Le Rassemblement national des prisonniers de guerre, généralement abrégé RNPG, est une organisation clandestine de Résistance constituée autour d’anciens prisonniers de guerre français, évadés ou rapatriés.
Les sources consultées le désignent comme l’un des trois mouvements de prisonniers de guerre ayant fusionné le 12 mars 1944 pour former le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés.
La forme principale retenue est Rassemblement national des prisonniers de guerre. Les variantes observées sont RNPG, R.N.P.G. et Rassemblement National des Prisonniers de Guerre.
Création du réseau
Le RNPG est constitué au début de l’année 1943, dans le prolongement d’un groupe formé autour de François Mitterrand et de responsables issus du Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre de Vichy.
Plusieurs sources rattachent sa genèse aux réseaux d’anciens prisonniers évadés ou rapatriés actifs dès 1942.
Les sources consultées ne permettent pas de fixer avec certitude une date unique de création. Certaines synthèses indiquent le début de 1943, tandis que des sources secondaires évoquent une première structuration dès 1942 autour de François Mitterrand et de ses proches.
Organisation interne
Le RNPG fonctionne comme une organisation clandestine recrutant principalement parmi les prisonniers de guerre évadés, rapatriés ou demeurés en relation avec les milieux de captivité. Son organisation repose sur des responsables nationaux et des relais régionaux.
Les sources consultées mentionnent une direction collégiale comprenant notamment François Mitterrand, Maurice Pinot, Marcel Barrois, Jacques Bénet, Jacques de Montjoie et Pol Pilven. Le mouvement dispose de liens avec des réseaux de prisonniers, avec des milieux administratifs passés à la dissidence et avec d’autres organisations de Résistance.
Actions menées pendant la Résistance
Le RNPG mène des actions de propagande, de liaison, d’aide aux prisonniers évadés ou rapatriés et de constitution de relais clandestins dans le milieu des prisonniers de guerre. Les sources mentionnent aussi des activités de faux papiers et de soutien à l’évasion dans l’environnement du Commissariat général aux prisonniers de guerre.
Après son rapprochement avec d’autres organisations de prisonniers de guerre résistants, le RNPG participe au processus d’unification qui aboutit au Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. Certaines formations issues du RNPG poursuivent ensuite des missions de propagande, de noyautage et, pour certains groupes, d’action armée dans les mois précédant la Libération.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le RNPG est lié aux autres organisations de prisonniers de guerre résistants, notamment le Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés et le Comité national des prisonniers de guerre. Ces trois organisations fusionnent le 12 mars 1944 pour former le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés.
Le RNPG entretient aussi des contacts avec des mouvements de Résistance plus larges, notamment Combat et l’Organisation de résistance de l’armée. Le processus d’unification est encouragé par les autorités de la France combattante et par les instances de la Résistance intérieure.
Chefs et figures marquantes
François Mitterrand joue un rôle central dans la constitution et l’animation du groupe à l’origine du RNPG et du Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre de Vichy.
Maurice Pinot, ancien responsable du Commissariat général aux prisonniers de guerre et familles de prisonniers de guerre, participe à la genèse du mouvement. Les sources consultées le présentent comme hostile à la collaboration, mais marqué par ses fonctions administratives antérieures.
Marcel Barrois fait partie des responsables du mouvement. Après la fusion dans le MNPGD, il est chargé des relations avec les maquis. Il est arrêté le 30 avril 1944 et meurt pendant son transfert vers Buchenwald.
Jacques Bénet appartient aux responsables du RNPG et devient l’un des représentants du mouvement issu de la fusion. Il survit à la guerre.
Pol Pilven est cité parmi les responsables du RNPG. Les sources consultées ne permettent pas ici de reconstituer son parcours complet.
Jacques de Montjoie est mentionné parmi les membres de la direction collégiale du mouvement. Les sources consultées ne permettent pas ici de préciser son sort pendant la guerre.
Victimes et morts
Marcel Barrois est le cas le plus clairement identifié dans les sources consultées. Arrêté le 30 avril 1944, il meurt pendant son transfert vers le camp de Buchenwald.
Les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste exhaustive des membres du RNPG morts au combat, fusillés ou morts en déportation.
Survivants identifiés
François Mitterrand et Jacques Bénet font partie des membres identifiés du RNPG ayant survécu à la guerre. Les sources consultées permettent aussi d’identifier plusieurs cadres passés ensuite dans le MNPGD, mais elles ne permettent pas de dresser ici une liste complète et vérifiée des survivants du RNPG.
Fin du réseau
Le RNPG cesse d’exister comme organisation autonome lors de la fusion du 12 mars 1944 avec le Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés et le Comité national des prisonniers de guerre. Cette fusion donne naissance au Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés.
Après cette fusion, une partie des cadres du RNPG occupe des responsabilités importantes dans la nouvelle structure. Le MNPGD poursuit ses activités jusqu’à la Libération, puis s’inscrit dans le processus de représentation des anciens prisonniers, déportés et rapatriés.
Conséquences et mémoire
Le RNPG occupe une place importante dans l’histoire des organisations résistantes issues du monde des prisonniers de guerre. Sa mémoire est cependant souvent intégrée à celle du MNPGD, ce qui explique que les sources le traitent fréquemment comme une composante d’un mouvement plus large plutôt que comme une organisation autonome.
La mémoire du RNPG demeure aussi liée au parcours de François Mitterrand, ce qui a entraîné des débats historiographiques sur la genèse du mouvement, ses rapports avec Vichy, son passage à la Résistance et sa place dans l’unification des mouvements de prisonniers de guerre résistants.
Références bibliographiques
Jacques Bénet, Historique de la création et des activités du Rassemblement national des prisonniers de guerre, R.N.P.G. Ouvrage directement consacré au RNPG, rédigé par l’un de ses responsables. Il constitue une référence spécifique pour l’histoire interne du mouvement, sa formation, ses cadres et ses activités.
Christophe Lewin, Le Retour des prisonniers de guerre français. Naissance et développement de la FNDPG, 1944-1952. Étude universitaire utile pour comprendre le devenir des organisations de prisonniers de guerre résistants, la création du MNPGD et la place du RNPG dans la structuration de l’après-guerre.
François Marcot, dir., Dictionnaire historique de la Résistance. Ouvrage de référence permettant de replacer le RNPG et le MNPGD dans l’ensemble des mouvements, réseaux et organisations de la Résistance intérieure française.
Jean Lacouture, Mitterrand, une histoire de Français, tome 1. Biographie politique de François Mitterrand utile pour contextualiser son passage par le monde des prisonniers de guerre, son engagement clandestin et son rôle dans le RNPG.
Pierre Péan, Une jeunesse française. François Mitterrand 1934-1947. Ouvrage consacré à la jeunesse et aux années de guerre de François Mitterrand, utile pour comprendre les débats autour de la genèse du RNPG et de l’unification des mouvements de prisonniers de guerre.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne présente le brassard du MNPGD et mentionne la continuité de groupes issus du RNPG après la fusion dans le Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés. https://museedelaresistanceenligne.org/media7773-Brassard-du-MNPGD
OpenEdition Books met en ligne le chapitre de Christophe Lewin sur le retour des prisonniers de guerre français, qui décrit la fusion du 12 mars 1944 et la création du MNPGD à partir des trois mouvements de prisonniers. https://books.openedition.org/psorbonne/70499
FranceArchives signale un dossier intitulé « MNPG et RNPG », attestant l’existence documentaire du RNPG dans les fonds d’archives. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/f28ed39dabdd8cabe898f22b360a97ae8bc5b0fb
Service historique de la Défense – bibliothèques numériques signale l’ouvrage Historique de la création et des activités du Rassemblement national des prisonniers de guerre, R.N.P.G., relatif au RNPG en France pendant la période 1942-1944. https://bibliotheques-numeriques.defense.gouv.fr/shd/impression/document/c8eb8291-55aa-428e-b833-549f893e17f8
Archives départementales du Jura signalent un exemplaire de l’Historique de la création et des activités du Rassemblement national des prisonniers de guerre, R.N.P.G., attribué à Jacques Bénet. https://archives39.fr/ark:/36595/rp9chj7vsdlx
Sources consultées le 5 juin 2026
Musée de la Résistance en ligne : notice « Brassard du MNPGD », apportant des informations sur les groupes issus du RNPG et leur intégration dans le MNPGD. https://museedelaresistanceenligne.org/media7773-Brassard-du-MNPGD
OpenEdition Books : chapitre de Christophe Lewin, apportant les informations sur la fusion du 12 mars 1944, la création du MNPGD et la représentation des anciens mouvements dans la nouvelle structure. https://books.openedition.org/psorbonne/70499
FranceArchives : notice « MNPG et RNPG », attestant l’existence de dossiers d’archives relatifs au RNPG. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/f28ed39dabdd8cabe898f22b360a97ae8bc5b0fb
Service historique de la Défense – bibliothèques numériques : notice bibliographique consacrée à l’Historique de la création et des activités du Rassemblement national des prisonniers de guerre, R.N.P.G. https://bibliotheques-numeriques.defense.gouv.fr/shd/impression/document/c8eb8291-55aa-428e-b833-549f893e17f8
Archives départementales du Jura : notice bibliographique de l’Historique de la création et des activités du Rassemblement national des prisonniers de guerre, R.N.P.G., attribué à Jacques Bénet. https://archives39.fr/ark:/36595/rp9chj7vsdlx
Archives départementales du Doubs : notice bibliographique de l’Historique de la création et des activités du Rassemblement national des prisonniers de guerre, R.N.P.G. https://portail-archives.doubs.fr/search/results?keyword=Rassemblement+national+des+prisonniers+de+guerre&mode=table&target=controlledAccessCorporateName
Ordre de la Libération : recherche consultée, aucune notice collective spécifique RNPG retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Mémoire des Hommes : recherche consultée, aucune fiche collective spécifique RNPG retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Fondation de la Résistance : recherche consultée, aucune fiche spécifique RNPG directement exploitable retrouvée dans cette recherche. https://www.fondationresistance.org/
Gallica BnF : recherche consultée pour les références imprimées et historiques relatives au RNPG et aux prisonniers de guerre résistants. https://gallica.bnf.fr/
Wikipédia : consulté uniquement en complément pour repérer les noms, dates et références bibliographiques, avec recoupement par OpenEdition, Musée de la Résistance en ligne, FranceArchives et SHD. https://fr.wikipedia.org/wiki/Rassemblement_national_des_prisonniers_de_guerre