Maria RABATÉ, née Maria Bernuchon le 2 février 1906 à Saint-Pierre-de-Maillé (Vienne), morte le 8 octobre 1985 à Paris, française.
Jeunesse et formation
Maria Bernuchon naît dans une famille modeste de la Vienne. Institutrice de formation, elle s’engage très tôt dans le mouvement syndical enseignant et adhère au Parti communiste français dans les années 1920. En 1927, elle s’unit à Octave Rabaté, dirigeant syndical et militant communiste, avec lequel elle partagera une activité politique et résistante durable.
Avant la guerre, elle exerce des responsabilités au sein des organisations féminines et du Parti communiste, développant une solide expérience de l’organisation militante.
Engagement dans la Résistance
Après l’interdiction du Parti communiste français en septembre 1939, Maria Rabaté participe à la réorganisation clandestine de ses structures.
À partir de 1941, elle prend une part active à la mise en place des comités féminins de résistance, destinés à mobiliser les femmes contre l’Occupation allemande, le régime de Vichy et les difficultés du ravitaillement.
Après l’arrestation de Danielle Casanova en février 1942, elle assume, avec Claudine Chomat, d’importantes responsabilités dans la direction clandestine des organisations féminines de la zone Nord.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Maria Rabaté appartient à l’organisation clandestine du Parti communiste français.
Elle exerce des responsabilités au sein des comités féminins de résistance, qui prennent officiellement en zone Nord le nom d’Union des femmes françaises (UFF) en 1943. Cette organisation adhère au Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France.
Missions et actions
Son activité consiste principalement à organiser et coordonner les comités féminins clandestins.
Elle participe notamment :
- à la diffusion de la presse clandestine ;
- à l’organisation des manifestations de ménagères contre les restrictions et le rationnement ;
- au soutien matériel des familles de prisonniers, fusillés et déportés ;
- à la structuration nationale des organisations féminines de la Résistance.
Les sources indiquent également sa participation aux actions clandestines conduites dans la région parisienne par les comités féminins, notamment lors des manifestations et actions de solidarité organisées en 1942.
Arrestation / évasion / déportation
Maria Rabaté est arrêtée en 1943 par les autorités allemandes.
Elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück, où elle demeure jusqu’à la fin de la guerre.
Elle est libérée en 1945 et rentre en France.
Camarades de combat
Elle agit notamment aux côtés de :
- Danielle Casanova ;
- Claudine Chomat ;
- Jeannette Vermeersch ;
- Eugénie Cotton ;
- des militantes des comités féminins et de l’Union des femmes françaises.
Son action s’inscrit également dans l’environnement clandestin du Parti communiste français.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Maria Rabaté reprend une activité militante importante au sein de l’Union des femmes françaises.
Elle participe aux actions en faveur des anciennes résistantes et déportées, au développement de l’association et à la transmission de la mémoire de la Résistance.
Décorations
Les recherches effectuées n’ont pas permis de confirmer avec certitude, dans les bases officielles consultées, l’ensemble des décorations françaises attribuées à Maria Rabaté.
L’existence de distinctions liées à son engagement résistant est probable mais n’a pu être vérifiée de manière certaine dans les présentes recherches.
Lieux de mémoire
Maria Rabaté est régulièrement citée dans les travaux consacrés :
- à l’Union des femmes françaises ;
- aux comités féminins de la Résistance ;
- à l’histoire de la Résistance communiste.
Aucun lieu de mémoire spécifiquement consacré à sa personne n’a été identifié avec certitude dans les sources consultées.
Références bibliographiques
- Jean Rabaté, Octave et Maria : du Komintern à la Résistance, Le Temps des Cerises, 2007.
- François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance.
- Rita Thalmann (dir.), Femmes dans la Résistance en France.
Références internet
- Mémoire Vive de la Résistance. Notice « Union des femmes françaises », présentant Maria Rabaté comme l’une des dirigeantes de l’organisation après l’arrestation de Danielle Casanova.
- Gallica (BnF). Présentation historique de l’Union des femmes françaises et de la presse clandestine des comités féminins.
- Le Maitron. Notice biographique « Maria Rabaté » (signalée dans les références biographiques relatives à Octave Rabaté).
Dossier d’homologation consulté
Les recherches effectuées n’ont pas permis d’identifier avec certitude une cote nominative de dossier d’homologation au Service historique de la Défense.
Observations
Les sources consultées sont concordantes sur son rôle dirigeant au sein des comités féminins clandestins puis de l’Union des femmes françaises, ainsi que sur sa déportation.
En revanche, les circonstances précises de son arrestation, son parcours détaillé en déportation et la liste complète de ses décorations nécessiteraient une consultation complémentaire des archives du Service historique de la Défense et des dossiers individuels de déportation.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — Les responsabilités de Maria Rabaté dans les organisations féminines clandestines, son rôle dans l’Union des femmes françaises et sa déportation sont établis par plusieurs sources concordantes. Certaines données biographiques et archivistiques demeurent toutefois incomplètes dans les sources librement accessibles.
Chronologie
| Date | Événement |
| 2 février 1906 | Naissance à Saint-Pierre-de-Maillé (Vienne). |
| Années 1920 | Adhésion au Parti communiste français. |
| 1941 | Participation à l’organisation des comités féminins de résistance. |
| Février 1942 | Après l’arrestation de Danielle Casanova, prise de responsabilités nationales dans les organisations féminines clandestines. |
| 1943 | Arrestation. |
| 1943-1945 | Déportation à Ravensbrück. |
| 1945 | Retour en France. |
| 8 octobre 1985 | Décès à Paris. |
Sources consultées
La notice « Union des femmes françaises » de Mémoire Vive de la Résistance a été utilisée pour établir le rôle de Maria Rabaté dans la direction clandestine de l’organisation après l’arrestation de Danielle Casanova, ainsi que son arrestation et sa déportation.
La présentation historique de l’Union des femmes françaises sur Gallica (BnF) a permis de replacer son action dans le contexte de la structuration des comités féminins de la Résistance et de la création de l’UFF.
La notice Octave Rabaté et les références qu’elle contient au Maitron ont permis de confirmer son identité, son nom de naissance et les principaux éléments de son parcours militant.