l’existence des rapports régionaux et personnels. https://francearchives.gouv.fr/
Wikipédia — Consultation complémentaire uniquement ; aucune information non recoupée retenue. https://fr.wikipedia.org/