Stéphane FUCHS, alias « Gynécologue », né le 1er octobre 1906 à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), mort le 4 octobre 1970 à Paris, français.
Stéphane Fuchs naquit dans une famille aisée d’origine alsacienne et protestante, apparentée à la famille du pasteur Marc Boegner. Il choisit la médecine comme son père et fut externe des hôpitaux de Paris entre 1928 et 1932.
Après des stages dans les hôpitaux Saint-Antoine, La Rochefoucauld, de la Charité, des Enfants-Malades, Laennec et Saint-Louis, il soutint sa thèse et obtint le diplôme de docteur en médecine le 7 juillet 1932. Il était également diplômé en biologie.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé le 12 septembre 1939 comme médecin, il fut affecté en janvier 1940 au 6e régiment de tirailleurs marocains avec le grade de médecin-lieutenant. Démobilisé en septembre 1940, il rejoignit la Résistance dès la fin de l’année.
Il s’engagea comme agent de renseignement dans le réseau Marine, bientôt intégré au réseau F2, et adopta le pseudonyme particulièrement adapté à sa profession de « Gynécologue ».
Appartenance à un réseau ou mouvement
Stéphane Fuchs fut l’un des responsables du secteur Marseille–Port-Vendres du réseau Marine-F2, aux côtés de Claude Horowicz et de Toussaint Raffini.
Il fut ultérieurement homologué chargé de mission de troisième classe, avec le grade de sous-lieutenant, au titre du réseau F2.
Missions et actions
Ses activités consistaient à recueillir et transmettre des renseignements sur les ports, les installations navales, les défenses côtières et les mouvements militaires en Méditerranée.
Sa profession médicale et ses déplacements entre Nice et Marseille facilitaient vraisemblablement ses contacts et ses liaisons, sans que les sources accessibles permettent de détailler chaque mission.
Arrestation / évasion / déportation
Stéphane Fuchs fut arrêté à Nice ou Marseille le 22 décembre 1941. Jugé par la section spéciale de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, il fut condamné le 10 mars 1942 à trois ans de prison pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État.
Après des détentions à Aix, Montluc et Nîmes, il fut transféré à la centrale d’Eysses en octobre 1943. Il y devint, avec Henri Auzias, l’un des deux délégués des prisonniers politiques auprès de la direction.
Après l’insurrection du 19 février 1944, il fut retenu comme otage au quartier cellulaire. Le 30 mai 1944, il fut livré aux Allemands, puis déporté de Compiègne à Dachau le 2 juillet dans le convoi dit « train de la mort ».
Arrivé à Dachau le 5 juillet, il fut transféré à Natzweiler le 22 juillet puis dans les camps annexes du Neckar. Il survécut jusqu’à la libération en mai 1945.
Camarades de combat
Dans le réseau F2, il travailla avec Thadée Jekiel, Léon Śliwiński, Claude Horowicz, Toussaint Raffini, Yves Marion-Gallois et Frank Arnal.
À Eysses, il agit avec Henri Auzias, Paul Weil et les responsables du collectif clandestin des détenus. Pendant le transport vers Dachau, son autorité médicale contribua à organiser la répartition de l’eau, des vivres et les mesures élémentaires d’hygiène.
Retour à la vie civile
À son retour, Stéphane Fuchs devint le premier président de l’Amicale des anciens détenus patriotes de la centrale d’Eysses.
Spécialisé en médecine du travail et en hygiène industrielle, il exerça comme expert et chargé de mission au Bureau international du travail à Genève. Il mourut à Paris le 4 octobre 1970 et fut incinéré au crématorium du Père-Lachaise.
Décorations
Les sources consultées confirment son homologation comme chargé de mission de troisième classe avec le grade de sous-lieutenant.
Aucune liste complète de décorations accompagnée des décrets et publications officielles n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
Le Musée de la Résistance nationale conserve une photographie de Stéphane Fuchs comme premier président de l’Amicale d’Eysses.
Les Archives départementales de Lot-et-Garonne conservent sa fiche pénale et son dossier de détention sous la cote 940 W 56. Son journal de détention rédigé à Eysses constitue également un témoignage important.
Références bibliographiques
Corinne Jaladieu, travaux sur la centrale d’Eysses et ses détenus politiques. Ces études replacent Stéphane Fuchs dans l’organisation collective des prisonniers et l’insurrection du 19 février 1944.
Léon Śliwiński, Historique du réseau F2, juillet 1974. Ce document identifie Fuchs comme responsable du secteur Marseille–Port-Vendres sous le pseudonyme de « Gynécologue ».
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. La notice « Stéphane Fuchs » fournit son état civil, sa formation médicale, son engagement dans F2, sa détention, sa déportation et sa carrière après-guerre.
https://museedelaresistanceenligne.org/media1675-Stphane-Fuchs
Résistants d’Eysses. La biographie de Stéphane Fuchs documente son rôle dans le réseau Marine, son arrestation et sa place dans le collectif des détenus.
https://www.resistants-eysses.fr/biographie/fuchs-stephane
Dossier d’homologation
Un dossier individuel d’officier au Service historique de la Défense est cité parmi les sources de la notice institutionnelle, mais sa cote précise n’a pas été retrouvée.
Archives départementales de Lot-et-Garonne, 940 W 56, dossier pénitentiaire et fiche pénale de Stéphane Fuchs.
Observations
Les sources divergent légèrement sur la ville exacte de son arrestation, donnée tantôt à Nice, tantôt à Marseille. Le 22 décembre 1941 est en revanche confirmé.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, la formation, le pseudonyme, l’appartenance au réseau F2, l’arrestation, le parcours pénitentiaire, la déportation, la survie et la carrière après-guerre de Stéphane Fuchs sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1er octobre 1906 | Naissance à Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). |
| 7 juillet 1932 | Obtention du doctorat en médecine. |
| 12 septembre 1939 | Mobilisation comme médecin militaire. |
| Fin de 1940 | Entrée dans le réseau Marine-F2 sous le pseudonyme de « Gynécologue ». |
| 22 décembre 1941 | Arrestation. |
| 10 mars 1942 | Condamnation à trois ans de prison. |
| Octobre 1943 | Transfert à la centrale d’Eysses. |
| 19 février 1944 | Participation à l’organisation des détenus pendant l’insurrection. |
| 30 mai 1944 | Remise aux autorités allemandes. |
| 2 juillet 1944 | Déportation vers Dachau par le « train de la mort ». |
| Mai 1945 | Libération. |
| Après 1945 | Premier président de l’Amicale d’Eysses et expert au Bureau international du travail. |
| 4 octobre 1970 | Mort à Paris. |
Sources consultées
Le Musée de la Résistance en ligne, notice « Stéphane Fuchs », a fourni les renseignements d’état civil, de formation, d’engagement, de détention, de déportation et de carrière après-guerre.
https://museedelaresistanceenligne.org/media1675-Stphane-Fuchs
Le Musée de la Résistance en ligne, fiche pénale de Stéphane Fuchs, a confirmé la condamnation, les dates d’incarcération et la cote du dossier pénitentiaire d’Eysses.
https://museedelaresistanceenligne.org/media6133-Fiche-pnale-de-Stphane-Fuchs-maison-centrale-dEysses
Le site Résistants d’Eysses, biographie « Stéphane Fuchs », a apporté des renseignements complémentaires sur le réseau Marine et son rôle dans le collectif des détenus.
https://www.resistants-eysses.fr/biographie/fuchs-stephane