Louis PICOCHE, né le 29 août 1910 à Saint-Didier, 21 – Côte-d’Or, France, mort en 2007, Français, entrepreneur de transports à Hyères (Var), responsable départemental du Service Maquis des Mouvements unis de la Résistance (MUR) dans le Var, organisateur des maquis de l’Armée secrète.
Les renseignements concernant la jeunesse de Louis Picoche demeurent peu nombreux dans les sources actuellement accessibles. Avant la guerre, il dirige l’entreprise hyéroise Cars G.A.B.Y. (Groupement des Autobus Bleus Hyérois). Son activité professionnelle lui procure une excellente connaissance du territoire varois ainsi qu’une liberté de circulation dont il saura tirer parti au profit de la Résistance.
Engagement dans la Résistance
Louis Picoche entre très tôt dans la Résistance, dès 1940 selon les témoignages et travaux mémoriels. Responsable du secteur hyérois du mouvement Combat, il participe ensuite à la constitution des Mouvements unis de la Résistance (MUR) dans le département. Lorsque les MUR décident de créer un Service Maquis destiné à accueillir les réfractaires au STO et à préparer la lutte armée, cette responsabilité lui est confiée à partir d’octobre 1943.
Appartenance à un réseau ou mouvement
- Mouvement Combat.
- Mouvements unis de la Résistance (MUR).
- Armée secrète (AS).
- Comité départemental de Libération (CDL) du Var.
- Service Maquis des MUR.
Missions et actions
La mission principale de Louis Picoche consiste à mettre en place une organisation départementale capable de recevoir les jeunes réfractaires au STO, de les répartir dans des chantiers forestiers puis de constituer progressivement de véritables maquis armés.
Grâce à son entreprise de transports, il assure des déplacements discrets d’hommes, d’armes, de matériel et de courriers clandestins. Les véhicules des Cars G.A.B.Y. servent de couverture à de nombreuses opérations logistiques de la Résistance.
À l’automne 1943, il recrute le lieutenant Gleb Sivirine, futur « Vallier », auquel il confie le commandement militaire du principal maquis AS du Var. Cette formation deviendra le maquis Vallier, principal maquis des MUR dans le département. Picoche en demeure le responsable administratif et logistique tandis que Vallier en assure le commandement opérationnel.
Il établit également un camp de triage près d’Aups destiné à accueillir les réfractaires avant leur affectation dans les différents camps clandestins. Cette organisation contribue largement au développement des maquis du Haut-Var durant les derniers mois de l’Occupation.
Arrestation / évasion / déportation
Les recherches consultées n’ont pas permis d’établir que Louis Picoche ait été arrêté, interné ou déporté pendant l’Occupation. Malgré les risques inhérents à ses responsabilités, il échappe aux services allemands et à la répression menée par les autorités de Vichy. Son activité clandestine exige pourtant des déplacements constants, la création de filières d’accueil des réfractaires, la gestion des caches d’armes et l’organisation des maquis du département, ce qui fait de lui l’un des responsables les plus exposés de la Résistance varoise.
Aucune tentative d’évasion ni mesure d’internement n’a été retrouvée dans les sources consultées.
Camarades de combat
Dans l’exercice de ses fonctions, Louis Picoche travaille en étroite collaboration avec les principaux responsables départementaux des Mouvements unis de la Résistance et de l’Armée secrète.
Parmi les personnalités avec lesquelles son action est attestée figurent notamment :
- Gleb Sivirine, alias « Vallier », chef militaire du maquis Vallier ;
- Henri Sarie, responsable départemental des MUR dans le Var ;
- Frank Arnal, dirigeant départemental de la Résistance varoise ;
- les chefs des différents maquis AS constitués dans le Haut-Var au cours de l’année 1944.
Les témoignages disponibles montrent que Picoche assure principalement la coordination administrative, les liaisons et le soutien logistique des unités clandestines, laissant le commandement tactique aux officiers chargés des opérations.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Louis Picoche reprend la direction de son entreprise de transports à Hyères.
Il demeure durablement engagé dans les associations d’anciens résistants et participe aux actions de transmission de la mémoire de la Résistance varoise. Son témoignage est sollicité lors de plusieurs travaux historiques consacrés aux maquis du Var et au débarquement de Provence.
La ville de Hyères lui rend hommage en donnant son nom à une voie publique, reconnaissance de son rôle dans l’organisation de la Résistance locale.
Louis Picoche décède en 2007.
Décorations
- Médaille de la Résistance française par décret du 20 novembre 1946 JO 05 Décembre 1946 source ordre de la Libération.
- Côte du dossier : 1O50294
- Croix de guerre 1939-1945 (mentionnée dans les biographies locales ; décret non retrouvé lors des présentes recherches).
- D’autres distinctions honorifiques sont évoquées dans certaines sources locales, mais n’ont pu être confirmées par une source institutionnelle consultée.
Lieux de mémoire
Une rue Louis-Picoche à Hyères rappelle son engagement dans la Résistance.
Son action est également évoquée dans les publications historiques consacrées aux maquis varois, notamment celles relatives au maquis Vallier, au débarquement de Provence et aux Mouvements unis de la Résistance.
Plusieurs cérémonies commémoratives organisées dans le Var mentionnent son rôle dans la création des maquis départementaux.
Références bibliographiques
ROUX (Gustave), Heures de souffrance, d’espérance et de joie. Histoire de l’occupation de la région d’Hyères et de sa Libération (1940-1945). Cet ouvrage constitue la principale source consacrée à l’action de la Résistance hyéroise. Il décrit en détail le rôle de Louis Picoche dans l’organisation du mouvement Combat, la création des maquis varois, ses relations avec Henri Sarie et le lieutenant Vallier ainsi que l’activité clandestine des Cars G.A.B.Y. Il demeure la référence essentielle pour l’étude de son parcours.
GUILLON (Jean-Marie), Le Maquis Vallier, dix mois de Résistance dans le Haut-Var, revue Verdon, n° 6, 2001. Étude scientifique de référence retraçant l’organisation du principal maquis des MUR dans le Var. L’auteur précise la place de Louis Picoche comme responsable départemental du Service Maquis et distingue clairement ses responsabilités de celles du lieutenant Gleb Sivirine, chef militaire du maquis.
MAIGNON (Jacques), Toulon et le Var dans la guerre 1939-1945, Éditions Horvath, 1991. Ouvrage de synthèse sur la Résistance varoise et la Libération du département. Plusieurs passages évoquent l’organisation des maquis départementaux et le rôle des responsables des MUR.
SIVIRINE (Gleb), Le Cahier rouge du maquis. Journal de Résistance, Éditions Parole, 2007. Bien que consacré au lieutenant Vallier, cet ouvrage apporte de nombreuses indications sur Louis Picoche, responsable du Service Maquis, ainsi que sur la naissance et le fonctionnement du maquis Vallier.
Références internet
Ville d’Hyères. La brochure patrimoniale Nos rues témoignent consacre une notice détaillée à Louis Picoche. Elle confirme sa qualité de responsable du sixième secteur de Combat, puis de chef de l’organisation des maquis varois, ainsi que son rôle dans le recrutement du lieutenant Gleb Sivirine.
https://hyeres.fr/sites/default/files/atoms/files/nos-rues-temoignent.pdf
Wikipédia – « Maquis Vallier ». Cette notice replace Louis Picoche dans l’organisation générale des MUR et précise son rôle comme responsable départemental du Service Maquis, distinct de celui du commandant militaire du maquis Vallier. Les informations sont cohérentes avec les travaux de Jean-Marie Guillon.
Operation Dragoon. Le site présente l’organisation des maquis du Haut-Var et le camp de triage d’Aups, créé sous l’autorité du Service Maquis dirigé par Louis Picoche. Cette source complète utilement les travaux historiques consacrés à la Résistance varoise.
Var 39-45. Base mémorielle consacrée aux résistants varois, utile pour replacer Louis Picoche dans l’organigramme de la Résistance départementale et des comités de Libération.
Dossier d’homologation
Les recherches n’ont pas permis d’identifier avec certitude une cote de dossier individuel conservée au Service historique de la Défense (GR 16 P) ni un dossier d’homologation FFI ou FFC attribué à Louis Picoche. Cette absence de référence ne signifie pas que ces dossiers n’existent pas ; seule une consultation directe des fonds du SHD permettrait de le confirmer.
Observations
Aucune homonymie significative n’a été relevée.
Les sources disponibles sont davantage consacrées à l’organisation des maquis varois qu’à la biographie personnelle de Louis Picoche. Son rôle historique est cependant clairement établi comme responsable départemental du Service Maquis des MUR, organisateur des maquis du Var et supérieur direct du lieutenant Gleb Sivirine pour les questions administratives et logistiques.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — Une source institutionnelle (Ville d’Hyères) et plusieurs travaux historiques concordants permettent d’établir avec certitude l’identité de Louis Picoche ainsi que son rôle majeur dans l’organisation des maquis du Var. Les éléments relatifs à sa jeunesse, à sa carrière après-guerre et à ses décorations demeurent toutefois incomplètement documentés.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1910 | Naissance de Louis Picoche. |
| Juin 1940 | Premiers engagements dans la Résistance hyéroise. |
| 1942 | Responsable du sixième secteur du mouvement Combat. |
| Octobre 1943 | Devient responsable départemental du Service Maquis des MUR dans le Var. |
| Fin 1943 | Recrute le lieutenant Gleb Sivirine (« Vallier ») pour commander le principal maquis du département. |
| Février-août 1944 | Organise les maquis varois, les camps de triage et les liaisons logistiques. |
| Août 1944 | Participe à la coordination de la Résistance lors de la Libération du Var. |
| Après 1945 | Reprend la direction des Cars G.A.B.Y. et participe aux activités mémorielles. |
| 2007 | Décès. |
Sources consultées
Ville d’Hyères. La brochure patrimoniale Nos rues témoignent a été consultée pour la notice consacrée à Louis Picoche. Elle fournit les principaux éléments biographiques, son rôle dans Combat, l’organisation des maquis varois, sa collaboration avec Henri Sarie et Gleb Sivirine ainsi que l’origine du rond-point Louis-Picoche à Hyères. https://hyeres.fr/sites/default/files/atoms/files/nos-rues-temoignent.pdf
Wikipédia – « Maquis Vallier ». La notice a été utilisée comme source secondaire pour vérifier l’organisation du Service Maquis des MUR et la place de Louis Picoche dans cette structure, en confrontation avec les sources mémorielles locales.
Operation Dragoon. Les pages consacrées aux maquis du Var et au camp d’Aups ont été consultées afin de préciser le fonctionnement du Service Maquis et les modalités d’accueil des réfractaires au STO.
Var 39-45. La base mémorielle départementale a été consultée pour confirmer le rôle de Louis Picoche dans les structures de commandement de la Résistance varoise.