La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Circonstances

En février 1943, la zone Sud de la France subit directement l’occupation des troupes allemandes depuis l’invasion de novembre 1942.

Klaus BARBIE, chef de la section IV du Service de sécurité allemand à Lyon, installe une politique de terreur visant conjointement à démanteler les mouvements de résistance et à exterminer les populations juives.

Les locaux de la direction fédérale de l’Union générale des israélites de France, situés au numéro 12 de la rue Sainte-Catherine, constituent un point de passage crucial pour l’aide sociale et la délivrance de faux papiers d’identité.

L’intérêt tactique de la Gestapo est d’investir ce centre névralgique afin de piéger les employés, les bénévoles et les personnes démunies venant chercher secours.

L’opération repose sur l’infiltration préalable par des agents de pénétration au service de l’occupant, permettant aux services de sécurité allemands de frapper directement l’organisation sans l’aide initiale des forces de police régulières françaises.

Déroulement de l’opération

 Le 9 février 1943, des agents en civil de la Gestapo, accompagnés de collaborateurs français, investissent l’appartement du premier étage abritant les bureaux de l’association.

Les policiers allemands installent immédiatement une souricière qui dure toute la journée, arrêtant systématiquement chaque personne franchissant le seuil des locaux.

 Au total, quatre-vingt-six personnes, principalement des employés administratifs, des assistants sociaux et des civils venus solliciter une assistance matérielle, sont capturées sur place. Le bilan immédiat est le transfert des prisonniers vers le fort de Montluc à Lyon avant leur internement rapide au camp de Drancy.

La quasi-totalité de ces captifs est ensuite déportée par les convois ferroviaires numéros 52 et 53 à destination des camps d’extermination de l’Est européen, principalement Auschwitz-Birkenau et Sobibor, où la majorité est assassinée dès son arrivée.

Figures marquantes

Raymond GEISSMANN, directeur de la section lyonnaise de l’association, arrêté alors qu’il assurait la gestion de la structure d’entraide, interné puis déporté, mort en déportation.

Klaus BARBIE, officier SS allemand, responsable direct de la planification de la souricière et de l’interrogatoire des victimes au fort de Montluc, condamné après la guerre.

Victimes

Eva COHEN, jeune employée administrative de dix-neuf ans arrêtée dans les bureaux lors du coup de filet, déportée par le convoi numéro 53 vers le camp d’extermination de Sobibor où elle a été assassinée.

Léon KAUFMANN, médecin apportant son concours bénévole aux populations réfugiées de Lyon, arrêté au cours de la journée du 9 février 1943, mort après son transfert dans les camps nazis.

Survivants

Malvine LANZET, secrétaire de l’association, parvenue à dissimuler sa véritable identité ou à être relâchée par une opportunité administrative rare, ayant témoigné par la suite de la violence de l’assaut.

Serge KLARSFELD, enfant à l’époque des faits, dont le père Arno KLARSFELD fut arrêté plus tard mais dont les travaux de recherche ultérieurs sur cette rafle spécifique ont permis d’identifier l’ensemble des victimes et des mécanismes de la rafle.

Conséquences

La rafle de la rue Sainte-Catherine représente l’une des premières démonstrations de force massives et autonomes de la Gestapo en zone Sud nouvellement occupée. Elle démontre la volonté de l’occupant de ne plus respecter le statut légal des organismes d’assistance mis en place sous le régime de Vichy.

Cette action accélère la clandestinité des réseaux de sauvetage juifs qui abandonnent les structures officielles pour se fondre dans des organisations de résistance purement secrètes. Cet événement servira des décennies plus tard de pièce maîtresse lors du procès historique de Klaus BARBIE à Lyon en 1987, caractérisant juridiquement le crime contre l’humanité pour la déportation systématique de civils.

Mémoire et lieux commémoratifs

Plaque commémorative du 12 rue Sainte-Catherine, apposée sur la façade de l’immeuble historique en hommage aux quatre-vingt-six arrêtés, Lyon, Rhône.

Mémorial national de la prison de Montluc, lieu d’incarcération initial des victimes de la rafle avant leur transfert à Drancy, Lyon, Rhône.

Place des Quatre-Vingt-Six-Arretés-de-la-Rue-Sainte-Catherine, espace public dédié à la mémoire des déportés de cet événement, Lyon, Rhône.

Références bibliographiques

Le Procès Barbie par le Centre de documentation juive contemporaine, Éditions du CDJC, 1988. Cet ouvrage compile les actes judiciaires et les dépositions officielles recueillies lors du jugement de l’ancien chef de la Gestapo de Lyon. Il consacre une section majeure à l’analyse factuelle de la rafle de la rue Sainte-Catherine, détaillant les pièces d’accusation et les témoignages des rares survivants. Le livre documente précisément la chaîne de commandement allemande.

La traque des criminels nazis par Serge KLARSFELD, Éditions Fayard, 2013. Ce livre historique retrace les décennies de recherches menées pour identifier les responsables des déportations en France. L’auteur y expose la découverte des télégrammes originaux signés par Klaus BARBIE faisant état de l’arrestation des quatre-vingt-six Juifs de la rue Sainte-Catherine. L’ouvrage met en évidence les rouages de la Gestapo lyonnaise.

La persécution des Juifs en France sous l’Occupation par Jean-Loup LEDOUX, Éditions du Seuil, 1999. Cette étude globale aborde les différentes phases de la répression anti-juive en zone Sud après l’invasion de novembre 1942. Un chapitre entier est dédié à l’investissement des structures de secours lyonnaises et analyse la rupture stratégique que constitue cette attaque directe contre une association tolérée. L’auteur s’appuie sur les rapports de police de l’époque.

Montluc 1942-1944 par Bruno PERNET, Éditions Le Progrès, 2005. Ce volume historique traite du rôle de la prison militaire de Montluc comme centre de regroupement de la Gestapo dans la région de Lyon. Il décrit le passage des victimes du 9 février 1943 dans les cellules du fort, les conditions de leur détention préventive et la logistique de leur transfert forcé vers les trains en partance pour Drancy. Le texte inclut des listes d’écrous d’époque.

Vichy et les Juifs par Michael MARRUS et Robert PAXTON, Éditions Calmann-Lévy, 1981. Cette recherche universitaire fondamentale détaille la situation des organisations d’entraide face à l’autonomie croissante des services de sécurité allemands au début de l’année 1943. Les auteurs intègrent la rafle de la rue Sainte-Catherine dans l’analyse de la perte de contrôle de l’administration française face aux initiatives de destruction nazies en zone Sud.

Références internet

Mémorial de la Shoah met en ligne des notices biographiques détaillées sur les victimes de la rafle de la rue Sainte-Catherine et conserve les documents d’archives présentés lors du procès de Klaus BARBIE. Le site fournit des photographies de l’immeuble, des reproductions des cahiers de prisonniers et des synthèses historiques validées par des chercheurs. C’est une banque de données essentielle pour l’identification des déportés. https://www.memorialdelashoah.org

Musée de la Résistance en ligne propose une collection d’articles et de fiches thématiques sur la répression allemande à Lyon et la réorganisation des structures de sauvetage après février 1943. Le portail croise les données de la Résistance locale avec les événements de la rue Sainte-Catherine pour offrir une vision d’ensemble de l’année 1943. La plateforme permet de consulter des cartes et des documents administratifs numérisés. https://www.museedelaresistanceenligne.org

Mémorial National de la Prison de Montluc offre un historique complet du site de détention lyonnais où furent conduits les quatre-vingt-six arrêtés de la rafle. Le site internet décrit le parcours des internés, propose des visites virtuelles des cellules et documente l’action de la section IV de la Gestapo dirigée par Klaus BARBIE. Il constitue une ressource mémorielle institutionnelle majeure pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. https://www.memorial-montluc.fr

Fondation pour la Mémoire de la Déportation présente l’accès au Livre-Mémorial répertoriant les convois de déportation numéros 52 et 53 au départ de Drancy. Le site permet de valider scientifiquement le sort des personnes capturées lors de la rafle du 9 février 1943 en précisant les dates exactes de transport et les lieux de décès. Cette base de données constitue un outil de vérification de premier ordre. https://www.fondationmemoiredeportation.com

CHRD Lyon du Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation fournit des dossiers pédagogiques et des fiches de synthèse sur les rafles majeures commises dans la capitale des Gaules. Le site détaille l’histoire spécifique du 12 rue Sainte-Catherine, l’impact sur la communauté locale et la mémoire collective lyonnaise à travers les commémorations annuelles. Les ressources s’appuient sur les fonds d’archives de la municipalité. https://www.chrd.lyon.fr

Fiabilité A Fiabilité excellente, sources couplées avec notices détaillées et archives judiciaires publiques

Sources consultées

Mémorial de la Shoah, https://www.memorialdelashoah.org,

Mémorial National de la Prison de Montluc, https://www.memorial-montluc.fr,

Fondation pour la Mémoire de la Déportation, https://www.fondationmemoiredeportation.com,

Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon, https://www.chrd.lyon.fr,

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024