La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme officielle retenue est « Religieuses de l’Ordre du Très Saint-Sauveur dites Sœurs de Niederbronn ». Les sources emploient également « Sœurs de Niederbronn », « Sœurs de Niederbronn-Saales » et « Religieuses de l’Ordre du Très-Saint Sauveur ».

La dénomination « Sœurs de Niederbronn-Saales » renvoie particulièrement à l’activité clandestine menée dans la vallée de la Bruche et à Saales, Bas-Rhin, France. Il s’agit d’une congrégation religieuse dont certaines communautés et religieuses organisent une filière clandestine, et non d’un réseau national autonome doté d’un nom de code.

Création du réseau

La congrégation elle-même est antérieure à la guerre. L’organisation résistante étudiée apparaît après l’annexion de fait de l’Alsace par le Reich en 1940. Entre 1940 et 1944, les religieuses développent une activité de protection et de passage clandestin destinée notamment aux prisonniers évadés et aux jeunes menacés par les autorités allemandes.

Aucune date précise de constitution formelle de la filière n’est donnée par les sources institutionnelles. Elle se développe sous l’impulsion d’une religieuse désignée dans les notices officielles sous le nom de Sœur Marie-ROSE.

Organisation interne

La communauté assure l’hébergement des personnes recherchées et organise leur acheminement clandestin jusqu’à la frontière. Les établissements et maisons de la congrégation offrent à la filière des points d’accueil et une couverture particulièrement utile à son fonctionnement. L’action dépasse une aide occasionnelle puisque l’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne parlent explicitement d’une véritable filière ou « entreprise de passages clandestins ».

La documentation institutionnelle accessible ne permet cependant pas de dresser un organigramme complet ni d’identifier tous les relais, passeurs et maisons concernés. L’existence d’un centre d’activité à Saales et dans la vallée de la Bruche est clairement attestée.

Actions menées pendant la Résistance

La principale activité consiste à accueillir et cacher des prisonniers de guerre évadés, puis à les conduire clandestinement hors de la zone annexée. La communauté protège également de nombreux jeunes hommes menacés par les autorités allemandes.

Cette action se déroule dans un contexte particulièrement dangereux : l’Alsace n’est pas simplement occupée mais annexée de fait au Reich, et sa population est soumise à une politique de germanisation et, à partir de 1942, à l’incorporation de force. Les passages clandestins permettent donc également à des Alsaciens de se soustraire à certaines obligations imposées par l’administration allemande. La notice officielle souligne les risques particuliers qu’implique cette situation.

L’Ordre de la Libération qualifie l’activité de la communauté de Résistance « nationale, spirituelle et pratique » autour de laquelle se regroupent différentes bonnes volontés de la vallée de la Bruche.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Aucun rattachement formel de l’ensemble de la congrégation à un réseau national comme Alliance, Mithridate, Martial ou le BCRA n’a été établi dans les sources institutionnelles consultées. La structure fonctionne essentiellement comme une filière locale de sauvetage et de passages clandestins s’appuyant sur les implantations religieuses et les solidarités de la vallée de la Bruche.

Il convient donc de ne pas lui attribuer un rattachement organisationnel non documenté.

Chefs et figures marquantes

Sœur Marie-ROSE est désignée par l’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne comme la principale organisatrice de la filière de passages clandestins. Elle héberge ou fait héberger des prisonniers évadés et organise leur acheminement vers la frontière. Les sources institutionnelles consultées ne donnent pas son identité civile complète avec un degré de certitude suffisant ; elle est donc conservée sous son nom religieux.

D’autres religieuses de la congrégation ont des parcours résistants personnels, mais il convient de distinguer leurs actions de la filière de Saales lorsqu’un lien direct n’est pas démontré.

Sœur Marie-GILBERTE, par exemple, appartient également au Très Saint-Sauveur et possède un dossier individuel de Résistance conservé au Service historique de la Défense ; son action ne doit pas être automatiquement confondue avec celle de Sœur Marie-ROSE.

Victimes et morts

Les notices collectives officielles ne fournissent aucun bilan de religieuses tuées, fusillées ou mortes en déportation pour les activités spécifiquement attribuées à la filière de Niederbronn-Saales. Il n’est donc pas possible d’établir un bilan collectif fiable à partir de la documentation consultée.

Cette absence de bilan dans la notice collective ne signifie pas que la congrégation n’a connu aucune arrestation ou répression dans ses différentes maisons ; seules les victimes directement documentées comme relevant de la structure étudiée devraient être intégrées.

Survivants identifiés

La documentation collective ne fournit pas une liste exhaustive des religieuses engagées permettant d’établir nominativement l’ensemble des survivantes. Sœur Marie-ROSE est présentée comme l’animatrice de l’action de 1940 à 1944, sans indication d’un décès pendant la guerre dans les sources institutionnelles consultées.

Fin de la filliere

Les passages clandestins cessent avec la disparition du régime d’annexion allemand et la libération de l’Alsace. La congrégation poursuit ensuite son œuvre religieuse et hospitalière ; seule la fonction clandestine de ses communautés disparaît.

Conséquences et mémoire

La communauté fait partie des collectivités civiles les plus fortement distinguées au titre de la Résistance. Elle reçoit initialement la Médaille de la Résistance en septembre 1945. Après la création du degré supérieur de la décoration, cette attribution est transformée en Médaille de la Résistance avec rosette par décret du 24 avril 1946. L’Ordre de la Libération précise qu’elle est la seule collectivité civile dont la médaille initialement attribuée a ainsi été transformée en médaille avec rosette.

Avec Radio Brazzaville, Résistance-Fer et l’Université de Strasbourg, les Sœurs de Niederbronn constituent l’une des quatre collectivités civiles titulaires de la Médaille de la Résistance avec rosette.

La mémoire de cette action demeure entretenue par la congrégation et par l’Ordre de la Libération, qui a notamment rappelé son rôle lors du soixante-quinzième anniversaire du décret en avril 2021.

Divergences et précautions

Les sources utilisent à la fois « Sœur Marie-Rose » et, dans certaines publications secondaires récentes, « Sœur Marie-Rosa ». Les deux formes peuvent renvoyer à la même religieuse, mais les sources institutionnelles de la Médaille de la Résistance emploient « Marie-Rose ». Cette forme est donc retenue dans la fiche.

Une seconde difficulté concerne la portée géographique de la décoration. L’intitulé officiel distingue les « Religieuses de l’Ordre du Très Saint-Sauveur dites Sœurs de Niederbronn », tandis que certaines listes ajoutent « Saales ». L’action décrite par la citation collective se concentre particulièrement dans la vallée de la Bruche et autour de Saales, mais la collectivité décorée est bien la communauté religieuse désignée sous le nom de Sœurs de Niederbronn.

Enfin, les actes de Résistance de religieuses du même ordre dans d’autres établissements ne doivent pas être automatiquement intégrés à la filière de Sœur Marie-ROSE sans preuve documentaire.

Références bibliographiques

La Médaille de la Résistance française, Association nationale des médaillés de la Résistance française, Lavauzelle, 2002. Source directement reprise par le Musée de la Résistance en ligne pour la citation de la communauté.

La Congrégation des Sœurs du Très-Saint-Sauveur dites Sœurs de Niederbronn. Contribution à l’histoire de la Charité chrétienne à l’époque contemporaine, abbé Lucien Pfleger, Lille, Desclée de Brouwer, 1925. Ouvrage antérieur à la guerre, utile pour l’histoire institutionnelle de la congrégation.

Les Sœurs du Très Saint Sauveur, Niederbronn, chanoine Schaeffer, Lyon, Lescuyer et Fils, 1949. Ouvrage publié immédiatement après la guerre permettant de replacer les activités résistantes dans l’histoire de la congrégation.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice officielle des Sœurs de Niederbronn, décrivant l’action de Sœur Marie-Rose et la filière clandestine. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-collectivites-medaillees

Musée de la Résistance en ligne – Fondation de la Résistance — Notice historique directement consacrée aux Religieuses de l’Ordre du Très-Saint Sauveur. https://museedelaresistanceenligne.org/media2857-Religieuses-de-lOrdre-du-Trs-Saint-Sauveur-dites-Soeurs-de-Niederbron

Ordre de la Libération — Étude sur la Médaille de la Résistance avec rosette, précisant l’évolution de la décoration des Sœurs de Niederbronn. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medaille-de-la-resistance-francaise-0

Ordre de la Libération — Lettre d’information d’avril 2021 rappelant l’action clandestine des religieuses en Alsace annexée. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-avril-2021

Fiabilité A — Fiabilité excellente pour l’existence de la filière, l’action de Sœur Marie-ROSE, l’hébergement des évadés, les passages clandestins et la Médaille de la Résistance avec rosette. Fiabilité plus limitée pour l’identification exhaustive des religieuses et des personnes secourues ; aucune donnée nominative non recoupée n’a été ajoutée.

Sources consultées

Maitron Résistance — Recherches sur la congrégation, Sœur Marie-Rose et variantes ; aucune notice collective spécifique retrouvée. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance — Recherche sur les Sœurs de Niederbronn et la Médaille de la Résistance effectuée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne — Notice directement consacrée à la communauté retrouvée et exploitée. https://museedelaresistanceenligne.org/media2857-Religieuses-de-lOrdre-du-Trs-Saint-Sauveur-dites-Soeurs-de-Niederbron

Mémoire des Hommes — Recherche sur la congrégation et les religieuses citées ; aucune notice collective exploitable retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération — Notice officielle et étude de la rosette exploitées. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France — Recherches sur la congrégation, Niederbronn et Saales effectuées ; documents historiques généraux repérés mais aucun document de Résistance supérieur aux sources retenues. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense — Recherches sur les religieuses de la congrégation ; existence notamment d’un dossier individuel de Sœur Marie-Gilberte signalée dans les références documentaires, sans permettre d’étendre automatiquement son activité à la filière étudiée. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Collectivité européenne d’Alsace / Archives d’Alsace — Recherche sur Niederbronn, Saales et la congrégation effectuée ; aucune notice collective directement exploitable supérieure aux sources nationales n’a été retrouvée. https://archives.alsace.eu/

UNADIF — Liste complémentaire des collectivités décorées consultée pour recoupement du degré avec rosette. https://www.unadif.fr/

Wikipédia — Articles concernant la congrégation et le patrimoine mémoriel local consultés uniquement comme pistes documentaires ; les renseignements non confirmés par les sources institutionnelles n’ont pas été intégrés. https://fr.wikipedia.org/

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